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CANADA COUNCIL SPECIAL GRANT
FOR
ART '68
BULLETIN
SOCIETE DE L'HISTOIRE DE. L'ART FRANCAI
BULLETIN
DE LA SOCIÉTÉ
L^HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS
ANNEE 1922
LIBRAIRIE ARMAND COLIN
io3, boulevard Saint-Michel, PARIS [V")
1922
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N
6541
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS
ANNÉE 1922.
SÉANCE DU 7 JANVIER 1922.
COMITE DIRECTEUR.
La séance est présidée par M. Gaston Brière, président.
Présents : MM. Alfassa, Charlier, Cordey, Fontaine,
Furcy-Raynaud, Guiffrey, le comte d'Harcourt, Laran,
Lemoisne, Lemonnier, Pierre Marcel, Marquet de Vasse-
lot, Henry Martin, André Michel, Ramet, Ratouis de Li-
may, Réau, Rouchès, Saunier, Stein, Vitry.
— En ouvrant pour la première fois une séance à
l'École du Louvre, le Président tient à exprimer de nou-
veau sa gratitude à M. le Directeur des Musées nationaux
pour l'hospitalité qu'il veut bien offrir à la Société; il
remercie également le Président de l'Union centrale des
arts décoratifs qui, pendant de longues années, a fait, au
pavillon de Marsan, un si excellent accueil à la Société.
— Le Comité examine l'état des publications en cours :
l'impression du Bulletin de l'année 1921 sera prochaine-
ment terminée; le tome VII des Procès-verbaux de l'Aca-
démie d'architecture paraîtra dans le premier semestre de
l'année.
— M. Laran expose suivant quel plan et dans quelles
conditions le Catalogue de l'œuvre de Nicolas- Bernard
Lépicié, rédigé par M. Philippe-Gaston Dreyfus, sera
publié dans le Bulletin.
— M. Jean Guiffrey informe le Comité que M. Ché-
vrier a bien voulu accepter de lui communiquer toutes
les fiches sur Prud'hon réunies par M. Eudoxe Marcille.
D'autre part, M. Anatole France mettra à sa disposition
les documents qu'il possède sur le peintre et sur son
œuvre.
— Sont reçus membres de la Société :
Mme la baronne Seillière, présentée par le marquis de
Sayve et la comtesse de Sayve; M. Jean Bourguignon,
conservateur du Palais national de Malmaison, présenté
par MM. Lefuel et Ramet; M. Henri Bourrelier, éditeur,
présenté par MM. Jolis et Rouchès ; M. Paul Brame,
présenté par MM. Lemoisne et Ratouis de Limay ;
M. Brouwet, présenté par MM. Lefuel et Marmottan;
M. Michel Garsow, deuxième secrétaire de l'ambassade
de Russie, présenté par MM. Alfassa et Brière ; M. Robert
Dubois-Gorneau, présenté par MM. Lefuel et Marmottan;
le baron André de Fleury, présenté par MM. Lefuel et
Réau; M. Girod de l'Ain, présenté par MM. J. Masson
et Brière; M. Paul Haviland, présenté par MM. Ratouis
de Limay et Brière; M. Georges de Loukomski, conser-
vateur du Musée de Kiew, présenté par MM. Ratouis de
Limay et Réau; M. Georges-André Luquet, présenté par
MM. Ratouis de Limay et Ramet; M. Edouard Michel,
présenté par MM. Demonts et Laran; M. Pierre Mor-
nand, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, présenté
par MM. Gordey et Vallery-Radot; M. Victor Nodet, pré-
senté par MM. Vitry et Aubert; M. Victor Puiforcat, pré-
senté par MM. Lefuel et Marmottan ; M. Alexandre Troub-
nikoff, ancien conservateur du Musée de l'Ermitage,
présenté par MM. Demonts et Jeannerat.
« II.
RÉUNION DE LA SOCIÉTÉ.
Présents : MM. le comte Allard du Ghollet, Marcel
Aubert ; Mlle Ballot ; Mme la comtesse de Boisgelin ;
MM. G. Brière, le capitaine Buttin; MHe Gharageat;
MM. R. Gharlier, J. Gordey, L. Dimier; MUe Duportal;
— 7 —
MM. H. Fage, Furcy-Raynaud, A. Godillot; Mme Gre-
nier; MM. le comte d'Harcourt, J. Hatt, P. Hermel ;
Mlle Ingersoll-Smouse ; MM. G. Jeannerat, A. Kahn ;
Mlles Lamy et Laplagne; MM. P. Lavallée, G. Lebel,
H. Lefuel, Lotte, de Loukomski; Mlle Maillard; MM. J. J.
Marquet de Vasselot, Henry Martin, E. May, André Mi-
chel, G. Migeon, P. Mornand, G. Perdreau, A. Picard,
A. Ramet, P. Ratouis de Limay, L. Réau, Seymour de
Ricci, Robiquet, G. Rouchès, Ed. Salles, Gh. Saunier,
E. Sommier, H. Stein, P. Vitry; Mme Watel-Dehaynin.
Les portraits de la famille Grimod de la Reynière.
(Communication de M. Henri Guerlin.)
Les journaux ont annoncé que l'année Grimod de la
Reynière allait succéder, pour les gourmets, à l'année
Brillât-Savarin. Je sacrifierai donc, comme on dit, à l'ac-
tualité, en attirant votre attention sur les portraits de la
famille de la Reynière. J'espère que ce sacrifice ne se
fera pas, toutefois, aux dépens de l'histoire de l'art. Car
les Grimod, si l'on veut bien me permettre de jouer un
peu sur les mots, étaient, dans tous les sens, des gens de
goût. Il faudrait n'avoir lu aucun des mémoires où est
relatée la chronique plus ou moins scandaleuse du
xviiie siècle, — Grimm ou Mariette ou Restif de la Bre-
tonne, — pour ignorer la place qu'a tenue, dans ce monde
frivole et charmant, la famille de la Reynière. Nous nous
contenterons de rappeler que l'origine de sa fortune est à
Vienne et à Lyon. De là, Antoine Grimod père vint exer-
cer à Paris, de 171 1 à 1719, la charge avantageuse de fer-
mier général, dans laquelle lui succédèrent son fils et son
petit-fils : Gaspard Grimod de la Reynière (1721-1756),
l'époux de Madeleine Mazade, tous deux immortalisés par
La Tour; puis Laurent Grimod de la Reynière (i735-
1793), qui épousa Suzanne-Françoise de Jarente. Celle-ci
se glorifiait de réunir dans son salon les noms les plus
célèbres de la noblesse, de la littérature et des arts. Parmi
— 8 —
les plus intimes, on citait l'abbé Barthélémy, le colonel
des Suisses, baron de Bezenval, ou le comte de Vaudreuil.
Les mariages d'une sœur de M"ie de la Reynière avec
M. de Nicolaï, et des deux sœurs de Laurent Grimod,
l'une avec M. de Levis et l'autre avec M. de Malesherbes,
augmentèrent encore le prestige de ce salon. On y donnait
de brillants concerts où l'on entendait les plus célèbres
musiciens, tels que Sacchini, Piccini, Garât et Richer.
Et l'on goûtait, en sortant, le plaisir suprême de couvrir
les hôtes de brocards, de se glisser dans l'oreille des anec-
dotes si divertissantes que l'écho en est parvenu jusqu'à
nous. Le fils de la maison, Balthazar, celui qui devait
acquérir, comme gourmet, une si prodigieuse renommée,
fournissait surtout à ces médisances un thème inépui-
sable. Élevé entre M^e Quinaut et l'évêque d'Orléans,
frère de sa mère, cet enfant terrible avait aussi sa société,
plus mêlée, mais que l'on jugera non moins brillante que
celle de l'orgueilleuse Suzanne de Jarente, — si l'on a
pour les gens d'esprit le même penchant que Balthazar.
Beaumarchais, Restif de la Bretonne, Condillac, Colin
d'Harleville s'y rencontraient avec de pauvres hères tout
crottés de la boue des ruisseaux. On y disait et faisait
beaucoup de folies. Si vous voulez savoir lesquelles,
lisez Desnoiresterres et Monselet'. Ce n'est pas ici le lieu
de répéter les anecdotes du grand mystificateur qu'était
Balthazar. Celui-ci aimait à prêter à ses amis. Et ses his-
toriens le lui ont bien rendu.
Pénétrer dans le salon de Mme de la Reynière, c'est
donc entrer en relations avec des grands seigneurs de la
plus historique noblesse, des fermiers généraux, des
hommes de lettres et des artistes, des gens d'esprit et des
gens d'argent; c'est apercevoir d'un seul coup d'œil les
types les plus caractéristiques de cette fin de l'ancien
régime. Et rien ne nous "permettra de nous représenter
les hôtes de ce salon illustre, comme le témoignage des
I. Gustave Desnoiresterres, Grimod de la Reynière et son
groupe. Paris, Didier, 1877; — Charles Monselet, Les oubliés.
Alençon, Poulet-Malassis, 1857.
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artistes qui nous ont légué leurs physionomies. Ce témoi-
gnage n'est pas moins piquant, et il est moins suspect
que ceux que nous irions glaner un peu partout dans les
mémoires plus ou moins véridiques de ce siècle où l'on
fit un art de trancher une réputation d'un mot, comme
une tête d'un coup de couperet. Encore ces témoignages
devrons-nous en vérifier la valeur et soumettre à une cri-
tique sévère ces différents portraits pour nous assurer de
leur identité. Et nous verrons que ce n'est pas facile.
Le premier fermier général de la famille, Antoine Gri-
mod, né en 1647, mort en lySi ou 1735, nous est connu
par une gravure posthume exécutée en 1736, d'après un
portrait-médaillon d'Antoine Quay, gravé par un ami de
la famille, l'abbé Gampion de Tersan. Nous retrouvons
le même personnage, vu de face, dans un portrait qui
semble peint entre 1700 et 1720. Par un hasard assez sin-
gulier, nous avons découvert ce portrait il y a seulement
quelques jours. L'inscription Grimot (sic) de la Reynibre
a été ajoutée après coup, comme le prouve la faute d'or-
thographe et aussi cette circonstance qu'Antoine Grimod
n'a jamais anobli d'aucun titre son nom roturier. Il se
sentait glorieux cependant de sa prospérité récente. Il
venait d'arriver de Lyon à Paris, avait été présenté au
roi, en avait obtenu le titre de fermier général qui sera
porté par trois de ses descendants. Il fit faire son portrait
sans doute dans le costume de présentation à la cour : le
portrait marque l'avènement d'une dynastie.
Voici ensuite Antoine-Gaspard Grimod de la Reynière
(1690?- 1756) et son épouse Marie-Madeleine Mazade
(1716-1773). Ceux-là vous les connaissez bien. Et il me
sufîira de vous rappeler que ces portraits sont ceux qui
ont été envoyés par La Tour au Salon de 175 1. Qui les a
vus a connu les deux modèles et ne les oubliera plus.
Ainsi la famille de la Reynière entre dans l'histoire de
l'art avec deux chefs-d'œuvre et dans la chronique avec
des anecdotes peu flatteuses et plus ou moins véridiques.
On sait que, sous prétexte que « les riches devaient payer
pour les pauvres », La Tour demanda au fermier général
un prix tellement exorbitant que celui-ci lui aurait laissé
— 10 —
son portrait pour compte'. La Tour se serait vengé en
faisant gratis celui du domestique. L'anecdote a son prix.
Elle en aurait davantage, surtout aux yeux des marchands,
si l'on parvenait à retrouver chez quelque héritier du sus-
dit valet le portrait si généreusement offert. Jusqu'à preuve
du contraire, nous admettrons que La Tour, homme irri-
table, mais pratique, aimait la vengeance et la préférait
gratuite.
Le fils qui, en ijbô, succéda à Antoine-Gaspard Gri-
mod de la Reynière dans sa charge, Laurent de la Rey-
nière, qui était mécène et homme de goût, et qui fut plus
tard nommé membre amateur de l'Académie royale, eût
bien voulu, j'aime à le croire, fût-ce au prix d'un méchant
commérage, bénéficier pour lui et pour sa femme, Su-
zanne de Jarente, d'un portraitiste de la valeur de La
Tour. Celui-ci conservait-il de la rancune envers la
famille de la Reynière ou Laurent de la Reynière, se lais-
sant éblouir par l'éclatante vogue des Van Loo, préféra-
t-il leur talent à celui de l'irascible Picard? Un académi-
cien, même honoraire, aurait-il commis une telle erreur
de goût? Ce qui est certain, c'est qu'il choisit pour por-
traitiste le peintre du roi d'Espagne, Louis-Michel Van
Loo, qui était rentré en France en lySS. C'est dans les
premiers temps de son séjour à Paris que dut être exécuté
le portrait de Laurent de la Reynière. De ce portrait nous
connaissons cinq répliques anciennes : l'une d'elles,
signée, qui appartient à Mme la baronne d'Etchegoyen,
une descendante de Mme de Nicolaï, sœur de Mme de
la Reynière, a pour pendant un délicieux portrait de
cette dernière également signé de Van Loo. Une autre
réplique du même portrait de Laurent de la Reynière a
été achetée par M. Mame à la vente Kramer en iQiS; une
troisième réplique m'appartient par héritage de famille.
Provenant d'une origine semblable, une quatrième effigie,
accompagnée du portrait de Suzanne de Jarente, est entre
les mains de M. Allard de Châteauneuf, qui en a donné
une copie au cercle de la rue Boissy-d'Anglas^, ancienne
1. Mariette, Abécédaire.
2. Celle-ci ne comprend que le haut du buste, l'habit étant
demeure de la Reynière. Enfin, une cinquième réplique,
mais qui ne paraît pas de la main de Van Loo, et qui
avait d'ailleurs été attribuée à Drouais, a été vue par moi
chez un antiquaire de la rue Royale, qui l'avait reçue en
dépôt. Pour qui aura examiné attentivement les œuvres
de Louis-Michel Van Loo, il ne semble pas douteux que
ces différents portraits, le dernier excepté, ne soient
authentiques au même titre que ceux qui figurent à Ma-
drid et à Versailles.
Les uns ont la forme ovale, les autres sont quadrangu-
laires. Tous offrent la même facture brillante, d'une habi-
leté incontestable, mais un peu banale, il faut l'avouer,
corrigée par un sens décoratif extrêmement séduisant.
En somme, un portrait joliment élégant, d'observation
dénuée de toute cruauté, qui devait plaire infiniment à
un homme riche et qui avait des prétentions.
Le modèle, — le visage de face, le corps tourné de trois
quarts, vêtu d'un éclatant habit ponceau, — affirme ses
goûts d'artiste par un bâton de sanguine qu'il tient dans
sa main droite et l'élégance de son corps, par la main
gauche, presque féminine, qu'il étend à hauteur du jabot,
comme pour se désigner soi-même. On n'est pas très
étonné d'apprendre que cette main-là ait été timide à
manier l'épée, ainsi que le prétend la chronique, et ce
visage efféminé convient assez bien à l'homme qui se
cachait dans sa cave les jours où le tonnerre grondait.
D'autres preuves, plus précises, nous permettent, d'ail-
leurs, d'identifier ce portrait. D'abord l'unanimité de ces
cinq traditions, dont trois au moins sont héritages de
famille. Ensuite, observez la ressemblance frappante
entre ce visage et celui de Madeleine Mazade, tel que La
Tour nous l'a transmis. Enfin, je signalerai que le prénom
de mon arrière-grand-père, Laurent, est également celui
de son parrain, le second Grimod de la Reynière. Et l'on
connaît assez l'habitude qu'avaient les parrains de faire
don de leurs portraits à leurs filleuls pour convenir qu'il
y a, dans cette coïncidence, et une explication pour le don
couleur prune et non ponceau, comme dans toutes les autres
répliques.
de ce portrait, et un argument de plus en faveur de cette
identité.
Je signalerai également l'existence, en ma possession,
d'une petite miniature très soignée, signée de Mii° De
Noiresterres, d'après le même modèle plus âgé, mais ayant
conservé, jusque vers la fin du règne de Louis XVI, toute
son élégance un peu féminine. Et je pense que l'on con-
sidérera la question comme parfaitement éclaircie.
Le portrait de Suzanne de Jarente, par L.-M. Van Loo,
qui appartient à Mme la baronne d'Etchegoyen, au château
de Baclair, est une œuvre charmante, où la jeune femme
est représentée en train de prendre son chocolat.
Un membre de la même famille, M. le marquis de
Montaut, a acquis dans une vente un autre portrait de
Mme de la Reynière, qui paraît bien, lui aussi, sortir de
l'atelier de L.-M. Van Loo. C'est un ovale qui nous pré-
sente le visage et le buste d'une très jolie femme aux
yeux bleus. Des boucles de cheveux poudrés à frimas
encadrent sa figure souriante, dont la fraîcheur est
rehaussée par le bleu outremer du vêtement et les fleurs
de son corsage. En somme, une œuvre très séduisante
dont la ressemblance est garantie par le médaillon bien
connu de Nini. Mais celui-ci souligne davantage le port
de reine, le fin et impérieux profil de cette femme que le
bon Doyen prétendait « attaquée de noblesse », et dont
Mme Vigée-Lebrun, de son côté, critique « l'air noble et
fier », en ajoutant : « Elle avait été belle, très grande et
très maigre. » Les peintres ne regardaient la pauvre
Suzanne de Jarente avec bienveillance que lorsqu'ils
avaient la palette en main. L'instinct professionnel avait
raison alors de leur antipathie, et ils oubliaient la femme
en faveur du modèle. Il fallait bien, d'ailleurs, que Suzanne
de Jarente pontifiât un peu pour son oncle et pour son
frère, tous deux élevés successivement au siège épiscopal
d'Orléans, qui ne pontifiaient pas assez, — l'oncle sur-
tout, Louis Sextius de Gérente (ou Jarente) de la Bruyère.
Cet étrange évêque a fait reproduire ses traits, et le tableau
est encore au Musée d'Orléans. Il estimait nécessaire
d'être dans son diocèse au moins en effigie. Peut-être cette
œuvre médiocre est-elle de ce Rabillon qui a fait de lui
— i3 —
un autre portrait destiné à un bréviaire et qui fut si fine-
ment gravé par Moreau le Jeune. Une autre vignette du
même est due à Saint-Aubin. Mais il ne faudrait pas con-
fondre l'original de ce portrait avec celui qu'a représenté
Vincent en 1787 et qui est au même Musée, tandis qu'au
Musée Jeanne d'Arc figure une autre gravure du même
évêque due à Cochin. En 1772, l'oncle de Suzanne de Ja-
rente avait quitté Orléans pour aller scandaliser Marseille.
Il s'agit dans le portrait de Vincent et dans la gravure de
Cochin du frère de Suzanne, Mgr d'Orgeval de Jarente,
prélat assez léger sans doute, mais qui n'est point cou-
pable des fredaines que l'on imputait à son oncle. Mais
revenons à Suzanne de Jarente.
Le portrait qui se trouve au cercle de la rue Boissy-
d'Anglas n'est, nous l'avons dit, qu'une copie du pastel
qui appartient à M. AUard de Ghâteauneuf. Il semble bien,
— autant qu'on puisse en juger d'après une copie, — que
ce ne soit qu'une variante de l'original que possède M. de
Montant. Même mouvement penché de la tète, mêmes
boucles dissimulant le cou très long signalé par les chro-
niqueurs. Le corsage est d'un bleu plus pâle, — ce qui
peut être le fait du copiste. Le bouquet de fleurs est sup-
primé. En revanche, on remarque les mêmes caractères
très spéciaux de la physionomie, le bas de la figure étant
très allongé par rapport à la hauteur du nez, et aussi la
même bouche en cœur charmante et hautaine.
Mais voici qui va compliquer singulièrement la ques-
tion. Il existe au Musée André deux portraits de Roslin,
que vous connaissez tous, et qui sont catalogués comme
étant ceux de Laurent Grimod de la Reynière et de Su-
zanne-Françoise de Jarente. Un simple coup d'œil suffit
à démontrer que, si nous acceptons cette identité, il faut
rejeter celle des dix portraits que nous avons précédem-
ment étudiés. Nulle ressemblance entre le Grimod de la
Reynière et la Suzanne de Jarente de L.-M. Van Loo et
le couple représenté par Roslin. D'ailleurs, à la date de
ces derniers portraits (1764), Laurent de la Reynière n'au-
rait eu que vingt-huit à vingt-neuf ans. Et il est évident
que le portrait de Roslin est celui d'un homme d'au moins
quarante ans. Fort heureusement, ni M. Emile Bcrtaux ni
— 14 —
M. Pierre de Nolhac ne se portent garants de cette attri-
bution, ni ne mettent dans la balance le poids de leur
grande érudition. Jusqu'à plus ample information, cette
identification ne repose que sur l'affirmation du marchand
qui a vendu ces tableaux à M. et Mme André, en 1889.
Une fiche du Musée que M. de Nolhac a bien voulu me
communiquer veut trouver « une ressemblance frappante
entre ce personnage et son père, dont il reprit la ferme et
dont il continua la vie de financier fastueux et extrava-
gant ». Par parenthèse, je trouve ces deux épithètes un
peu hasardées. Fastueux, oui. Mais pourquoi extrava-
gant? Je crains bien que l'érudit qui a rédigé cette fiche
n'ait confondu Laurent Grimod, le riche financier, avec
le gourmet excentrique qu'il avait pour fils, et qui faisait
son désespoir. Quant à la ressemblance, elle est plus
apparente que réelle et ne résiste pas à un examen appro-
fondi. On ne saurait d'ailleurs supposer un instant que
ces portraits soient ceux d'Antoine-Gaspard et de sa
femme. Le témoignage de La Tour est là pour établir
qu'il n'y a aucune ressemblance entre Madeleine Mazade
et cette blonde ingénue. Et d'ailleurs les deux toiles,
comme nous l'avons dit, sont datées de 1764, et Antoine-
Gaspard était depuis onze ans mort au champ d'honneur
des gourmets, — je veux dire d'indigestion.
Nous avons vu qu'il ne peut s'agir de Laurent. « Si ce
n'est toi, c'est donc ton frère » ou « ton beau-frère ».
Rien de plus commun, dans les familles, que ces confu-
sions d'identité.
Et, justement, le visage représenté par Roslin évoque
le souvenir d'un certain buste de Houdon, — celui de
Guillaume Lamoignon de Malesherbes, le fameux défen-
seur de Louis XVI, qui avait épousé Françoise-Thérèse
de la Reynière.
Rapprochons les deux œuvres d'art. La ressemblance
est indéniable. Que l'on examine chaque trait l'un après
l'autre. Il y a, ici et là, identité des caractères et identité
des proportions. Malesherbes, bien plus âgé que sa femme,
avait quarante-trois ans en 1764. Et ce renseignement
concorde avec notre portrait.
— i5 —
Il faudrait vraiment être bien prévenu pour voir, dans
le personnage représenté par Roslin, un poltron efféminé
et un petit-maître fastueux, comme tous les chroniqueurs
nous représentent Laurent de la Reynière. Bien plutôt,
reconnaissons-nous le signalement de Malesherbes, cet
hom.me qui affectait une simplicité allant, aux yeux de
certains, jusqu'à la vulgarité. Nous retrouvons jusqu'à
son sourire, tel qu'il nous est décrit par un contemporain
qui fut de ses familiers. « Il avait aussi un demi-sourire,
bien connu de ses amis, qui lui servait à apprécier les
hommes pervers qui voulaient, malgré lui, descendre dans
sa pensée pour la corrompre; ce sourire était sa seule
malice, et, comme il n'en fit jamais un mauvais usage, il
ne faut pas le lui reprochera » Cette expression, sans
doute, est plus éloquemment reproduite dans le buste de
Houdon que dans le tableau du Musée André. Gela prouve
seulement que Houdon était un artiste bien supérieur à
Roslin. Je ne vous parlerai pas de tous les portraits gra-
vés de Malesherbes qui nous sont parvenus. Toute cette
imagerie, — même le portrait gravé d'après Jean Valade,
— ayant perdu dans l'interprétation du graveur presque
toute valeur documentaire. Tout cela est généralement
médiocre. Malesherbes, qui aimait les bons mots, pour-
rait dire que, décidément, on en voulait à sa tête.
Si l'on admet l'identification que je propose, la jeune
femme ne serait autre que celle dont le même biographe
nous raconte la triste fin 2 :
« Celle-ci, dit-il, née avec une imagination vive et une
grande sensibilité qui dégénérait souvent en maladie de
nerfs, aimait à chasser dans sa terre, avec une adresse
dont les gardes-chasse eux-mêmes se seraient honorés;
le fusil, dont sa main s'enorgueillissait, ne servit un jour
que trop bien sa tête égarée par des vapeurs. Elle attacha,
avec un sang-froid apparent, cet instrument de mort par
le moyen d'un double ruban, dont l'un touchait à la
1. Vie publique et privée de Malesherbes. Paris, i8o3, chez
les marchands de nouveautés, p. 70.
2. Ibid., p. 145.
— i6 —
détente, tandis que l'autre appuyait le canon sur son sein :
le coup partit et elle se tua. »
Le portrait de Roslin aurait donc, pour retenir la curio-
sité, outre son mérite artistique, un certain intérêt roma-
nesque et dramatique.
Permettez-moi de joindre à cette galerie de famille un
beau pastel qui est en ma possession et que les pièces
de succession donnent comme celui de M. Grimod de
Verneuil. Une tradition, confirmée d'ailleurs par l'opinion
de certains amateurs, tels que M. de Montaiglon, attri-
buait cette œuvre à La Tour, comme tous les beaux pas-
tels de la même époque. Pour ma part, j'ai éprouvé des
doutes sérieux lorsque j'ai vu les pastels de Jean Valade
au Musée d'Orléans. Mes doutes se sont changés en con-
viction quand j'ai su que Jean Valade avait été aussi le
portraitiste de Malesherbes. J'ignore ce qu'est devenue
cette dernière œuvre que je ne connais que par une gravure
sans caractère quant à la ressemblance. Mais il y a de
telles analogies de mise en toile, de distribution de la
lumière que, pour ma part, le doute ne m'est guère pos-
sible. Et vous pensez bien que si le possesseur d'un
tableau en retire la paternité à La Tour pour la donner à
Jean Valade, ce n'est pas précisément avec une arrière-
pensée intéressée.
Surtout nous retrouvons bien ici une harmonie riche
et fine qui est comme la signature de Jean Valade, avec
le teint frais du bonhomme, le velours cramoisi de l'habit
brodé d'or, le tout s'enlevant sur un fond gris. Qu'était
ce Grimod de Verneuil? Un cousin germain des la Rey-
nière, dont l'intimiité avec eux semble avoir été rendue
plus étroite par un commun amour de la bonne chère.
Nous retrouvons, en effet, un Grimod de Verneuil, — le
fils du précédent, — parmi les commensaux ordinaires
du célèbre gourmet. Et son portrait figure, dans VAlma-
nach des gourmands (t. VIII)*, comme membre du jury
dégustateur, — institution qui est restée devant la posté-
rité le principal titre de gloire de Balthazar Grimod de la
Reynière, — lequel, par parenthèse, n'était pas seulement
I. Année 1808.
— 17 —
le prince des gourmets, mais aussi, ce qui vaut mieux, un
excellent écrivain et un critique dramatique redouté.
On pense qu'il fut portraituré bien des fois. Un portrait
de lui, tout enfant, un pastel, attribué par les uns à La
Tour, par les autres à M^e Filleul, tient compagnie à
ceux de ses parents que possède Mme d'Etchegoyen. En
outre, nous ne voyons à retenir, comme œuvre de valeur,
que les portraits de Boilly, dont le plus curieux est celui
qui figure sous le titre : le Gourmand, dans le magasin
de Gorcelet, au-dessus du comptoir. Il est juste d'ajouter
que M. Marmottan laisse planer un doute sur l'identité
de ce portrait et d'un autre, dû également à Boilly. Je ne
puis, malheureusement, apporter à la solution de ce pro-
blème plus de précision que notre savant confrère.
Je m'aperçois que je me suis, à mon tour, attardé trop
longtemps dans le salon de Mme de la Reynière. Mais, si
la société de cette charmante femme se composait, selon
le témoignage de la malicieuse M^e Vigée- Lebrun, « des
personnes les plus distinguées de la cour et de la ville »,
on y voyait aussi, vous en conviendrez, d'assez bonne
peinture. Et ce sera mon excuse si j'ai prolongé outre
mesure la visite.
Les bustes de l'avocat Gerbier
PAR Lemoyne et Houdon.
(Communication de M. Louis Réau.)
Les amateurs et les érudits n'ignorent pas qu'il existe
à Paris, en dehors des collections particulières plus ou
moins accessibles à leur curiosité, un grand nombre
d'établissements publics qui recèlent des chefs-d'œuvre
inconnus de la sculpture française du xviiie siècle.
Quelques-unes de ces cachettes officielles ont été récem-
ment explorées, notamment par M. Amédée Boinet, qui
a révélé au public que la galerie des bustes de la biblio-
thèque Sainte-Geneviève ne le cédait guère en importance
à celle beaucoup plus illustre des deux foyers de la
1922 2
— I« —
Comédie-Française. Mais qui s'avise d'aller voir au Mu-
séum d'histoire naturelle l'admirable buste de Réaumur
par J.-B. Lemoyne, irrespectueusement relégué au fond
d'un placard en compagnie du chapeau-tromblon de Gu-
vier, ou la statue de Biiffon par Pajou qui se morfond
dans la pénombre d'un escalier? Qui a pu étudier ou
même apercevoir distinctement les statues de grands
hommes et les bustes du palais de l'Institut, enfouis dans
de véritables catacombes où ne filtre qu'un jour crépus-
culaire? Et pourtant il y a là plus d'une œuvre de pre-
mier ordre et parfaitement digne du Louvre, quand ce ne
serait que le Voltaire nu de Pigalle, le Corneille de Caf-
fieri, le Montesquieu de Clodion, le Napoléon /er de
Roland^.
Bien que située elle aussi au cœur de Paris, en plein
Palais de Justice, la bibliothèque de l'Ordre des avocats
demeure au regard des historiens d'art une terra ignota.
Les deux bustes de l'avocat Gerbier par Lemoyne et
Houdon, qui constituent la meilleure part de son patri-
moine artistique, ont été signalés en 1912 par M. Brière à
la Société d'histoire de l'Art français; mais ils n'avaient
jamais été encore photographiés et publiés et on a imprimé
sur leur compte les erreurs les plus flagrantes.
G'est ainsi que, dans un récent ouvrage sur Le statuaire
Jean- Antoine Houdon et son époque, M. Giacometti, qui
n'a évidemment pas pris la peine d'entreprendre un
voyage d'exploration dans l'île de la Gité, déclare sans
hésitation que le buste de Houdon légué à la bibliothèque
de l'Ordre des avocats est un marbre et que le portrait du
même personnage par Lemoyne a disparu. « On ignore,
écrit-il, ce qu'est devenue cette œuvre qu'il serait inté-
I. Nous avons cependant plaisir à rendre hommage à l'in-
telligente initiative de M. Widor, secrétaire perpétuel de
l'Académie des beaux-arts, qui a introduit récemment un peu
d'ordre dans ce chaos, déporté les non-valeurs dans les res-
serres du Musée Jacquemart-André et mis en vedette quelques
pièces capitales. Mais ce reclassement devrait être poursuivi
d'une façon plus systématique et la lumière restera toujours
déplorable.
— 19 —
ressant de pouvoir comparer avec le buste fait par Hou-
don, qui fut élève de Lemoyne. On verrait ainsi de
combien notre artiste s'était affranchi du premier ensei-
gnement reçu. » Si M. Giacometti avait porté ses pas
jusqu'au Palais de Justice, il aurait pu, le plus. aisément
du monde, instituer cette comparaison, fort instructive
en effet, entre les deux bustes, puisqu'ils se font pendant
dans la même galerie et ne sont guère séparés que par la
largeur d'une porte; il se serait également assuré par la
même occasion que le prétendu marbre de Houdon n'est
qu'un simple plâtre teinté terre cuite.
I.
L'avocat Gerbier de la Masselaye était un personnage
considérable. Sa carrière fut exceptionnellement bril-
lante ^ Né à Rennes en 1725, il débuta, en lySS, au bar-
reau de Paris, où il ne tarda pas à conquérir de haute
lutte la première place. La foule se pressait au Palais
pour l'entendre; son succès balançait celui du grand
acteur Lekain à la Comédie-Française. En 1771, lors de
l'exil des Parlements, il se laissa séduire par le chancelier
Maupeou et consentit à plaider devant la commission
remplaçant le Parlement de Paris : ce qui lui valut l'ani-
mosité de quelques-uns de ses confrères. Néanmoins, il
fut élu bâtonnier en 1787. Il eut la sagesse de mourir à
la veille de la Révolution, le 26 mars 1788, à l'âge de
soixante-trois ans.
Pour se faire une idée de l'extraordinaire renommée
de cet avocat du temps de Louis XVI, dont le nom est
aujourd'hui tombé dans l'oubli, il faut lire l'éloge gran-
diloquent que lui consacra en 1812 un de ses successeurs,
le bâtonnier Delacroix-Frainville.
1. Cf. la notice biographique du Barbeau français, t. VI.
Paris, 1822. La plupart de ces renseignements sur la vie de
Gerbier nous ont été fournis par notre an:i M. Schuler, vice-
président de chambre à la Cour d'appel, et par l'aimable
bibliothécaire de l'Ordre, que nous remercions de son empres-
sement à faciliter nos recherches.
— 20 —
« O Gerbier, la génération de ceux qui eurent le bon-
heur de te voir et de t'entendre n'est pas périe tout
entière. Reçois en ce jour notre hommage; reçois-le de
tes profonds admirateurs, de ceux dans la mémoire des-
quels les sons éloquents de ta voix retentissent encore.
Mais comment t'en offrir un digne de toi? Il faudrait ravir
une étincelle de ton génie pour en exprimer les effets et
la puissance, pour te peindre à ce barreau où tu n'appor-
tais d'autre préparation qu'une âme remplie des plus
ravissantes inspirations, pour retracer les mouvements de
cette âme sublime, tantôt excitant les plus touchantes
émotions, tantôt par ses élans rapides et impétueux sub-
juguant et entraînant; pour dire comment, toujours
maître de toi et de tes auditeurs, tu suivais dans leurs
yeux les impressions que tu produisais, pressant ou res-
serrant à ton gré tes magnifiques développements jusqu'à
ce que le triomphe de la conviction fût obtenu; pour
décrire le pouvoir magique qui résidait sur tes lèvres et
sur toute ta personne, l'enchantement de cette voix har-
monieuse, l'heureux accord de cette action noble et pure.
Car tout dans toi était éloquent : ton front, siège de la
sérénité, tes regards animés du feu de ton génie, tes
gestes, tes mouvements et jusqu'à ton immobilité. Quel
autre réunit jamais à un degré plus éminent le merveil-
leux assemblage de tout ce qui constitue le parfait ora-
teur? S'il est vrai que la nature, avare de ses bienfaits, ne
reproduise qu'à de longs intervalles les grands modèles
en tous genres, il faut croire qu'elle voulut faire revivre
dans Gerbier pour la France le Démosthène de la Grèce
et le Cicéron de Rome. Un grand orateur du barreau
avait manqué au siècle de Louis XIV : il fut réservé pour
notre âge. »
Malheureusement la gloire de celui que ses contempo-
rains avaient surnommé V Aigle du barreau, le Cicéron
français, a été aussi éphémère que celle de ses confrères
de tous les temps, dont les périodes les plus étincelantes
et les plus crépitantes s'éteignent avec la rapidité déce-
vante d'un feu d'artifice. Aujourd'hui que l'écho de sa
voix s'est évanoui, son principal titre de gloire reste peut-
être d'avoir servi de modèle aux deux plus célèbres « bus-
— 21 —
tiers » de son temps : Jean-Baptiste Lemoyne et Jean-
Antoine Houdon.
II.
Ces deux bustes ne sont pas les seuls portraits que
nous connaissions de Gerbier, dont l'iconographie est
très riche. Son portrait peint par Duplessis fut exposé au
Salon de 1769, et Gabriel de Saint-Aubin l'a croqué en
marge de son exemplaire du livret que conserve le Cabi-
net des estampes de la Bibliothèque nationale. Entre les
deux bustes de Lemoyne et de Houdon qui datent res-
pectivement de 1767 et de 1781 se place un troisième por-
trait sculpté par Vassé qui figura au Salon de 1771. Il est
regrettable qu'aucun dessin, aucune gravure ne nous ait
gardé le souvenir de cette œuvre disparue. Notre compa-
raison pourrait ainsi porter non plus sur deux, mais sur
trois des meilleurs sculpteurs du xviiie siècle.
Le buste en terre cuite de Lemoyne, qui est le plus
ancien des trois, fut exposé par l'artiste au Salon de 1767
en même temps que le buste de TrudainCy qui a passé de
l'École de Droit, à laquelle il était primitivement destiné,
au Musée du Louvre, et le magnifique buste de Montes-
quieu, dont le marbre appartient aujourd'hui au Musée
de Bordeaux <. Les contemporains ne manquèrent pas
d'esquisser à cette occasion un parallèle entre l'avocat et
l'auteur de VEsprit des lois. On lit dans le compte-rendu
publié par le Mercure de France en novembre 1767 : « Le
buste de M. de Montesquieu, dont M. le prince de Beau-
veau fait présent à l'Académie de Bordeaux et le portrait
de M. Gerbier, avocat au Parlement, ont offert les ressem-
blances intéressantes de deux célèbres amis des lois. »
Nous ignorons à quelle date ce buste de Gerbier devint
la propriété de l'Ordre des avocats. Comme il n'est ni
signé ni daté et qu'on savait que l'auteur du Voltaire avait
fait un portrait de l'ancien bâtonnier, il passa d'abord
pour une œuvre de Houdon. C'est sous ce faux état civil
I. La terre cuite est restée à Paris, dans la collection
Ed. Kann.
— 22 —
qu'il échappa a l'incendie du Palais de Justice pendant la
Commune. Dans son discours de rentrée à l'ouverture de
la Conférence des avocats, le 2 décembre 1871, M^ Rousse,
qui avait sauvé comme un palladium le buste de son
devancier, évoqua éloquemment ce souvenir tragique :
« La Sainte-Chapelle, restée seule debout et intacte dans
un cercle de feu, a recueilli comme un lieu d'asile les
épaves de notre ruine. C'est là qu'un jour vous auriez pu
voir un de vos anciens emportant dans ses bras le buste
classique de Gerbier. » Cette anecdote est rapportée plus
explicitement par J. Fabre dans son livre sur La justice à
Paris pendant le siège et la Commune : « Au milieu du
tumulte, le bâtonnier avait transporté le buste de Gerbier,
attribué par erreur à Houdon. Trébuchant à travers les
escaliers, les poutres et les cordages, il avait déposé son
fardeau au fond de la chapelle; à chaque pas, il songeait,
sans pouvoir s'en défendre, au pieux Énée, emportant sur
ses épaules, dans la nuit fatale d'Ilion, le vieil Anchise et
ses dieux domestiques. »
La patine de fumée et de suie qui témoignent de ce
dramatique sauvetage n'a pas résisté à un moulage qu'on
a fait depuis pour en tirer une épreuve en métal. Par
suite de cette opération, le buste de Lemoyne est repré-
senté au Palais de Justice par trois exemplaires : la terre
cuite originale, un moulage en plâtre teinté et une fonte
en bronze.
C'est seulement en 1881 que le véritable buste de Hou-
don est venu rejoindre à la bibliothèque de l'Ordre la
terre cuite qui lui avait été indûment attribuée et qu'il
fallut bien se résigner à débaptiser. Il provient d'un don
de Me Templier, arrière-petit-fils de Me Caillau de Cour-
celle, ancien bâtonnier, qui l'aurait reçu de Gerbier lui-
même.
Que savons-nous de cette œuvre quasi inconnue de
Houdon? Si nous consultons le livret du Salon de 1781,
nous y voyons inscrit sous le no 260 le Buste en plâtre
— 23 —
couleur de terre cuite de M. Gerbier, avocat. Il appartient
donc à la meilleure époque de l'artiste; il est contempo-
rain de ses plus parfaits chefs-d'œuvre : la Diane de l'Er-
mitage, le Tourville de Versailles, le Voltaire de la Co-
médie-Française.
Sans être un « réclamiste » aussi effronté que J.-J. Caf-
fieri, Houdon était toujours à l'affût de l'actualité; il s'in-
géniait à portraiturer tous les hommes du jour : ministres,
inventeurs, acteurs en vogue, voire même simples charla-
tans. Peu lui importait leur mérite ou leur moralité,
pourvu que leur nom fût populaire, et il mettait aussi
bien son ciseau au service du vertueux Necker que de
l'aventurier Cagliostro. La réputation d'éloquence de Ger-
bier suffit à expliquer qu'il ait introduit cet avocat dans
sa galerie d'hommes célèbres. Mais, en 1781, il avait des
raisons très particulières de l'y faire entrer. Gerbier était
l'avocat-conseil de la Comédie-Française et c'est lui qui
était intervenu pour faire attribuer à la Comédie la statue
de Voltaire que Mme Denis, devenue Mme Duvivier, avait
d'abord destinée à l'Académie française. Le 26 septembre
1780, il écrivit à la nièce du grand homme une lettre
ouverte où il laissait entendre de la part des comédiens
que la place de l'auteur de Zaïre était toute marquée au
milieu des artistes qui interprétaient ses œuvres. C'est
donc à son intervention qu'est due, au moins en partie,
la décision prise en faveur de la Comédie, et c'est certai-
nement à l'occasion des négociations relatives à la statue
de Voltaire que Houdon se trouva amené à modeler le
buste de Gerbier.
Ce portrait a été plusieurs fois reproduit. Il a été gravé
par Pujos, et on le reconnaît très nettement dans les
deux célèbres tableaux de Boilly conservés l'un au Musée
des Arts décoratifs, l'autre au Musée de Cherbourg, qui
reproduisent V Atelier de Houdon en i8o3 et en 1808 : il
est juché sur le premier rayon à droite, non loin du sein
généreusement découvert de la cantatrice Sophie Arnould,
l'incomparable interprète de VIphigénie de Gluck, dont
son regard sévère de puritain semble se détourner.
A la vente après décès de 1828, un exemplaire de notre
— 24 —
buste lut offert dans un même lot conjointement avec le
prince Henri, frère de Frédéric le Grand. Le procès-ver-
bal de la vente porte cette mention, assez plaisante dans
son raccourci : Gerbier et Henri de Prusse, terre cuite :
23 francs. Prix faible en vérité, mais relativement fort
honorable pour les deux associés, si l'on songe qu'à la
même vente les bustes en plâtre du tsar Alexandre 1er et
de l'impératrice Joséphine ne dépassèrent pas à eux deux
l'enchère de 2 fr. 5o.
Existe-t-il d'autres exemplaires du buste de Gerbier
que celui du Palais de Justice? Nous avons déjà dit que
cet exemplaire n'est nullement, comme le prétend M. Gia-
cometti, en marbre, mais en plâtre teinté. Me Cartier,
bibliothécaire honoraire de l'Ordre des avocats, que nous
avons consulté à ce sujet, nous a expressément affirmé
que la bibliothèque n'a jamais possédé le moindre buste
en marbre de Houdon. D'ailleurs, aucun document du
xviiie siècle ne signale une exécution en marbre. Par
contre, Houdon mentionne lui-même dans la liste auto-
graphe de ses œuvres qu'il dressa en 1785, à la veille de
son départ pour l'Amérique, sous le millésime de 1781
et le numéro 91 : Un buste en bromçe de M. Gerbier, avo-
cat. Il aurait donc fondu ce buste en bronze, comme il
le fit pour ceux de Voltaire et de J.-J. Rousseau. Mal-
heureusement, de même que l'exemplaire hypothétique
en marbre, cet exemplaire en bronze a disparu.
Nous ne. connaissons, en somme, le buste de Gerbier
que par des exemplaires en plâtre. Celui qui a été donné
au Palais de Justice est-il le plâtre original du Salon de
1781 ou n'est-ce qu'un moulage moderne? Il est assez
difficile de s'en assurer sous la patine couleur terre cuite
qui le recouvre. Un autre plâtre identique, mais cette fois
teinté en bronze noir, appartient à l'antiquaire Larcade.
M. Vitry en connaît une troisième réplique dans la
famille de Me Cresson. Enfin, M. Brière nous signale que
des surmoulés ont été pris sur le plâtre de la bibliothèque
de l'Ordre et qu'il se souvient d'en avoir vu un au Musée
de Toul, où il est entré comme don de Me Liouville.
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25
III.
Après avoir ainsi rassemblé et critiqué tous les rensei-
gnements de nature à éclaircir l'histoire de ces bustes, il
nous reste, — et c'est la partie la plus intéressante de
notre tâche, — à les comparer. C'est une rare bonne for-
tune que de pouvoir confronter dans l'interprétation d'un
même modèle deux portraitistes aussi remarquables, —
et qui plus est deux sculpteurs : car la comparaison d'un
buste de Lemoyne avec un pastel de La Tour ou une
peinture de Duplessis, si elle est aussi intéressante au
point de vue iconographique, est forcément moins ins-
tructive au point de vue artistique que le rapprochement
avec un buste du même personnage, modelé par son grand
rival Houdon.
Les différences qu'on peut observer entre l'expression
des deux bustes tiennent évidemment pour une bonne
part à ce qu'ils sont séparés par un intervalle de quatorze
années. Lorsqu'il posa, en 1767, dans l'atelier de Lemoyne,
Gerbier, bien qu'il fût déjà complètement chauve, n'avait
que quarante-deux ans ; lorsque Houdon modela ses traits
en 1781, il en comptait cinquante-six. L'écart est appré-
ciable, et l'on n'a pas de peine à s'expliquer que les yeux
soient plus pétillants, les traits plus mobiles dans le por-
trait de Lemoyne, tandis que le masque de Houdon
semble par comparaison durci et presque figé.
Mais en dehors de ces différences imputables à l'âge du
modèle, il en est d'autres qui tiennent au tempérament
des deux artistes et à l'évolution de style qui s'était
accomplie dans l'art français entre 1767 et 1781. Lemoyne
est une nature plus fougueuse, plus frémissante; Houdon
est plus pondéré, plus froid. Lemoyne appartient à
l'époque où le style baroque des Berninesques était
encore en honneur; Houdon participe, au contraire, au
mouvement de renaissance du classicisme.
Appliquons ces observations générales aux deux bustes
qui font l'objet de notre étude, et nous verrons avec quelle
précision elles se vérifient. L'analyse de la physionomie
— 26 —
et du costume fait ressortir des différences bien significa-
tives. Le buste de Lemoyne a dans le port de la tête qui
se tourne franchement vers la droite, dans la direction
oblique du regard, un caractère de mobilité qui est encore
accentué par le chiffonnement pittoresque de la draperie
négligemment jetée, dont les plis obliques courent en
direction inverse du mouvement de la tête. Le buste de
Houdon frappe au contraire par sa rigidité presque fron-
tale, par la fixité du regard, par le strict parallélisme des
commissures de la bouche qui semblent prolonger le
menton carré et volontaire : cet effet de sévérité monu-
mentale est renforcé par l'absence complète de draperie
qui confère à cet avocat parisien la majesté d'un sénateur
romain.
Si nous essayons de résumer en quelques mots l'anti-
thèse frappante de ces deux effigies d'un même person-
nage, nous dirons que le buste à la française de Lemoyne
est plus vivant, mais que le buste à l'antique de Houdon,
plus solidement construit, plus dépouillé de tout ce qui
est accidentel et accessoire, l'emporte par le style. Le pre-
mier est plus pittoresque; le second a plus de caractère.
L'un est une traduction directe de la vie par un praticien
extrêmement sensible et adroit; l'autre est une interpré-
tation par un psychologue qui fouille plus profondément
l'âme de son modèle et, sans négliger le détail individuel,
sait dégager à travers les expressions fugitives du masque
ce qu'il y a dans un visage humain d'essentiel et de per-
manent.
Ainsi s'éclairent, grâce à cet exemple privilégié, deux
maîtres, deux époques de notre art du xvnie siècle. A
condition d'éviter l'artifice des parallèles à l'ancienne
mode, il nous semble qu'il y aurait intérêt à généraliser
ces études d'arf comparé, dont notre admirable Musée
du Trocadéro nous fournit les éléments, et qui seraient
pour l'histoire de l'art un adjuvant aussi précieux que les
méthodes de la grammaire comparée l'ont été pour la
linguistique.
— 27 —
SÉANCE DU 3 FÉVRIER 1922.
I.
COMITÉ DIRECTEUR.
Présidence de M. Gaston Brière.
Présents : MM. Alfassa, Gharlier, Gordey, Guiffrey, le
comte d'Harcourt, Lemoisne, Lemonnier, Marquet de
Vasselot, Henry Martin, Ramet, Ratouis de Limay, Réau,
Rouchès, Saunier, Vitry.
— Le Président rend un hommage ému à la mémoire
de l'un des meilleurs collaborateurs de la Société : Marc
Furcy-Raynaud, très prématurément enlevé à la suite
d'une opération. Il rappelle son dévouement de longue
date à la Société et ses remarquables travaux. M. Furcy-
Raynaud mettait la dernière main à une nouvelle édi-
tion, considérablement augmentée, de V Inventaire des
sculptures commandées par les Bâtiments du Roi au
XVII I^ siècle, dont il s'était généreusement offert à faire
bénéficier la Société en prenant tous les frais du volume
à sa charge. Ge travail, qui formera le tome XIII des
Archives, sera publié, précédé d'une notice sur ce très
sympathique confrère dont la perte sera vivement ressen-
tie par la Société tout entière.
— Le Secrétaire fait connaître que la librairie Féret, de
Bordeaux, vient de souscrire à 3oo exemplaires du livre
de M. Gourteault sur la Place Royale de Bordeaux
(tome XII des Archives).
— Le Président donne lecture d'une circulaire de M. le
Directeur des Beaux- Arts relative à la formation d'une
Société anonyme qui serait chargée, à la suite de la sup-
pression par le Parlement du Service photographique des
Beaux-Arts, d'exploiter les clichés des Monuments histo-
riques et des Musées appartenant au ministère des Beaux-
Arts. Le Gomité décide de souscrire, pour la somme de
5oo francs, à une action de cette Société qui aura pour
titre : « Les Archives photographiques d'art et d'histoire. »
— 28 —
L'attribution, à titre de don, des anciennes punlications
de la Société encore disponibles est votée en faveur de la
Bibliothèque nationale française du Grand-Liban et de
l'Institut Zorn de Stockholm.
— Sont admis membres de la Société :
S. M. la Reine Amélie de Portugal, présentée par le
comte d'Harcourt et M. Brière; la marquise d'Harcourt,
présentée par la vicomtesse de Vaulogé et le comte d'Har-
court; M. George Blumenthal, présenté par MM. Brière
et Ratouis de Limay; M. E. Delagarde, présenté par le
marquis de Sayve et M. Marquet de Vasselot; M. Max
Leclerc, directeur de la librairie Armand Colin, présenté
par MM. Jolis et Rouchès; M.Jacques Meurgey, présenté
par M. Lefuel et le baron de Fleury; la bibliothèque de
Toulouse (M. Galabert, bibliothécaire), présentée par
MM. Rouchès et Ratouis de Limay; l'Institut Zorn de
l'Université de Stockholm, présenté par MM. Vitry et
Aubert.
— La démission de M. Lehideux-Vernimmen est ac-
ceptée.
REUNION DE LA SOCIETE.
Présents : MM. Alfassa, le comte Allard du ChoUet;
Mlle Ballot; MM. Blum, Boinet, Brame, Brière, le capi-
taine Buttin, le comte de Camondo, Carsow ; MUe Ghara-
geat; MM. Gordey, Deligand, Demonts, Dubois-Gorneau;
Mlle Duportal; MM. Gélis, Girod de l'Ain; M^e Grenier;
MM. Guerlin, Guiffrey, le comte d'Harcourt, Hermel ;
Mlle Heywood; M. Jeannerat; MUes Laplagne, de Lar-
gentaye; MM. Lebel, Lefuel, le comte de Luppé, Marquet
de Vasselot, Migeon, Mornand, Perdreau; Mme Potrel;
MM. Ramet, Ratouis de Limay, Réau, Robiquet, Rou-
chès, Salles, Saunier, Sommier, Vallery-Radot, Vitry;
Mme Watel-Dehaynin; M. Wildenstein.
— 29 —
Le Salon des audiences de Louis XIV au Louvre.
(Communication de M. J. J. Marqiiet de Vasseîot.)
La Société des Amis de Versailles avait organisé l'été
dernier, au rez-de-chaussée du château, une intéressante
exposition rétrospective. On y voyait, agréablement pré-
sentées, des œuvres d'art qui avaient jadis fait partie de
la décoration du château, notamment les sculptures en
plomb provenant du Bosquet du Labyrinthe, et une im-
portante série de peintures et de dessins de Van der
Meulen.
Parmi ces tableaux figurait, sous le no 36, une petite
toile que le Catalogue^ décrivait ainsi :
« Louis XIV reçoit au Louvre les Ambassadeurs des
treize cantons suisses. »
Gomme je cherche, depuis quelque temps, à réunir les
matériaux d'un recueil de vues intérieures du Louvre,
cette petite toile attira mon attention; et je ne tardai pas
à constater qu'elle méritait un examen plus approfondi.
Que savait-on, jusqu'à présent, au sujet de ce tableau?
Fort peu de chose, en vérité, car le lieu même de la scène
n'a pas encore été identifié. Dans son utile Catalogue^ du
Musée de Versailles (1860), E. Soulié a décrit ce tableau
sous le no 2189; i^ ^ rappelé brièvement le renouvellement
de l'alliance avec les Suisses en i663, l'envoi d'une ambas-
sade extraordinaire chargée de le ratifier, et il a terminé
par cette phrase : « Les ambassadeurs furent reçus au
Louvre par le roi, accompagné du duc d'Orléans et du
prince de Gondé. »
Assurément ces indications étaient suffisantes pour un
1. Société des Amis de Versailles. Exposition au château de
Versailles de tableaux^ sculptures et tapisseries ayant décoré
autrefois le palais et le parc de la Résidence royale. 192 1,
in-8% pi.
2. Eudore Soulié, Notice du Musée national de Versailles
(4« édition, s. d.), vol. II, p. 193. — Voir aussi P. de Nolhac et
A. Pératé, Le Musée national de Versailles^ Paris, 1896, in-8°,
p. 93-
— 3o —
catalogue général, et le public doit trop souvent se con-
tenter de précisions bien moindres. Mais pour une étude
spéciale elles ne peuvent constituer qu'un point de départ :
car ce petit tableau est l'un des plus anciens documents
peints, actuellement connus, qui retrace une vue inté-
rieure du Louvre.
L'ambassade de i663 compte parmi les événements di-
plomatiques les plus importants du règne de Louis XIV;
elle a fait l'objet de plusieurs études, qui ont été bien
résumées par M. Tony Borel dans son livre intitulé :
Une ambassade suisse à Paris en i663, ses aventures et
ses expériences*.
Grâce aux rapports et aux correspondances des ambas-
sadeurs, grâce aux mémoires et aux journaux, M. Borel
a pu reconstituer, jour par jour, l'emploi du temps de
« MM. des Cantons » depuis le 23 octobre i663, date de
leur entrée sur le territoire français, jusqu'au 19 décembre,
date de leur retour à Bâle.
Après avoir été reçus par quelques-uns des personnages
les plus considérables de la cour (M. de Lionne, secré-
taire d'État aux Affaires étrangères; le maréchal de Tu-
renne; le chancelier Séguier), ils eurent une audience du
roi, le dimanche 11 novembre. M. Borel a donné de cette
cérémonie un récit très vivant et très exact^. Accueillis
au pied des « grands degrés » [l'escalier des appartements
du roi, appelé maintenant « l'escalier Henri II »] par le
duc d'Enghien et plusieurs maréchaux de France, ils
montèrent l'escalier, sur lequel les Gent-Suisses faisaient
la haie. Au haut des « grands degrés » ils trouvèrent le
marquis de Villequier, capitaine-colonel des Gardes du
corps, qui leur fit traverser la salle des Gardes [actuelle-
ment salle Lacaze], l'antichambre du roi [actuellement
salle des peintures de l'école de David], la grande chambre
du roi [actuellement salle dite des Sept-Cheminées] et le
grand cabinet du roi [actuellement salle des bijoux an-
tiques].
1. Paris, Fontemoing, 1910, in-S"; xvi-268 p., 36 pi.
2. P. 141 à 145.
— 3i —
Quand les ambassadeurs des Cantons [ajoute M. Borel i]
arrivèrent dans la salle d'audience, ils eurent beaucoup de
peine « à traverser une foule très importune » où il se trouvait
« beaucoup de ceux appelés coupeurs de bourse ou filous », ce
qui s'explique par le fait que l'accès du palais et l'abord du
Roi étaient des plus faciles à cette époque. Les Suisses par-
vinrent enfin à pénétrer avec M. le Duc dans le balustre,
barrière de petits piliers à hauteur d'appui, en bois sculpté et
décoré, à l'intérieur duquel le Roi attendait, debout sous un
dais.
Louis XIV avait à sa droite Philippe, duc d'Anjou, son
frère, appelé Monsieur, et à sa gauche le prince de Condé,
premier prince du sang, appelé M. le Prince. Derrière eux se
tenaient les quatre Premiers gentilshommes de la Chambre
et les trois Maîtres de la garde-robe. Le 'Roi leva son chapeau
et se recouvrit aussitôt, tous les assistants, sans exception, res-
tant tête découverte. Tour à tour, les envoyés des Cantons
s'approchèrent du Roi en faisant une profonde révérence, et il
toucha la main à chacun d'eux, privilège réservé aux
Suisses...
Le chef de l'ambassade [Jean-Henri Waser, bourgmestre
de Zurich], ayant pris la parole, prononça, en allemand, une
courte allocution, aussitôt traduite par l'interprète... Le Roi
répondit en quelques mots, d'une voix ferme, disant se réjouir
de l'arrivée des envoyés, de la conclusion de l'alliance avec
les Cantons, et « qu'on verrait par sa conduite l'estime dans
laquelle il tenait la Suisse... ». Après s'être de nouveau incli-
nés en passant devant le Roi, qui répondit à chaque salutation
en levant légèrement son chapeau, les ambassadeurs sortirent
dans le même ordre que celui où ils étaient entrés.
Quelle était donc cette pièce, à dais et à balustre, où
Louis XIV reçut les ambassadeurs? Deux textes du temps,
dont l'un a été relevé par M. Babeau^ et mentionné après
lui par M. Borel^, permettent de l'identifier avec certitude.
Voici, en effet, ce qu'on lit dans la Galette de France,
no du 27 janvier i663, page 108 :
« Le 22, l'Ambassadeur de Sa Majesté Danoise eut
1. Oiivr: cité, p. 143-145.
2. A. Babeau, Le Louvre et son histoire, Paris, 1895, ip-8'',
p. i55-i56.
3. Ouvr. cité, p. 142-143.
— 32 —
Audiance du Roy, dans la Balustrade d'un magnifique
Salon, sous le Dôme proche son Appartement. »
Et la même Galette ^, rendant compte de la réception
des ambassadeurs suisses, le ii novembre suivant, précise
qu'ils furent admis « dans le Sallon des Audiances, où le
Roy les attendait au dedans du Balustre ».
Or, il n'y a, dans cette partie du Louvre, qu'une seule
pièce qui réponde à ces descriptions : c'est le salon ovale,
voûté en dôme, qu'on appelle aujourd'hui le vestibule de
la galerie d'Apollon. Le tableau de Van der Meulen cor-
respond parfaitement, avec son balustre et son dais, aux
textes de i663 ; il confirme pleinement l'hypothèse de
M. Babeau et il aurait fourni à M. Borel une illustration
d'un intérêt capital pour son Ambassade suisse.
Que sait-on de cette pièce, dans laquelle ont dû se
dérouler maints événements notables? On peut reconsti-
tuer assez facilement son histoire, bien que M. Babeau
lui ait à peine consacré quelques lignes dans son livre
(d'ailleurs très utile) sur Le Louvre et son histoire^.
Quand, après la fin des guerres civiles, Louis XIV et sa
mère purent songer à embellir leur palais 3, ils résolurent
notamment d'aménager une salle somptueuse à l'entrée
de la Galerie des rois. Sous la direction de Levau^,
Charles Errard (qui avait toute la confiance de la Reine-
Mère) fut chargé, en 1659, de décorer cette pièce avec
Charles Lebrun. Mais ce projet de collaboration ne put
1. N" du 17 novembre i663, p. 11 18.
2. Voir p. i55. — Il est vraiment regrettable que les
recherches de Berty n'aient pas été continuées et que nous
n'ayons pas encore une histoire détaillée et scientifique du
palais du Louvre.
3. Dès i653, Anne d'Autriche avait commencé à remettre à
neuf l'appartement des reines-mères. En i655, elle entreprit de
transformer en salles luxueuses le rez-de-chaussée de la
Petite-Galerie; Michel Anguier et le stucateur Pietro Sasso y
prodiguèrent les sculptures, que Francesco Romanelli vint
compléter par ses peintures en i65g. En même temps on com-
mença à agrandir et à embellir l'appartement du roi.
4. Il avait succédé à Jacques Lcmercier (mort en 1654)
comme architecte du Louvre.
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- 33 —
aboutir; Lebrun jugea qu'une pareille combinaison était
au-dessous de son mérite ; il refusa de se plier au pro-
gramme qu'on lui proposait, d'après lequel il aurait seu-
lement peint à la voûte des tableaux qui auraient été
encadrés dans des compartiments et des sculptures ima-
ginés par son rival. Dépité, il alla jusqu'à rendre à M. de
Ratabon (intendant des Bâtiments du Roi) les sceaux de
l'Académie royale de peinture et de sculpture, dont il
était le chancelier ^
Cette querelle, où le caractère dominateur du futur
Premier-peintre se manifesta si violemment, eut pour
résultat d'empêcher, comme l'a bien exposé Piganiol de
la Force 2, « l'achèvement de cet ouvrage, qui est demeuré
imparfait jusqu'à présent ».
La décoration sculpturale seule fut exécutée, sans doute
telle qu'Errard l'avait prévue 3; elle le fut par les soins
d'un praticien italien, Francesco Caccia, dont la veuve
toucha, en 1667, le solde « de la somme de 3,52o livres, à
quoy montent les ouvrages de stuc faits dans la voûte du
Salon du Louvre, pendant l'année 1659'* ».
1. Toute cette querelle a été bien résumée par Piganiol de
la Force dans la notice sur l'Académie qu'il a insérée dans le
premier volume de sa Description historique de la ville de
Paris (édit. de 1765), p. 242-244. — H. Jouin, Charles Le Brun
et les arts sous Louis XIV, Paris, 1889, in-4'', p. 145.
2. Ouvr. cité, vol. I, p. 248. — Ph. de Chennevières a repris
ces textes dans sa Notice historique et descriptive sur la Gale-
rie d'Apollon (Paris, i85i, in-12, p. 24); mais il n'a pas su
déterminer s'ils s'appliquaient au « Salon des audiences » ou
au « Salon carré » actuel.
3. Il semble, en effet, avoir donné alors tous les modèles
des ouvrages de sculpture, de menuiserie, etc., exécutés pour
le roi. Voir sa Vie, dans les Mémoires inédits sur la vie et les
ouvrages des membres de l'Académie royale, vol. I (1854),
P- 79-
4. Ph. de Chennevières, ouvr. cité, p. 24. — Comptes des
Bâtiments du roi, publiés par J. Guiffrey, vol. I (1881), col. 126
et 70. En 1668, Errard toucha le solde des grands travaux de
peinture qu'il avait faits au Louvre en 1659 et 1660; l'impor-
tance de la somme prouve qu'il s'agit de tout l'ensemble des
décorations exécutées alors au Louvre.
1922 3
-34-
Ces stucs eurent d'ailleurs un très vif succès, comme le
prouve la description de ce salon donnée par Saugrain,
dans son Dictionnaire universel de la France^, publié en
1726 :
Du grand cabinet du Roy, on entre dans un salon ovale,
dont la coupe ou [sic] forme de dôme est ornée de quantité de
figures de stuc d'un goût merveilleux; les endroits de cette
coupe qui devroient être peints, sont encore vuides... Ce salon
sert d'entrée à la magnifique Galerie d'Apollon.
On pourrait croire que la transformation 2 subie par
1. Vol. II, col. 1042. C'est une des descriptions les plus
anciennes et aussi la plus exacte.
2. Il serait trop long d'étudier ici en détail les affectations
que le « Salon des audiences » a reçues successivement,
depuis son aménagement jusqu'à nos jours. Mais on me
reprocherait de ne pas les indiquer brièvement. Quand la
Cour commença à faire de longs séjours à Versailles (à partir
de 1675), les appartements royaux devinrent « le cabinet des
tableaux de Sa Majesté »; Villot a reproduit dans sa Notice
des tableaux (première partie, édition de 1864, p. xxviii à
xxxi) un curieux récit du Mercure galant du mois de décembre
1681, qui montre Louis XIV venant examiner dans son ancien
appartement ses plus précieuses peintures.
Quelques années plus tard, quand le Cabinet du Roi eut été
transféré à Versailles, l'Académie royale de peinture et de
sculpture fut autorisée à s'installer (1692) dans les salles de
l'appartement du roi. L'ancien Salon des audiences fut pro-
gressivement rempli par les tableaux et les sculptures qui for-
maient les collections de l'Académie. Un état détaillé des
richesses de cette salle a été donné par Thiéry [Guide des
amateurs et des étrangers voyageurs à Paiis, 1787, vol. I,
p. 370-371). L'inventaire des tableaux et sculptures qui s'y
trouvaient en l'an II a été publié par A, Fontaine {Les collec-
tions de l'Académie royale de peinture et de sculpture, Paris,
1910, in-S", p. 171 et suiv.).
Lors de la création du Musée du Louvre, ce salon devint le
« Vestibule de la Galerie d'Apollon ». En 1807, Napoléon y fit
exposer les œuvres d'art conquises par la Grande Armée
durant les campagnes de 1806 et 1807. Sa décoration actuelle
date du règne de Louis XVIII; cf. comte de Clarac, Descrip-
— 35 —
cette salle, sous le règne de Louis XVIII, a fait dispa-
raître toute trace de la décoration primitive. Et en effet,
lorsque vers 1820 on disposa dans les voûtes les peintures
de Blondel, de Couder, de Mauzaisse, quand on plaça à
l'entrée de la Galerie d'Apollon une des fameuses grilles
du château de Maisons, Fontaine traita sans grands égards
l'œuvre de ses prédécesseurs. Mais quand on regarde la
voûte, on constate qu'il y subsiste des restes importants
de l'ornementation imaginée par Errard. Les peintures
de la Restauration sont marouflées dans des encadre-
ments sculptés ^, ornés de feuillages et surmontés de
quatre beaux mascarons dont les têtes représentent Mer-
cure, Bacchus, Jupiter (?) et Mars, et leur qualité fait
regretter très vivement la destruction du reste de cette
décoration, qui devait être fort belle.
Du moins pouvons-nous encore avoir quelque idée de
son état primitif, grâce à un dessin de Benjamin Zix, qui
a été déjà publié plusieurs fois^. Il représente l'exposition
tion historique et graphique du Louvre et des Tuileries (publiée
par Alfred Maury), Paris, i853, in-8% p. 577 et 667.
On y a disposé, il y a une vingtaine d'années, de grandes
plaques de marbre, sur lesquelles sont gravés les noms des
principaux donateurs du Musée.
1. On a laissé subsister la corniche, les cadres et l'ovale
du haut.
2. Une gravure au trait par G. Normand, d'après ce dessin,
a été insérée par Landon dans les Annales du Musée, vol. III
(i835), p. io3-io4, pl* 69. — Une épreuve de cette gravure,
complétée à la plume et aquarellée (Denon et les person-
nages qui l'accompagnent y ont été ajoutés), figure parmi les
dessins de Zix, au Musée du Louvre (Invent., n° 33408); elle a
été reproduite par M. Jean Guiffrey, Le Musée du Louvre, les
peintures, les dessins, la chalcographie, Paris, 1909, in-8°,
fig. 17, p. 36. Elle a été citée par M. Gaston Brière, Vues de la
grande galerie du Musée Napoléon par Benjamin Zix, Bull,
de la Soc. de l'Histoire de l'Art français, année 1920, p. 258-259.
Cette gravure aquarellée fut acquise parle Musée du Louvre
(avec d'autres dessins) à la vente du baron Brunet-Denon,
n" 359 du Catalogue de la vente, Paris, février 1846. Ne pour-
rait-on pas supposer qu'elle aurait été complétée par V. Denon
lui-même, ou à sa demande .•'
- 36 —
dans la rotonde d'Apollon, en 1807, des trophées de la
Grande Armée ^, et il donne à sa partie supérieure une
vue de la corniche du côté de la Galerie d'Apollon. On
constate ainsi que la description de Saugrain, en 1726,
est parfaitement exacte : la voûte ovale de la salle était
décorée d'un compartiment central, de quatre grands
cadres et de quatre médaillons, destinés à recevoir des
peintures et demeurés vides ; les espaces entre ces cadres
étaient couverts de figures en ronde bosse (femmes assises
tenant des guirlandes; génies ailés, etc.) mêlées à des tro-
phées. L'ensemble devait produire le même effet de
somptuosité que la corniche de la Galerie d'Apollon, par
exemple. L'image incomplète que nous avons de ces dé-
corations montre combien leur destruction doit être
regrettée 2.
Il est fâcheux que l'esquisse de Van der Meulen ne
montre pas la partie supérieure du « Salon des Au-
diences ». Du moins elle prouve qu'en i663 les murs de
cette pièce d'apparat étaient garnis de tentures, sur les-
quelles des tableaux^ étaient accrochés et devant les-
quelles se dressaient des statues. Ces tentures devaient
fermer complètement la salle du côté de la Galerie
d'Apollon, et il n'y a pas lieu de s'en étonner, car, en
i663, cette Galerie, très abîmée par l'incendie de 1661,
était en reconstruction : Lebrun, Girardon et leurs colla-
borateurs devaient y travailler jusque vers 1677.
1. Voir la Notice spéciale : Statues, bustes, bas-reliefs,
bronzes et autres antiquités, peintures, dessijis et objets
curieux, conquis par la Grande Armée dans les anyiées 1806
et iSoy... Paris, 1807, in-12 (710 numéros).
2. Les anciens appartements du roi ont d'ailleurs particuliè-
rement souffert de la transformation du palais en musée.
Pour créer la grande salle dite « des Sept Cheminées », Percier
et Fontaine détruisirent la chambre et le cabinet du roi, dont
les boiseries furent remontées ensuite à la Colonnade, sous le
règne de Charles X.
3. Il aurait été intéressant d'identifier celui que Van der
Meulen a pris soin de reproduire; mais j'ai vainement essayé
de le retrouver, soit dans les collections nationales, soit dans
VInventaire des tableaux du Cabinet du Roy, dressé par Lebrun
en i683 (Arch. nat., O^ 1695).
-37-
Ces détails prouvent combien le tableau de Van der
Meulen est intéressant pour l'histoire du Louvre; on
doit se réjouir du hasard qui l'a fait conserver, car sa
destruction n'aurait rien eu de surprenant.
Il semble bien, en effet, que cette petite toile soit Tune
des esquisses peintes par Van der Meulen pour la célèbre
tenture de VHistoire du Roi, exécutée aux Gobelins à
partir de 1662. Lebrun et ses collaborateurs avaient songé
à divers sujets, en plus de ceux qui finalement furent
approuvés et exécutés ^ Van der Meulen paraît avoir
peint deux fois VEntrevue des Suisses, mais aucun de ses
deux projets ne fut traduit en tapisserie 2. On pourrait
s'en étonner, étant donné l'importance de l'événement;
mais certaines indications données par M. Borel per-
mettent d'en deviner la cause.
Le roi dut trouver que la scène, peinte par Van der
Meulen avec une exactitude^ scrupuleuse^, manquait de
noblesse et d'élégance. Comme les Parisiens (on le voit
par certains passages du livre de M. Borel S) avaient un
peu raillé l'aspect fruste des ambassadeurs, l'austérité de
leur mise, Louis XIV et Golbert durent juger inutile de
1. La tenture comprit quatorze pièces. Pour tous ces détails,
voir M. Fenaille, État général des tapisseries de la manufac-
ture des Gobelins, vol. I, igo3, p. 99 et suiv.
2. Fenaille, ouvr. cité, p. 102, note 2.
3. L'envoyé qui s'incline devant Louis XIV doit être J.-H.
Waser, bourgmestre de Zurich et chef de l'ambassade (son
portrait a été publié par M. Borel, ouvr. cité, fig. 6, p. 53);
celui qui le suit serait Antoine de Graffenried, envoyé de la
ville de Berne {Ibid., fig. 8, p. 57).
4. Il semble pourtant que, sur un point. Van der Meulen ait
été inexact. Il nous montre le roi et les deux princes vêtus de
chausses et de justaucorps en étoffe brochée d'or. Or, d'après
les récits des témoins oculaires, recueillis par M. Borel {ouvr.
cité, p. 143-144), Louis XIV portait ce jour-là un vêtement de
velours noir, avec un chapeau noir garni de plumes rouges;
et les principaux personnages de sa suite étaient également
vêtus de noir. La liberté prise par le peintre n'aurait-elle pas
eu pour objet de donner plus d'importance aux princes et de
les distinguer plus nettement des ambassadeurs .''
5. Voir p. 109.
— 38 —
perpétuer le souvenir d'une cérémonie qui n'avait pas été
aussi brillante qu'ils l'au^-aient souhaité, et oîi la simpli-
cité helvétique avait contrasté avec le luxe de la cour de
France. Les artistes des Gobelins ne furent autorisés à
reproduire qu'un autre épisode, le Serment à Notre-Dame,
où la disposition de la scène, la pompe de la cérémonie
religieuse, permirent de reléguer plus facilement au
second plan « MM. des Cantons » et de réserver la place
d'honneur aux élégants personnages de la cour et du
clergé.
Mise de côté comme trop exacte, la charmante esquisse
de Van der Meulen semblait vouée à la destruction. Un
heureux hasard permit qu'elle fût conservée aux Gobe-
lins, d'où le roi Louis-Philippe la fit transporter en i835
au Musée de Versailles.
La manufacture de tapisseries de Maincy.
(Communication de M. Jean Cordey.)
Le château de Vaux-le-Vicomte n'était pas encore
achevé que déjà le surintendant Fouquet se préoccupait
des tapisseries qui devaient le décorer un jour. Assuré-
ment, il pouvait en acheter, et, certes, il ne s'en fit point
faute. Il pouvait aussi en commander aux ateliers déjà
existants qui lui en auraient fourni au goût du jour. Mais
il aurait dû attendre longtemps, car ces ateliers suffisaient
à peine à la besogne et à satisfaire les fort nombreuses
demandes des amateurs.
Or, Fouquet, en tout ce qui concerne Vaux-le-Vicomte,
a fait montre d'une hâte presque fébrile d'aboutir vite,
d'achever les constructions, les jardins, les décorations
de tout genre pour jouir au plus tôt de la merveille qui
se préparait et en faire les honneurs à ses invités au cours
de fêtes splendides. Fouquet, pour qui tous les corps
de métier travaillaient simultanément, était pressé. Il
résolut donc de tourner la difficulté en installant auprès
de lui un atelier de tapisseries qui serait entièrement à sa
disposition. Dès i658, vers le début de l'automne, en sep-
-39-
tembre, semble-t-il, il fit installer des tapissiers haute-lis-
siers dans le village de Maincy^, à deux kilomètres de
Vaux -le -Vicomte, et où se trouvaient déjà beaucoup
d'ouvriers qui travaillaient à la construction du château.
Le village de Maincy est traversé par un petit ruisseau ;
comme la Bièvre, aux Gobelins, il devait servir à la tein-
ture des laines.
L'existence de la manufacture de Maincy a été signalée
pour la première fois par Lacordaire, ancien directeur
des Gobelins, dans la troisième édition (i855) de sa Notice
historique sur la manufacture de tapisseries des Gobelins,
p. 65, au cours d'une citation.
Cette mention donna l'idée à M. Eugène Grésy de con-
sulter les registres paroissiaux de Maincy pour les années
qui intéressent la manufacture. Il put ainsi relever le
nom de quelques artistes et tapissiers qu'il énuméra dans
les Archives de l'Art français, t. XI (i858), dans un travail
intitulé : Documents sur les artistes... qui ont travaillé au
château de Vaux-le-Vicomte^.
Après lui, M. Edmond Bonnaffé, en 1882, publia un
volume : Les amateurs de l'ancienne France, le surinten-
dant Fouquet^, où l'on trouve l'inventaire détaillé du châ-
teau de Vaux, fait en 1661, après l'arrestation du surin-
tendant. On y relève la mention de toutes les tapisseries
qui décoraient la maison, et notamment l'indication de
plusieurs pièces fabriquées à Maincy.
En i885, M. Th. Lhuillier fit paraître une brochure qui
contient beaucoup de renseignements précis et fort inté-
ressants : La tapisserie dans la Brie et le Gâtinais'*.
Enfin, M. Jules Guiffrey {Les manufactures parisiennes
de tapisseries au XVII^ siècle, Paris, 1892), et, après lui,
1. Seine-et-Marne, arr. et cant. de Melun.
2. Publié avec des notes de A. de Montaiglon. Réimprimé
par l'auteur, avec quelques additions, à Melun en 1861.
3. Paris, J. Rouam, 1882, in-4% io3 p. (Bibliothèque inter-
nationale des arts.)
4. Paris, Pion, i885, in-S", 3i p. (Mémoire lu à la réunion des
Sociétés savantes et des beaux-arts des départements à la Sor-
bonne, le 8 avril i883.) •
— 40 —
M. Fenaille, dans le premier volume de son magnifique
ouvrage : L'état général des tapisseries de la manufacture
des Gobelins^ donnent la nomenclature et la description
des tapisseries commencées ou exécutées dans les ateliers
du surintendant Fouquet.
Telle est la courte bibliographie de la manufacture de
Maincy, dont on sait d'ailleurs que l'existence fut très
brève. En automne i658, les tapissiers commençaient à
travailler; en septembre 1661, Fouquet était arrêté, et
moins d'un an plus tard les teinturiers et les artistes (qui
n'avaient pas interrompu leur travail à la suite de cet
événement) se transportaient, sur l'ordre de Colbert, avec
tout leur matériel et leurs œuvres commencées dans les
boutiques des Gobelins.
L'inspirateur, le directeur de l'atelier de Maincy, on le
sait, n'était autre que Le Brun, qui vint s'installer à
Maincy avec sa femme, Suzanne Butay, vers le mois de
septembre i658, au moment où commençait le travail. Le
conducteur en chef était un Français, Louis Blamars, qui
mourut le i3 août 1660 et fut enterré dans la nef de
l'église de Maincy, près du chœur. Jean Bontemps le
remplaça; il mourut en avril 1661.
Quant au personnel subalterne, Grésy estime, par un
calcul un peu théorique, que, de i658 à 1662, 290 ouvriers
travaillèrent à Maincy, mais il ne relève que dix-neuf
noms de tapissiers dans les Registres paroissiaux, les uns
flamands, les autres français. D'où venaient-ils? Les uns
directement des Flandres, mais d'autres d'ateliers déjà en
activité en France, et en particulier de Paris, où ils
avaient été débauchés par Fouquet. On se disputait, en
effet, à cette époque les bons ouvriers, et dans les noms
cités par Grésy nous trouvons Jean et Claude Lefebvre,
probablement fils et neveu de Pierre Lefebvre, haute-lis-
sier rappelé de Florence par le roi, en 1648, et installé
sous la grande galerie du Louvre dès i656, en attendant
de se transporter aux Gobelins en 1662.
On trouve aussi le nom de Lourdet. Or, Simon Lour-
det, en 1627, avait été, avec Pierre Dupont, fondateur de
la Savonnerie, « pour la fabrication de tapis et ameuble-
ments et ouvrages de Levant ». Sans doute cet artiste
est-il son parent et vient-il de la Savonnerie.
— 41 —
Quant a l'installation, au matériel même, divers docu-
ments encore inédits des archives du château de Vaux
nous font voir les ouvriers occupés au château un moment
détournés de leurs occupations pour aménager à Maincy
des locaux pour les ateliers, dans une grande maison
acquise par Fouquet, le 14 août i658, des Carmes de
Melun^. L'entrepreneur Antoine Bergeron dirigea les
travaux de maçonnerie; le menuisier Jacques Prou, qui fit
toutes les boiseries du château, déclare avoir « plancheyé
les deux bouticques des tapisseries de Mincy, sçavoir une
contenant dix-huit pieds de large sur soixante et unze pieds
six poulces de long, et l'autre de vingt-quatre pieds de
large, de la mesme longueur que celle cy-dessus, les deux
ensembles se montant à la quantité de quatre-vingt-deux
thoises... » Ce qui nous apprend que les tapissiers de
Maincy travaillaient dans deux ateliers longs chacun de
vingt-trois mètres environ et larges l'un de six, l'autre de
huit mètres environ.
Jacques Prou fit encore pour Maincy un métier de
haute lisse de huit pieds de hauteur sur six de large (soit
2«i6o sur i"^95), avec des rouleaux de cinq à six pouces
d'épaisseur, c'est-à-dire de quinze centimètres de dia-
mètre. Il fournit également des tringles de bois pour les
autres métiers, cinq tables de sapin, tandis qu'il aména-
geait dans la basse-cour du château un local spécial pour
l'entretien, le nettoyage et la réparation des tapisseries de
Vaux-le-Vicomte.
On se souvient que Jacques Prou, après avoir travaillé
pour Fouquet, passa au service du roi et, dès 1661, tra-
I. Cf. E. Grésy, dans Arch. de VArt français, t. XI (i858),
p. 404. — Cette maison, acquise par Fouquet moyennant
23 livres de rente et 25 arpents de terre, était alors en fort
mauvais état. Elle existe encore. C'est un long corps de bâti-
ment assez étroit, en bordure du chemin qui descend de
Maincy au ruisseau de l'Almont. Divisé aujourd'hui en trois
habitations, on y voit encore un ancien escalier, une arcature
aveuglée du côté du jardin et, à l'une des entrées, une grande
porte charretière avec ses anciennes ferrures. Les titres de
propriété sont entre les mains d'un des propriétaires actuels,
M. Evrard.
— 42 —
vailla aux nouvelles boiseries de la petite galerie du
Louvre, qui venait d'être détruite par un incendie.
Rappelons, en nous aidant du livre de M. Fenaille,
quelles tapisseries sortirent des ateliers de Maincy, exé-
cutées d'après les dessins de Le Brun, et les modèles
peints, la plupart, par Yvart le père.
Tout d'abord la portière des Renommées, aux armes de
Fouquet^ dont onze pièces étaient achevées en 1662, et
l'une d'elles déjà employée au château, puis les portières
de Mars et du Char de triomphe (on ignore combien de
pièces furent faites à Maincy).
Il faut citer encore une petite tenture de huit pièces
servant de soubassements de fenêtres, dont six pièces
furent exécutées à Maincy. Elles portaient le chiffre du
roi sur un écu à l'antique entre des trophées d'armes et
d'instruments.
Puis une tenture de Verdure avec des animaux, dont
cinq pièces étaient achevées avant 1662.
Mais citons surtout V Histoire de Constantin, xentuTe de
cinq pièces d'après Raphaël et Le Brun, et pour laquelle
on fit plus tard aux Gobelins des couronnes royales, des
soleils et les armoiries du roi pour remplacer l'emblème
et le chiffre du surintendant déchu. Enfin la tenture de
y Histoire de Méléagre, de huit pièces en basse lisse, au
moins commencée. D'autres modèles peints d'après les
dessins de Le Brun, par Lefebvre, Valdor, Gourant, Bau-
dren Yvart^, étaient prêts à être exécutés, mais paraissent
1. Le dessin de Le Brun pour cette portière, passé dans la
collection Beurdeley, est reproduit dans le volume cité plus
haut de Bonnaffé.
2. La présence d'Yvart à Maincy est attestée non seulement
par les registres des Gobelins, mais aussi par une note con-
servée dans les archives du château de Vaux-le-Vicomte :
« Je, soubsigné, confesse avoir receu de Monsieur Le Brun,
par les mains de Monsieur Yvart, la somme de deux cens
livres en déduction de l'ouvrage que j'ay faict au chasteau de
Vaux-le-Vicomte. De laquelle somme de deux cens livres je
prometz tenir compte. Faict à Vaux, le cinq juillet 1660.
Signé : de la Chaize. »
-43 -
n'avoir pas été entrepris lorsque l'atelier de Maincy par-
tit pour les Gobelins. C'étaient les cartons de V Histoire
de Moïse, des Muses et de la portière de la Licorne.
Aux quelques renseignements nouveaux donnés plus
haut sur l'installation des deux ateliers de Maincy par
Jacques Prou vient s'ajouter un autre beaucoup plus im-
portant, d'une importance même capitale pour l'histoire
de la tapisserie de Maincy. Il s'agit d'un acte inédit
et jamais signalé jusqu'ici, qui n'est autre que la lettre
patente par laquelle Louis XIV, en mai 1660, à Saint-
Jean-de-Luz, érigea en manufacture de tapisseries de
haute lisse privilégiée l'atelier de Maincy.
Cet acte, sur parchemin de fort grandes dimensions,
est signé, contresigné et porte encore le grand sceau de
cire verte avec lacs de soie verte et rouge. Il se trouve
dans les archives du château de Vaux-le-Vicomte, où
M. Sommier nous a permis d'en prendre copie. En voici
l'analyse :
Louis XIV considère d'abord l'utilité des manufac-
tures pour son royaume et, en particulier, l'utilité des
manufactures de tapisseries de haute et basse lisse; il
constate que cette fabrication se fait maintenant en France
avec plus de perfection « qu'en aucune part de l'Europe »,
grâce à quoi on recherche moins les tapisseries étrangères
et d'où il s'ensuit que les deniers de ses sujets restent en
France au lieu de partir pour l'étranger, où jadis les tapis-
series s'achetaient.
Le roi constate ensuite que le débit desdites tapisseries
est si grand que « plusieurs particuliers sont réduits pour
avoir desdites tapisseries de dresser des mestiers dans
leurs maisons où ilz attirent des compagnons tapissiers
qu'ilz débauchent à force d'argent des anciens haste-
liers... ».
Puis Louis XIV se dit informé que dans le village de
Maincy, près Melun, passe un ruisseau u dont l'eaue est
sy propre pour la teinture des laynes et la situation du
lieu si advantageuse pour toutes les autres choses qui
sont à souhaitter pour une fabrique, que quelques par-
— 44 —
ticulicrs curieux et intelligents au tait des tapisseries » s'y
sont installés depuis deux ans avec plusieurs compagnons
tapissiers venus des Flandres avec leurs familles. Ces
artistes ont fait de très beaux ouvrages sous la direction
du surintendant Fouquet. Ces considérations, jointes à
celle des services que Fouquet rend journellement « avec
une affection et fidélité inviolables » (notons ces expres-
sions) dans la fonction des grandes charges et emplois
dont il est honoré, déterminent Louis XIV à trouver
agréable la proposition qui lui est faite d'établir une
manufacture de tapisseries de haute lisse, à la marche,
de soie, laine et or, à Maincy.
Pour favoriser cet établissement, le roi accorde aux
ouvriers et à leurs conducteurs tous les privilèges,
exemptions et indemnités dont jouissent « les autres
directeurs et ouvriers de nos tapisseries ». Maincy étant
éloigné de Paris, il confie la direction de la manufacture
à Fouquet, par les soins duquel elle a été commencée.
Le surintendant choisira, lui et plus tard ses descendants,
des directeurs capables, lesquels seront anoblis, eux et
leur postérité légitime, par le seul fait qu'ils auront été
choisis pour diriger la manufacture de Maincy et l'auront
dirigée pendant au moins dix-huit ans. Il ne devra y avoir
qu'un seul directeur à la fois.
Le roi permet aux directeurs de marquer les œuvres
produites d'une marque de plomb, qui ne devra être con-
trefaite par personne. Ils pourront aussi, pour « la com-
modité des ouvriers, établir un lieu où l'on pourra vendre
vin et toutes les autres choses nécessaires auxdits ouvriers,
même y construire une brasserie à bière, si bon leur
semble ». N'oublions pas que beaucoup d'ouvriers étaient
flamands et buvaient de la bière plus volontiers encore
que du vin^.
En face de ces privilèges, voici une charge : les con-
ducteurs seront tenus de prendre et nourrir vingt appren-
tis, moyennant soixante-quinze livres seulement par an.
I. La même année, Fouquet fonda à Maincy un hôpital, la
Charité, pour les ouvriers qui travaillaient au château, au
parc de Vaux et à la manufacture de Maincy.
-4;--
Ces apprentis, après un séjour de six ans, et devenus
bons ouvriers, pourront, « sur les certificats des conduc-
teurs attachés aux contrats de leur apprentissage et à l'ex-
trait du registre de leur entrée et sortie < », s'installer,
sans avoir d'examen à subir ni de chef-d'œuvre à fournir,
où ils voudront dans le royaume, à l'exception des villes
« où il y a Parlement », et encore dans ces villes leur
apprentissage de Maincy aura autant de valeur que s'il
avait été fait dans ces dites villes.
Le roi accorde d'office des lettres de naturalité aux
directeurs, ouvriers et apprentis étrangers qui travaille-
ront à Maincy. Il exempte aussi d'impôt les étoffes et
ouvrages fabriqués à Maincy, mais pour lesquels ne pour-
ront être utilisés que la teinture faite à Maincy et l'or et
l'argent préparés à Paris.
Le surintendant des bâtiments, tapisseries et manufac-
tures royales aura l'œil sur la manufacture de Maincy
avec autant de diligence que sur les autres manufactures.
Enfin, « pour la commodité publique », Louis XIV
fonde à Maincy un marché chaque mardi et deux foires
chaque année.
A quelques variantes près, nous retrouvons dans cet
acte beaucoup de clauses qui figurent déjà sur les lettres
patentes de janvier 1607 accordées par Henri IV aux ma-
nufactures de Comans et La Planche 2. Même interdiction
d'imiter les productions de la manufacture. Même obli-
gation d'entretenir et d'instruire vingt apprentis, qui,
après six ans d'études, pourront ouvrir des boutiques sans
faire de chef-d'œuvre. Même autorisation de fonder des
brasseries et de vendre de la bière. D'ailleurs, dans l'acte
de Maincy, les lettres patentes de Henri IV sont évoquées
pour déclarer que les directeurs, ouvriers et apprentis de
Maincy doivent jouir des mêmes exemptions et privi-
1. On voit par là de quelles pièces se composait leur petit
dossier d'ouvriers.
2. Elles sont analysées dans V Histoire de la tapisserie depuis
le moyen âge, de J. Guiffrey, p. 294.
- 46-
lèges que ceux qui travaillent dans « nos manufactures
de tapisseries de Paris, suivant l'édit d'établissement
d'icelles ».
Ne manquons pas de remarquer à quel moment ces
lettres patentes en faveur de Maincy ont été obtenues par
Fouquet et dans quels termes elles lui ont été octroyées.
Nous sommes en mai 1660, à Saint-Jean-de-Luz, au
moment des fiançailles de Louis XIV avec l'infante espa-
gnole. Mazarin est avec la cour au pied des Pyrénées,
mais Fouquet est à Paris. Le surintendant est au comble
de la faveur; il est le protecteur des lettres et des arts;
dans peu de semaines, au mois de juillet, il aura l'insigne
honneur de recevoir à Vaux, en grande partie terminé,
le roi, et avec lui la jeune reine, qu'il ramène, nouvelle
mariée, dans sa capitale, la reine-mère et toute la cour.
Dans les lettres patentes pour Maincy, le roi rend hom-
mage aux services que Fouquet rend journellement avec
une affection et fidélité inviolables dans la fonction des
grandes charges et emplois dont il est honoré.
Mais tout ceci n'est qu'apparence brillante et trompe
l'œil. Fouquet le sait bien. Il se sent menacé; en matières
financières, il n'a plus de crédit; or, il n'existe, ne vit,
n'a de raison d'être que par son crédit. Celui-ci disparu,
il n'a plus qu'à disparaître lui-même. Il a des ennemis, et
quels ennemis! Golbert travaille à le ruiner dans l'esprit
du roi et du cardinal, contrecarre son action financière
et parlementaire; Mazarin joue au plus fin avec lui, et le
roi dissimule. Il parle de son affection, de sa fidélité
inviolable, de ses services, alors qu'il n'ignore rien du
gâchis financier du royaume et de la façon dont le surin-
tendant a su en profiter.
Quel bénéfice la manufacture de Maincy retira-t-elle
des lettres patentes qui lui étaient accordées? Dans quelles
proportions le nombre de ses ouvriers fut-il augmenté,
les conditions du travail améliorées, l'activité accrue.'' Les
documents, qui nous renseigneraient avec précision, font
malheureusement défaut. Nous savons seulement que les
œuvres de la manufacture se multipliaient et qu'aussitôt
achevées elles allaient décorer les murs du château de
Vaux. Le surintendant en avait le plus grand soin d'ail-
— M —
leurs. Des rideaux d'étoflfe verte étaient suspendus à des
tringles devant chaque tapisserie pour les protéger de la
lumière. Nous savons aussi qu'à la manufacture le travail
était intense. Le lo janvier 1661, le tapissier Jean Bon-
temps écrivait : « Nous sommes bien logés et traittés,
mais surmenés, et quoiqu'on embauche toujours, nous
avons bien ouvrage taillé pour dix ans^ »
Mais la manufacture de Fouquet, si prospère, n'avait
plus qu'un an et demi d'existence tout au plus devant
elle. Si, après l'arrestation de son fondateur, elle continua
à tisser, tandis qu'à Vaux même toute entreprise était
suspendue, c'est assurément parce que Colbert, avec
beaucoup de bon sens, jugea qu'arrêter en plein essor
une industrie si remarquable serait une perte pour le pays
tout entier. Il songeait sans doute déjà à l'utiliser à Paris
pour le roi. Un an, en effet, ne s'était pas écoulé depuis
le fatal jour de septembre 1661 que les artistes de Maincy,
sous la direction de Le Brun, s'installaient aux Gobelins
et reprenaient place devant leurs métiers, cette fois pour
décorer les châteaux royaux et célébrer, à l'aide des
laines de couleur, des fils d'or et d'argent, la gloire de
Louis XIV.
Voici, in extenso, le texte des lettres patentes que nous
venons d'analyser :
Lettres patentes accordées par le roi au surintendant Fouquet
établissant une manufacture de tapisseries de haute et basse
lisse dans le village de Maincy. (Saint-Jean de Lu:(, mai 1 660.)
Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre,
à tous présents et à venir, salut. Desirans à l'imitation du feu
roy, nostre très honoré seigneur et père, et de Henry le
Grand, nostre ayeul, rechercher tous les moyens possibles
pour donner à cest Estât toutes les commoditez et ornemens
nécessaires et considerans la grande utiHté que les establisse-
mens des manufactures y ont apportée, particulièrement ceux
I. Cité par Lhuillier, op. cit., p. 21, mais sans indication de
source.
-48-
des tapisseries de haute lisse et à la marche de layne, soye et
or, dont la fabrique se fait maintenant en France avec plus de
perfection qu'en aucune part de l'Europe, ce qui, outre
l'avantage que nos sujetz en reçoivent, y retient tous les
deniers qui auparavant se transportoyent au dehors pour en
faire venir les tapisseries dont ilz avoyent besoin, et d'autant
qu'il nous a esté représenté que le débit des dites tapisseries
est si grand, non seulement pour la fourniture et provisions
de nos dits sujetz, mais mesme par le transport et commerce
qui s'en fait dans les pays estrangers, qu'outre les hasteliers
de notre grande gallerie du Louvre et jardin des Thuilleries,
ceux de la Planche, au faubourg St Germain, et de Comans,
aux Gobelins, lesquelz travaillent incessamment avec grand
nombre d'ouvriers, plusieurs particuliers sont réduits, pour
avoir des dites tapisseries, de dresser des mestiers dans leurs
maisons, où ilz attirent des compagnons tapissiers, qu'ilz des-
bauchent à force d'argent des anciens hasteliers et font tra-
vailler aux dites manufactures des dites tapisseries parla con-
duite de gens qui n'ont aucun privilège ny capacité, sans que
personne d'autorité y ayt l'œil, aussi ne produisent-ilz le plus
souvent que des ouvrages deffectueux et imparfaitz, ce qui, à
la longue, aporteroit un grand dommage et diminucion à
l'excellence où est parvenue la dite manufacture;
Ces consideracions et l'inclination naturelle que nous avons
pour tout ce qui regarde les beaux artz et manufactures nous
oblige à pourveoir à la nécessité de nos sujetz, en faisant de nou-
veaux establissemens pour la fabrication des dites tapisseries, et
estant informés que dans le vilage de Maincy, près nostre ville
de Melun, il passe un ruisseau dont l'eaue est si propre pour
la tainture des laynes et la situation du lieu et advantageuse
pour toutes les autres choses qui sont à souhaitter pour une
fabrique, que quelques particuliers curieux et intelligens au
fait desdites tapisseries s'i estans establis depuis deux ans avec
plusieurs compagnons tapissiers pour en faire l'espreuve à la
manière de Flandres, d'où ilz ont fait venir exprès des familles
entières des plus sçavans ouvriers, y ont fait de très beaux
ouvrages, soubz la faveur et autorité de nostre amé et féal
chevalier, le sieur Fouquet, vicomte de Vaux et de Melun,
ministre d'Estat, surintendant de nos finances et nostre pro-
cureur gênerai, à qui le dit lieu appartient, ce qui joint à la
singulière recommandacion de sa personne et ses soings et
services qu'il nous rend journellement avec une affection et
fidélité inviolable dans la fonction des grandes charges et
employs dont nous l'avons honoré, Nous avons agréable la
— 49 —
proposition qui nous a esté faicte de faire un establissemen
de manufacture de tapisserie de haute lisse, à la marche de
soye, layne et or au dit lieu de Maincy, et gratifier ceux qui
seront choisis pour la conduitte des dites manufactures et les
ouvriers qui y travaillent des mesmes privilèges, exemptions
et indemnitez dont jouissent les autres directeurs et ouvriers
de noz tapisseries.
Et voulans favoriser un establissement si utille et avan-
tageux au public et faire expédier les lettres pour ce néces-
saires. Savoir faisons que pour ces causes et autres bonnes
consideracions à ce nous mouvans, de l'advis de nostre con-
seil et de nostre certaine science, pleine puissance et auto-
rité royalle, Avons dit et déclaré, disons et déclarons par ces
présentes, signées de nostre main, voulons et nous plaît
que l'establissement des dites manufactures de tapisseries
de haulte lice, à marche de soye, layne et or, commencé au
dit lieu et bourg de Maincy, y soit parachevé et entretenu,
ayans à cette fin iceluy autorisé et confirmé, autorisons et
confirmons par ces dites présentes; et afin que le dit esta-
blissement, qui est esloigné de nostre ville de Paris, soit
dirigé convenablement, nous avons estimé n'en pouvoir con-
fier et donner la direction plus utillement à personne qu'au
dit sieur Fouquet par les soings duquel il a esté commencé,
pour en estre la conduite par luy commise et délaissée à telle
personne capable qu'il avisera, estre icelle exercée sous ses
ordres et autorité et à ses successeurs, seigneurs du dit Vaux
et de Maincy, auxquels nous voulons le susdit droit estre
dévolu et appartenir après luy comme inceré et attaché au
corps de la dite seigneurie de Vaux et de Maincy.
Et, pour exciter davantage les personnes expérimentées au fait
de la dite fabrique d'en prendre le soing par la concession des
privilèges , franchises et immunitez accordées par les roys,
nos prédécesseurs, en de semblables occasions à des personnes
capables de cette conduitte. Nous avons de nos mesmes grâce
et autorité que dessus déclaré et déclarons par ces dites pré-
sentes ceux qui seront ainsi choisis et nommez par le dit sieur
Fouquet et ses successeurs, seigneurs et vicomtes de Vaux et
Maincy, pour la dite conduitte et leur postérité naye et à
naistre en loyal mariage, nobles et iceux décorez du titre et
qualité de noblesse pour en jouir aux mesmes droictz, privi-
lèges, immunitez dont jouissent les autres nobles de nostre
royaume, sans qu'on leur puisse imputer ny à leur dite posté-
rité le trafficq qu'ilz font ou feront des marchandises prove-
nans de la dite manufacture pour acte desrogeant de noblesse.
1922 4
— 5o —
Dont en tant que besoin est ou seroit nous les avons dès à
présent relevez et dispencés, relevons et dispensons, à la
charge neantmoins qu'ilz seront tenus faire et tenir la dite
fabrique pendant dix huit ans entiers au moins, à compter du
jour de leur commission, que le dit sieur Fouquet et ses suc-
cesseurs n'en pourront establir qu'un à la fois, qui puisse
avoir, ny jouir du dit privilège.
Voulons aussi que devant le temps de vingt années pro-
chaines nul autre que les dits directeurs et ouvriers puisse
entreprendre ny imiter les dites manufactures en aucun lieu
de ce royaume autres que ceux où elles ont esté establies et
sont actuellement exercées. Permettons aux dits directeurs de
faire marquer, distinguer les dits ouvrages d'une marque de
plomb, telle qu'ilz adviseront. Faisant deffences à toutes sortes
de personnes de contrefaire la dite marque à peine de confis-
cacion et de trois cens livres parisis d'amende; leur permet-
tant en outre, pour la commodité de leurs ouvriers, d'establir
un lieu où l'on pourra vendre vin et toutes les autres choses
nécessaires pour les dits ouvriers, mesme d'y construire une
brasserie à bière, si bon leur semble, le tout exempt de toutes
sortes de droitz d'ayde et impositions.
Et pour inciter la jeunesse à aprendre le dit art et mestier,
les dits conducteurs seront tenus de prendre et nourrir jusques
au nombre de vingt apprentifs, moyennant soixante quinze
livres par chacun an seullement; lesquels apprentifs ayant
demeuré six années, s'estans rendus capables de la dite pro-
fession, pourront, sur les certifficats des dits conducteurs atta-
chez aux contracts de leur aprentissage et à l'extrait du
registre de leur entrée et sortie, choisir telle demeure ne
nostre royaume qu'ilz voudront, à l'exception des villes où il
y a Parlement, s'y establir et exercer la dite manufacture
sans qu'il leur soit besoin d'autre chef-d'œuvre, examen,
ny faire aucuns frais de réception, et pour leur establis-
sement aux dites villes où il y a Parlement vaudra leur
aprentissage au dit Maincy autant que s'ilz l'avoient fait aus
dites villes. Et pour empêcher que les dits directeurs ne
soyent divertis de l'assiduyté requise à leur employ, nous les
avons exemptez et exemptons par les dites présentes de touttes
tutelles et aultres charges privées et publiques, lesquelles ilz
ne pourront estre contraincts d'accepter, si ce n'est de leur
consentement;
Pour jouyr de touttes les susdites grâces, privilèges et exemp-
tions par les dits directeurs, ouvriers et aprentifs, mesmes du
droit de naturalité aux mesmes droitz que nos regnicolles et
naturels François, sans qu'ilz y puissent estre troublez ny
— 5i —
empêchez par nos officiers ny autres, soubz prétexte du droit
d'aubeyne ou déshérence en quelque façon que ce soit, ny
qu'ilz soient abstraints de prendre d'autres lettres particulières
de Nous que ces présentes, dont nous les avons deschargez et
deschargeons en rapport au certifficat vallable en la forme
que dessus.
Voulons aussy qu'ilz jouissent de touttes exemptions et
impositions faictes ou à faire sur les estoftes de la dite manu-
facture et ouvrages qui en seront faicts, tout ainsy qu'en
jouyssent ou doivent jouir les directeurs, ouvriers et appren-
tifs de nos manufactures de tapisserie de Paris, suyvant l'Edit
de l'establisseman d'icelles, enregistré en nostre Cour de Par-
lement en l'année mil six cens sept.
Faisons aussi deftences aus ditz directeurs d'employer autres
estoffes que de la tainture du dit bourg de Maincy, ny autre
or ny argent que celuy qui sera tiré en nostre ville de Paris.
Voulons en outre que le surintendant de nos bastimens,
tapisseries et manufactures ayt l'œil sur le présent establisse-
ment et fabricacion de tapisserie et apporte le mesme soing et
diligence pour la perfection et manutention d'icelles qu'il fait
en nos manufactures, en sorte qu'elles soyent toujours façon-
nées avec toute l'exactitude possible.
Et afin de convyer un chacun de venir habiter et fréquen-
ter le dit lieu de Maincy pour le fait des dites manufactures et
qu'il s'y fasse débit et commerce avec plus de liberté et don-
ner aussi plus de seureté au travail. Nous avons, de la mesme
grâce et autorité que dessus, accordé et octroyé, accordons et
octroyons par ces présentes au dit bourg de Maincy l'exemp-
tion et descharge de tous logemens de gens de guerre, et celuy
bourg et parroisse abonné et abonnons à la somme de trois
mil trois cens livres, à laquelle il a esté compris au départe-
ment des tailles et autres impositions de la présente année, à
quoy nous l'avons fixé, sans qu'à l'advenir il puisse y estre rien
imposé au delà pour quelque cause et occasion que ce soit,
quelque augmentation qu'il y eust aux charges de nostre
royaume ou de la généralité de Paris, mais seuUement jusques
à ladite somme ou au dessous, à proportion des descharges
qui seront accordées par nous ou nos successeurs roys à tout
le royaume ou à la dite généralité.
Et pour donner plus d'occasion aux habitans et ouvriers du
dit bourg de Maincy d'y augmenter leur commerce pour la
commodité publique, Nous avons aussi de la mesme grâce,
puissance et autorité que dessus, créé, érigé, ordonné et esta-
bly, créons, érigeons, ordonnons et establissons au dit bourg
de Maincy un marché, le mardy de chacune sepmaine, et deux
— 5i —
foires l'année, scavoir l'une le lendemain du jour saints
Jacques et Christophle ' et la seconde le lendemain du jour saint
Mathieu 2, ausquelz jours permettons à tous marchans et autres
frequentans les foires et marchez de se treuver au dit bourg
de Maincy pour y trafiquer, vendre et eschanger touttes sortes
de marchandises licittes et jouir des mesmes droitz, franchises,
libertez et immunitez qu'ilz ont accoutumé aux autres foires
de nostre royaume et du dit pays, et aux habitans ou seigneurs
du dit Maincy d'y construire et ediffier des halles, bancs et
estaux et autres bastimens nécessaires, tant pour la commo-
dité des marchans que pour la seureté des marchandises, à la
charge touttesfois qu'il n'y ayt aus dits jours à quatre lieues à
la ronde dudit lieu autres foires ou marchés, et que si les dites
foires ou marchez escheent aux festes solennelles, elles seront
remises au lendemain.
Si donnons en mandement à noz amez et féaux conseillers
les gens tenans nostre Cour de Parlement, Chambre des
comptes, Cour des Aydes de Paris, presidens et trésoriers de
France au dit lieu, bailly de ...3, et à tous autres nos justiciers
et officiers qu'il appartiendra que ces présentes ilz fassent
lettres publics, registrées et du contenu en icelles jouyr et uzer
les dits directeurs, ouvriers et habitans dudit lieu et parroisse
de Maincy, cessans et faisans cesser tous troubles et empes-
chemens à ce contraires, nonobstant touttes ordonnances, des-
claracions, arrests et reglemens aussi à ce contraires, auxquels
et à leur desrogatoires nous avons desrogé et desrogeons pour
ce regard seullement sans tirer conséquence. Car tel est nostre
plaisir.
Et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous
avons faict mettre nostre seel à ces dites présentes, sauf en
aucune chose nostre droit et l'autruy en touttes.
Donné à Saint Jean de Luz, au mois de may, l'an de grâce
mil six cens soixante et de nostre reigne le XVII*.
LOUIS.
Sur le replis : Par le roy, de Lomenie.
Visa : Seguier. Pour saux aux lettres d'establissement
de manufacture de tapisserie en la terre et seigneu-
rie de Maincy aux clauses et conditions y contenues.
(Grand sceau de cire verte, sur lacs de soie verte et rouge.)
1. La Saint-Jacques est fêtée le 2 mai.
2. C'est-à-dire le 22 septembre.
3. En blanc dans le texte.
— 53 —
Les petits portraits dans le goût pompéien
DE Jean-Urbain Guérin.
(Communication de M. Carlo Jeannerat.)
M. Carlo Jeannerat a reconstitué Pœuvre d'un peintre
de petits portraits dans le goût pompéien, Jean- Urbain
Guérin. Cet artiste naquit à Strasbourg le ler avril 1769.
Distingué par le maréchal de Contades, gouverneur de la
province, il fut envoyé à Paris. Il devait entrer comme
élève à l'Académie de peinture, mais il préféra la société
des miniaturistes. Il étudia avec ferveur les reproductions
de peintures trouvées à Herculanum et à Pompéi. De
nombreux artistes contemporains partageaient son goût
et pastichaient les œuvres antiques. Mais Guérin fut le
premier à exécuter des portraits en miniature dans le
genre camée. Les recherches de M. Jeannerat, aidées par
les indications d'un journal manuscrit tenu par l'artiste
entre les années 1788 et 1792, lui ont permis d'identifier
dix œuvres de Guérin.
SÉANCE DU 3 MARS 1922.
COMITE DIRECTEUR.
La séance est présidée par M. G. Brière, président.
Présents : MM. Charlier, Cordey, Fontaine, le comte
d'Harcourt, Lemoisne, Marquet de Vasselot, H. Martin,
Ramet, Réau, Rouchès, Saunier, Vitry.
Excusés : MM. Alfassa et Ratouis de Limay.
— Le Président annonce que le ministère des Beaux-
Arts a souscrit à quarante exemplaires du tome XI des
Archives (tome I du Catalogue de la série Y du Cabinet
des Estampes).
— M. Marquet de Vasselot informe le Comité que
Mme (ie Sainte-Claire, faisant sienne la promesse de
- 54-
M. Furcy-Raynaud, son frère, prendra totalement à sa
charge les frais d'impression et d'illustration de Vlnven-
taire des sculptures commandées par les Bâtiments du Roi
au XVIII^ siècle. M. Marquet de Vasselot est chargé
d'exprimer à Mme de Sainte-Claire la profonde gratitude
de la Société. M. Brière accepte d'achever la mise au
point de ce travail et d'en surveiller l'impression.
— M. Rouchès fait connaître que l'inventaire des publi-
cations de la Société déposées à la librairie Armand
Colin comprend près de 8,000 volumes.
— Sont admis membres de la Société : M^e Gaveau,
présentée par le comte AUard du Chollet et M. Ratouis
de Limay; M^e Thayer, présentée par le marquis de
Sayve et la comtesse de Sayve; le commandant E. Mar-
tin, présenté par M. Lefuel et le comte AUard du Chol-
let; MM. Gaston et Raymond Richebé, présentés par
M. Lefuel et le comte Allard du Chollet; M. Morris
Gray, président of the Muséum of fine Arts, à Boston,
présenté par MM. Ratouis de Limay et Ramet.
REUNION DE LA SOCIETE.
Présents : MM. le comte Allard du Chollet, Aubert,
Babelon; MUe Ballot; MM. Brière, le comte de Camondo,
le comte de Castries; Ml'e Charageat; MM. Charlier,
Dimier, Dubois- Corneau; M^e Duportal; MM. Fage, le
baron de Fleury, Girod de l'Ain; Mme Grenier; MM. le
comte d'Harcourt, Jeannerat, le comte A. de Laborde;
Mlle de Largentaye; MM. Lavallée, Lemoisne, Lotte,
Marquet de Vasselot, Migeon, Perdreau, Perrault-Dabot,
Picard; Mme Potrel; MM. Prisset, Ramet, Réau, Rou-
chès, Salles, Saunier, le marquis de Sayve, Vallery-
Radot, Verrier, Vitry, Wildenstein.
Excusés : Mme la baronne Seillière; M. Lefuel.
— 55 —
Une pièce de l' « Histoire de Henry Troisième »
(i632-i637).
(Communication de M. Marcel Aubert.)
Le Musée du Louvre vient d'acquérir, avec l'aide d'un
généreux donateur, la seule pièce complète aujourd'hui
connue de la tenture de VHistoire de Henry Troisième^
exécutée au château de Cadillac, pour le duc d'Épernon,
par le tapissier de la manufacture du faubourg Saint-
Marcel, à Paris, Claude de La Pierre.
Cette tenture, en vingt-sept pièces, fit autrefois partie
du Mobilier de la Couronne {Inventaire, no 3 des pièces
sans or). On en trouve encore mention en lygo; elle dis-
paraît pendant la Révolution.
Ch. Braquehaye, de Bordeaux, a donné, dans une subs-
tantielle notice, tous les détails sur les artistes du duc
d'Épernon au château de Cadillac et en particulier sur les
tapissiers qui, sous la conduite de Claude de La Pierre,
chef d'atelier de la manufacture de François de La
Planche à Paris, tissèrent, de i632 à i63j, la tenture de
VHistoire de Henry Troisième^.
La pièce qui vient d'entrer au Musée du Louvre repré-
sente la Bataille de Jarnac. Elle provient des collections
Pichon, puis Reiset. C'est une grande pièce mesurant
3 mètres de haut sur ô^So de large, de tons simples, en
camaïeu bleu et jaune, d'une belle composition, d'une
excellente exécution, une des rares tapisseries subsistant
de cette époque. L'auteur des cartons n'est pas connu;
peut-être est-ce quelqu'un des peintres attitrés du duc,
Christophe Crafft ou Girard Pageot.
La bataille se déroule autour de Téglise de « Jarnac »
en flammes. « M. de Lavalette », père du duc d'Éper-
non, défie en combat singulier « M. le prince de Condé ».
A côté, La Valette, à terre, est sauvé par son fils, qui réus-
I. Les artistes du duc d'Épernon. Bordeaux, Feret, 1897,
in-S". — Claude de Lapierre, maître tapissier du duc d'Éper-
non, dans Société des Beaux- Arts des départements, 1892,
p. 462-483.
— 56 —
sit à le faire remonter à cheval. Dans le fond, les carrés
d'infanterie avec, au centre, les piquiers et les oriflammes
et les charges de cavalerie, dont une est conduite par
« M. de Ghatilhon ». Au premier plan, « M. le prince de
Condé », qui, malgré ses blessures récentes, avait voulu
rester à la tête de ses troupes, est renversé sous son che-
val, et Montesquiou, capitaine des gardes suisses du duc
d'Anjou, le vainqueur de Jarnac, va l'égorger, — la tra-
dition veut qu'il l'ait tué d'un coup de pistolet.
La bordure supérieure manque. Les autres bordures
sont enrichies de trophées d'armes, avec, de chaque côté,
les armes du duc de La Valette, au milieu des ordres du
roi. Dans la bordure inférieure, des écussons soutenus
par des génies sont chargés, celui du centre du mono-
gramme du roi Henri III, les autres des monogrammes
du duc de La Valette et de Marguerite de Foix-Candale,
sa femme. La lisière verticale de droite porte le chiffre
de Claude de La Pierre.
Le Musée de Cluny possède trois pièces d'une tenture
historique de la même époque, représentant les scènes
des guerres de religion d'après les gravures de Périssin
et Tortorel. Sur deux d'entre elles figurent deux aspects
de la bataille de Jarnac, sur la troisième la bataille de
Saint-Denis. Elles sont assez grossières, tissées peut-être
dans un atelier de Bordeaux ou de Toulouse, et ne rap-
pellent ni comme style, ni même comme iconographie la
tapisserie du Louvre. Elles portent les armoiries de Paule
d'Astarac de Fontrailles, femme de Louis Félix, marquis
de La Valette, et, malgré leur caractère archaïque, elles
ne doivent guère être antérieures à 1660.
Un portrait par Pierre Brisset, 1848.
(Communication de M. Louis Dimier.}
Entre les peintres du xixe siècle, l'un des plus oubliés
est Pierre Brisset, qui fut cependant prix de Rome en
1840, parut à l'Exposition de i855 avec un tableau de
Jésus et les petits enfants, et assista Picot, son maître,
- 57-
dans les peintures dont est décoré le cul-de-four de
Saint-Vincent-de-Paul. Après Couder, une seconde fois il
avait restauré les peintures de la galerie de François I^r
à Fontainebleau. Il est mort en 1890, à l'âge de quatre-
vingts ans.
Je présente à la Société un petit ouvrage de cet artiste
signé : Pre Brisset Roma 1 843, d'une excellente exécu-
tion, non moins agréable par le costume, l'attitude, le
caractère anecdotique. C'est un portrait. Comme il paraît
par les accessoires, le personnage est un sculpteur. Nul
n'en avait retenu le nom.
Je me suis appliqué à le découvrir dans les artistes de
ce genre pensionnaires de Rome à l'époque dite, soit
1843. C'est le temps où Brisset lui-même était à la villa
Médicis. Entre les divers noms offerts ainsi, j'aurais
voulu que les œuvres de sculpture représentées dans le
tableau m'aidassent à choisir. Mais comment? Il n'y en
avait qu'une, et c'était le Mars Ludovisi, une antique,
dont on ne pouvait regarder l'artiste représenté comme
l'auteur.
Cependant l'idée me vint qu'il n'était pas impossible
que cet artiste eût copié le Mars Ludovisi et que cette
copie le désignât. Dans le Catalogue de l'École des beaux-
arts (par Eug. Muntz, p. 244), à l'article des prix de Rome
de sculpture, figure à côté de Diebolt, concours de 1841,
le nom de Godde, même concours, comme second grand
prix. A ce titre, comme Diebolt, il alla à Rome, et c'est
l'artiste peint par Brisset. En effet, dans le même cata-
logue, page 45, nous retrouvons une seconde fois le nom
de Godde comme auteur de quoi? D'une copie du Mars
Ludovisi exécutée à Rome en 1842. Elle est placée dans
la cour de l'École, devant le portail de Gaillon; on peut
l'apercevoir de la rue en passant.
Ainsi, l'image de cette antique, que je croyais devoir
me fermer toute recherche, est au contraire ce qui m'a
mis au port. L'identité de l'objet, la convenance des
dates, 1842, 1843, ne laissent pas de doute. Le portrait est
celui de Godde, que les dictionnaires d'artistes ne men-
tionnent pas, qui sans doute mourut jeune et peut-être
— 58 —
était fils ou parent d'Hippolyte Godde, architecte, mort
en 1869, à l'âge de quatre-vingt-huit ans.
Quant au style du morceau, l'influence d'Ingres y
éclate. D'autre part, il fait penser à Meissonier. Malgré la
grande distance de style, j'ai toujours trouvé dans Meis-
sonier quelques sourdes influences d'Ingres. De tels mor-
ceaux peuvent servir à les rendre sensibles. C'est une
source de lumière pour l'histoire des arts.
Supplément au mémoire sur Godard d'Alençon.
(Communication de M. Louis Dimier.)
A la notice lue en juillet dernier touchant Godard
d'Alençon, graveur sur bois, je suis en mesure d'ajouter
quelques notes, grâce à un texte que j'ignorais et qui m'a
été révélé.
Je rappelle que cet excellent artiste est mort en i838,
et qu'un fils qu'il eut en 1797, adonné au même art, s'y
exerçait dès lors avec succès. Une lettre de Balzac, que
j'ai donnée, montre Godard fils employé par celui-ci et
par Urbain Ganel, agissant comme éditeurs, en même
temps que par Delongchamps, autre éditeur, en 1825.
Godard fils avait vingt-huit ans. Il signa Go, broché d'un
dard. C'est en cette sorte qu'il met sa marque sur plu-
sieurs belles figures de lui qui ornent le Gil Blas de
Gigoux.
Treize ans et plus avant la mort de Godard père, il y
avait donc deux Godard d'Alençon, graveurs sur bois, en
exercice. Cela prête à la confusion. Je ne sais si l'on
peut être certain d'en conjurer tout à fait les eff'ets. Je
voudrais l'essayer, grâce au texte que j'ai dit. Attachons-
nous aux faits certains.
En 1827, dans le Journal des artistes, année 1828, t. I,
p. 59, un article consacré à la gravure sur bois, référant
aux ouvrages de ce genre exposés au Salon de 1827,
mentionne « un jeune Alençonnais, M. Godard, fils et
petit-fils de graveurs sur bois ». J'ai dit que notre Godard
sortait d'un père graveur. Celui-ci est le troisième du
- 59-
nom, fils de notre Godard, et que Balzac employa. Le
Journal des artistes lui donne formellement « le cadre
no 1253 de l'exposition », lequel « renferme plusieurs
vignettes ». J'ai parlé de cette exposition; d'après le
catalogue, j'ai nommé ces vignettes, qui sont les armoi-
ries de France, le titre du Sacre de Charles X, les en-têtes
et culs-de-lampe pour le Musée des Antiques de Glarac.
J'ai attribué ces ouvrages à Godard père. Ils sont du fils :
c'est une erreur à corriger, erreur à l'honneur de Godard
père, en ce qui regarde le titre du Sacre de Charles X,
qui n'est pas beau.
Autre correction qui s'ensuit. Les expositions portées
au nom de Godard, des Salons de 1824, i83i, i833, sans
rien qui marque que ce nom couvre un autre Godard,
devront être rendues à Godard fils; les domiciles à Paris,
que les mentions ajoutent à ce nom, de même. C'est
autant de traits qu'il faut distraire de la biographie de
Godard père et ranger à celle de son fils. Je n'ai jamais
cru que Godard ait vécu à Paris. Cette conclusion ôte
jusqu'à la supposition qu'il y ait eu un pied-à-terre : ces
adresses ayant été le domicile de son fils.
Il faut remarquer que les ouvrages ainsi retirés à
Godard sont le plus important de son œuvre en bois
debout. Il n'en reste qu'un en ce genre, à savoir les
en-têtes du Thésaurus linguae grecae imprimé par Didot,
que ce dernier lui attribue formellement. Voici le pas-
sage :
M. Godard, à Alençon alors (en 1808), se fit connaître par des
figures d'animaux exécutées pour un choix de BufFon que
publia M. Renouard, et, tout d'abord, se plaça au premier rang
de nos artistes en ce genre.
Il a exécuté pour notre édition du Thésaurus linguae grecae
la plupart des sujets qui sont en tête de chaque volume.
Les figures d'animaux du Buffon sont de Godard père.
Tout l'atteste : le témoignage cité de M. de la Sicotière,
le style, l'impossibilité d'attribuer cet ouvrage au fils,
alors âgé de onze ans. C'est donc de notre Godard que
Didot parle. C'est donc à notre Godard, selon Didot,
qu'il faut attribuer le Thésaurus.
— 6o —
Cependant, le volume IV de cet ouvrage est de 1841.
Notre Godard était mort alors, et l'en-tête de ce volume
est signé Thompson. Le nom de Godard reparaît ensuite,
désignant forcément Godard fils. Restent seulement les
trois premiers en -têtes au compte du père, à moins que,
Didot ayant fait confusion, le fils ne soit l'auteur même
de ces trois premiers.
En ce cas, tout ouvrage d'importance sur bois debout
serait réellement enlevé au père. De plus, en revoyant les
épreuves trouvées dans les collections de la Société
archéologique de l'Orne, où se lisent ces mentions au
crayon : « Premier essai de gravure sur bois debout. —
Gravure sur bois debout d'après Thompson », je ne suis
plus aussi sûr d'y lire l'écriture de Godard père, car celle
de Godard fils, établie par d'autres exemples, y ressemble.
En ce cas, ces essais seraient ceux de Godard fils, alors
âgé de vingt-sept ans.
Ces corrections vont-elles à retirer toute participation
de notre Godard au procédé de gravure sur bois debout,
à prouver qu'il ne s'y est jamais essayé? Non pas. Voici
un bois de sa main, attesté tel par le soin qu'il a pris d'en
placer une épreuve dans le recueil de ses œuvres, qui est
à la bibliothèque d'Alençon. Il est copié d'après un bois
d'Henri Thompson , sur dessin d'Harvey illustrant
Hudibras. C'est un bois debout. Godard père avait donc
tenté ce procédé. Seulement, c'était à la fin de sa car-
rière, et il ne fit en ce genre rien de considérable.
Telle est la correction que j'apporte à ma dernière
communication. Je crois devoir quelques mots de plus
sur le texte qui me la suggère. La mention de Godard fils
vient ensuite d'un regard jeté sur les graveurs anglais,
en cette sorte :
Ce ne fut qu'après la paix générale de l'Europe que leurs
ouvrages furent répandus en France, et c'est à cette époque
qu'un jeune graveur alençonnais, M. Godard, fils et petit-fils de
graveurs sur bois, fit des essais et devina les nouveaux procé-
dés employés par nos voisins.
Nous tenons dans les mentions relevées sur les
épreuves de la Société archéologique de l'Orne, le démenti
— 6i —
de cette assertion. Soit que ces épreuves soient de
Godard fils, soit qu'elles soient du père, elles prouvent
que Godard fils n'eut rien à deviner en fait de gravure
sur bois anglaise, puisqu'on n'essaya quelque chose chez
lui qu'en 1824, d'après Thompson, sept ans après que ce
dernier se fût mis à pratiquer son art à Paris.
Le même texte contient ce qui suit :
Quant au cadre n" i3oi, nous n'en parlons que pour témoi-
gner le déplaisir de voir défigurer les productions d'un artiste
doué d'un talent remarquable. On est loin de soupçonner
M. A. Devéria d'avoir tracé ces croquis, devenus informes, et
dont l'esprit et la finesse ont disparu sous le burin de
M. Porret.
On ne s'attend pas à voir traiter ainsi un graveur aussi
excellent que Porret, aussi justement célèbre. Une telle
injustice accuse le parti pris, un dessein de rabaisser les
confrères de celui dont on fait l'éloge. Il n'est pas éton-
nant que l'auteur ait joint à celui de Godard fils le mérite
d'une découverte qu'il n'a pas faite. Qui est cet auteur?
Un autre article de lui, même année, t. II, p. 4, est signé
des initiales G. V. Elles désignent indubitablement le
dessinateur Constant Viguier, auteur des figures des
Fables de La Fontaine gravées par Godard fils en i83o et
imprimées par Grapelet. On voit que rien ne fut jamais si
intéressé que ce témoignage.
Voici un exemplaire du Buffon de Godard, que j'ai pu
recouvrer récemment. C'est la seconde édition, de 1812.
Une première est de 1809. Dans celle-ci trois figures ont
été remplacées, pages 94, 268, 270, le chameau, le paon,
la poule et ses poussins. Elles l'ont été par des bois
anglais. Ce sont les seules que je sache de façon certaine
avoir passé si anciennement le détroit. Je n'aurais pas cru
qu'il y en eût en France à cette époque.
Je vous communique la photographie du charmant por-
trait de Godard, qui est au Musée d'Alençon. Il porte
comme nom d'auteur Lambert, peintre alsacien. J'igno-
rais le nom de cet artiste, quand je le rencontrai par
hasard au livre de M. Meininger sur les Artistes mulhou-
sienSy article 40. Il était de Mulhouse, avec le prénom
— 62 —
de Jean-Henri, né en 1763, mort en 1834. Il vécut à Paris
de 1787 à 1791, ensuite à Mulhouse. Son portrait de
Godard est de 1809. En quelle ville se fit leur rencontre,
je ne sais. Il y a fallu, de la part de l'un ou de l'autre, un
voyage que les biographes n'ont pas rapporté.
SÉANCE DU 7 AVRIL 1922.
I.
COMITÉ DIRECTEUR.
La séance est présidée par M. Paul Vitry, vice-prési-
dent.
Présents : MM. Gharlier, Cordey, Fontaine, le comte
d'Harcourt, Lemoisne, Pierre Marcel, Henry Martin,
André Michel, Ramet, Ratouis de Limay, Réau, Rouchès,
Saunier.
Excusés : MM. Alfassa, Brière, Laran, Marquet de
Vasselot.
— Le Comité, sur la demande qui lui en a été faite par
M. Alazard, vote un don de publications de la Société à
l'Institut d'histoire de l'Art moderne de la Faculté des
lettres de l'Université d'Alger.
— M. Ratouis de Limay lit une lettre de M. Roosval,
qui remercie la Société du don important de publications
qui a été fait à l'Institut Zorn de Stockholm.
— M. André Michel veut bien se charger de demander
à l'Académie des Beaux-Arts de majorer la subvention
de 1,000 francs accordée depuis quelques années à la
Société sur le fonds Debrousse pour chacun des volumes
des Procès-verbaux de l'Académie d'architecture.
— Sont reçus membres de la Société : Mlle Blanche
Chauveau, secrétaire générale adjointe de l'Office des
pupilles de la nation, et Mme Rouveau, artiste peintre,
présentées par MM. Ramet et Ratouis de Limay;
Mme Gonse, présentée par MM . Brière et Vitry ; M. Georges
— 63 —
Bernard, présenté par MM. Lefuel et Réau; le docteur
Dagincourt, présenté par MM. Carie Dreyfus et Escho-
lier; le baron Lionel Pichon, présenté par MM. Ramet et
Vitry; M. Puvis de Ghavannes, présenté par MM. Vitry
et Brière; l'Institut français de Naples, présenté par
MM. Champion et Ramet; M. Marcel Weber, attaché au
musée des Arts décoratifs, présenté par MM. Alfassa et
Metman.
REUNION DE LA SOCIETE.
Présents : MM. le comte Allard du Chollet, Aubert,
Babelon; M^e la comtesse de Boisgelin; M. Brame;
Mlle Charageat; M. Charlier; MUe Chauveau; M. Cordey;
Mlle Duportal; MM. d'Espezel, Page, le baron de Fleury,
Gilles de la Tourette, Girod de l'Ain, Godillot, Gron-
kowski, le comte d'Harcourt, Jeannerat; Mlles Lamy et
Laplagne; MM. Lebel, Lefuel, Lemoisne, Marquet de
Vasselot, le commandant Martin, Masson, André Michel,
Perdreau; M^e Potrel; MM. Prisset, Prunières, Ramet,
Ratouis de Limay, Réau, G. Richebé, le duc de La
Roche-Guyon, Rouchès, A. Roux, Saunier, le marquis de
Sayve; M"ie la baronne Seillière; MM. Sommier, Vallery-
Radot; M^e la vicomtesse de Vaulogé; MM. Verrier,
Vitry, Wildenstein.
Les rapports de Canova
AVEC LA France et l'art français.
(Communication de M. Gabriel Rouchès.)
L'automne prochain, le centième anniversaire de la
mort de Canova sera commémoré solennellement en Ita-
lie. Cette manifestation ne peut nous laisser indifférents
en raison du rôle que Canova a joué en Europe à son
époque. Aussi y a-t-il intérêt à préciser les rapports que
I. Canova^ 191 1, p. 16.
-64-
cet artiste a eus avec la France et l'influence qu'il a exer-
cée sur l'art de notre pays.
Ganova prit contact pour la première fois avec nos
compatriotes à Rome où il vint en 1779, en compagnie
d'un certain Fontaine, non l'architecte français, comme
le croit M. Malamani, mais un peintre flamand homo-
nyme. A l'ambassade de Venise, où le ministre Zulian
tint à le conserver près de lui, Ganova apprit le français
que lui enseigna l'abbé Foschi et qu'il arriva à posséder
parfaitement. Grâce à Zulian et à un petit groupe d'ar-
tistes, familiers de cet ambassadeur, dont le peintre écos-
sais Gavin Hamilton et le graveur Volpato, Ganova
acquit rapidement de la notoriété, notamment dans les
cercles français de Rome. Les correspondances du Mer-
cure de France signalent ses ouvrages. Dès 1781, Lagrenée,
directeur de notre Académie, vient, incognito, visiter son
atelij^r. Il admire le Dédale et Icare fait à Venise, un
groupe d'inspiration purement naturaliste, sans pastiche
classique. Il recommande à l'auteur de ne pas changer sa
manière, mais il se méfie et ne peut pas croire qu'il ait
exécuté un tel morceau : « Si vous pouvez me prouver
que cette œuvre est bien de vous, je vous enverrai à
Paris et vous ferez fortune à la' cour. » Puis, il souffie en
français à son famulus Nicolas Duchesne qui l'accom-
pagne, ce jugement que Ganova entend fort bien : « Ne
portez pas attention à ce jeune homme. Son groupe est
moulé sur le modèle. »
Devenu célèbre avec ses tombeaux des papes Glé-
ment XIV aux Saints-Apôtres et de Glément XIII à
Saint-Pierre, Ganova refuse des propositions du cardi-
nal de Bernis, notre ambassadeur, pour un monument à
Bayard, destiné à une province de France. Plus tard, en
1788, le directeur de l'Académie, Ménageot, signale à
d'Angiviller le « véritable talent « de Ganova.
G'est pendant les années précédant la Révolution que
cet artiste connut la plupart des Français avec qui il
resta en relations sa vie durant. Rien n'indique qu'il ait
été lié avec ses confrères sculpteurs : Le Brun, auteur
d'une Judith médiocre à S. Garlo al Gorso et, avant lui,
d'une statue de Pie VI, et Michallon, dont la cippe funé-
- 65 —
raire de Drouais (S. Maria in via lata) précéda ces stèles
funéraires renouvelées de l'antique, où il devait exceller.
Ses biographes citent un autre statuaire, Suasy, que je
n'ai pu identifier, ennemi de Ganova qu'il accablait de
lazzi et qu'il traitait, avec une méchanceté spirituelle, de
« sculpteur vénitien traduit en grec ».
Parmi les peintres alors en séjour à Rome, Ganova
connut David qui, en 1785, y exposa ses Horaces, et
Gérard qui retourna en 1790 à Rome où il était né d'une
Italienne. Gette origine ne fut peut-être pas étrangère à la
prédilection de Ganova pour Gérard qui nous a laissé
un beau portrait de son ami (Louvre). Dans une lettre de
1819 au comte Gicognara, Ganova juge Gérard « bon,
plein de tact, aimable, doué de manières gracieuses et
d'habitudes vraiment propres à lui attacher toute âme
bien née^ », et, comme il est absent de chez lui à ce
moment, il demande à ses amis d'accueillir le peintre
français avec enthousiasme. Quatremère de Quincy et,
après lui, Voiart, les Concourt, Glément, MM. Bricon et
Gauthiez parlent d'une liaison étroite entre Prud'hon et
Ganova, génies d'une même famille. Mais ces écrivains
ne nous donnent pas de preuves. La source unique est
un témoignage de Quatremère qui ne parle pas de Pru-
d'hon dans sa biographie de Ganova, mais se rattrape
dans sa Notice sur Prud'hon'^ : « Il ne dépendit pas au
reste de Ganova que Prud'hon ne se fixât à Rome. Il lui
offrit sa maison, ses ateliers, ses connaissances, sa pro-
tection ou, pour mieux dire, la protection de son nom
auprès des étrangers. » Or, ce témoignage est suspect par
son exagération. A cette époque, Ganova, qui habitait
un petit appartement, ne possédait pas de maison; il
avait un unique atelier; il vivait sinon solitaire, du moins
parmi des familiers et sans relations mondaines; il
n'avait pas encore acquis une réputation lui permettant
de jouer le rôle de protecteur. J'ai retrouvé une seule
preuve de relations assez superficielles entre ces deux
1. V. Malamani, Un' amicipa di Canova, Gittà di Castello,
1890, p. i63.
2. Paris, 1834, P- 283.
1922 5
— 66 —
hommes : Canova écrit en juin i8i3 à Gicognara :
« Saluez de ma part David, Prud'hon et tous ceux qui
s'informent de moi^ » Nous ne savons si, dès ce
moment, Canova prit contact avec Girodet qui, plus
tard, fixa ses traits dans un dessin (Louvre), mais c'est
au cours de l'émigration qu'il connut la marquise de
Grollier, plus tard célèbre comme peintre de fleurs, à qui
il donna des conseils.
A peine arrivé à Rome, le sculpteur avait connu Séret
d'Agincourt qui n'eut pas d'influence sur lui. Que ne
peut-on en dire autant de Quatremère de Quincy avec
qui il se lia en 1783 d'une amitié que, seule, la mort
termina! Ce pédagogue dominateur et ambitieux, aussi
habile à exploiter autrui qu'il était dénué de personna-
lité, formait un contraste parfait avec Ganova que tous
ses contemporains, français comme étrangers, repré-
sentent doux, modeste, quelque peu sauvage et très
généreux. Get artiste subit une tyrannie morale aussi
lourde que néfaste avec une passivité vraiment incompré-
hensible.
Il avait hérité de sa terre vénitienne l'amour de la
nature et de la vie. Il adorait les peintres de Venise et les
possédait au point de pouvoir, un jour, avec ses souve-
nirs, fabriquer un fac-similé de Giorgione; peindre était
d'ailleurs son délassement favori. Il cherchait, comme
les maîtres du xvie siècle, à rendre la chair magnifique-
ment épanouie. Mais le sinistre mentor veillait. Conti-
nuant la prédication de Gavin Hamilton, il répétait sans
trêve à son disciple qu'il devait uniquement imiter les
Anciens et rivaliser avec eux.
Heureusement, son instinct sauva Canova qui ne
suivit pas toujours à la lettre ces conseils. Il s'est ins-
piré de la nature autant que des antiques et peut-être
plus souvent. Les événements qui se succédèrent de
1792 à 1812, marquèrent fort peu l'œuvre de Canova. Ces
événements avaient pourtant une importance considé-
rable pour son pays. Il convient, à ce propos, de préci-
ser ses sentiments à l'égard de la France : il ne Ta pas
détestée, incapable de la haine d'un Alfieri, mais, s'il a eu
I. Malamani, Un' amici:{ia di Canova, ouvr. cité, p. 24.
-67-
de l'affection pour certains Français et surtout pour
Quatremère, il ne l'a pas aimée. Avant de s'en froisser, il
faut comprendre les motifs de sa réserve : la chute de la
République, puis le départ en exil du Quadrige et du
L.ion tutélaires l'avaient profondément atteint dans son
amour pour sa patrie. Par la suite, l'enlèvement des
antiques et des œuvres d'art réquisitionnées à Rome et
dans toute l'Italie avait révolté son sentiment d'artiste.
Enfin, les épreuves infligées aux papes Pie VI et Pie VII,
ses protecteurs bienveillants , l'avaient blessé dans sa
croyance en même temps que dans son loyalisme recon-
naissant.
Autrement, il n'eut qu'à se louer des Français. Au
début, ils rétablirent la pension que lui faisait le Sénat
de Venise; ils protégèrent son atelier aux jours agités de
la république Tibérine. Plus tard, le bon gouverneur de
Rome, le général Sextus Miollis, lui témoigna plus que
des égards. Napoléon, enfin, fit preuve à son égard d'une
grande bienveillance, sans s'irriter des refus que Ganova
opposait à ses avances ni de son franc-parler, car cet
artiste se montra plus indépendant vis-à-vis de l'Empe-
reur qu'il ne l'était dans ses rapports avec Quatremère de
Quincy.
En 1802, le premier consul, enthousiasmé par les deux
groupes de VAmour et Psyché^ qu'il avait vus chez
Murât, réussit avec peine à faire venir Ganova à Paris
pour exécuter son buste et sa statue. Encore Ganova
céda-t-il non pas aux instances de notre ambassadeur
Gacault, mais aux supplications du pape Pie VII et du
cardinal Gonsalvi, ministre d'État, épouvantés des consé-
quences de son refus. Il arriva en septembre à Paris où
il passa deux mois, admirablement traité par Bonaparte
qu'il voyait pour la première fois, et fêté par les artistes
français qu'il avait connus à Rome : Percier, Fontaine,
David, Gérard. L'épisode le plus intéressant à signaler,
durant son séjour à Paris, en dehors de sa réception à
l'Institut, fut sa visite à l'atelier de Houdon. Gette visite,
il la rappellera plus tard, en 1817, dans une lettre à Gico-
gnara^, où il dit sa grande admiration pour Houdon
I. Malamani, Un' anticipa di Canova, ouvr. cité, p. 86.
— 68 —
dont, à son sens, les deux chefs-d'œuvre sont le Saint
Bruno de Rome et l'écorché au bras étendu que possède
aujourd'hui l'École des Beaux-Arts.
Mais rien ne put le retenir à Paris après qu'il eut
modelé le buste de Bonaparte. Il repartit pour Rome.
Le cardinal Fesch à Lyon, Murât à Milan l'héber-
gèrent en route. La famille Bonaparte partageait l'engoû-
ment de son chef pour Canova. Joséphine et Pauline,
dont nous reparlerons, et Caroline Bacciochi furent par-
ticulièrement enthousiastes. Notre confrère M. Marmot-
tan, dans son livre si parfaitement documenté sur les
Arts en Toscane sous Napoléon, nous montre le rôle actif
de cette princesse quand elle fut grande -duchesse de
Toscane.
C'est à la cour de Florence que Canova connut le
peintre Fabre, sigisbée de la comtesse d'Albany. Elle
voulait élever un tombeau au poète Alfieri, son précédent
amant, et immortaliser son propre souvenir par la même
occasion. Ce tombeau, que l'on voit à Santa Croce, valut
de grands ennuis à son auteur persécuté par la comtesse
qui en voulait pour son argent, et par Fabre, donneur de
conseils. Nous ne savons pas si Canova fut en relations
avec Ingres, qui a porté sur son talent un jugement
sévère, alors que le même Ingres admire sans réserve,
j'allais dire sans discernement, Bartolini.
En août 1810, Canova dut, après avoir résisté, revenir
de nouveau en France pour préparer un buste et une sta-
tue de l'impératrice Marie-Louise. Le 11 octobre, il
arriva à Fontainebleau. Il a laissé sur son séjour un dia-
rio intéressant, dont l'original se trouve à la bibliothèque
de Bassano. Le texte authentique, qu'avaient adultéré les
premiers éditeurs, nous a été rendu par M. Malamani
dans son Canova.
On voit Napoléon dans l'intimité, auprès de Marie-
Louise puérile et capricieuse, un Napoléon bonhomme,
parfois même prudhommesque. Les conversations à
bâtons rompus quittent le terrain neutre de l'archéologie
et de l'histoire romaine pour des sujets d'actualité, plus
brûlants, auxquels revient l'audacieux Canova : l'état de
l'Italie, la misère de Venise et de Rome, l'exil du pape,
-69-
la confiscation des œuvres d'art. Il rappelle à l'Empe-
reur, avec une nuance de reproche, son origine italienne.
Et Napoléon ne se fâche pas. Bien mieux, l'obstiné
artiste obtient l'argent qu'il demande pour des fondations
ou des subventions artistiques. L'Empereur l'autorise à
repartir : « Allez-vous-en comme vous le désirez », telle
est sa parole d'adieu.
Le troisième et dernier voyage de Ganova à Paris eut
lieu en i8i5, dans les circonstances que notre confrère
M. Charles Saunier a complètement exposées dans son
beau livre sur les Conquêtes artistiques de la Révolution
et de l'Empire.
Commissaire du Saint-Siège, Canova vint reconnaître
et récupérer les statues et les objets d'art appartenant
aux États pontificaux. Il accepta cette mission, d'abord
avec hésitation, mais finalement avec joie. Moins clair-
voyant que son ami Cicognara d'ailleurs plus attaché
que lui à Napoléon et à la France, Canova ne prévoyait
pas les conséquences de notre défaite pour l'Italie et
notamment pour la Vénétie. Les artistes n'ont pas tou-
jours un grand sens politique. Pour Ganova un résultat
était certain, dont il se contentait : le lion de Saint-Marc,
dont on avait fait un ridicule dessus de fontaine sur l'es-
planade des Invalides, allait revenir sur sa colonne de la
Piazzetta; les chevaux de bronze reprendraient leur place
à la Basilique; les marbres précieux repeupleraient le
musée du Vatican.
Son rôle fut difficile. Il se heurta à l'indifférence des
alliés, sauf des Anglais et de Wellington qui le firent
aboutir. Il avait à lutter contre des adversaires redou-
tables : le malicieux Louis XVI II à qui il présenta une
lettre du pape; le rusé Talleyrand, oublieux du moulage
de la Vénus à lui jadis offert; les conservateurs du Musée
et les bibliothécaires, à l'obstruction habile, surtout
Denon qui, malgré les recommandations d'une amie
commune, la comtesse Teotochi, avait toujours fait un
cas médiocre du sculpteur.
Après son retour en Italie, les relations de Ganova avec
les Français se bornent surtout à sa correspondance avec
Quatremère. Durant les sept années qui précèdent sa
— 70 —
mort (1822), un seul nouveau nom se présente, celui de
Stendhal.
Il s'enthousiasma pour Canova, qui avait su exprimer
la « douce volupté ». Stendhal n'admire pas à demi :
seul, Michel-Ange est digne d'être comparé à Canova
qui même le dépasse : « Canova a eu le courage de ne
pas copier les Grecs et d'inventer une beauté comme
avaient fait les Grecs. Quel chagrin pour les pédants!
Aussi l'insulteront-ils encore cinquante ans après sa
mort et sa gloire n'en croîtra pas plus vite. Ce grand
homme qui, à vingt ans, ne savait pas l'orthographe, a
fait cent statues, dont trente sont des chefs-d'œuvre.
Michel-Ange n'a qu'une seule statue égale à son génie, le
Moïse à Rome'. »
Stendhal, pourtant, ne souscrivit pas au monument,
que les amis de Canova élevèrent à sa mémoire dans
l'église des Frari à Venise. On retrouve sur la liste des
donateurs, en dehors de divers membres de la famille
Bonaparte, les quelques artistes français restés fidèles à
Canova, après et malgré les événements de 181 5 : Quatre-
mère naturellement, Percier, P'ontaine, Gérard et un
peintre, Giraud, que je n'ai pas réussi à identifier.
Sauf ses tombeaux, les Parisiens connurent presque
toutes les œuvres de Canova, soit les originaux, soit des
copies ou des moulages. Canova fut lancé par Murât qui
avait acheté, en 1796, son Amour et Psyché couchée et
commandé VAmotir et Psyché debout. Les Bonaparte
virent ces statues dans le parc du château que Murât
possédait à Villiers. Napoléon voulut, sans y parvenir, se
les faire céder.
Mais la plus enthousiaste fut Joséphine. Elle prit plai-
sir à réunir et à mettre en bonne place à la Malmaison
les œuvres de Canova qu'elle possédait : une réplique de
V Amour et Psyché debout^ VHébé, le Paris, la Danseuse
aux mains sur les hanches. Elle possédait aussi le buste
I. Rome, Naples et Florence, éd. Paris, 1887, p. 52.
— 71 —
de l'artiste. Ces statues furent les compagnes de sa soli-
tude après son divorce. Gicognara' nous a laissé le récit
émouvant de la visite qu'il fit en i8i3 à la délaissée. Elle
lui parla principalement de Ganova avec qui elle corres-
pondait, et du groupe des Trois Grâces, qu'elle avait
commandé et qu'elle attendait avec impatience. Mais la
mort ne devait pas lui permettre de voir cet ouvrage.
Son beau -frère Lucien Bonaparte possédait une
réplique de la Vénus de Florence. Un spéculateur acquit
une réplique de VHébé. Le comte Sommariva ouvrait son
hôtel de Paris aux admirateurs de la Madeleine, demi-
nue, si peu chrétienne d'inspiration. Eugène de Beauhar-
nais goûtait tellement cette statue qu'il s'en fit faire une
copie. Aux Salons de 1808 et de 1812 furent groupés
plusieurs ouvrages de Ganova qui, après 1812, acquit en
France une souveraineté jusqu'alors discutée.
Les commandes de Napoléon et de sa famille avaient
contribué à fortifier sa réputation. Par malheur, plusieurs
de ces effigies sont traduites avec inexactitude. Nous sai-
sissons les méfaits du classicisme et de son grand prêtre
Quatremère.
Il est indéniable que Ganova possédait un génie réa-
liste dont il a fait preuve chaque fois qu'il a consenti à
laisser les antiques de côté. On peut remarquer que
parmi ses bustes des Bonaparte, de leurs alliés ou de
leurs familiers (Napoléon, Marie-Louise, Pauline, Élisa,
Murât et Garoline, le cardinal P'esch, la princesse de
Ganino, les Daru), les mieux venus et les plus vivants sont
ceux de personnages secondaires qu'il n'a pas travestis en
héros.
De même, parmi ses statues, la moins intéressante est
celle de Napoléon en Mars, complètement nu. L'Empe-
reur en sentit l'inconvenance et le ridicule. Le diario
rapporte une amusante conversation entre Napoléon et
le sculpteur récitant le credo que lui a seriné Quatre-
mère : le nu sublime convient seul à Sa Majesté qui ne
peut être idéalisée autrement, mais sa statue équestre
I. Malamani, Memorie del conte Leopoldo Cicognara tratte
dai documenti originali, Venise, 1888, t. II, p. 75 et suiv.
— 72 —
la montrera sous le costume héroïque propre au géné-
ral dans l'action du commandement. Le Mars colossal
fut, à son arrivée à Paris, relégué au Louvre derrière
une tenture. Par la suite, les alliés en firent présent à
Wellington, et ce trophée orne aujourd'hui encore
Aspley-house, l'hôtel du Duc de fer, à Londres. Quant au
monument équestre, la monture seule fut achevée et ser-
vit plus tard à un Charles III sur une place de Naples.
La statue de Madame-Mère fournit à Ganova une
occasion unique d'accorder ses prétentions classiques et
son réalisme naturel. Laetitia Bonaparte épouse vraisem-
blablement les traits d'une matrone romaine dont elle
avait le type physique aussi bien que l'énergie et l'austé-
rité. On peut en juger d'après une bonne copie qui est au
château de Compiègne, l'original ayant malheureusement,
lui aussi, émigré en Angleterre au château de Ghats-
worth.
On remarque avec étonnement que Ganova n'a pas
laissé de statue ou de buste représentant sa protectrice
Joséphine. Il n'a donné d'effigie que de la seule Marie-
Louise dont la statue assise en Concorde se trouve
aujourd'hui au musée de Parme. A l'origine, Élisa Bac-
ciochi était titulaire de cette allégorie ; elle dut la céder à
sa belle-sœur dont la tête remplaça la sienne sur les
épaules de la Concorde. Élisa fut réduite à figurer une
Polymjiie.
Pauline Borghèse, plus heureuse que sa sœur, conserva
sa place dans l'Olympe. Sa statue en Vénus victorieuse, à
la galerie Borghèse, est une des plus connues de Ganova.
Les curieux discuteront longtemps encore sur le point de
savoir si Pauline a posé ou non l'ensemble devant
Ganova. G'est, en tout cas, un des chefs-d'œuvre de ce
sculpteur. Il s'est bien efi'orcé de se souvenir des clas-
siques dans la disposition de la coiffure et de la draperie ;
il a donné à la princesse des traits plus réguliers que ceux
dont elle était dotée; mais, en même temps, il a été hanté
par ses chers Vénitiens; il a placé Pauline sur son lit de
repos comme les Vénus et les Danaé; ce beau corps fré-
niit de la même vie que les déesses de Titien ou de Tin-
toret.
-73-
Les liens qui rattachent Canova à la France, n'inté-
ressent pas son esthétique purement italienne ou influen-
cée par l'antique. Mais, s'il n'a rien emprunté à notre art,
son action sur les sculpteurs français contemporains
n'est pas douteuse, quoique limitée comme durée et
comme effet. Pour la préciser avec exactitude, il faut
dégager de l'influence de Canova l'influence de l'anti-
quité. Il serait faux de voir l'imitation de Canova dans
toutes ces effigies de généraux en déshabillé, qui abon-
dèrent entre 1800 et 1825, telles que le Desaix de Dejoux,
le Leclerc de Dupaty, le Hoche de Milhomme ou le
Général Foy de David d'Angers. L'ardent champion du
nu héroïque a seulement contribué à propager cette con-
ception. On a surtout imité chez Canova ce que ses con-
temporains admiraient le plus dans ses œuvres : des
formes délicates, des gestes gracieux et parfois maniérés.
Son ascendant sur les artistes de sa génération < se
manifeste par intermittences, surtout chez Bosio, avec
V Amour séduisant l'Innocence (Salon de 1810), pastiche de
V Amour et Psyché debout, avec V Hyacinthe (Salon de
1817), enfin avec la Nymphe Salmacis (Salon de 1819;
Louvre); — chez Chaudet, avec son Amour (Salon
de 1802; Louvre), qui a emprunté au Cupidon et à la
Psyché de Canova leur papillon; — enfin, chez Delaistre
qui, dans son groupe de Y Amour et Psyché (Salon de
1814; Louvre), copie son Amour sur le génie funèbre du
monument à Clément XIII Ganganelli.
Parmi les sculpteurs appartenant à la génération qui a
suivi la sienne, David d'Angers, à ses débuts, l'a imité dans
son mausolée de la duchesse de Brissac (1818; Brissac,
Maine-et-Loire), où l'on retrouve un génie funèbre inspiré
du tombeau Ganganelli et du tombeau des Stuarts; son
monument au comte de Bourke (Père-La Chaise; mou-
lage au Trocadéro) est calqué sur les stèles de Volpato, de
I. Voy. les Salons de Landon de 1808 à 1824.
— 74 —
Falier ou du comte de Souza. Pradier était, par sa nature,
plus apte que David à refléter la manière du maître italien
dans celles de ses oeuvres qui sont uniquement gra-
cieuses, et ceci à toutes les époques de sa carrière, aussi
bien au début dans la Bacchante (1819; moulage au musée
de Rouen), dont les membres inférieurs sont copiés sur
ceux de la Psyché couchée, et dans la Psyché (1824;
Louvre) que dans VAtalante (i85o; Louvre), exécutée à la
fin de sa vie.
Un portrait de Hobrecht et de Verdelot
PAR SeBASTIANO DEL PlOMBO.
(Communication de M. Henry Prunières.j
La première profession de Sebastiano del Piombo,
selon Vasari, ne fut pas la peinture, dans laquelle il
devait s'illustrer, mais la musique. Il chantait fort bien,
jouait de divers instruments et excellait à toucher du
luth. A peine adolescent, il servit même, en qualité de
virtuose, des gentilshommes de Venise qui l'honorèrent
de leurs bonnes grâces. C'est alors que l'envie lui prit
d'étudier l'art de peindre. Il entra dans l'atelier du vieux
Giovanni Bellini, où il fit son apprentissage. Il ne tarda
pas à le quitter pour travailler avec Giorgione, qui venait
de mettre à la mode un style nouveau, se plaisant à des
tons plus chauds, à une pâte plus fondue et plus lumi-
neuse. Sebastiano ne tarda pas à attraper le secret du
procédé de son maître. « C'est alors, dit Vasari, qu'il fit
à Venise quelques portraits fort ressemblants et entre
autres celui du Français Verdelot, excellent musicien qui
était alors maître de chapelle à Saint-Marc, et sur le
même tableau celui du chanteur Hobrecht (Ubretto), son
compagnon ^. Verdelot emporta ce tableau avec lui à Flo-
I. Que Ubretto, dans le texte de Vasari, désigne Hobrecht,
cela ne me semble pas douteux. Non seulement c'est le nom
qui lui est donné sur la plupart des documents italiens de ce
temps avec de légères variantes (Ubretto, Hobretto, Hebretto,
rence lorsqu'il fut nommé maître de chapelle à San Gio-
vanni et aujourd'hui il se trouve dans la maison du
sculpteur Francesco Sangallo^. »
Qu'est devenu ce tableau, œuvre de jeunesse de Sebas-
tiano del Piombo, représentant deux des plus illustres
musiciens de l'école franco-flamande? Cherchons tout
d'abord à nous représenter quel pouvait être l'aspect des
deux personnages qui y étaient peints. Nous ne possé-
dons malheureusement aucun portrait de Hobrecht ni de
Verdelot, non plus qu'aucune description de leur phy-
sique. Nous n'avons pour nous guider que des indica-
tions d'âge. Hobrecht était né à Utrecht vers 1460; il vint
en Italie une première fois vers 1474, date à laquelle il
figure en qualité de chanteur sur les états de la cour de
Ferrare. Il revint ensuite dans son pays natal; on le
trouve de 1488 à 1485 à la cathédrale de Cambrai, de
1489 à 1491 à Bruges, enfin de 1492 à i5o4 nous le
voyons fixé à Anvers, maître de chapelle de la cathé-
drale, ce qui ne l'empêche pas de s'occuper aussi, à
Hubretto), mais on ne voit pas à quel autre nom il pourrait
correspondre. Si l'on tient compte de la coïncidence de la venue
à Venise de Hobrecht précisément à l'époque où, d'après
Vasari, Sebastiano, adolescent, fit le portrait des deux musi-
ciens étrangers, cette identification paraîtra certaine. La déno-
mination de cantore accolée au nom de Hobrecht ne doit pas
surprendre. Josquin, Brumel et d'autres grands artistes de ce
temps sont ainsi qualifiés sur les chartes.
I. Non fu, seconde che molti affermano, la prima profes-
sione di Sebastiano la pittura ma la musica; perché oltre al
cantare si dilettô molto di sonar varie sorti di suoni, ma sopra
tutto il liuto, per sonarsi in su quello stromento tutte le parti
senz' altra compagnia* : il quale esercizio fece costui essere
un tempo gratissimo a gentilhuomini di Vinezia, con i quali,
corne virtuoso praticô sempre dimesticamente. Venutagli poi
voglia essendo anco giovane d'attendere alla pittura, apparô i
* Ces réductions d'œuvres polyphoniques pour le luth étaient
fort à la mode au xvr siècle et exigeaient de l'exécutant non
seulement une réelle virtuosité, mais aussi une sérieuse con-
naissance du contrepoint. Vasari donne ce détail pour prouver
que Sebastiano ne jouait pas du luh en amateur, mais en pro-
fessionnel.
-76-
diverses reprises, de la chapelle Saint-Donat à Bruges.
En i5o4, il se décide à faire un voyage en Italie. Il part
après s'être fait suppléer dans sa double charge de maître
de chapelle du chœur de la cathédrale et de maître de
chant de la chapelle de la Vierge. Il ne devait jamais
revoir les Flandres. En i5o7, le chapitre de la cathédrale,
averti de son décès, lui donna pour successeur maître
Jean Raes. Eitner a supposé qu'il avait péri à Ferrare de
la peste, en i5o5, mais les raisons qu'il fait valoir sont
très peu probantes. Il est évident que Hobrecht, qui
occupait une haute situation à Anvers, n'avait pas quitté
les Flandres sans idée de retour et qu'il n'avait pas l'in-
tention de se fixer à la cour de Ferrare. Le fait que le
duc Alphonse 1er ait appelé à son service Brumel à la fin
de juillet i5o5 ne prouve aucunement que ce fut à l'effet
de remplacer le grand maître décédé. Quoi qu'il en soit,
c'est entre i5o4 ^^ 1^07 qu'il nous faut situer l'épisode de
la vie de Sebastiano del Piombo conté parVasari. Sebas-
tiano, né vers i585, avait une vingtaine d'années lorsque
Hobrecht passa par Venise, ce qui s'accorde parfaitem.ent
avec le témoignage de Vasari, puisqu'il nous dit que ce
portrait fut la première oeuvre importante du jeune
peintre avant son départ pour Rome.
En ce qui concerne Verdelot, nous ne possédons que
des données extrêmement vagues sur sa vie. Il commença
primi principi da Giovan Bellino allora vecchio. E doppo lui,
avendo Giorgione da Castel Franco messi in quellà città i
modi délia maniera moderna plu uniti, en con certo fiammeg-
giare di colori, Sebastiano si parti da Giovanni e si acconciô
con Giorgione; col quale stette tanto che prese in gran parte
quella maniera : onde fece alcuni ritratti in Vinegia di natu-
rale molto simili e fra gli altri quelle di Verdolotto franzese
musico eccellentissimo che era allora maestro di cappella in
San Marco* e nel medesimo quadro quelle di Ubretto sue com-
pagne cantore. Il quai quadro recè a Fiorenza Verdelette,
quande venue Maestro di cappella in San Giovanni ed eggi
l'ha nelle sue case Francesce Sangalle sculptere.
* Verdelet ne fut jamais maître de chapelle à Saint-Marc,
mais simple chanteur. On voit que Vasari est assez inexacte-
ment informé à son sujet.
— 77 —
à se faire connaître en Italie par ses compositions vers
i525 et fut maître de chapelle à San Giovanni de Florence
vers i53o-i540. On place ordinairement sa mort aux
environs de i56o. S'il se trouva à Venise vers i5o5 ou
i5o6 en compagnie de Hobrecht, il devait être fort jeune,
dans sa vingtième année tout au plus.
Dans ces conditions, le tableau que nous cherchons à
identifier devrait représenter deux personnages, l'un âgé
de cinquante à soixante ans, l'autre adolescent. Nous
savons, en outre, par le témoignage de Vasari, que cette
œuvre était peinte dans la manière de Giorgione.
Un tableau célèbre, conservé à la galerie du palais
Pitti, à Florence, nous paraît répondre très exactement
à ces desiderata ^ Il s'intitule « les Trois âges de l'homme »
{le Tre età delV iiomo) et représente un vieillard, un jeune
homme et un garçon d'une douzaine d'années examinant
avec attention une page de musique. L'enfant est ce
qu'on nommait alors en France un « page de musique »
et, en Italie, un « putto cantore ». Il s'apprête à chanter
et reçoit du plus jeune des musiciens, son maître appa-
remment, des indications et des conseils, tandis que le
vieillard (l'auteur peut-être de l'œuvre qu'on étudie) se
détourne légèrement et semble attendre la fin des expli-
cations. Ce tableau porte le nom de Lorenzo Lotto, mais
en fait aucune signature, aucune preuve sérieuse n'auto-
rise cette attribution. Depuis quelques années, on veut
qu'il ait été peint par un artiste d'Udine, Pellegrino da
San Daniele, que la critique contemporaine cherche à
faire sortir de l'ombre. Certains croient y reconnaître la
main de ce peintre mystérieux connu sous le nom de
Morto da Feltre. En somme, on cherche sans avoir rien
trouvé de décisif. Une chose seule est certaine; ce tableau
appartient à l'école de Giorgione. L'éminent historien de
l'art, le professeur Corrado Ricci nous écrit à ce sujet :
« Il passe sur ce tableau, malheureusement endommagé
par des retouches, un souffle giorgionesque. La tête de
1. Il a été reproduit en hors texte dans le numéro de juin
1922 de la Revue musicale.
-78-
l'enfant, dans les parties les mieux conservées, rappelle
singulièrement la manière du maître*. »
On peut s'étonner, dans ces conditions, que personne
n'ait encore songé à attribuer ce tableau à l'un des
grands peintres de ce temps qui, au témoignage de tous
les contemporains, commença sa carrière en imitant la
manière de son maître Giorgione : Sebastiano del
Piombo.
Au point de vue pictural, rien ne nous paraît s'opposer
à l'attribution du tableau de la galerie Pitti à Sebastiano
del Piombo. Cette pâte lumineuse, ces tons chauds et
fondus appartiennent bien à cette nouvelle manière dont
Giorgione passa pour l'inventeur. Lanzi insiste lui aussi
sur l'imitation que fit d'abord Sebastiano des procédés de
son maître. Mieux que tout autre, écrit-il, il sut l'imiter
« ne' tuoni de' colori e nella sfumatezza », et il cite son
Saint Jean Chrysostome, qui passa longtemps pour être
de la main de Giorgione.
Au témoignage de Vasari, ce portrait se trouvait à Flo-
rence, dans l'atelier du sculpteur San Gallo, vers le milieu
du xvie siècle; dès lors, son passage dans les collections
du grand-duc de Toscane s'explique fort naturellement.
Nous savons, d'autre part, que ce tableau appartient à la
galerie du palais Pitti depuis fort longtemps, puisqu'il est
mentionné sur les anciens inventaires du xviiie siècle.
Si notre hypothèse était définitivement confirmée, nous
serions donc en présence des portraits de Jacques
Hobrecht, l'un des maîtres les plus puissants et les plus
originaux de l'école polyphonique du xv^ siècle, et de
Philippe Verdelot, l'une des gloires de l'école madriga-
lesque. Quant au page, il n'est là que pour des raisons
de composition picturale.
Remarquons, d'autre part, combien les têtes des deux
principaux personnages du tableau sont peu italiennes.
Le vieillard avec son crâne chauve, sa barbe carrée,
I. Nous adressons ici nos bien vifs remerciements à M. le
professeur Corrado Ricci, dont les précieux renseignements
sur l'état de la question sont venus nous affermir dans notre
conviction.
— 79 —
semble un homme du Nord, Hollandais ou Allemand.
On reconnaît en lui un de ces types germaniques tels
qu'en peignirent Holbein, Granach et Memling. Le jeune
homme avec sa fine barbe blonde présente le type achevé
du Français contemporain de François 1er. On trouve des
têtes semblables sur les tableaux de nos primitifs, sur
ceux de l'école de Clouet en particulier.
Dans l'ensemble, ce groupe forme le contraste le plus
parfait avec l'admirable tableau qui lui fait vis-à-vis au
palais Pitti et qui est connu sous le nom du Concert du
Giorgione, bien que cette attribution ne soit pas cer-
taine. Sur ce tableau, popularisé par l'image^, un « putto »
se prépare à chanter le dessus d'une frottola ou d'un
madrigal, accompagné sur une épinette et sur une basse
de viole par deux musiciens. Les têtes glabres de ces
artistes, leur teint bronzé, leurs yeux sombres et brillants
attestent leur nationalité. On n'en saurait douter un ins-
tant, ce sont des Italiens, et ceux qui leur font pendant
sont des étrangers venus du Nord.
Nous ne prétendons pas avoir établi d'une manière
irréfutable que « les Trois âges de l'homme » sont l'œuvre
de Sébastian© del Piombo et représentent le vieil
Hobrecht et le jeune Verdelot, mais nous croyons avoir
réuni un nombre suffisant de présomptions en faveur de
notre hypothèse pour qu'elle mérite d'être sérieusement
prise en considération par les historiens de l'art. Nous
avons vu que les âges des personnages représentés coïn-
cident assez exactement avec l'âge que devaient avoir,
vers i5o5, Hobrecht et Verdelot. Des recherches dans les
archives de la chapelle de Saint-Marc pourraient nous
faire savoir si en i5o5 ou i5o6 Verdelot était déjà cantore
à cette maîtrise. Gaffi dit avoir trouvé son nom sur les
listes, mais n'indique pas de date. Que Hobrecht soit
passé par Venise, cela ne semble pas douteux; c'est à
Venise, en effet, qu'avait paru, en i5o3, chez Petrucci, un
recueil de cinq messes de sa composition. Il serait fort
I. Cf., sur ce tableau, les observations de M. André Pirro
dans son étude sur les Frottole {Revue de musicologie, mai
1922).
— 8o —
intéressant de savoir si, par hasard, il n'aurait pas amené
avec lui le jeune Verdelot. On peut être surpris que
Vasari donne dans ce tableau l'importance principale à
Verdelot; mais il est vraisemblable qu'il l'avait connu
personnellement à Florence entre i53o et 1540. Lorsque,
plus tard, il rédigea la Vie des peintres, il a pu se rappe-
ler avec quelque inexactitude ce que lui avait dit de ce
tableau Verdelot ou le sculpteur Sangallo, son ami. Le
style de Hobrecht était alors tout à fait démodé et il est
fort possible que son nom même fût presque ignoré d'un
peintre comme Vasari. Rien d'étonnant dans ces condi-
tions à ce qu'il ait considéré le gracieux adolescent
comme le personnage principal et le vieillard comme un
artiste d'intérêt secondaire.
Souhaitons que des documents nouveaux permettent
bientôt de restituer à Sebastiano del Piombo le tableau
de la galerie Pitti.
Il importerait beaucoup de posséder un portrait authen-
tique du grand maître néerlandais Jacques Hobrecht, qui
fut peut-être de tous les contrapontistes du xve siècle le
plus habile et le plus fécond et dont la gloire égala
presque, ^en son temps, celle de Josquin Després. Il ne
serait pas indifférent non plus de connaître les traits de
Philippe Verdelot, ce Français fixé en Italie dès sa jeu-
nesse, qui fut avec Adrian Willaert l'un des premiers
champions de ce genre essentiellement Italien : le
Madrigal*. Il demeura toujours fidèle aux leçons de ses
maîtres, les grands polyphonistes du Nord. On remarque
dans la conduite des voix des duretés et une conception
de la polyphonie beaucoup moins italienne que flamande.
Peut-être découvrira-t-on un jour qu'il avait été l'élève
de Hobrecht. Peut-être était-il venu avec lui en Italie et
I. Le nom de Verdelot est généralement associé à celui
d'Adrian Willaert. Cf. Zarlino, 4* partie des Institutions har-
moniques, ch. XXX. On sait que Willaert a transcrit en tabla-
ture de luth plusieurs compositions polyphoniques de Verde-
lot. Sur Verdelot, voir aussi le Fronimo de Vincenzo Galilei et
Gosimo Bartoli, Ragionamenti academici sopra alcuni luoghi
difficili di Dante (livre III, 36).
— 8i —
avait-il tenu à figurer en compagnie de son vieux maître
sur le portrait que voulait faire de lui le jeune Sébastian©
del Piombo, ami de tous les musiciens, et désireux de
fixer les traits délicats du bel adolescent à la barbe nais-
sante.
Deux mois après avoir fait à la Société de l'Art fran-
çais la présente communication, j'appris que M. Emilio
Ravaglia proposait d'identifier le tableau décrit par
Vasari avec une œuvre de Sebastiano del Piombo qu'il
venait de découvrir et qui est en ce moment exposée au
palais Gorsini à Rome. Autant que j'en puis juger par la
très mauvaise reproduction que j'ai pu me procurer, ce
tableau représente un homme d'une trentaine d'années,
vu de face. Il est coiffé d'une toque et porte un léger
collier de barbe. Il appuie son menton sur sa main avec
une expression de mélancolie rêveuse. Devant lui, sur
une table, on voit une feuille de papier à musique. Au
second plan, dans l'angle droit du tableau, se tient un
jeune homme à la face glabre, au regard aigu.
Chose curieuse, le principal personnage ressemble
vaguement au bel adolescent des « Trois âges de l'homme »,
bien que sensiblement plus âgé, Sebastiano del Piombo,
après avoir en sa jeunesse exécuté le portrait d'Hobrecht
et de Verdelot, aurait-il retrouvé à Rome une dizaine
d'années plus tard le musicien français et l'aurait-il peint
de nouveau en compagnie cette fois d'un élève? La
reproduction que j'ai sous les yeux est trop défectueuse
pour que je puisse avancer une opinion sur la facture du
tableau de la galerie Gorsini, mais je serais tenté de le
croire sensiblement postérieur aux Tre Età delV Uomo.
Il est vraiment peint dans la manière habituelle de Sebas-
tiano et non dans celle de Giorgione. Il y aurait lieu de
rechercher par comparaison avec d'autres œuvres de
Sebastiano s'il ne devrait pas être daté des années iSiS-
i53o, ce qui viendrait à l'appui de notre hypothèse.
1922
— 82 —
SÉANCE DU 12 MAI 1922.
I.
COMITÉ DIRECTEUR.
La séance est présidée par M. Brière, président.
Présents : MM. Charlier, Cordey, Guiffrey, le comte
d'Harcourt, Lemonnier, Marquet de Vasselot, Henry
Martin, Ramet, Ratouis de Limay, Réau, Rouchès, Sau-
nier, Vitry.
Excusés : MM. Laran, Lemoisne, Pierre Marcel, André
Michel.
— Le Secrétaire informe le Comité que la distribution
du Bulletin de l'année 1921 est commencée depuis
quelques jours et que le bon à tirer est donné pour les
trois premières feuilles du tome XII des Archives.
— M. Henri Lemonnier fait connaître que le tome VII
des Procès-verbaux de l'Académie d'architecture est
achevé; il estime qu'il y aurait lieu de se préoccuper,
dans un avenir prochain, de la table générale de ces
Procès-verbaux.
— Le Président lit une lettre de M. René Page
demandant s'il ne pourrait être délivré aux membres de
la Société une carte qui leur donnerait quelques avan-
tages et des facilités pour entrer notamment dans les
musées de province. Le Secrétaire rappelle que la ques-
tion a déjà été étudiée ; elle sera de nouveau envisagée au
moment où l'entrée dans les Musées nationaux devien-
dra payante.
— Sont admis membres de la Société : Mlle Marie-
Louise Chabaud, licenciée d'histoire, présentée par
MM. Ratouis de Limay et Brière; M. Robert Burnand,
archiviste-paléographe, présenté par MM. Henry Martin
et Amédée Boinet; M. Paul Lesourd, archiviste-paléo-
graphe, présenté par MM. Ratouis de Limay et Henry
Martin; M. William Francklyn Paris, présenté par
MM. Henry Martin et Brière.
/
— SS-
II.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE.
La séance est ouverte sous la présidence de M. Gaston
Brière, président.
Présents : MM. le comte Allard du Chollet, Aubert,
Babelon; MUe Ballot; MM. Bernard, Boinet, le capitaine
Buttin; Mlle Gharageat; MM. Charlier, Ghévrier, Cor-
dey, Dacier, Daupeley, Deshairs, Dezarrois, Dimier,
Dubois-Corneau, Fage, Gilles de la Tourette, Girod de
l'Ain, Gronkowski, Guerlin, Guiffrey, Jeannerat, Jolis;
Mlle Laplagne; M. Lemonnier; Mlle Maillard; MM. Mar-
mottan, Marquet de Vasselot, Henry Martin, Mazerolle,
Pelletier, Perdreau, Picard; M^e Potrel; MM. Puvis de
Chavannes, le comte de Puymaigre, Ramet, Ratouis de
Limay, Réau, G. et R. Richebé, le duc de La Roche-
Guyon, Rouchès , A. Roux, Saunier, le marquis de
Sayve, Vallery-Radot, Verrier, Vitry, Wildenstein.
Excusé : M. G. Roger-Sandoz.
— Il est procédé à l'élection de quatre membres du
Comité directeur, en remplacement de MM. Jean Laran,
Henry Martin, André Ramet, Louis Réau, membres sor-
tants.
— Sont élus à l'unanimité, par 52 voix :
MM. Jean Cordey,
Emile Dacier,
Raymond Kœchlin,
J. J. Marquet de Vasselot.
Discours de M. Gaston Brière,
PRÉSIDENT DE LA SoCIÉTÉ.
Mesdames, Messieurs,
Toute société poursuivant une œuvre scientifique défi-
nie doit fidèlement garder la mémoire de ceux qui la
composèrent, en déterminèrent l'esprit et l'action. Le pre-
-84-
mier devoir de votre président, à l'assemblée générale qui
marque le terme de sa dignité, est de saluer les morts de
l'année écoulée, rappelant ce qu'ils furent et ce qu'ils
accomplirent. Ma tâche est particulièrement lourde, nom-
breuses ont été nos pertes, et cruelles. Germain Bapst,
Auguste Boppe, Albert Didier, Marc Furcy-Raynaud,
Louis Gonse, Henry Havard, tels sont nos collègues dis-
parus, connus d'entre nous presque tous familièrement,
par leur présence ou par leurs travaux.
Henry Havard s'est éteint plein de jours après une longue
carrière, le 3i octobre 1921; il avait quatre-vingt-quatre
ans. Il était né à Charolles en i838. Son père, d'abord
notaire en cette capitale du Charolais, s'était occupé de
l'industrie de la papeterie, zélé propagateur de projets
d'union syndicale entre les mêmes métiers et ardent répu-
blicain. Henry Havard embrassa les opinions et les
tâches paternelles, débuta comme journaliste, bataillant
contre l'Empire, se jetant dans la mêlée avec fougue*.
Commandant dans la garde nationale, il partagea les
illusions et les fièvres des patriotes exaltés par les
désastres de l'année terrible, les tristesses du siège; aussi
fut-il prudent pour lui de s'expatrier au lendemain de la
victoire du gouvernement de Thiers. Alors, il mena une
vie errante et voyagea dans les pays du Nord. Ce fut là
l'origine de sa sympathie et de ses études sur les Pays-
Bas qu'il parcourut longuement, pénétrant Tart hollan-
dais comme l'histoire, comme la langue. Il envoya à de
nombreux journaux des chroniques, publia ses souve-
nirs de voyage, écrits d'une plume alerte, en de nombreux
volumes, dont deux aimablement illustrés de fusains par
Maxime Lalannep. Puis, reprenant la tradition de Thoré-
1. D'après la notice de la Grande Encyclopédie, t. XIX, 1894.
2. La Hollande pittoresque. Voyage aux villes mortes du
Zuyder^ée ; Les frontières menacées; Le cœur du pays, 3 vol.
in-i6. Paris, Pion, 1874-1878. — Amsterdam et Venise. Paris,
Pion, 1876, in-4°. — La terre des Gueux. Voyage dans la
Flandre flamingante. Paris, Pion, 1879, in-8°. — La Hollande
à vol d'oiseau. La Flandre à vol d'oiseau. Paris, Decaux, 1881,
i883, gr. in-8" (pi. par M. Lalanne).
— 85 —
Burger, Havard fut en France, avant Emile Michel, le
plus averti des historiens de ces peintres au métier impec-
cable, d'une si persuasive séduction par leur savoureuse
et franche bonhomie. Il fit des découvertes sur les maîtres
qu'il étudia dans le recueil, paru chez Quantin, de 1879 à
1881, sous le titre : L'art et les artistes hollandais (Miere-
velt, Flinck, P. de Hooch, Ver Meer de Delft, etc.). Il déve-
loppa ultérieurement plusieurs de ces chapitres en des mo-
nographies de la collection des « Artistes célèbres » : Ver
Meer (1888), Mierevelt; enfin, il écrivit pour l'excellente
« Bibliothèque de l'enseignement des Beaux-Arts » un
précis clair et nourri sur la Peinture hollandaise (1882).
La grande réputation vint surtout à Havard par ses tra-
vaux sur les arts décoratifs : VHistoire de la faïence <fe
Delft (1878), VHistoire de l'orfèvrerie française (1896), les
Boulle (1898), l'œuvre du peintre Galland iiSgb), plusieurs
volumes illustrés sur les styles ' et surtout par son grand
Dictionnaire de l'ameublement et de la décoration, publié
en quatre gros tomes in-40, de 1887 à 1890, dont il ras-
sembla les éléments à partir de 1878. Cette grande com-
pilation, puisée aux meilleures sources, enrichie de
preuves, d'images, rassemblant une masse de faits épar-
pillés, est devenue un ouvrage indispensable de consulta-
tion. Ce n'est pas une œuvre d'érudition philologique et
critique comme le Glossaire de Victor Gay, — qui va bien-
tôt, si heureusement, être terminé par les soins de plusieurs
de nos confrères, — ni un essai de reconstitution des pro-
cédés techniques et un effort d'interprétation explicative
à la manière de Viollet-le-Duc, mais une large synthèse
des résultats acquis. Havard devait rendre plus acces-
sible aux artisans la connaissance des métiers en com-
posant les jolis petits volumes des Arts de l'ameublement
(11 vol., chez Delagrave, de 1891 à 1897), comme il vul-
garisa les plus célèbres édifices français en dirigeant la
France artistique et monumentale (1892-1895), recueil où
collaborèrent les plus éminents archéologues du moment.
I. L'art à travers les mœurs, 1882; Uart dans la maison,
1884; Histoire et philosophie des styles, 2 vol., 1899-1900; L'art
et le confort dans la vie moderne, 1904. — La céramique hol-
landaise, 2 vol. in-4''. Amsterdam, 1909.
— 86 —
Critique d'art au Siècle pendant une quinzaine d'an-
nées, Henry Havard était devenu inspecteur général des
Beaux- Arts en 1888; il resta dans l'administration trente
ans, jusqu'en 1918. Notre confrère s'était intéressé à nos
publications. Il avait inséré au volume de 1886 un pré-
cieux document sur la tombe de l'abbé P'oulon, gisant de
bronze modelé par Germain Pilon, dans lequel le grand
maître de notre Renaissance avait peut-être rivalisé avec
un Italien du Quattrocento.
Louis Gonse comptait parmi les fondateurs de notre
Société; il figure dans la liste des adhérents de 1872, il était
le dernier. Né à Paris, le 16 novembre 1846, il fit son
droit tout en écoutant à l'École des chartes les leçons de
Quicherat; il devait recevoir les conseils d'un des maîtres
de nos études : l'impeccable Montaiglon. Très jeune,
Gonse écrit dans des journaux : au Moniteur universel de
Dalloz, au Nouvelliste de Rouen. Il explore notre sol et,
de ses carnets, il extrait sa première publication : Voyage
dans le Midi de la France, lettres écrites en août, septembre
et octobre i86j (Rouen, 1868). En 1872, il porte son pre-
mier article à la Galette des Beaux-Arts, c'est une étude
sur le Musée de Lille. Ainsi se marque, dès le début, le
sens des travaux auxquels il voua particulièrement sa
vie : la glorification de l'art français et des trésors de
l'art en France. A cette tâche, il s'employa par la plume,
la parole, l'action.
Louis Gonse devint directeur de la Galette des Beaux-
Arts en 1874 ; il dirigea notre grand périodique d'art, — au
début le seul, — pendant vingt ans (jusqu'en 1893). Veiller
attentivement à la bonne tenue des livraisons mensuelles,
recruter des collaborateurs, les conseiller, les inspirer,
insinuer quelques réserves ou glisser des retouches, déter-
miner les appréciations à propager sur tel maître discuté,
vivant ou mort de la veille, sentir les remous de l'opi-
nion, endormir les susceptibilités, prendre parti dans des
luttes vives sans blesser trop profondément, Gonse sut
avec un tact infini et une souriante aisance jouer ce rôle
multiple du directeur heureux. Après les temps héroïques
de Charles Blanc, la direction de Gonse fut une magnifique
période pour la Galette. Que de beaux articles et que de
-87-
belles planches ! Et aussi quelle riche matière : deux expo-
sitions universelles (1878 et 1889) ^vec leur amoncellement
d'œuvres d'art souvent ignorées, les expositions rétros-
pectives de l'Union centrale des arts décoratifs, le qua-
trième centenaire de Michel -Ange, et les rédacteurs
furent : Paul Mantz, Darcel, Rayet, Ghesneau, Montai-
glon, Gourajod, Davillier, Bonnaffé, Fillon, Yriarte,
Palustre, Eugène Mûntz, Lafenestre, André Michel,
Emile Molinier...; parmi les graveurs : Gaillard, Gaujean,
et tant d'autres dignes de mémoire ! En sa tâche accomplie
allègrement, Gonse apprit cette diplomatie aimable,
cette persévérance douce qui fit de lui un conseiller
écouté et influent dans les multiples assemblées délibé-
rantes où sa réputation devait le faire entrer et où il joua
un rôle de plus en plus important. Là s'atténuent les
divergences, s'adoucissent les heurts, en des compromis-
sions nécessitées par les relations et les préoccupations
administratives; alors, dans les combinaisons à trouver,
dans les sanctions à voter, triomphent les habiles conci-
liateurs et les opiniâtres patients. Gonse appartint à la
Commission des Monuments historiques dès 1889, vice-
président en 191 3; au Gonseil des Musées depuis sa créa-
tion en 1896, il en devint vice-président en 1917; tou-
jours présent en ces assemblées, attentif aux débats,
soucieux de garder et d'accroître nos richesses. Sa
dernière joie fut l'achat du célèbre « portrait de famille »
de Degas. G'est que Louis Gonse apportait en ces tra-
vaux l'enthousiasme et la passion de l'amateur. Il fut un
gourmet d'art. En véritable raffiné, il goûtait l'art sous
toutes ses formes, en toutes ses manifestations; il a tout
aimé de ce qui charme les yeux et l'oreille. Il fut un col-
lectionneur diligent et son cabinet japonais, — dont il
ne faisait nulle parade et qui ne s'ouvrait pas au vulgaire,
— restera célèbre auprès des initiés. De la ferveur pour
l'art d'Extrême-Orient, il était passé, comme d'autres de
ses émules, à l'enthousiasme pour notre gothique, mais
sans partialité, sachant célébrer devant toutes les œuvres
encore vivantes d'émotion le même culte. Cette ardente
sympathie fait le prix des beaux livres dont Gonse enri-
chit la librairie française. Après les monographies sur
— 88 —
Jules Jacquemart et Eugène Fromentin ^ l'ouvrage, alors
original et hardi, sur Uart japonais (i883, 2 vol. in-fol.),
Louis Gonse écrivit L'art gothique (1890, in-fol.), La
sculpture française depuis le XIV^ siècle (iSgS, in-40),
enfin, reprenant et complétant les recherches anciennes
de Clément de Ris, Les chefs-d'œuvre des Musées de
France (province) (1900-1904, 2 vol. in-40). A l'heure où
beaucoup d'entre nous commençaient à observer des
œuvres d'art, les grandes publications de Gonse sur notre
architecture et notre statuaire nationales servirent d'initia-
tions fécondes. Notre confrère fut ce qu'il souhaita d'être :
un bon serviteur de la cause de l'art, et de l'art français 2.
Germain Bapst avait adhéré tardivement à notre Société,
mais il était devenu, tout de suite, un de nos membres
les plus actifs et des plus appréciés par ses charmantes et
brillantes causeries. Vous l'aviez entendu à notre séance
de novembre, conter, avec cette prodigieuse mémoire qui
rendait si captivantes ses conversations, l'histoire des
mausolées des Condé; le 10 décembre, une attaque d'apo-
plexie le terrassait sur le boulevard parisien; il dispa-
raissait en pleine activité intellectuelle : il avait soixante-
huit ans 3.
Il y a deux catégories bien tranchées dans les travaux
de l'érudit : les livres sur les arts industriels et ceux rela-
tifs à l'histoire militaire de la France, particulièrement au
xixe siècle. Descendant d'une famille d'orfèvres célèbres,
devenus, au début du xixe siècle, joailliers de la cou-
ronne de France, Germain Bapst fut incliné vers l'étude
des artisans au métier raffiné qui modèlent les métaux,
taillent ou sertissent les matières précieuses. Après son
Étude sur Vétain dans l'antiquité et au moyen âge (1884,
in-80), parurent ses recherches sur : Les Germain (1887,
1. L'œuvre de Jules Jacquemart. Paris, 1876-1881, gr. in-8°.
— Eugène Fromentin^ peintre et écrivain. Paris, Quantin, 1881,
in-4».
2. Pour compléter cette courte esquisse, lire la notice écrite
sur Louis Gonse, par André Michel, dans la Galette des Beaux-
Arts, février 1922.
3. Germain Bapst était né à Paris le 20 décembre i853.
-89-
in-8o), moneTgraphie d'illustres orfèvres, à laquelle il
faut joindre la plaquette sur U orfèvrerie française à la
cour du Portugal (1892, in-40), enfin VHistoire des joyaux
de la couronne de France (1889, gr. in-80). A ces impor-
tants volumes s'ajoutèrent nombre d'articles, de notes,
dans lesquels l'érudit élucidait des détails (ainsi sur le
fameux bureau de Louis XV dont il nomma exactement,
le premier, les auteurs) ou des éditions de documents iné-
dits, comme V Inventaire de Marie-Josèphe de Saxe (i883).
Car Germain Bapst était un chercheur minutieux, un pas-
sionné du texte sûr. Il devint un habitué des salles d'ar-
chives publiques, des bibliothèques, poursuivant le docu-
ment rebelle partout où il pouvait se terrer.
Historiographe du maréchal Ganrobert, narrateur des
souvenirs du héros de Rezonville et Saint-Privat, Bapst
s'était si bien identifié avec ses personnages, avait fouillé
si avant en leurs vies, qu'il était devenu comme leur con-
temporain. A l'interroger sur les campagnes d'Afrique, de
Grimée, d'Italie, sur la guerre de 1 870-1871, on croyait
écouter un survivant des batailles; n'avait-il pas veillé
dans la tranchée à Sébastopol, assisté aux charges déses-
pérées tourbillonnant sur les pentes de Floing, subi les
angoisses de la capitulation à Metz, entendu Trochu déve-
lopper son plan à l'Hôtel de ville? Dans ses travaux d'his-
toire militaire, les recherches archéologiques ne furent pas
absentes. Bapst avait été l'un des fondateurs de la Sabre-
tache, l'un des initiateurs du Musée de l'armée qui a
rassemblé quantité de dessins et esquisses de nos peintres
militaires, il avait été l'organisateur actif des belles expo-
sitions rétrospectives des armées de terre et de mer en
1889 et en 1900, dans lesquelles l'on vit tant de précieuses
effigies guerrières retracées par des maîtres et dont le sou-
venir est gardé par les catalogues de notre confrère '. A ces
travaux occasionnés par les expositions se rattachent
VEssai sur l'histoire des panoramas et des dioramas (1891)
et VHistoire du théâtre, de la mise en scène, du décor (1893).
I. Ajouter les catalogues de V Exposition de Marie-Antoinette
et son temps, 1894, et de VExposition historique de la Révolu-
tion et de VEmpire, 1895.
— 90 —
Bibliophile, amateur, Germain Bapst avait réuni de
jolis objets du xviiie siècle dont il gardait de gracieux
restes, il en a légué à nos musées; en même temps, la
masse précieuse de ses dépouillements aux archives de la
Guerre, où il était un familier, iront enrichir le départe-
ment des manuscrits à la Bibliothèque nationale. L'homme
fut d'accueil charmant, plein de cordialité, de bonne
grâce. Sa conversation était fourmillante d'anecdotes et
de renseignements imprévus. Sur les militaires des deux
derniers siècles, leurs carrières, leurs alliances, il était, à
feuilleter, comme un « Annuaire » vivant et amusant.
Ceux qui eurent recours à son érudition et qui furent ses
obligés garderont de Germain Bapst un souvenir recon-
naissant.
Nous avons eu la grande tristesse de voir partir avant
l'heure l'un de nos plus dévoués collaborateurs, l'un des
plus zélés amis de notre œuvre : Marc Furcy-Raynaud,
mort brutalement le 3o janvier. J'avais rencontré Furcy-
Raynaud, pour la première fois, il y a de longues années,
en quelques séances de la Société des Études historiques;
je le revis, de loin en loin, à la bibliothèque de l'Arse-
nal, en allant travailler en la salle paisible où les heures
coulaient silencieuses, marquées par le timbre clair de
l'horloge, alors que je consultais des livres d'histoire en
si bel état de conservation ; mais nos relations ne devinrent
fréquentes qu'à Versailles, quand je fus attaché au Musée.
Alors, Furcy-Raynaud vint maintes fois m'interroger,
incitant et dirigeant mes recherches dans les dépôts de
sculptures que j'explorais; j'appris à le connaître et à
l'estimer.
Marc Furcy-Raynaud était né, par hasard, à Septfon-
taines, dans le Grand-Duché de Luxembourg, le 25 avril
1872. La famille Raynaud était originaire de l'Albigeois,
alliée aux Guérin du Gayla. Le grand-père de notre ami,
professeur au collège Bourbon, avait collaboré avec Tré-
butien à la publication des œuvres de Maurice de Guérin
et du journal de sa sœur Eugénie. Son père, né à Paris,
sorti de Saint-Cyr, fit la campagne d'Italie; il fut blessé
à Solferino, devint instructeur à l'École militaire; il était
à Metz en 1870. La paix signée, marié, il quitta l'armée
— 91 —
pour s'occuper des intérêts des siens qui possédaient des
fabriques en Lorraine annexée, en Belgique et en Luxem-
bourg. Il avait su garder une part de son activité aux tra-
vaux intellectuels, sa traduction de la grande Histoire des
Papes de Pastor l'atteste.
Marc Furcy-Raynaud suivit les cours des Chartes en
auditeur, entra, comme attaché, à l'Arsenal, obtint le
diplôme de bibliothécaire, passa à la Mazarine, puis
abandonna la carrière des bibliothèques pour se consa-
crer à ses travaux personnels. Il se fit d'abord connaître
par quelques plaquettes élégantes {Chardin et M. d'Angi-
viller^ 1900, VEngagement de Tocqué en Russie, 1908,
et de nombreuses notules sur des artistes du xviiie siècle
dans la Chronique des Arts; il entreprenait dès lors les
recherches qui devaient l'occuper constamment : une explo-
ration des documents artistiques encore inédits des archives
de la Maison du Roi. Il découvrit qu'une suite de pièces
avait été encore négligée : les lettres échangées entre les
Directeurs des bâtiments et les « premiers peintres » qui
étaient leurs conseillers et leurs agents d'exécution. Il fit
copier ces pièces, les classa, les commenta, — un peu
sobrement, — et, le paquet lié, le porta à M. Jules Guif-
frey pour les Nouvelles Archives. C'est à cet endroit que
le rôle de notre confrère devient important dans l'his-
toire de notre Société. D'abord, il apportait de la copie à
un moment de lassitude des éditeurs raréfiés; il permit la
publication des quatre volumes des années 1908 à 1906,
comprenant la correspondance entre Orry , Marigny,
d'Angiviller et Ch.-A. Coypel, Cochin et Pierre {lySi à
1791), précieux documents pour connaître l'influence de
l'administration royale sur notre art, à une époque déci-
sive de son évolution. Puis, Furcy-Raynaud vint parler
à nombre d'entre nous de la Société, nous incitant à faire
partie de ce groupement d'érudits, proposant des réformes
pour accroître son activité : la réorganisation accomplie
en 1906, s'inspira pour beaucoup de ces conversations.
Dès lors, notre ami fut assidu à nos séances, puis aux
délibérations du Comité directeur, apportant de mul-
tiples matériaux pour alimenter les réunions ou le Bulle-
tin, s'ingéniant à recruter des adhérents; nul ne nous
— 92 —
aura servi avec plus d'ardeur. En 1909, Furcy-Raynaud
avait publié, en une brochure, un Inventaire des sculp-
tures commandées et acquises par la direction des Bâti-
ments du roi au XVII h siècle; depuis, il n'avait cessé d'ac-
cumuler les notes et copies de pièces autour de ce premier
essai; son travail était devenu considérable, le pendant
de V Inventaire publié par F. Engerandpour les peintures.
L'auteur se proposait d'imprimer le. manuscrit, presque
achevé, sous nos auspices. Grâce aux généreuses déci-
sions de la sœur de notre ami, Mme de Sainte-Glaire,
l'œuvre paraîtra dans notre collection à' Archives. Ge
grand labeur ne sera pas perdu. Grâce aussi aux soins de
notre ami commun Marquet de Vasselot, quantité de
dépouillements, de fiches, intéressant particulièrement
les saisies d'objets d'art chez les émigrés, ne seront pas
anéantis ; ces papiers classés sont déposés au Musée du
Louvre, accessibles à la consultation des érudits. Déjà,
ces recherches ont servi aux rédacteurs des nouveaux
catalogues du Louvre, des peintures comme des sculp-
tures modernes. Au Louvre et à Versailles, bien des rec-
tifications d'attributions, de provenances, sont dues aux
recherches de Furcy-Raynaud.
Parti se reposer dans un coin de Lorraine qu'il aimait,
l'été dernier, après les fatigues endurées pendant la guerre
où il servit vaillamment, sur le front, comme officier
interprète; triste de deuils cruels accumulés autour de lui,
notre ami devait revenir très malade ; une opération grave
lui fut fatale. Nous ne pouvons croire que nous ne rever-
rons plus le collègue excellent, d'un commerce sûr, d'une
loyauté qui se révélait par une franchise de parole par-
fois un peu brusque, ne cherchant à dissimuler ni ses
affections, ni ses dégoûts. L'ouvrage que nous éditerons
gardera son souvenir, sans atténuer l'amertume que laisse
la pensée d'une existence inachevée.
Je dois enfin quelques mots d'adieu aux deux membres
que leur éloignement écartait de nos réunions.
Albert Didier, d'une vieille famille orléanaise, sculpteur,
élève de Vital-Dubray, fut directeur de l'École munici-
pale des Beaux-Arts d'Orléans et conservateur du beau
musée de peinture depuis 1895. Il garda avec un soin
-93-
jaloux les trésors qui étaient sous sa garde, devenus si
misérablement protégés en ce vieux local, qui serait char-
mant réparé. Il aménagea à la fin de sa carrière les col-
lections données à la ville par M. Fourché. La guerre lui
avait enlevé son fils, mort dans un hôpital de Metz lors
de la ruée de 1918; le père fut blessé au cœur; il traîna
son existence pesamment et la délivrance vint le 23 février
dernier; il avait quatre-vingts ans.
Jules-Auguste Boppe, né le 26 juin 1862, attaché aux
Affaires étrangères à partir de 1888, servit la France, par-
ticulièrement en Orient; secrétaire d'ambassade à Gons-
tantinople, Belgrade, consul général à Jérusalem (1902-
1905), premier secrétaire à Constantinople (1905 à 1912),
ministre plénipotentiaire en Serbie pendant la guerre
(1912 à 1917). Il était devenu le représentant de la France
en Chine en septembre 1917; il mourut brusquement à
son poste, à Pékin, le 14 mai 192 1. Attaché aux archives
du ministère (1899 ^ 1902), Boppe s'était occupé de travaux
d'histoire diplomatique, avait composé avec M. Delavaud
un livre sur les Introducteurs des ambassadeurs ; puis ses
séjours en Orient l'avaient conduit à des études artis-
tiques. Il avait recherché avec méthode et persévérance,
collectionné même, les œuvres de peintres européens
venus en Turquie aux xviie et xviiie siècles, un Garrey,
un Van Mour, ou ceux qui suivirent nos ambassadeurs,
comme M. de Nointel. 11 avait raconté la mode des por-
traits de personnages du beau monde travestis à la turque,
lors de l'engouement pour l'exotisme, tels qu'en tracèrent
Aved ou Delatour. De là des articles dans nos périodiques
d'art, réunis dans le joli volume qui durera sur les Peintres
du Bosphore au XVIII^ siècle, paru chez Hachette en
191 1. Si la destinée l'eût permis, Boppe avait une belle
étude à entreprendre sur la Ghine vue par nos artistes du
xviiie siècle, cette autre « province du rococo ».
Nous pourrons cette année, Mesdames et Messieurs,
fêter notre cinquantenaire. Un demi-siècle s'est écoulé
depuis la fondation de la Société de l'histoire de l'Art
-94 -
français; le premier volume des Nouvelles Archives de
l'Art français ^ recueil de documents inédits, porte la date
de 1872. Quelle avait été la pensée directrice de nos fon-
dateurs, reprenant, par une association, l'entreprise indi-
viduelle du marquis de Chennevières et d'Anatole de
Montaiglon? Instruits des méthodes précises de l'érudi-
tion, ils avaient compris que les documents permettant
de retracer l'histoire des arts étaient, abondants, mais dis-
persés, qu'ils étaient trop négligés, et ils voulurent réunir
en faisceau ces textes épars, ouvrir un recueil où vien-
draient s'inscrire, au fur et à mesure des apports et au
hasard des découvertes, ces matériaux indispensables sur
lesquels s'édifieraient plus tard les biographies et les syn-
thèses. Habiles fouilleurs, patients copistes, probes com-
mentateurs, ils rassemblèrent petit à petit une telle variété
de documents qu'il est peu d'artistes, de la Renaissance
au xixe siècle, sur lesquels la collection des Nouvelles
Archives n'apporte quelque preuve importante et souvent
essentielle. Par les fonctions occupées par les principaux
pourvoyeurs des volumes, l'enquête la plus approfondie
fut poursuivie dans la série, qui semble presque encore
inépuisable, des papiers de l'ancienne Maison du Roi,
dont les renseignements sont restreints aux artistes em-
ployés par la royauté et à leurs productions officielles.
Les chercheurs se lasseraient-ils de feuilleter des liasses
d'archives, délaisseraient-ils ces investigations monotones,
bien que parfois captivantes? Il semble qu'il y ait un
temps d'arrêt, un ralentissement dans les recherches;
tout au moins à en juger par les offres de publication
qui se raréfient. Je souhaiterais que de nouveaux tra-
vailleurs fussent incités à reprendre les fouilles toujours
ouvertes et nous apportassent leur butin. Archives dépar-
tementales, communales, archives notariales, collections
d'autographes, renferment indubitablement une masse de
renseignements qui rectifieraient et agrandiraient nos
connaissances.
Les curieux d'écriture ancienne, par leur goût, voire
même par leur manie, sont des sauveteurs du passé. Les
« amateurs d'autographes » ont jadis ouvert libéralement
leurs cartons aux directeurs des Archives, qui y puisèrent
-95-
maints feuillets précieux pour nos études. C'est pour gar-
der trace de pièces de ce genre que nous avons entamé,
dans le Bulletin de 1921, un relevé des autographes rela-
tifs aux artistes, passant dans le commerce. Ce n'est qu'un
essai que l'on perfectionnera. En parcourant ces premières
listes, vous constaterez qu'à côté de textes déjà souvent
allégués, publiés en nos volumes, il en est d'autres qui
seraient également dignes d'y figurer, qui devraient s'y
insérer même. Nous voulons espérer que les collection-
neurs qui n'ont pas la superstition de l'inédit nous laisse-
ront prendre copie de papiers fragiles, brefs et révéla-
teurs. L'intérêt du document écrit n'est pas en proportion
de sa dimension ; l'extrait de compte qui atteste que
Bourdichon enlumina les « Heures d'Anne de Bretagne »
tient vingt-cinq lignes d'impression * ; il n'en faudrait pas
plus pour savoir si l'auteur des miniatures du livre
d'Etienne Chevalier a vraiment pour nom Jehan Fouc-
quet, tourangeau.
Les trésors de vérité les plus rares sont enfouis dans
les archives notariales. L'exploration de ces fonds privés
a été entamée; elle n'est qu'à ses débuts; les exemples
sont déjà riches d'espérance. Parles chartriers du Comtat
méthodiquement scrutés, l'abbé Requin a véritablement
ressuscité toute une école de peinture en Avignonnais au
xve siècle, quand il ne subsistait que des spécimens rares,
bien qu'éclatants; notre confrère M.Maurice Roy a mon-
tré tout ce que les grimoires du Sénonais et de Paris,
patiemment déchiffrés, renfermaient de clarté pour dé-
brouiller les vies mystérieuses d'artistes delà Renaissance,
français ou italiens; M. le Dr V. Leblond a publié, l'an
dernier 2, tout un volume de documents tirés de minutes
de notaires de Beauvais, dans lequel il apporte quantité
de précisions et de nouveautés sur des œuvres d'art de la
région et spécialement sur des œuvres de peintres-ver-
1. Nouvelles Archives de V Art français, 1880-1881, p. 3-4.
2. L'art et les artistes en Ile-de-France au XVI" siècle (Beau-
vais et Beauvaisis), d'après les minutes notariales. Publ. col-
lective de la Société académique de l'Oise et de la Société his-
torique du Vexin. Paris et Beauvais, 1921, in-S", 352 p.
-96-
riers, honneur des églises du Beauvaisis. Certes, les
notaires ouvrent maintenant volontiers leurs chartriers
aux érudits que la poursuite de la vérité seule guide, mais
pour la sauvegarde de ces liasses guettées par la destruc-
tion et l'usure, entassées le plus souvent et parfois déclas-
sées, mieux vaudrait des dépôts par chaque grande ville
ou par régions dans lesquels les minutiers anciens (tout
au moins les pièces antérieures au xviiie siècle) fussent
centralisés, inventoriés par les soins d'archivistes, sous la
surveillance des chambres notariales'.
Quant aux archives départementales et communales, si,
en certaines provinces, des archéologues ont accompli de
sérieuses investigations, soit pour fournir les preuves de
monographies urbaines, soit pour composer des diction-
naires d'artistes provinciaux (dont les modèles ont été
offerts par les publications, — hélas ! interrompues, — de
la bibliothèque Jacques Doucet), il reste encore quantité
de papiers poudreux qui attendent le lecteur qui les réveil-
lera de leur sommeil. Il n'y a souvent pour trouver qu'à
bien connaître la destmée normale des documents écrits
et à posséder la volonté de les découvrir. Cette longue
digression n'est faite que pour aboutir à la conclusion
pratique suivante : solliciter les détenteurs, les explora-
teurs d'archives de faire partie de notre groupement, afin
qu'ils alimentent nos publications. Ainsi notre Société
deviendra véritablement le lieu de concentration des
sources de l'histoire de l'art français. Maintenant que les
« Réunions des sociétés des beaux-arts des départements »
ont cessé d'être convoquées (depuis 1914), que les volumes
de comptes-rendus, dans lesquels tant de solides travaux
ont été imprimés à côté de développements inutiles, ne
paraissent plus, les chercheurs provinciaux n'ont plus de
recueil général affecté à leurs découvertes. Je souhaiterais
qu'il y eût ici une série de dossiers ouverts, sous des
I. Il existe des dépôts de ce genre à Toulouse, Nantes, Lille,
Limoges. Des minutiers et des versements de pièces anciennes
effectués, de plus en plus nombreux, sont répartis aux archives
départementales dans la série E (voir VEtat général par fonds
des archives départementales publié en i9o3).
- 97 —
rubriques variées, où vinssent se ranger d'abondantes
copies transmises de tous côtés. Quand un ensemble
serait constitué, des gerbes liées, sous la surveillance d'un
érudit, l'impression serait entamée, les textes munis des
indispensables commentaires destinés à en sonder l'exac-
titude et à en marquer la valeur. Alors, tantôt nous for-
merions un volume à^Archives, tantôt le Bulletin élargi
s'enrichirait des découvertes plus restreintes ou de l'ana-
lyse des publications faites par des sociétés provinciales.
Ainsi, il y aurait une sorte d'enregistrement méthodique
des trouvailles accomplies dans le domaine dont nous
cherchons à accroître l'étendue. Car ce n'est pas assez de
découvrir, il faut faire connaître les découvertes. Il est
pénible de constater qu'une masse de faits exacts, divul-
gués par des érudits, demeurent oubliés de ceux qui tra-
vaillent sur les mêmes matières. On se meut dans un
cercle étroit, négligeant les ressources abondantes où l'on
pourrait puiser pour diminuer son ignorance. C'est là qu'ap-
paraît le rôle bienfaisant des indexeurs et bibliographes.
Dans une « Salente archéologique », il y aurait des réper-
toires toujours au courant, des tables imprimées sans
coquilles et sans lacunes ^. Notre collection, qui contient
tant de petits faits utilisables éparpillés, est devenue de
consultation malaisée. Aussi avions -nous décidé l'éta-
blissement d'une table analytique générale. Ce grand et
minutieux travail a été accompli avec soin et sagacité par
notre collègue Marcel Roux. Mais, devant la masse des
fiches maintenant classées, nous sommes pris de crainte.
Nos ressources ne permettent pas l'impression de plu-
sieurs volumes... Qui viendra à notre aide pour cette pu-
blication si fructueuse?
S'il nous est interdit d'entamer une aussi lourde charge,
j'estime que nous pouvons songer à l'augmentation des
pages de notre Bulletin pour recueillir plus de matières.
I. Je voulais parler à cet endroit du Répertoire d'art et d'ar-
chéologie, dirigé par notre collègue Marcel Aubert, qui va faire
paraître le volume relatif aux publications de 1921 et annon-
cer la préparation de plusieurs entreprises bibliographiques
importantes, mais je devais me borner.
1922 7
-98-
Notre situation est bonne. C'est surtout grâce au « Con-
grès international d'histoire de l'art », tenu cet automne
à Paris, que notre Société a pu ainsi s'accroître en
nombre, par la propagande faite autour de son œuvre.
Que ceux qui ont si vaillamment et brillamment organisé
ces réunions soient de nouveau remerciés au nom de la
Société, bénéficiaire de l'incontestable succès du Congrès.
Nos séances, auxquelles nos adhérents viennent de plus
en plus nombreux, et qui se tiennent maintenant dans le
glorieux Musée du Louvre après les longues années pas-
sées dans la gracieuse hospitalité du Musée des Arts
décoratifs, forment la partie attrayante de nos travaux,
atténuant l'austérité des volumes destinés à la consulta-
tion plus qu'à la lecture. Ici, ce sont surtout des œuvres
d'art qu'il convient de commenter et ainsi l'ont compris
nos confrères. Par ces réunions cordiales, la Société est
devenue un groupement vivant, où les adhérents se con-
naissent, peuvent s'entr'aider; les vœux des réorganisa-
teurs de 1906 sont accomplis. Oserai-je dire que dans la
formation de l'ordre du jour mensuel nos secrétaires
éprouvent souvent certaines difficultés? Nombreux sont
ceux ou celles d'entre vous qui auraient de l'inédit à nous
communiquer et qui se dérobent; que les jeunes ne
craignent pas de faire leurs débuts en nos réunions; votre
bureau ne constitue pas, bien que siégeant à 1' « École du
Louvre )),un jury d'examen! Puis, pour permettre la par-
ticipation d'un plus grand nombre à ces réunions, les
animer, pourquoi ne pas établir, de temps en temps, des
discussions sur des sujets d'intérêt général? Notre Société,
en certains cas, aurait à faire entendre sa voix et quelque
droit d'être écoutée.
Il me reste à offrir nos remerciements traditionnels, —
et ce ne sont pas des formules oratoires vaines, — à ceux
qui assurent la continuité de notre œuvre, gèrent notre
fortune, réclament les manuscrits parfois tardifs, solli-
citent les communications quelquefois hésitantes, sur-
veillent nos publications avec M. Daupeley, en qui les
belles traditions des maîtres imprimeurs revivent : à
- 99 -
Ratouis de Limay, André Ramet, Gabriel Rouchès, nos
collaborateurs éprouvés, à Jean Cordey, qui rivalise déjà
avec ses aînés. Il y a plaisir à voir tant d'activité féconde
dépensée en des besognes désintéressées.
Quand, il y a plus de vingt-cinq ans, sous la direction
de notre maître M. Henry Lemonnier, — que nous avons
la joie de voir si vaillamment tenir sa place parmi nous,
— je travaillais avec mon ami Paul Vitry dans la modeste
et plaisante petite « salle d'art moderne » de la Sorbonne
et que nous apprenions à consulter les volumes des Nou-
velles Archives de l'Art français^ dont j'admirais le papier,
la clarté de présentation et la substance, je ne songeais
guère que je serais associé plus tard à ce groupe d'érudits,
ni surtout que j'aurais un jour l'honneur de les représen-
ter. On a estimé, sans doute, non quelques recherches
fragmentaires, mais la collaboration apportée à la réorga-
nisation d'un grand musée qui doit contribuer à la con-
naissance de l'art français et la propagande, par l'ensei-
gnement, des sûres et rigoureuses méthodes archéolo-
giques qui me furent transmises. Succédant à un ami qui
eut pour notre Société la plus attentive et la plus pru-
dente sollicitude, j'ai essayé de suivre ses traditions, et
j'ose espérer que les intérêts dont j'avais la garde n'ont
pas périclité entre mes mains, au cours de cette année
de présidence qui me fut douce. Je remets, en pleine
confiance, l'honneur et les charges au camarade d'ap-
prentissage de nos communes études, — charme et récon-
fort de nos vies, — au bon compagnon de routç, avec
qui, jadis, les yeux pleins du naïf et passionné émerveil-
lement de la jeunesse, nous partions à la découverte, sen-
tant grandir en notre cœur, à chaque étape, l'insinuante
beauté des pierres de France.
— loo —
Rapport de M. Paul Ratouis de Limay,
SECRÉTAIRE,
SUR l'état des TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ.
Mesdames, Messieurs,
Il y a cinquante années, un petit groupe d'érudits fon-
dait la Société de l'Histoire de l'Art français. Qu'il me
soit permis d'adresser aujourd'hui un respectueux et
reconnaissant hommage à la mémoire de ces collabora-
teurs de la première heure, travailleurs d'élite et explora-
teurs infatigables des archives et des chartriers, qui s'ap-
pelaient Anatole de Montaiglon, Benjamin Fillon, Eugène
Mùntz, Louis Courajod, Henry Jouin, Paul Mantz, Jules
Guiffrey, et dont le souvenir est inséparable de l'histoire
de notre Société.
Leur initiative, d'inspiration toute patriotique, répon-
dait à une nécessité. A une époque où plusieurs pays
étrangers, l'Italie et l'Allemagne entre autres, avaient
déjà récolté une ample moisson de documents en Italie,
la France se désintéressait encore trop de l'histoire de
ses peintres et de ses sculpteurs. A vrai dire, la voie avait
été préparée par le marquis de Ghennevières et par Ana-
tole de Montaiglon lorsqu'ils avaient fondé, un peu à
l'aventure, — ils l'avouaient eux-mêmes, — les Archives
de l'Art français, n'ayant encore en mains qu'une faible
poignée de documents.
Ils avaient confiance en des collaborateurs inconnus,
et cette confiance a été justifiée. Depuis 1872, aucun évé-
nement, — si tragique fût-il, — n'a pu entraver le cours
régulier des Archives de l'Art français. La Société
n'a-t-elle pas le droit d'éprouver quelque fierté en regar-
dant le labeur accompli?
Quarante-cinq volumes d'Archives, douze années de
Bulletin, nombre de livres s'ajoutant à cette œuvre
monumentale et d'incomparable intérêt que constitue la
publication des Comptes des Bâtiments du Roi, des Pro-
cès-verbaux de l'Académie royale de peinture et de sculp-
— lOI —
ture^ de la Correspondance des directeurs de l'Académie
de France à Rome et enfin des Procès-verbaux de l'Aca-
démie royale d'architecture ^ voilà, n'est-il pas vrai, un
cortège qui peut nous faire honneur et justifier largement
les concours que nous avons rencontrés et les encoura-
gements que nous avons reçus?
Peu de Sociétés, il me semble, se sont aussi bien
entendues à faire beaucoup avec de faibles ressources.
Malgré les difficultés pécuniaires de l'heure présente,
bien que le prix de nos volumes ait quadruplé, nous
avons encore inscrit à notre programme de 1921, comme
à celui de 1922, la publication de trois volumes d'impor-
tance au moins égale, et comme texte et comme illustra-
tion, à ceux de 1920. Seule, une restriction s'est imposée :
au papier d'Arches vraiment trop dispendieux et d'un
luxe incompatible avec l'état de nos finances, votre
Comité directeur a substitué, pour le Bulletin et pour les
Archives seulement, un papier Voiron, qui ne saurait,
croyons-nous, porter un très grave préjudice à la bonne
tenue traditionnelle de nos publications. Vous en avez pu
juger d'ailleurs par le volume du Bulletin de l'année 1921,
qui vient de vous être distribué. Vous étiez en droit de
l'attendre plus tôt, il est vrai, mais vous voudrez bien
faire crédit de quelque indulgence aux secrétaires de
votre Société qui ont été en même temps les secrétaires
du Congrès d'histoire de TArt et qui, de ce fait, ont eu à
faire face à une tâche plus lourde depuis un an.
Le tome XII des Archives de l'Art français ne sortira
pas des presses de notre très dévoué et distingué impri-
meur, M. Daupeley, avant quelques mois. Des négocia-
tions assez longues, en vue d'obtenir à Bordeaux des
souscriptions allégeant pour nous la charge de son
impression et de son illustration, en ont retardé la mise
en train. Du moins avons-nous la certitude que ce livre
sur la Place Royale de Bordeaux^ dû aux patientes et
méthodiques recherches de M. Paul Courteault, profes-
seur à la Faculté des lettres de Bordeaux, illustré de
nombreuses planches, comptera parmi les plus intéres-
sants de la série de nos Archives, nouvelle période; il
— 102 —
apportera une contribution tout à fait précieuse à l'his-
toire de l'œuvre des Gabriel en province.
Il s'en faut de quelques jours que je puisse mettre sous
vos yeux le tome VII des Procès-verbaux de l'Académie
royale d'architecture y qui comprend les années 1759 a
1767. Notre dette de reconnaissance vis-à-vis de notre
ancien président, M. Henry Lemonnier, s'accroît encore,
s'il se peut, en présence de ce volume. Vous savez avec
quel désintéressement et quelle compétence il poursuit
sans arrêt la publication et l'annotation de ces Procès-
verbaux, si précieux pour l'histoire de l'architecture. Il a
posé la première pierre de ce monument; qu'il me per-
mette de lui dire que tous nous comptons sur lui pour
couronner l'édifice.
L'Institut a bien voulu nous continuer pour cette
publication la souscription de 1,000 francs qu'il nous
accorde sur le fonds Debrousse et que nous lui avons
demandé de bien vouloir augmenter pour les deux der-
niers volumes qui restent à paraître.
Le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-
Arts nous a également témoigné pour le tome XI des
Archives (tome 1er du Catalogue de la série Y du Cabinet
des Estampes) le même intérêt que pour le tome X, en
nous accordant une subvention de 1,200 francs. Enfin,
grâce aux démarches de M. Pierre Marcel, le service des
œuvres françaises du ministère des Affaires étrangères a
souscrit à i5o exemplaires de notre Bulletin de l'année
192 1, destinés aux bibliothèques étrangères désignées par
lui; nous avons, dès maintenant, l'assurance que cette
souscription sera renouvelée en 1922 et que cette diffu-
sion de notre Bulletin dont je vous signalais, l'année
dernière, tout l'intérêt, sera continuée.
Sur notre situation pécuniaire, je n'ai rien à ajouter au
rapport de votre trésorier; les chiffres n'ont pas besoin
d'être commentés. Qu'il me soit seulement permis de
vous dire que notre horizon financier est un peu moins
sombre. Répondant à notre appel, vous nous avez amené
de nouveaux adhérents; soyez-en remerciés. Le Congrès
a, lui aussi, puissamment contribué à élargir nos cadres.
— io3 —
Notre annuaire ne mentionnait, il y a un an, que
320 noms ; nous avons eu, tout à l'heure, le plaisir d'ad-
mettre le 400e membre de la Société. Vous ne cesserez de
seconder nos efforts. Mesdames et Messieurs, pour que
cette progression se poursuive sans arrêt. Nous comptons
également sur la collaboration nouvelle de MM. Max
Leclerc et Bourrelier, directeurs de la librairie Armand
Colin, auxquels nous avons confié, depuis le ler janvier
dernier, nos publications, ils feront, n'en doutons pas,
à la Société, la propagande la plus large et la mieux
entendue. Vous avez trouvé, encartée dans le Bulletin, la
liste de nos anciennes publications, avec l'indication de
leurs prix de vente. Des réductions vous sont, comme
par le passé, consenties sur la plupart de ces volumes;
mais je tiens à vous signaler que, pour en bénéficier,
vous devez adresser vos demandes au secrétaire-adjoint
de la Société, M. Rouchès, et en verser directement le
montant à notre trésorier.
Notre programme pour l'année 1922 est arrêté; nous
pouvons, sans appréhension, envisager sa réalisation. Le
Bulletin paraîtra en deux fascicules semestriels; deux
travaux importants y trouveront place dans les Notes et
documents : l'un est le Catalogue illustré de l'œuvre de
Nicolas-Bernard Lépicié, rédigé par notre regretté confrère
Philippe Gaston-Dreyfus et mis au point par M^e Florence
Ingersoll-Smouse et M.Jean Laran; l'autre, intitulé Le
pastelliste Lundberg et les artistes suédois en France au
début du XVIII^ siècle, forme en quelque sorte la suite
des très intéressantes études que M. Lespinasse a déjà
publiées avant la guerre sur les artistes danois.
Votre Président vous disait tout à l'heure, en termes
émus, quel vide la mort de Marc Furcy-Raynaud avait
causé dans nos rangs. Nous rendrons hommage à la
mémoire de ce collègue si prématurément disparu en
consacrant notre volume d'Archives de 1922 à l'un de ses
derniers travaux : l'Inventaire des sculptures commandées
par les Bâtiments du Roi au XVIII^ siècle. Prenant à
cœur une fois de plus les intérêts de la Société, il s'était
généreusement offert, peu de temps avant sa mort, à
— 104 —
prendre à sa charge tous les frais de ce volume. Cette
promesse, M^e de Sainte-Claire, la sœur de notre regretté
confrère, a tenu à la faire sienne; nous ne saurions assez
lui en témoigner notre profonde et sincère reconnais-
sance. M. Gaston Brière a bien voulu se charger de
revoir, avec la sûreté de méthode et d'érudition que vous
lui connaissez, le manuscrit de cet Inventaire avant de le
donner à l'impression, et de choisir les planches qui l'illus-
treront.
En 1923, nous commémorerons le centième anniversaire
de la mort de Prud'hon en réservant le XIII^ volume de
nos Archives au Catalogue de son oeuvre et à la publica-
tion de sa correspondance inédite ou dispersée dans
nombre de recueils. Ai-je besoin d'insister sur l'intérêt
que présentera ce volume, si conforme au cadre et à
l'esprit de nos publications, et pouvions-nous souhaiter,
pour le mener à bien, collaborateur plus éclairé et plus
compétent que M. Jean Guififrey?
D'autres projets encore attendent d'être précisés et
étudiés avant que d'être adoptés. Je m'en voudrais de
prolonger outre mesure ce rapport en vous les exposant,
puisque leur réalisation ne saurait être immédiate.
L'œuvre entreprise par la Société de l'Histoire de
l'Art français est loin d'être achevée ; le travail des géné-
rations qui nous ont précédés, si important soit-il, ne sau-
rait nous dispenser de chercher de nouveau et de cher-
cher toujours, et si nous contribuons à maintenir la
tradition reçue et à montrer la voie à ceux qui nous sui-
vront, notre tâche aura-t-elle été vaine et nos efforts sans
lendemain?
Rapport de M. André Ramet, trésorier,
SUR l'état des finances de la Société
pour l'exercice 1921.
Messieurs,
J'ii l'honneur de soumettre à votre approbation les
comptes de notre Société depuis la dernière assemblée
générale.
— io5 —
Recettes.
Cotisations 5,85o fr. »»
Rachat de cotisations i,ooo »»
Souscriptions de :
Bibliothèque nationale 999 5o
Ministère de l'Instruction publique . 5,898 »»
Ministère des Affaires étrangères. . 2,997 »d
Vente de volumes ij342 85
Remboursement de frais d'illustration. 5o »)>
Total .... 17,837 fr. 35 c.
Dépenses.
Impression 9,802 fr. 35 c.
Illustration 1,487 10
Honoraires pour la table générale des
Archives 5oo »»
Conférence à la Sorbonne 106 10
Magasinage 35i 80
Remises à M. Champion 606 i5
Souscription à une action de la Société
des Archives photographiques d'art et
d'histoire 5oo »»
Frais divers I5I39 85
Total .... 14,493 fr. 35 c.
Excédent des recettes sur les dépenses. 3,344 ^r. »»
L'actif de la Société s'établit comme suit :
Capital employé conformément à l'article 9 des statuts
par suite du rachat de onze cotisations :
14 obligations de la Ville de Paris,
1892, cours 233 3,262 »»
I action de la Société des archives pho-
tographiques d'art et d'histoire .... 5oô »»
3,762 fr. »»
Fonds de roulement représentés par :
Titre : 38 francs de rente 3 0/0, cours
57 fr. 20 724 5o
Espèces : En dépôt au Crédit industriel. 12,495 80
Total .... 1 3,220 fr. 3o c.
Nous vous demandons de vouloir bien approuver les
comptes qui viennent de vous être présentés.
— io6 —
Quelques notes sur Germain Boffrand (1667-1754),
architecte, ingénieur, homme de lettres,
inventeur, etc.
(Communication de M, Henry Lemonnier.)
M. Henry Lemonnier fait revivre la physionomie com-
plexe de Germain Boffrand (1667 -1754) qui, jusqu'au
terme même d'une existence exceptionnellement longue,
fit preuve dans des domaines divers d'une curiosité et
d'une activité inlassables. Collaborateur de Jules Har-
douin-Mansart à Versailles et à la place Vendôme vers
1688, il se trouva, en 1750, à la veille de sa mort, le con-
current de Gabriel, lorsqu'il fut question d'une place des-
tinée à recevoir la statue de Louis XV, place pour laquelle
il ne fit pas moins de trois projets. Architecte, s'il ne fut
pas employé par Louis XIV ni par Louis XV, il servit
des particuliers (la décoration de l'hôtel de Soubise est
son chef-d'œuvre) ainsi que des princes étrangers : le duc
de Lorraine, l'électeur palatin, le duc de Wurtemberg.
Ingénieur, il exécuta des travaux difficiles, comme le
puits de l'hospice de Bicêtre et son réservoir aux impo-
santes proportions. Il a écrit des pièces de théâtre pour
le théâtre italien, des éloges, fait de nombreux rapports
sur les sujets les plus variés de technique pure aussi bien
que d'esthétique, à l'Académie d'architecture, dont il était
membre depuis 1708. Il a composé un Livre d'architec-
ture, qu'il écrivit lui-même en latin et en français. Livre
fort curieux, singulier par endroits, lorsqu'il imagine de
fonder les règles de l'architecture sur les préceptes de
VArt poétique d'Horace. Homme d'affaires, il conçut un
projet de compagnie d'assurances contre l'incendie, où il
s'annonce comme un précurseur. Enfin, passionné de
mécanique, il fut le premier à introduire en France, à la
date de 1726, la machine à vapeur (à élever l'eau par le
moyen du feu). Une des machines qu'il présenta à l'Aca-
démie des sciences était imitée des machines anglaises,
l'autre offrait certaines modifications originales. Comme
tant d'autres architectes français modernes, il mériterait
— 107 —
une biographie qui apporterait en même temps une con-
tribution précieuse à l'histoire générale du xviiie siècle.
SÉANCE DU 2 JUIN 1922.
COMITE DIRECTEUR.
La séance est ouverte sous la présidence de M. Brière,
président.
Présents : MM. Charlier, Gordey, Dacier, Guiffrey, le
comte d'Harcourt, Kœchlin, Lemoisne, Marquet de Vas-
selot, Henry Martin, Ramet, Ratouis de Limay, Rouchès,
Saunier, Vitry.
Excusé : M. L. Réau.
— Le Président souhaite la bienvenue aux nouveaux
membres du Gomité directeur et, conformément aux sta-
tuts, cède la présidence à M. Paul Vitry.
— A l'unanimité, M. Jean Guiffrey est nommé vice-pré-
sident, et MM. Paul Ratouis de Limay, secrétaire, Gabriel
Rouchès, secrétaire adjoint, André Ramet, trésorier, sont
maintenus dans leurs fonctions.
— M. Jean Gordey est élu secrétaire adjoint.
— Le Gomité des publications se composera de
MM. J. J. Marquet de Vasselot, Henry Martin, Henri
Stein; le Gomité des fonds, de MM. J. Laran, P.- A.
Lemoisne et L. Réau.
— A la demande de M. Léon Deshairs, le Gomité décide
de mettre à la disposition des lecteurs de la Bibliothèque
de l'Union centrale des arts décoratifs les volumes appar-
tenant à la Société; ces volumes continueront toutefois à
être conservés à la place spéciale qui leur a été réservée.
— Sont admis membres de la Société :
Mme Morand-Verei, attachée au Musée du Louvre, pré-
sentée par MM. Vitry et Brière; M. Ernest Goldschmidt,
— io8 —
historien d'art, présenté par MM. Ratouis de Limay
et Rouchès; M. Albert Morancé, éditeur, présenté par
MM. Ratouis de Limay et Vitry; M. Paul-J. Sachs, pré-
senté par MM. Kœchlin et Marquet de Vasselot.
II.
RÉUNION DE LA SOCIÉTÉ.
Présents : MM. le comte Allard du Ghôllet, Aubert, Boi-
net, Brière, le capitaine Buttin; M^e Charageat; MM. Cor-
dey, Dacier; Mlle Duportal; Mme Fiaux; MM. le baron
de Fleury, le comte d'Harcourt, Jeannerat, Kœchlin,
Lemoisne, Marquet de Vasselot, Henry Martin, Mayer-
Bléneau, Perrault-Dabot, Puvis de Ghavannes, le comte
de Puymaigre, Ramet, Ratouis de Limay, Rouchès, Sau-
nier, le marquis de Sayve, Tromp, Vallery-Radot, Verrier,
Vitry.
Excusé : M. Raugel.
L'Épée de Napoléon.
(Communication du capitaine Buttin ^).
L'épée de Napoléon, c'est l'épée qu'il portait à Auster-
litz, et qui est aujourd'hui pieusement conservée aux Inva-
lides dans la cella de son tombeau.
L'Empereur a possédé des armes plus somptueuses; on
peut citer en particulier l'épée montée avec le Régent et
les principaux diamants de la Couronne, formant ensemble
un inventaire de quatorze millions deux cent mille francs,
selon l'estimation de l'époque; mais l'épée d'Austerlitz
est la plus précieuse par les souvenirs qu'elle représente.
Elle est du type des épées d'or que Napoléon avait
adopté pour sa tenue militaire si personnelle. Il en fit
exécuter à diverses époques plusieurs autres presque sem-
blables; mais celle-ci, qui est la première en date, est la
I. Le capitaine Buttin va publier une monographie complète
de l'épée de Napoléon. Il a bien voulu réserver à la Société la
priorité de ses recherches.
^^ù^ds^^à^
' — 109 —
seule sur laquelle il fit graver un nom de bataille^, la seule
qu'il ait emportée à Sainte-Hélène.
Il la légua à son fils comme le symbole de sa gloire
militaire et de sa puissance terrestre.
Metternich s'étant opposé à la remise de ce legs, le géné-
ral Bertrand voulut rendre à l'Empereur mort le dépôt
que lui avait confié Napoléon vivant, et, en 1840, il offrit
cette épée à la France « pour être placée sur le cercueil ».
Dès lors, selon l'heureuse expression d'Ernest La Jeu-
nesse, l'épée de Napoléon « monte la garde, aux Invalides,
autour de son repos ».
Après avoir résumé brièvement l'histoire de cette épée,
depuis sa sortie de l'atelier du Singe violet jusqu'au cen-
tenaire de la mort de Napoléon, et évoqué l'inoubliable
commémoration du 5 mai 192 1, où M. le maréchal Foch
présenta l'épée d'Austerlitz comme le guide qui avait
conduit les alliés dans la dernière guerre et leur avait
tracé la direction en montrant comment réunir et mener
les forces qui font la victoire, le capitaine Buttin donne
une rapide description de cette arme glorieuse.
C'est une épée à clavier; sa simplicité admirable et l'ex-
trême pureté de ses lignes en font un chef-d'œuvre bien
français.
La poignée est tout entière en or finement ciselé.
Du côté extérieur, au pommeau dans un cercle se trouve
un casque. Sur la fusée, un médaillon entouré d'arabesques
renferme une tête d'Hercule coiffé de la peau du lion de
Némée, et sur la coquille on remarque une effigie laurée
où l'on a voulu reconnaître César, mais dans laquelle
l'artiste a reproduit nettement la tête du Premier Consul.
De l'autre côté, le pommeau porte un hibou et la fusée
porte une tête de Minerve coiffée d'un casque sur lequel
se détache Pégase'^.
1. Extrait du mémoire de Biennais pour 1806 : 4 juillet. —
Remis à neuf l'épée en or de S. M. — Avoir démonté et remonté
toutes les pièces, nétoyé la lame, remis à neuf le damasquiné,
fait graver et incruster dessus la lame en or ses mots : « Epée
que portait l'Empereur à la bataille d'Austerlit:(. 180 5. »
(Archives nationales, O^ 32.)
2. Ces motifs sont inspirés des monnaies d'Athènes.
— no —
La branche de garde, avec quatre rosaces ciselées, se
termine par un quillon en tête de lion. Au revers, on lit
en toutes lettres : Biennais, orfèvre du Premier Consul.
La lame fine à trois carrés est incrustée d'ornements
en or ciselé où l'on relève un B et l'inscription qu'y fit
placer Napoléon : Épée que portait l'Empereur à la bataille
d'Austerlit^. i8o5.
Le capitaine Buttin attire particulièrement l'attention
sur les erreurs commises dans l'inventaire descriptif de
cette épée qui fut dressé en 1840 au Trésor de la Cou-
ronne.
Depuis cette époque, ces erreurs ont été sans cesse repro-
duites dans les publications officielles de l'hôtel des Inva-
lides et M. Frédéric Masson, en les répétant, les a cou-
vertes de son autorité et a augmenté leur divulgation. Au
lieu d'Hercule et Minerve, on a cru distinguer Alexandre.
Sur le casque de Minerve, au lieu du cheval ailé de la
fable, on a noté un cavalier.
Dans le B incrusté sur la lame, d'aucuns ont voulu lire
la signature de Biennais; le capitaine Buttin démontre
que ce B signifie indiscutablement Bonaparte.
Il étudie ensuite les projets d'épée de l'atelier de Bien-
nais qui sont conservés au Musée des Arts décoratifs et
qui ont été dessinés par Percier, comme l'a déjà relevé
M. Henri Vever. Il y a de grandes présomptions pour
que l'un d'eux ait servi à la commande de l'épée d'Aus-
terlitz. Il serait fort intéressant d'arriver sur ce point
à une certitude absolue qui permettrait de connaître la
part exacte prise par le Premier Consul dans le modèle
définitif.
Le capitaine Buttin donne enfin lecture du rapport de
l'expertise d'une épée d'or, qui eut lieu sur l'ordre envoyé
de Finkenstein par l'Empereur à la veille de la bataille de
Friedland.
Ce document des Archives nationales encore inédit ren-
ferme une foule de détails intéressants sur les méthodes
de travail employées dans les ateliers de Biennais. Il
montre en outre la probité commerciale de l'orfèvre et
— III —
les mesures prises par Napoléon pour éviter d'être exploité
par ses fournisseurs ^
Une deuxième et une troisième peintures
DE l'hôtel de La Ferté retrouvées.
(Communication de M. Emile Dacier.)
Peut-être n'a-t-on pas oublié ces peintures de l'hôtel de
La Ferté, qui ont fait l'objet d'une communication à la
I. Copie du registre de Biennais envoyée à l'Empereur
(Archives nationales, O^ 3i) :
Épée d'or :
Modèles et dessins 426
Ciselure des modèles en cuivre Sgo
Ciselure de toutes les parties d'or 85o
Ciselure des bélières et garnitures du fourreau . . . 3oo
Reperçage des ornements i5
Déchets de ciselure, fonte, poli, graveurs, chauleveurs. 200
Bout en acier 8
Mandrin pour bélières en cuivre et acier 160
Lame à 3 carrés en acier fin 16
Damasquinage de la lame et poli 35o
Fourreau en écaille parsemé d'abeilles d'or .... 600
Main-d'œuvre des bijoutiers 225
Poli de l'or 180
Essai de l'or 18
Contrôle 96
Poids de l'or, i m. 4 o. 2 g. 64 (i marc 4 onces
2 grains 64 = ^77 grammes) 1,168
Faux frais 100
5,100
Bénéfice i5°/o 765
5,865
Prix de vente 5,700
2" fourreau 800
Boîte nécessaire 190
6,690
— 112 —
séance du 5 mars 1920, et cette page du catalogue de la
vente Gaignat, où Gabriel de Saint-Aubin nous en a con-
servé le souvenir <.
Il s'agissait d'une demi-douzaine de compositions repré-
sentant les enfants de France avec leurs gouvernantes,
depuis les deux fils de Louis XIII jusqu'aux deux fils du duc
de Bourgogne. Ces tableaux décoraient la première pièce de
l'hôtel de La Ferté, construit au xvii^ siècle sur l'emplace-
ment actuel du no 12 de la rue Richelieu et acheté par le
collectionneur et bibliophile Louis-Jean Gaignat au plus
tard en 1748. En novembre 1768, quelques mois après la
mort de ce célèbre amateur, Saint-Aubin visita l'hôtel et
crayonna dans les marges de son exemplaire du catalogue
de la vente les principales œuvres d'art du cabinet Gai-
gnat. Il eut aussi la bonne idée de dessiner les peintures
historiques décorant la première pièce de l'hôtel et d'an-
noter ses dessins; et c'est grâce à ses notes et à ses croquis,
non seulement que nous pouvons nous faire une idée
de ce qu'étaient ces tableaux, mais même avoir l'es-
pérance de les retrouver dans les musées et les collec-
tions.
En présentant la page où Saint-Aubin les a dessinées,
on avait pu montrer précisément l'une de ces peintures,
aujourd'hui conservée au Château de Versailles. Une
deuxième a passé récemment en vente à Londres, lors
de la dispersion de la collection Burdett-Coutts, le 4 mai
dernier (no 100 du catalogue). C'est de celle-ci que l'on
voudrait dire ici quelques mots, non sans rectifier à l'oc-
casion une ou deux inexactitudes commises à son sujet.
Si l'on se reporte aux croquis de Gabriel de Saint-
Aubin, aux notes dont le dessinateur les a accompagnés
et à un passage de Saint-Simon qui éclaire parfaitement
l'origine et l'objet des peintures de l'hôtel de La Ferté,
voici quels étaient les sujets de ces compositions. En
commençant par la marge de droite, — car Saint-Aubin a
respecté l'ordre chronologique dans lequel elles étaient
I. Voir le Bulletin de 1920, fasc. I, p. 40. — La page du ca-
talogue Gaignat dont il est ici question s'y trouve reproduite
hors texte.
— ii3 —
disposées, — la première montrait M™e de Lansac avec les
deux enfants de Louis XIII (c'est celle aujourd'hui à Ver-
sailles <); la deuxième, la maréchale de La Motte-Hou-
dancourt avec les six enfants légitimes de Louis XIV,
arbitrairement réunis, quoiqu'ils ne se soient pas trouvés
vivants simultanément; la troisième, encore la maréchale
de La Motte avec les trois enfants du Grand Dauphin (le
duc de Bourgogne, le duc d'Anjou et le duc de Berry).
Viennent ensuite les trois croquis du bas de la page, pour
lesquels Saint-Aubin a noté : le duc de Bretagne mort à
5 ans; — le duc de Bourgogne que l'on croit peint par
Antoine Coipel; — Louis XV [sic pour le Baptême de
Louis XV], par Gobert. Et ici première rectification : dans
la communication précédente, je n'avais pas pris garde à
un lapsus de Saint-Aubin qui a été la cause que j'ai
interverti mal à propos les deux premières de ces notes
et, par conséquent, mal appliqué ces titres aux tableaux
qu'ils concernent.
Après les trois enfants du Grand Dauphin, représentés
dans le dernier tableau de la marge de droite, l'ordre
logique appelle le premier des enfants du duc de Bour-
gogne, le deuxième duc de Bretagne 2 : c'est donc bien ce
petit prince que Saint-Aubin a crayonné, avec sa gouver-
nante, dans le premier croquis à gauche, au bas de la page,
en indiquant qu'il est mort à cinq ans, ce qui est exact.
Ensuite, il est naturel de penser que le cinquième tableau
montre la gouvernante des enfants de France avec les deux
fils du duc de Bourgogne : le duc de Bretagne, déjà nommé,
et le duc d'Anjou, le futur Louis XV; et c'est évidemment
par suite d'un lapsus que Saint-Aubin a intitulé ce tableau,
où l'on distingue bien, en effet, deux enfants : le Duc de
Bourgogne que l'on croit, etc., au lieu de : les Enfants du
duc de Bourgogne.
1. Catal. Soulié, n» 3278.
2. C'était, en réalité, le deuxième des enfants de ce prince,
mais le premier duc de Bretagne, né en juin 1704, ne vécut
que quelques mois et mourut en avril 1705. Il n'aurait donc
pu être représenté que comme un enfant au maillot, et non
pas debout sur un tabouret, ainsi qu'on le voit sur ce croquis.
1922 8
-U4-,
On ne reviendra pas sur l'objet de ces peintures. Il
paraît démontré qu'elles étaient destinées à perpétuer
dans l'hôtel de La Ferté le souvenir de cette charge de
gouvernante des enfants de France qui n'était pas sortie de
la famille depuis plus d'un siècle : Mme de Lansac (Anne
de Souvré), gouvernante des deux fils de Louis XIII,
était en effet la grand'mère de la maréchale de La Motte,
gouvernante des enfants de Louis XIV, de ses petits-fils et
de ses arrière-petits-fils, laquelle avait eu en survivance,
pour ces derniers, la duchesse de Ventadour, sa fille.
C'est celle-ci qui, lors du baptême impromptu des deux
enfants du duc de Bourgogne (6 mars 1712), avait choisi
sa sœur, la duchesse de La Ferté, pour tenir sur les fonts
le futur Louis XV, — autre événement mémorable de
la famille, représenté dans le sixième et dernier tableau
dessiné par Saint-Aubin. Et tout cela explique pourquoi
ces peintures, considérées comme une décoration faisant
partie de l'hôtel de La Ferté et passées avec l'immeuble à
Gaignat, ne furent point comprises dans la vente après
décès de ce dernier. C'est ensuite seulement, à une date
que nous ignorons, qu'elles furent détachées et dispersées.
L'une d'elles, on l'a dit, est à Versailles : c'est la pre-
mière de la série. Une deuxième a passé dans la vente
Burdett-Goutts : c'est la quatrième (la première à gauche
dans la marge inférieure), celle que Saint-Aubin désigne
sous ce titre : le duc de Bretagne mort à 5 ans. Il suffit
d'examiner, sur le minuscule croquis, d'abord la pose
des deux personnages représentés; ensuite, à droite, le
fauteuil et le tabouret sur lequel se tient debout l'enfant
royal, et enfin, au premier plan, à gauche, le petit fusil
posé sur un coussin, pour retrouver ces détails caracté-
ristiques sur le tableau Burdett-Coutts, à une réserve
près : les architectures du fond ont été sacrifiées par
Saint- Aubin; mais ceci n'a rien de surprenant, étant
donné que le croquis n'est pas plus grand qu'un timbre-
poste. D'autre part, le tableau a été amputé de sa
partie supérieure : d'oblong qu'il était à l'origine, il
est devenu presque carré; il ne mesure plus que
64 1/2 X 60 inches, c'est-à-dire i^63 X i™6o. La toile de
Versailles mesure 2m5oX 1^96. Si, comme le croquis de
- ii5 -
Saint-Aubin permet de le croire, la toile Burdett-Couttà
était primitivement de la même hauteur que celle de Ver-
sailles, la différence de 0^87 en moins, — soit un peu
moins d'un tiers, — est tout à fait normale et correspond
à la suppression de la partie supérieure du tableau où, —
Saint-Aubin a relevé ce détail, — on voyait des petits
génies portant un cartouche avec une inscription'*.
Quant à la largeur, comme aucune suppression ne
semble avoir été pratiquée, on ne peut guère trouver
qu'une explication à la différence de on^Sô entre les deux
peintures : à savoir que celle de Versailles était, à l'ori-
gine, plus large que celle de la collection Burdett-Goutts^.
La suppression du cartouche à inscription, qui agré-
mentait la partie supérieure du tableau Burdett-Goutts, a
eu pour premier résultat de nous priver d'un sûr moyen
d'identifier les personnages représentés dans cette compo-
sition. Aussi le rédacteur du catalogue de la vente du
4 mai dernier a-t-il intitulé le tableau, mis sous le nom
de Largillière : le Duc d'Anjou et sa gouvernante.
Pour ce qui est de l'enfant, nous avons vu qu'il s'agit,
non du duc d'Anjou, mais du deuxième duc de Bretagne :
la note de Saint- Aubin et l'ordre chronologique des com-
positions permettent de tenir cette identification pour
établie sans discussion possible. Mais pour ce qui est de
la gouvernante, le problème est plus complexe.
La maréchale de La Motte-Houdancourt, qui avait été
la gouvernante des enfants de Louis XIV, puis de ceux
du Grand Dauphin, le fut aussi des deux premiers enfants
du duc de Bourgogne : le premier et le deuxième duc de
Bretagne, l'un né en 1704 et mort en 1705, l'autre (le Petit
1. Ce cartouche avec inscription supporté par des petits
génies se remarque à la partie supérieure des cinq premières
peintures dessinées par Saint-Aubin. Il a été conservé sur le
portrait de M"« de Lansac du Château de Versailles.
2. Il y a toute présomption que le tableau Burdett-Coutts
est bien celui de l'hôtel de La Ferté; toutefois, pour l'affirmer
avec certitude, il faudrait constater sur la toile les traces de
la suppression dont on vient de parler, — ce qu'il n'a pas
encore été possible de faire.
— ii6 —
Dauphin) né le 8 janvier 1707. Elle resta en fonctions jus-
qu'à ce qu'elle mourût, le 6 janvier 1709; elle avait alors
quatre-vingt-cinq ans, et le jeune prince deux ans. Elle
fut remplacée par sa fille, la duchesse de Ventadour,
qui lui avait été adjointe en 1704 avec la survivance de
la charge et qui avait cinquante-huit ans lors de la mort
de sa mère. Est-ce la mère ou la fille qui accompagne
ici le petit prince? Voilà le problème. Il a d'autant
plus d'intérêt qu'il se pose exactement dans les mêmes
termes à propos d'une peinture de la Galerie Wallace,
dont j'avais dit quelques mots dans le Bulletin à la
suite de ma précédente communication sur les tableaux
de l'hôtel de La Ferté, et dans laquelle, chose curieuse,
se retrouvent la même gouvernante et le même enfant que
l'on voit dans le tableau Burdett-Goutts. Gette peinture,
au contraire de celle de l'hôtel de La Ferté, est un tableau
de chevalet {1^2^ X i™6o); mais elle a, de toute évidence,
une origine analogue et un semblable objet de commé-
moration.
Dans une galerie décorée d'une peinture allégorique et
des bustes d'Henri IV et de Louis XIII, se trouvent
réunis Louis XIV, le Grand Dauphin, le duc de Bour-
gogne et l'un des enfants de ce dernier, tenu en lisière
par une gouvernante. Que celle-ci soit la personne repré-
sentée dans le tableau Burdett-Goutts, il suffit de rappro-
cher les deux images pour s'en convaincre. Gomme il n'y
a ici, — et sur le tableau Burdett-Goutts, — qu'un seul des
enfants du duc de Bourgogne, on peut faire deux hypo-
thèses :
Ou bien, — l'enfant étant le deuxième duc de Bretagne,
né le 8 janvier 1707, — la gouvernante est la maréchale
de La Motte, morte le 6 janvier 1709 : dans ce cas, la pein-
ture ne peut dater, au plus tôt, que du milieu de 1708,
puisqu'on y voit un enfant déjà grandet et marchant tout
seul ;
Ou bien le duc de Bretagne est accompagné de la
duchesse de Ventadour : dans ce cas, la date du tableau
ne peut être comprise qu'entre le 7 janvier 1709 (entrée
en fonctions de M^c de Ventadour) et le i5 février 17 10
(naissance du troisième fils du duc de Bourgogne, le duc
d'Anjou).
— 117 —
La période milieu de 1708-février 1710 est donc la
seule acceptable, si l'on admet que la peinture a été exé-
cutée du vivant de tous les personnages représentés ^. Mais
cette période comprend les derniers mois de la vie de
Mme de La Motte, qui mourut en fonctions, — deux jours
avant de mourir, dit Saint-Simon, elle couchait encore dans
la chambre du Petit Dauphin, — et la première année pen-
dant laquelle Mme de Ventadour fut gouvernante en titre.
De telle sorte que rien dans ces dates n'oblige à accep-
ter l'une plutôt que l'autre des deux hypothèses qu'on
vient de dire, hypothèses qui s'appliquent aussi bien au
tableau Wallace qu'au tableau Burdett-Goutts.
D'après une lettre qu'il a bien voulu m'écrire à la suite
de ma deuxième communication et où il annonce la
publication prochaine, dans le Burlington Magapne, d'un
article sur la question^, M. W. G. Gonstable, conservateur
de la Galerie Wallace, se range à la première opinion et
tient pour la maréchale de La Motte. Il établit sa démons-
tration sur un rapprochement possible entre la femme
représentée dans la peinture de la Galerie Wallace et dans
celle de la collection Burdett-Goutts avec un portrait
conservé au Château de Versailles et catalogué par Sou-
lié sous le nom de la maréchale de La Motte-Houdan-
court. Gomme Soulié ne donne aucune référence pour
justifier l'identification qu'il propose, et comme la seule
estampe représentant Mme de La Motte, œuvre de F. de
Poilly, ne fournit aucun élément de preuve en ce sens,
on ne peut sans réserves faire état de la peinture de Ver-
sailles comme document de comparaison-^.
1. Le Grand Dauphin mourut en 171 1, le duc de Bourgogne
et le duc de Bretagne en 1712.
2. Cet article a été publié dans le n" de septembre 1922 du
Burlington Magasine, qui me parvient alors que cette notice
est déjà composée. — L'auteur, considérant l'identification du
portrait de Versailles avec M""» de La Motte -Houdancourt
comme établie, n'envisage aucune autre hypothèse et ne tient
aucun compte de la date d'entrée en fonctions de M°" de Ven-
tadour après la mort de sa mère.
3. Catal. Soulié, n" 4207. T.; i'°24 X i"!?- — Des recherches
que MM. G. Brière et L. Demonts ont bien voulu faire dans
les archives des Musées nationaux, il résulte que cette pein-
— ii8 —
En ce qui me concerne, j'avais opté pour la duchesse
de Ventadour lors de ma première communication et je
n'ai point changé d'opinion.
S'il faut dire sur quels arguments cette opinion est
basée, j'en proposerai trois :
10 Le premier est celui de l'âge des personnages repré-
sentés. Il est manifeste que les deux peintures nous
montrent une femme approchant de la soixantaine et un
enfant de deux à trois ans, bien plutôt qu'une femme de
quatre-vingt-quatre ans avec un enfant de deux ans au
plus. A quoi l'on peut répondre que les autres person-
nages du tableau Wallace ne donnent pas l'impression
d'avoir, dans leurs portraits, l'âge qu'ils avaient en réa-
lité en 1708 : pour le Grand Dauphin (quarante-trois ans),
passe encore; mais Louis XIV est bien rajeuni pour un
roi de soixante-dix ans, et le duc de Bourgogne, pour
un prince de vingt-six ans, a les allures d'un jeune homme
de dix-sept ans.
11 est à cela une explication très plausible : c'est que
tous les membres de la famille royale, portraiturés ici à
la demande d'un particulier, n'ont certainement pas été
représentés ad vivum; on ne voit pas bien le roi, ou le
Grand Dauphin, ou le duc de Bourgogne donnant des
séances de pose dans la seule intention d'être agréable à
la gouvernante des enfants de France ; l'auteur du tableau
s'est donc inspiré de portraits exécutés à une date anté-
rieure, et peut-être par lui-même, qu'il a groupés adroi-
tement dans une composition destinée à mettre en vue la
personne pour qui la peinture était faite, c'est-à-dire la
gouvernante. Précisément, celle-ci est sans doute la seule
de tout le tableau qui ait été peinte d'après nature; et
comment croire alors, si grande qu'on fasse la part de la
flatterie, que le peintre l'ait rajeunie, — à supposer qu'on
veuille y voir l'octogénaire M^e de La Motte, — au point
de lui donner l'aspect qu'elle a sur la peinture Wallace?
ture provient vraisemblablement d'une saisie d'émigré. Le
tableau ne porte ni armoiries ni inscription, et l'on ne sait
sur quoi E. Soulié s'est basé pour y voir un portrait de la maré-
chale de La Motte.
20 La vanité humaine étant incommensurable, on pour-
rait admettre à la rigueur que Mme de La Motte se soit
encore fait peindre par deux fois, à quatre-vingt-quatre
ans passés. Tout de même, c'est bien peu vraisemblable.
Pour aller jusqu'au bout de ma pensée, je dirai que si,-
comme il est probable, le tableau Burdett-Goutts fit par-
tie de la série de compositions historiques de l'hôtel de
La Ferté, toutes établies sur une donnée uniforme*, le
tableau Wallace a dû être peint pour Mme de Ventadour
elle-même : ce qui explique ses dimensions et sa mise en
scène particulières. Dans le premier, en effet, on a seule-
ment la représentation d'une gouvernante avec un enfant
de France, alors que le deuxième semble comme un
résumé des honorables états de service de toute une
famille auprès de la Maison de France : la présence de
Louis XIV en personne, celle des bustes de Louis XIII
et de Henri IV visibles sur des piédouches au fond de la
pièce, ne sont-elles pas destinées à rappeler que, depuis
le maréchal de Souvré, gouverneur de Louis XIII, Mme de
Lansac, sa fille, gouvernante de Louis XIV, Mme de La
Motte-Houdancourt, petite-fille de Mme de Lansac et gou-
vernante des fils, petits-fils et des deux premiers des arrière-
petits-fîls de Louis XIV, jusqu'à Mme de Ventadour, fille et
survivancière de la maréchale de La Motte, quatre géné-
rations en ligne directe de gouverneurs ou gouvernantes
des enfants de France s'étaient succédé dans la même
famille?
3o Enfin, il faut faire état de la tradition.
Mon confrère et ami J. Vallery-Radot m'a signalé la
présence, au Salon de la Correspondance de 1783, d'un
I. Sauf, bien entendu, le Baptême de Louis XV, qui est dif-
férent des cinq autres par le format (en largeur) et par le
sujet. — A supposer que le tableau Burdett-Coutts ne soit pas
celui de l'hôtel de La Ferté, il en serait le prototype, et dans
ce cas il serait encore logique d'admettre qu'il représentait
M"» de Ventadour et lui appartenait. Mais il est bien plus vrai-
semblable de penser que c'est le tableau Wallace, non compris
dans les peintures de l'hôtel de La Ferté, qui appartint à M"" de
Ventadour.
— I20 —
tableau qui paraît bien être celui de la Galerie Wallace.
Pahin de La Blancherie le décrit comme suit au cata-
logue qu'il a donné de ce Salon :
« Nicolas de Largilliere.
« 46. Louis XIV avec le Grand Dauphin, le duc de
Bourgogne et le duc de Bretagne enfant, amené par Mde
la Duchesse de Ventadour. On voit les bustes d'Henri IV
et de Louis XIII; la scène est dans la galerie de Ver-
sailles.
« A M. de Mirbeck, avocat au Conseil^ «
Ce personnage est loin d'être un inconnu. Né en 1732
à Neuville (Lorraine), François-Ignace de Mirbeck vint
de bonne heure à Paris où il se fit recevoir comme avo-
cat au Parlement en 1754; en 1767, il devint avocat du
Conseil et le resta jusqu'à la Révolution. Il mourut en 1818.
Le bruit fait par plusieurs de ses requêtes et de ses
mémoires a retenu plus d'une fois le rédacteur des
Mémoires secrets^, et l'existence de ce juriste éminent,
avocat remarquable par la force de sa dialectique et par
la chaleur de son éloquence, envoyé en qualité de com-
missaire du roi à Saint-Domingue en 1791, nommé direc-
teur de l'Opéra en 1797 par François de Neufchâteau
qu'il avait courageusement défendu lors de son arresta-
tion en 1793, fut passablement agitée et remplie.
Malheureusement, l'amateur nous est beaucoup moins
bien connu que le juriste. Nous savons qu'à la date du
23 avril 1782, lors de la formation d'une sorte de comité de
patronage pour son entreprise, alors très menacée, du Salon
1. Essai d'un tableau historique des peintres de l'Ecole fran-
çoise, etc., dans Nouvelles de la République des lettres et des
arts, t. XXVII (lySS), p. 228.
2. Voir en particulier aux dates des 14 novembre 1776 (requête
au Conseil du roi pour Linguet); 17 février 1777 (correspon-
dance avec Voltaire sur les affaires des habitants de Mont-
Jura); i5, 19, 20, 23 août 1782 (il est interdit pour trois mois à
la suite d'un mémoire où la marine française est maltraitée,
mais, à la suite d'une lettre explicative, il est relevé de son
interdiction), etc. — Voir aussi la Correspondance de Voltaire
à l'année 1777, et, pour la liste des ouvrages de Mirbeck, la
France littéraire.
— 121 —
de la Correspondance, Pahin de La Blancherie demanda à
M. de Mirbeck de faire partie de ce comité^. Mais, sauf
un tableau de Jeaurat, représentant des Chartreux médi-
tant dans une caverne, et deux paysages animés de Bruan-
det, également exposés par Mirbeck au Salon de la Cor-
respondance de 1783 (nos log et 191), nous n'avons aucun
renseignement sur les autres peintures qu'il pouvait avoir
à cette époque dans sa maison de la rue d'Enfer, près du
Luxembourg, et aucune vente de sa collection ne nous
renseigne sur la valeur des œuvres d'art qu'il possédait.
Il n'en faut pas moins retenir cette indication précieuse :
à savoir que le tableau de la Galerie Wallace se trouvait
à la fin du xviiie siècle chez un homme dont nous igno-
rons s'il fut réellement un collectionneur averti, mais qui
était certainement un savant et un lettré, et que cette
peinture, donnée à Largillière, passait pour représenter
la famille royale avec la duchesse de Ventadour.
En même temps qu'il me signalait le passage, dans la
vente Burdett-Coutts, de la peinture ci-dessus étudiée et
son identification possible avec une des compositions his-
toriques de l'hôtel de La Ferté, M. Gaston Brière m'indi-
quait, à toutes fins utiles, un autre tableau dont il avait
relevé le titre dans le catalogue de la vente de la princesse
de Faucigny-Lucinge, faite à Paris les 26 novembre 1917
et jours suivants.
Les renseignements fournis par ce catalogue se bor-
naient, en effet, à un titre, suivi des dimensions de la
toile : « No 218. École de Le Brun. Les Enfants de
Louis XIV avec leur gouvernante, la Maréchale de La
Motte- Houdancourt. T.; im4o X i'"20 ». Ce titre était bien
vague, ces dimensions ne correspondaient point à celles de
l'unique peinture de l'hôtel de La Ferté que nous connais-
sons dans son état original (le Portrait de M^e de Lansac
avec les deux enfants de Louis XIII, du Château de Ver-
sailles; 2ai5o X 1^96); mais la présence de la gouvernante
I. Mémoires secrets.
— 122 —
des enfants de France dans une composition dont le sujet
rappelait ceux dessinés par G. de Saint-Aubin suffisait à
piquer la curiosité et méritait examen.
Grâce à l'obligeance de M. R.-C. Catroux et de
M. A. Prévôt, peintre décorateur, il me fut facile de
retrouver le tableau : acquis par le comte de La Motte-
Montgoubert, neveu de la princesse de Faucigny'Lucinge,
il n'avait pas quitté Paris, et son nouveau propriétaire me
donna fort aimablement toute liberté de l'étudier.
Quand je pus le voir, accroché à une si grande hauteur
qu'il me fallut une échelle pour l'examiner, ce fut d'abord
une déception : cette belle dame somptueusement vêtue
d'un corsage décolleté en rond, d'une robe de brocart à
grands ramages et d'un manteau doublé d'hermine, assise
dans un fauteuil et tenant sur ses genoux un petit enfant
vêtu d'une chemise, avec le cordon bleu en sautoir; ces
deux autres enfants, l'un, étendu sur un petit lit, à droite
de la gouvernante, emmailloté de bleu-ciel et portant
une robe plus foncée sur laquelle est passé un scapulaire,
et l'autre vu à mi-corps, dans l'angle inférieur droit du
tableau, tenant un petit chien noir dans son bras gauche,
— la réunion de ces quatre personnages ne me semblait
se rapporter à aucune des peintures dessinées par G, de
Saint-Aubin. Et pourtant, l'identification du personnage
principal avec la maréchale de La Motte-Houdancourt
était incontestable : les traits du visage, l'arrangement de
la coiffure, le corsage décolleté, tout me rappelait la
jeune et charmante femme dont le portrait en buste a été
gravé par François de Poilly...
Par acquit de conscience, je commençai à relever une
description du tableau dans l'intention de l'étudier à loi-
sir, quand un détail attira mon attention : la gouvernante
tenant l'enfant assis sur ses genoux était ici représentée
exactement dans la même pose que dans la peinture
de l'hôtel de La Ferté où l'on voyait, pour employer les
termes mêmes de Saint-Aubin, « la maréchalle de La
Motte avec les enfans de Louis XIV, dont 5 morts en
bas âge, et le Grand Dauphin en abit de l'ordre du
Saint-Esprit ». Ce fut un trait de lumière : en rappro-
chant du tableau le petit croquis marginal de Saint-Aubin,
— 123 —
si précis et si juste, je me rendis compte que la peinture
de M. de La Motte-Montgoubert était tout simplement
un fragment découpé dans celle des compositions his-
toriques de l'hôtel de La Ferté que je viens de citer.
Celle-ci a été diminuée sur trois côtés : en haut, à droite
et en bas. La suppression d'une large bande à la partie
supérieure a fait disparaître les petits génies supportant
le cartouche à inscription, analogue à celui de la pein-
ture de Versailles. La bande enlevée à la partie droite de
la toile comprenait, vers le haut, un petit enfant couché
sur un lit et, plus bas, le Grand Dauphin debout, en cos-
tume de Tordre du Saint-Esprit, lequel a formé sans doute
un tableau séparé. Enfin, la bande enlevée à la partie infé-
rieure a entraîné la disparition de l'enfant assis sur un
coussin, au-dessous de celui qu'on voit encore tenant un
chien dans ses bras ; le bas du corps de ce dernier enfant,
le sol, le bas du corps de Mme de La Motte (coupé au-des-
sous des genoux) ont disparu avec la bande inférieure.
Il n'est donc resté que la gouvernante avec trois enfants,
soit une toile presque carrée, mesurant 1^40 X 1^20. Si
l'on estime, — et le dessin de G. de Saint-Aubin rend
cette hypothèse tout à fait plausible, — que cette pein-
ture avait dans son état original les mêmes dimensions
que le Portrait de M""^ de Lansac, soit 2m5o X 1^96, elle
aurait perdu i^io dans le sens de la hauteur sur 0^76 dans
le sens de la largeur, ce qui semble, en effet, se rap-
porter exactement à la proportion des parties supprimées ^.
Encore un mot à propos des personnages représentés
dans ce tableau, plus intéressant au point de vue histo-
rique et anecdotique que par ses qualités d'exécution.
On a dit qu'il s'agissait d'une peinture de souvenir, et
le fait qu'on y voit réunis les six enfants légitimes de
Louis XIV, qui ne se sont pas trouvés vivants simultané-
ment, prouverait déjà qu'elle est postérieure au 14 juin 1672,
date de la naissance du dernier d'entre eux. Mais, comme
on va le voir, une autre indication fournie par le tableau
permet de le rajeunir bien davantage.
I. Le tableau ayant été rentoilé, il est aujourd'hui impos-
sible de relever les traces matérielles de ces suppressions.
— 124 —
Pour Monseigneur, l'aîné de ces six enfants (1661-1711),
il n'est pas difficile de le reconnaître, debout, à droite de
la composition, sur le dessin de G. de Saint-Aubin, de qui
la note manuscrite précise que le jeune prince est « en
abit de l'ordre du S. Esprit ». Or, le Mercure galant de
janvier 1682 (p. 100) contient la relation détaillée des céré-
monies au cours desquelles le Dauphin fut fait chevalier
de l'ordre, le ler janvier de cette année. D'où il suit que
la peinture est évidemment postérieure à cette date*.
Gomme on sait que le cordon bleu était remis aux fils
de France aussitôt après leur naissance, il faut admettre
que les deux enfants portant cet insigne sont les deux
autres fils du roi : Philippe, le premier duc d'Anjou,
mort à l'âge de trois ans (8 août 1668-10 juillet 1671), était
l'enfant assis sur un coussin posé à terre; il n'existe plus
dans le tableau actuel 2 ; — celui que la Maréchale tient sur
ses genoux est le dernier de la lignée : Louis- Fran-
çois, deuxième duc d'Anjou, qui vécut quelques mois seu-
lement (14 juin-4 novembre 1672) 3.
Restent les trois filles. A en juger par la pose que leur
a donnée le peintre, les deux plus petites, — représentées
au maillot, mais notablement vieillies, — sur des petits
lits, à droite de la gouvernante (l'une d'elles supprimée
du tableau en même temps que le Dauphin), sont celles
qui ne vécurent que quelques semaines : Anne-Élisabeth
(18 novembre-3o décembre 1662) et Marie-Anne (16 no-
vembre-26 décembre 1664). La troisième, Marie-Thérèse,
morte à cinq ans (2 janvier 1667- ler mars 1672), est celle
1. Il est à remarquer, en outre, que, sur le dessin de Saint-
Aubin, le Dauphin est représenté non pas en « novice » de
l'ordre du Saint-Esprit, comme le comte de Toulouse dans la
peinture de Chantilly, mais avec le manteau de l'ordre, c'est-
à-dire après sa réception. Ce détail pourrait aider à retrouver
le portrait découpé dans la peinture de l'hôtel de La Ferté.
2. Le cordon bleu est parfaitement visible sur le dessin de
Saint-Aubin.
3. M. Prévôt, qui a vu le tableau de très près, veut bien me
signaler que, sur le bas de la chemise de cet enfant, on lit
l'inscription : Louis de France,
— 125 —
qui se trouve dans l'angle inférieur droit de la toile
actuelle.
Enfin, pour ce qui est de la maréchale de La Motte-Hou-
dancourt (1624-1709), le fait que son visage frais et plein
ressemble beaucoup au portrait d'elle gravé par Fran-
çois de Poilly suffirait à prouver, s'il en était encore
besoin, que la composition dont il s'agit est bien une
peinture commémorative, faite après coup et sans qu'on
ait tenu un compte exact de l'âge des personnages repré-
sentés. Car, en mettant les choses au mieux, c'est-à-dire
en supposant que le tableau fut exécuté dès 1682, il ne
faut pas oublier que Mme de La Motte était âgée de cin-
quante-huit ans à cette date.
Comme je venais d'achever la mise au point de cette
note, une nouvelle communication de M. G. Brière est
venue m' apporter, avec un renseignement des plus inté-
ressants concernant l'histoire du tableau de M. de La
Motte-Montgoubert, une précision sur le seul personnage
qui n'était pas identifié avec certitude : l'enfant au mail-
lot, qui pouvait être soit la petite Anne-Élisabeth, soit la
petite Marie-Anne.
M. G. Brière a retrouvé la peinture dont il s'agit ici
dans le catalogue de la collection du lieutenant général
comte Despinoy, dispersée à Versailles les 14 janvier i85o
et jours suivants; elle est placée sous le nom de Mignard
et décrite comme suit sous le no 649 (p. 279) :
« Assise sur un fauteuil de velours, la gouvernante tient
sur ses genoux Louis de France, posé sur un coussin, et
elle lui prend la main. Marie de France, placée sur un
petit lit de repos, est encore en maillot avec une petite
robe de velours bleu. Elle porte sur la poitrine une petite
image de la Vierge. Sur le bas de sa robe est écrit :
Marie de France K Le jeune Philippe d'Anjou est occupé
I. M. Prévôt a vérifié sur la peinture la présence de cette
inscription, en même temps qu'il a relevé celle qu'on a men-
tionnée plus haut. Il est intéressant de rappeler à ce propos
que, sur le Portrait de Af°" de LansaCj à Versailles, le nom de
— 126 —
à jouer avec un petit chien noir. Fond noir. — H. 140;
1. 118. Toile. — Presqu'en pied. »
L'inscription relevée sur le bas de la robe, et que la
grande hauteur à laquelle était placé le tableau m'avait
empêché de découvrir, établit donc l'identité de l'enfant
au maillot et permet de donner à la peinture, due à quelque
élève de Mignard, ce titre précis : la Maréchale de La
Motte-Houdancourt, gouvernante des enfants de France,
avec trois des enfants légitimes de Louis XIV : Louis-
François, deuxième duc d'Anjou (f 1672), qu'elle tient sur
ses genoux; Marie-Anne (f 1664), étendue sur un petit lit,
et Philippe, premier duc d'Anjou (f 1671), portant un petit
chien dans son bras gauche.
L'identification d'un tableau
ATTRIBUÉ A SwEBACH-DeSFONTAINES.
Le camp de Saint-Omer en 1788.
(Communication de M. Jean Vallery-Radot.)
C'est dans le catalogue de la vente Decloux (1898) que
Ton relève, pour la première fois, mention d'une intéres-
sante peinture figurant aujourd'hui dans la collection
Doistau, et dont nous proposons une identification nou-
velle. Cette peinture marouflée, qui mesure o°i27 X 0^63,
représente un camp animé d'une quantité prodigieuse de
personnages, de cavaliers, de soldats, de voitures groupés
sans confusion, malgré leur nombre, sur les différents
plans de la composition. La coupe des uniformes, les
modes, une curieuse voiture à la caisse haut juchée sur
d'extravagants ressorts, semblable à celle que l'on vit
pour la première fois en France à Longchamp au prin-
temps de 1786, indiquent que la scène se passe à la fin du
règne de Louis XVL Au milieu de la composition, un
personnage d'un rang considérable, si l'on en juge par
l'escorte qui l'accompagne et par les égards dont il semble
Philippe Dorléan est inscrit de la même façon sur le bord de
la chemise du petit prince.
— 127 —
être entouré, s'apprête à descendre de cheval pour mon-
ter dans son carrosse. A gauche, des bateleurs débitent
le boniment devant une foule pressée de badauds; à
droite, sur une éminence, se dressent des baraquements
de fortune, des guinguettes abritées sous des tentes et
jusqu'à un manège de chevaux de bois. Le fond de la
composition est occupé par des alignements de tentes à
rayures bleues et blanches, qui escaladent l'une des col-
lines barrant l'horizon. Sur le front des tentes un grand
mât incliné.
Cette peinture passe jusqu'à présent pour repré-
senter la plaine des Sablons. On verra plus loin ce
qu'il faut penser de cette identification. Si l'on étudie
d'abord la peinture elle-même, on s'apercevra bien vite
que son intérêt principal réside dans son caractère vif et
enlevé, dans l'esprit prime-sautier qui l'anime. C'est une
spirituelle pochade qui ne manque pas de virtuosité,
disons mieux : c'est une esquisse. C'est en effet l'esquisse
d'un tableau^ de plus grandes dimensions qu'un hasard
heureux nous a fait trouver récemment. Malgré l'identité
de la mise en place, on relève quelques variantes entre
l'esquisse et le tableau définitif, on découvre quelques
additions; on trouve surtout dans le tableau un fini et un
souci du détail que l'esquisse ne pouvait naturellement
pas comporter. Ce serait un long travail de dénombrer
exactement tous les personnages représentés, et cependant
l'œil n'est pas fatigué de leur multitude, tant est grande
l'habileté de l'artiste à traiter les masses et à mettre
chaque chose à son véritable plan; l'attention ne cesse
pas en effet d'être concentrée sur le personnage principal
qui se détache en pleine lumière, monté sur un cheval
gris. L'esquisse, passée à la vente Decloux sous l'étiquette
de Swebach2, est attribuée par contre, dans le catalogue
1. Aujourd'hui la propriété d'un antiquaire parisien. C'est
le tableau dont nous donnons la reproduction (larg. i°3i ;
haut. o'-ôS).
2. M. Edouard André, dans son intéressant article sur Swe-
bach, paru dans la Galette des beaux-arts (igoS), n'étudie pas
cette esquisse; il se borne à en donner une reproduction et il
lui conserve son titre : la Plaine des Sablons.
— 128 —
de la vente Doistau (9 juin 1909), à Gabriel de Saint-Aubin,
attribution insoutenable non pas seulement à cause de
l'accent même de l'œuvre, mais aussi pour des raisons
purement historiques. Les personnages, on l'a déjà dit et
on le prouvera tout à l'heure, sont habillés à la mode de
1787-1788, alors que G. de Saint-Aubin est mort en 1780.
Par contre, il n'y a aucune raison d'enlever la pater-
nité de cette esquisse à Swebach, l'un des futurs collabo-
rateurs des Tableaux historiques de la Révolution et des
Campagnes des Français sous le Consulat et l'Empire, chez
qui nous retrouverons un art identique de camper à l'aise
des foules et spécialement des soldats dans le cadre étroit
d'une composition aux dimensions restreintes, art qui
n'est pas sans parenté, remarquons-le en passant, avec
celui d'un Duplessi-Bertaux , ce pseudo - Callot du
xixe siècle.
Mais si l'on voulait prouver, mieux que par l'allure géné-
rale et par de lointains rapprochements, qu'il s'agit bien,
dans l'esquisse et dans le tableau, d'œuvres de Swebach,
l'on ne saurait mieux faire, semble-t-il, que d'étudier en
détail quelques groupes de personnages, à eux seuls très
caractéristiques. Examinons par exemple, dans le coin
du tableau, à droite, un couple prêtant à rire dont
s'égayent deux jeunes gens : nous voyons un barbon vêtu
à la mode du règne précédent qui donne le bras à une
jeunesse.
L'allure grotesque du couple procède du même esprit
bouffon qui avait inspiré un très curieux dessin colorié et
rehaussé de gouache, représentant le boulevard de Paris
en 1787, signé Swebach- Desfontaines ^ Parmi la foule
pittoresque du boulevard, les jeunes élégants vêtus de
a cannelé », une opulente commère habillée à la dernière
mode, une bossue, une géante à côté d'une naine com-
posent une frise amusante rappelant tout à fait les person-
nages, d'ailleurs contemporains, de la Promenade de la
galerie du Palais-Royal par Debucourt.
Si, d'un côté, nous retenons l'attribution à Swebach
pour les raisons que nous venons de donner, nous ne
I. Ce dessin a été reproduit en couleurs par Piazza.
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sommes pas disposé, par contre, à voir dans ce tableau,
comme on l'a fait jusqu'à présent, la plaine des Sablons.
La nouvelle identification que nous proposons fera
l'objet principal de ces notes, problème d'un intérêt que
certains, sans doute, seraient en droit de trouver un peu
mince. Mais l'histoire de l'art ne saurait-elle avoir l'équi-
valent de ces minutieux problèmes d'histoire littéraire,
qui était bien susceptibles cependant de passionner un
Sainte-Beuve?
Problèmes fins, procès toujours pendants
Qu'à grand plaisir je retourne et travaille.
Nous empruntons à la notice de la vente Decloux la
fantaisiste description qui va suivre : « Elle (la plaine des
Sablons) est occupée par le campement des troupes de la
Maison du Roi. Au premier plan, des carrosses escortés
par des cavaliers; plus loin, des baraquements élevés sur
un monticule... Les Parisiens se promènent de toutes
parts... Au fond et au-dessus des tentes, on aperçoit les
collines d'Orgemont et de Sannois. »
On pourra s'égayer plus loin de cette reconstitution
topographique lorsqu'on aura découvert sa fantaisie. Il
suffira tout d'abord de démontrer que le camp représenté
sur notre tableau n'a pu être établi dans la plaine des
Sablons, car il n'y eut de camp à cet endroit que pendant
la Révolution, de juin 1794 à la fin de la même année.
Le seul déploiement militaire, auquel la plaine des
Sablons servait de cadre sous l'ancien régime, était la
revue annuelle de la Maison du Roi, passée par le roi
lui-même dans les premiers jours de mai. Un charmant
dessin de Moreau le jeune ^ a fixé ce souvenir historique
et l'on peut s'assurer facilement en l'examinant qu'il n'y
a point de tentes.
Quel est donc le camp que nous avons ici sous les yeux ?
Nous eussions pu chercher longtemps parmi les nombreux
camps créés par ordre du bureau de la Guerre sous
1. Gravé par Malbeste, Liénard et Née.
1922 9
— i3o —
Louis XVI, si un infime détail ne nous avait mis sur la
voie. Devant l'une des pittoresques guinguettes établies
sur le monticule qui forme le fond du tableau, a été
planté, en guise d'enseigne, un poteau sur lequel on a
cloué une pancarte. Et sur cette pancarte on lit cette pré-
cieuse inscription : Au caffé de CondéK
Dès lors, tout s'éclaire, car l'on sait que le prince de
Gondé commanda en chef le camp de Saint-Omer aux
mois d'août et de septembre 1788. Et c'est bien le camp
de Saint-Omer que l'on a sous les yeux, comme va le
prouver l'étude topographique. On pourra vérifier ensuite
la rigoureuse concordance des détails fixés par l'artiste
avec les renseignements tirés des documents contempo-
rains.
Il existe, aux archives historiques du ministère de la
Guerre 2, un plan bien précieux en l'occurrence : c'est
précisément le plan du camp Saint-Omer en 1788, avec
l'emplacement et la désignation des troupes. Il est signé
de deux officiers : le capitaine d'infanterie Berthier, aide
de camp du marquis de Lambert, et le lieutenant d'infan-
terie Léopold Berthier 3. Sur ce plan on voit que le
camp de Saint-Omer s'étendait au sud de cette ville,
entre la colline qui domine Arques, d'une part, et le vil-
lage de Wisques, d'autre part. Il était donc établi presque
entièrement sur le plateau traversé à l'est par la chaussée
d'Hesdin-* et remontait, vers l'ouest, l'un des contreforts de
la hauteur sur laquelle est bâti le village de Wisques. Le
plan mentionne également à l'ouest de la chaussée d'Hes-
din, sur le front de bandière, la perche du guai. Or, l'au-
teur anonyme 5 d'un Mémorial de la formation d'un camp
1. Cette inscription n'est lisible que sur le grand tableau;
elle n'existe point sur l'esquisse.
2. Pièces relatives à différents camps (1733-1789), n" 1807.
3. Ces deux officiers topographes avaient été à bonne école,
ayant aidé jadis leur père, J.-B. Berthier, directeur du dépôt
de la Guerre sous Louis XV, à lever la magnifique carte des
chasses du roi, gravée par Tardieu. En 1788, le capitaine Ber-
thier n'était encore qu'au début de la brillante carrière qui
devait lui conférer plus tard le bâton de maréchal de l'Empire.
4. Aujourd'hui route nationale n" 28.
5. Qui écrivait de souvenir, aux environs de l'an 1800, un
- i3i -
d'observation à Saint-Omer en ij88 nous informe que le
camp était situé sur les hauteurs en avant de Saint-Omer,
à l'endroit dit la Perche, et plus loin nous lisons : « La
perche où l'on tirait l'oiseau était à peu près au centre
[du camp]. » Cette perche du guai n'est autre que le
« mât incliné » que nous avons signalé plus haut dans la
description du tableau. Si l'on a la curiosité de reporter
sur une carte au 1/80,000 l'emplacement du camp tel qu'il
est indiqué sur le plan des Berthier, on remarquera que
le mouvement de terrain très nettement indiqué à l'est du
village de Wisques n'est pas autre chose que l'une des
collines qui, dans notre tableau, barre le fond de l'hori-
zon. La planimétrie de la carte et la topographie du
tableau ne sauraient être mieux d'accord. C'est donc bien
la ville de Saint-Omer, que l'on aperçoit tout à fait à
droite du tableau. On en reconnaît la fine silhouette à la
grosse tour carrée gui s'estompe dans un lointain bru-
meux et qui peut être soit la tour de Saint-Bertin, soit
celle de la cathédrale.
En outre, le plan des Berthier nous renseigne non seu-
lement sur l'emplacement du camp, mais encore sur
Tordre de bataille des troupes campées, troupes formées
de la dix-neuvième division (Artois), de la dix-huitième
division (Picardie) et de la première (Flandre), au total,
une vingtaine de mille hommes. Cette indication nous
permet d'identifier quelques uniformes : c'est ainsi que
nous reconnaissons, entre autres, un cuirassier dans le
groupe de soldats au premier plan, à gauche, et les habits
rouges des Irlandais (Dillon ou Berwick) dans la compa-
gnie qui défile, à droite, sac au dos et le fusil sur l'épaule.
Mais hâtons-nous d'arriver au personnage principal pour
lequel un coureur et un heiduque ouvrent la portière d'un
carrosse attelé de huit chevaux. Le cocher, le postillon,
le piqueur qui s'apprête à monter à cheval, portent la
livrée charnois avec la culotte rouge et le chapeau noir
galonné d'argent : c'est la livrée de Condé, dont on peut
examiner les détails à loisir dans les Desseins de l'habille-
ment général des livrées de S. A. S. Monseigneur le
compte-rendu destiné au bureau de la Guerre (Archives de la
Guerre ; pour la cote, voy. ci-dessus, p. i3o, note 2).
— l32 —
Prince de CondéK Là, on verrait, à une échelle plus
grande, les curieuses particularités de la livrée du cou-
reur et de l'heiduque et notamment la haute canne à
pommeau du premier, la sabretache, le sabre et le bon-
net à flamme du second, qui font prendre à première vue
ce dernier pour un hussard.
Il est donc hors de doute que le personnage montant
un cheval gris et revêtu de l'habit à parements et revers
cramoisis"-^ n'est autre que le prince de Condé en personne,
probablement suivi de son fils, le duc de Bourbon, et le
jeune homme confondu avec les autres cavaliers est peut-
être le duc d'Enghien, alors âgé de seize ans, car Ton sait
que les trois Condé se trouvaient réunis ensemble au
camp de Saint-Omer.
Ce camp, établi pour parer à toute éventualité lors de
la discussion qui s'éleva entre l'Autriche et la Hollande,
à propos de l'ouverture de l'Escaut, se prolongea du
5 août au 25 septembre. Les premiers jours furent sans
doute employés, comme c'est encore l'habitude aujour-
d'hui, à l'installation et à l'inspection des troupes. Le
17 septembre eut lieu une grande manœuvre, commandée
par le Prince en personne et qui dura toute la journée.
Le rédacteur du compte-rendu et de la critique de cette
manœuvre 3 n'a pas manqué de consigner le « groupe
considérable de curieux » venus pour assister à la petite
guerre.
Il n'est pas impossible de supposer que le tableau dont
nous avons entrepris la description représente le prince
de Condé quittant le camp de Saint-Omer, à l'issue de la
manœuvre du 17 septembre, pour se rendre à son quar-
tier général, établi en l'abbaye de Saint-Bertin.
Nous pourrions parler encore des modes des curieux et
1. Ces dessins, qui datent de 1776, existent en deux exem-
plaires, dont l'un est conservé à Chantilly et l'autre au Cabinet
des Estampes (Oa 137).
2. C'est l'uniforme du régiment Colonel-Général. On sait que
le prince de Condé occupa la charge de colonel général de
l'infanterie jusqu'en mars 1788.
3. Archives de la Guerre; pour la cote, voy. plus haut.
— i33 —
notamment du chapeau « à la Tarare » porté par une élé-
gante de l'un des groupes situés à gauche, chapeau lancé
en 1787 par l'opéra de Beaumarchais'. Nous pourrions
dire un mot aussi de cette dangereuse voiture au coffre
perché sur de gigantesques ressorts à la hauteur d'un pre-
mier étage, voiture d'importation anglaise, dénommée
whisket et que l'on vit pour la première fois à Paris en
17862.
Mais, malgré l'intérêt que peut présenter une étroite
correspondance entre les mille détails de ce tableau et
les renseignements tirés des documents contemporains, il
serait peut-être fatigant de continuer à scruter ainsi le
passé par le gros bout de la lorgnette.
Nous terminerons donc en disant que cette œuvre bril-
lante de la jeunesse de Swebach n'offre pas seulement,
dans un ton extrêmement chaud et coloré, de séduisantes
qualités. Son intérêt documentaire nous semble en outre
incontestable 3. Nous voyons là, étincelant encore des
derniers rayons de sa brillante fortune, Gondé, â la veille
de l'émigration dont il devait donner le signal. Nous
voyons aussi, dans la pittoresque bigarrure des régiments
français ou étrangers, l'une des dernières représentations,
avant 1789, de cette pimpante armée de l'ancien régime
dont la puissante organisation et les vertus viriles ne
furent pas étrangères aux éclatants succès des guerres de
la Révolution et de l'Empire.
1. Duhamel, Cabinet des modes, livraison du 10 août 1787.
2. Ibid., livraison du 10 septembre 1787.
3. Le camp de Saint-Omer inspira d'autres artistes, notam-
ment Louis Watteau de Lille. Un tableau intitulé : le Camp
de Saint-Omer (haut. 2'"3o; larg. i"63), daté (1788) et signé de
cet artiste, passa en 1902 à la vente Lenglart, comme nous l'a
aimablement indiqué notre confrère M. Marmottan. Nous avons
pu nous assurer qu'il fut acquis par M. Virnot, chez qui il est
actuellement conservé. M. Marmottan voit en outre dans la
Halte de soldats, le Départ de troupe et une autre Halte du
même artiste trois scènes inspirées par le camp de Saint-Omer
(cf. Paul Marmottan, Notice historique et critique sur les
peintres Louis et François Watteau, dits Watteau de Lille.
Lille, Danel, 1889).
NOTES ET DOCUMENTS
CATALOGUE RAISONNÉ
DE l'œuvre de
NICOLAS-BERNARD LÉPICIÉ
AVERTISSEMENT.
Le Bulletin de la Société de l'Histoire de l'art fran-
çais (igio^ séance du j janvieî^p. 25 à 32) conserve
le souvenir d'une intéressante communication sur
« une dernière volonté de Nicolas-Bernard Lépicié ».
Documentée de première main^ ingénieusement char-
pentée et joliment présentée^ cette petite étude attira
d'autant plus l'attention que l'auteur était un des plus
jeunes^ probablement même le plus jeune de nos
confrères.
Philippe Gaston -Dreyfus était né., en effets le
26 janvier i8gi ; il était encore élève à la Faculté des
Lettres, et c'est sur l'encouragement de son maître.,
M. Henry Lemonnier, qu'il avait détaché ce curieux
chapitre d'un mémoire sur le peintre Lépicié., qui
devait bientôt lui valoir en Sorbonne^ avec de vifs
éloges., le diplôme d'études supérieures d'histoire.
Ce début eût pu inaugurer une brillante carrière
d'érudit. Mais notre jeune confrère joignait à un
goût très marqué pour les œuvres d'art et pour les
recherches de l'historien et du critique un besoin
d'initiative et d'action pratique qui eût incomplète-
ment trouvé son emploi dans cette voie. Libre de
s'orienter à sa guise, il se promettait de créer un
jour., dès qu'il se sentirait l'expérience nécessaire.,
une grande maison d'édition. Grouper autour de soi
— i35 —
des écrivains de talent^ ordonner leur travail^ deman-
der à l'art et à l'industrie toutes les ressources qui
concourent à la confection d'un beau livre^ assurer
ensuite sa diffusion et répandre au loin la pensée
française lui semblait^ avec raison^ une des missions
les plus dignes de tejiter un homme actif et cultivé.
Aussi, sans renoncer à poursuivre ses travaux per-
sonnels d'historien^ les avait-il momentanément inter-
rompus pour acquérir les connaissances de tous ordres
que l'on peut attendre d'un véritable éditeur.
En igi4^ Philippe Gastoîi-Dreyfus^ que les suites
d'un accident de cheval avaient exempté de tout service
militaire^ n'hésita pourtant pas à s'engager pour la
durée des hostilités. Ses intimes^ n'ignorant pas quHl
cachait sous des dehors ardents une santé fragile^
n apprirent pas sans inquiétude cette décision. Il avait
trop présumé de ses forces, en effets et il dut bientôt
être réformé pour la deuxième fois. Le danger l'at-
tendait ailleurs. La guerre n^ était pas terminée qu'une
maladie soudaine le terrassait loin de sa famille et
de ses amis et l'enlevait brutalement à leur affection.,
le 24 octobre igij.
Une pieuse pensée a voulu que l'œuvre inédite de
Philippe Gaston-Dreyfus ne disparût pas avec lui,
mais qu'elle fût mise, comme il comptait lui-même
le faire un jour, à la disposition des amateurs et des
érudits. Le Comité de V Histoire de l'art français,
pressenti, fut unanime à reconnaître l'intérêt de ce
travail et se montra disposé de prime abord à le com-
prendre parmi ses publications. Bien des obstacles
retardent en ce moment les impressions scientifiques ;
mais ils furent levés un à un avec une si constante et
si généreuse application que le permis d'imprimer
put être donné sans retard.
— i36 ~
// nous reste à faire connaître en quelques mots
l'économie de la présente édition.
Les papiers laissés par Philippe Gaston-Dreyfus
et mis à notre disposition ne comprenaient pas seule-
ment le texte du mémoire soutenu en Sorbonne. S'il
s'était., en effet., borné^ dans ce travail., à commenter
les œuvres importantes et cei^taines de Lépicié., il avait
rassemblé par ailleurs^ en vue d'une monographie
plus étendue., un vaste fichier sur les toiles et les
dessins dont l'état civil restait à préciser^ parce
qu'ils ne lui étaient encore connus que par des men-
tions fugitives ou incontrôlées.
Il eût été difficile d'utiliser ces fiches si nous n'avions
eu la bonne fortune de pouvoir recourir à la collabo-
ration de miss Florence Ingersoll-Smouse^ docteur
de V Université de Paris et membre de notre Société.,
qui avait déjà entrepris^ dans la Revue de l'Art
ancien et moderne, une série d'articles très documen-
tés sur Lépicié. Miss Smouse a bien voulu., en s'aidant
de ses propres recherches^ remettre à jour la partie
du catalogue rédigée par Philippe Gaston-Dreyfus
en igio, compléter ensuite., dans la mesure du pos-
sible, les notices des œuvres non datées ou attribuées
à notre peintre avec plus ou moins de certitude, et
enfin, pour la commodité du lecteur, fondre ensemble
ces deux parties inégalement achevées.
Ainsi composé, le présent catalogue peut être pré-
senté comme un très précieux instrument de recher-
ches et comme une image aussi complète et aussi
fidèle que possible de l'œuvre d'un maître trop long-
temps tombé dans l'oubli.
Dans le dossier qui nous a été confié, le catalogue
proprement dit était suivi d^une très abondante biblio-
graphie. C'était un chapitre indispensable dans tin
travail d'école, puisqu'il attestait la conscience de
l'auteur et l'étendue de sa documentation; mais il
- i37-
nous a semblé que les travailleurs à qui s'adresse la
présente publication^ et qui sont eux-mêmes rompus à
ce genre d'études^ sauraient se contenter des nom-
breuses références indiquées dans le texte lui-même.
Il y a toutefois une partie de cette bibliographie qu'il
serait regrettable de laisser inutilisée^ cest celle qui
se rapporte aux catalogues de ventes.
Philippe Gaston-Dreyfus n'avait cej'tes pas pré-
tendu découvrir le large parti que l'on peut tirer des
catalogues de ventes pour une monographie d'artiste^
mais je ne sais si quelqu'un^ avant lui^ les avait aussi
systématiquement interrogés. C'est ainsi qu'avant de
recourir à ces livrets eux-mêmes et aux archives
des commissaires-priseurs (qui y ajoutent la mention
du prix et de l'adjudicataire}^ il s'était préoccupé d'en
réunir la liste complète. Aussi avait-il entrepris un
dépouillement de nos principales collections publiques^
qui lui avait donné trois mille deux cent onze titres
non compris dans les listes classiques de Duplessis et
de Soullié.
Si nous n'avons pas cru devoir faire place ici à ce
précieux chapitre de bibliographie, ce n'est pas que
nous en ayons méconnu l'utilité, mais c'est au con-
traire parce que son intérêt déborde notre sujet. Le
récent Congrès international d'Histoire de l'art, tenu
à Paris en ig2i , a en effet émis le vœu qu'une biblio-
graphie complète des catalogues de ventes fût dressée
et conservée à la Bibliothèque d'art et d'archéologie.
Nous souhaitons donc (et nous savons que ce souhait
sera entendu) que la liste établie par Philippe Gaston-
Dreyfus soit accueillie par cette Bibliothèque, et nous
espérons aussi y retrouver prochainement le beau
recueil de photographies où nous avons puisé notre
illustration.
Notre dossier nous offrait enfin une étude sur la
vie et l'art de Lépicié que nous n'avons eu qu'à repro-
— i38 —
duire pour donner une introduction au présent ou-
vrage. On nous excusera de nous arrêter en der-
nier lieu sur ces pages que notre ami avait placées
en tête de son travail. Si le catalogue lui-même est
un évident témoignage de sa méthode^ de sa sagacité
et de sa ténacité de chercheur., il nous semble retrou-
ver plus complètement encore sa personnalité dans
cette introduction, si sobre, si brève, si exempte de
« littérature », et qui pourtant peint avec tant de tact
et de sensibilité un caractère et un talent d'artiste.
Lépicié est tin peintre difficile à analyser, car il
vaut surtout par des nuances. Asse:{ inégal, parfois
mièvre, timide et appliqué., sa technique et son senti-
ment sont, au contraire, dans ses bons jours, d'une
distinctiofi, d'une harmonie, d'une délicatesse et d'une
tendresse vraiment raffinées. Ce n'est pas par hasard
que Philippe Gaston-Dreyfus a senti et exprimé ces
qualités avec un rare bonheur.
Il nous reste à nous excuser auprès de tous ceux,
collectionneurs, érudits, conservateurs de musées ou
de bibliothèques, qui, par leur obligeajice, leurs ren-
seignements, leurs documents., avaient apporté leur
concours à ce travail. Notre ami aurait eu un grand
plaisir à leur dire sa reconnaissance, et nous regret-
tons d'être trop incomplètement en mesure de leur
rendre l'hommage qui leur serait dû.
Malgré nos soins, ce n'est certainement pas la seule
lacune ou le seul oubli dont nous devons porter la
responsabilité. Tous ceux qui ont eu la tâche de
publier un manuscrit qu'ils n'ont pas composé savent
combien il est difficile de se substituer à l'auteur lui-
même, même quand on est attaché à sa mémoire par
les liens de vieilles et fidèles amitiés.
Jean Laran.
- i39-
INTRODUCTION.
I. — La vie de Lépicié.
Nicolas-Bernard Lépicié était, par sa naissance
même, porté à s'intéresser à l'art. Il est, en effet, le
fils de François-Bernard Lépicié, graveur du roi et
secrétaire perpétuel de l'Académie. Les renseigne-
ments que nous possédons sur les Lépicié nous per-
mettent de suivre à travers le xviii^ siècle la vie d'une
famille de petits bourgeois dont quelques membres
sont des artistes. Le graveur François-Bernard est
né en 1698 de Robert Lépicié, maître écrivain, et de
Françoise-Gabrielle Garot. Un avocat et M^^^ Le
Maire de Verville lui servent de parrain et de mar-
raine ^
François -Bernard Lépicié fut probablement un
élève de Jean Audran^. Membre et secrétaire perpé-
tuel de l'Académie, logé au Louvre depuis 1748-^, il
tient dans le monde des artistes une place importante.
«... Bon graveur, il a de l'esprit et des lettres, il écrit
assez bien en prose et fait d'assez jolis vers... Il faut
le voir. Il est poly, obligeant et communiquatif...^. »
Cet homme aimable avait su gagner les faveurs de
Cochin et celles de Marigny : on en trouvera maint
témoignage dans la correspondance entretenue par
le surintendant des Beaux-Arts et le secrétaire perpé-
tuel de l'Académie.
1. Renseignements tirés de l'acte de baptême de François-
Bernard Lépicié : Herluison, Actes d'état civil..., p. 245.
2. Sur la vie et les œuvres de François-Bernard Lépicié, voir
Portalis et Beraldi, Les gravews du XVIII* siècle..., t. IL
3. Nouvelles Archives de VArt français, t. II, p. 91; t. VII,
p. 173.
• 4. Texte inédit. Portefeuille de Bachaumont. Beaux-arts.
Correspondance, Arsenal, 4041, p. 337.
— 140 —
Le talent de François-Bernard ne suffit peut-être
pas à expliquer les succès de sa carrière officielle, mais
c'est cependant un graveur très estimé et très esti-
mable. Son auteur préféré, c'est Chardin, dont per-
sonne, même Le Bas et Cochin, n'a plus justement et
plus sobrement traduit le charme intime. En outre, il
a gravé nombre de portraits; les plus célèbres sont
ceux du peintre Nicolas Bertin, exécuté pour sa récep-
tion à l'Académie; de Philibert Orry, contrôleur des
finances, et celui de Pierre Grassin, auquel il devait
arriver une fâcheuse mésaventure, souvent racontée.
Il n'est pas indifférent de noter que le père de Nico-
las-Bernard était un admirateur de Chardin. — Ce
fut aussi un écrivain et nous avons de lui deux livres
fort utiles : Vie des premiers peintres du Roi et Cata-
logue raisonné des tableaux du Roi.
Par une rencontre heureuse, la mère de Nicolas-
Bernard est, elle aussi, une artiste. Elle s'appelait
Renée-Elisabeth Marlié et avait épousé, en 1732, à
l'âge de dix-huit ans, François-Bernard. Elle fut une
collaboratrice de son mari et nous connaissons
quelques gravures exécutées par elle seule. Par
exemple : la Cuisine Flamande d'après Téniers et
plusieurs estampes d'après Chardin.
Le secrétaire de l'Académie avait un frère qui fut,
semble-t-il, graveur, mais graveur en médailles.
Employé, peut-être d'un rang assez élevé, à la Mon-
naie d'Amiens, c'est lui, dit-on, qui fit graver par son
frère le portrait de Grassin ^
I. Sur ce frère de François-Bernard Lépicié, voir Diction-
naire de l'abbé de Fontenoi. Voir aussi Ga:^ette numismatique
française, 1905, p. 277; Études sur la numismatique du Berry,
par A.-D. Mater. 11 y est question d'un Lépicié qui, en 1719,
exécute la taille de coins pour des médailles. Je dois, de plus,
les renseignements suivants à l'amabilité de M. MazeroUe.
Toutes les monnaies d'Amiens exécutées entre 1718 et 1727
portent comme différent, au droit, sous le buste, un épi cou-
— 141 —
François-Bernard Lépicié eut, à notre connaissance,
trois enfants. Deux filles, dont l'une, Marie-Elisabeth
qui, peut-être, est l'aînée, et qui mourut le 6 août
1754^ ; l'autre, née en lySy, s'appelait Françoise-Elisa-
beth 2. Deux ans auparavant, était né le seul fils :
Nicolas-Bernard Lépicié, le 16 juin lySS. Ses parents
habitaient alors rue Saint-Louis. C'est ce que nous
apprend l'acte de baptême tiré des registres de la
paroisse Saint- Barthélémy. Son parrain fut Nicolas
Marlié, ancien syndic des écrivains jurés. Sa marraine,
Marie Garot. Cet acte officiel nous donne avec exac-
titude les prénoms de l'artiste. Ce point est important,
car on a souvent confondu François -Bernard avec
Nicolas-Bernard, et des auteurs comme Jal ont sou-
vent prêté à ce dernier des prénoms fantaisistes.
Nous ne connaissons rien de l'enfance de Nicolas-
Bernard, sauf qu'il habita avec ses parents en 1740
au coin de l'abreuvoir du quai des Orfèvres^, jus-
qu'au moment où la famille du peintre fut logée au
Louvre, en 1748. Il marcha d'abord sur les brisées de
son père et se livra à l'art de la gravure, mais la fai-
blesse de sa vue l'obligea à abandonner rapidement
cette carrière*. Lépicié s'adonna, alors, « entièrement
à la peinture, sous les yeux de M. Carie Vanloo ».
Pour la première fois, nous voyons apparaître son
nom au jugement des prix du Quartier, à l'Académie,
ché à droite, comme coupé par une faucille que l'on peut lire
l'épi scié. Il y a d'autres exemples à Amiens même d'ana-
grammes de ce genre marqués sur les monnaies. D'autre part,
M. Furcy-Raynaud nous apprend qu'un dessin de Lépicié,
appartenant à M. Delastre, porte la même marque.
1. Annonces, affiches, 12 août 1754, p. 489.
2. Herluison, loc. cit.
3. Les adresses des Lépicié se trouvent au bas des estampes
de François-Bernard.
4. Ces renseignements sont tirés d'une notice nécrologique
du Journal de Paris, 7 octobre 1784, n" 281, p. 1186-1187.
— 142 —
le 25 septembre lySi : il obtint la troisième médaille
et avait alors seize ans^ L'année d'après, au même
concours, le 23 juin 1753, il arriva au deuxième prix
de peinture^. Quelque temps après ces brillants suc-
cès, il eut la douleur de perdre son père, le 18 janvier
1755. Cette mort occasionna dans la famille Lépicié
une véritable gêne pécuniaire et M"^^ Lépicié, profi-
tant des anciennes relations de son mari avec Mari-
gny, fit appel à lui. Sa requête aboutit, car, le
28 avril 1755, le roi accordait une pension à vie de
600 livres à la veuve, et Marigny, dans sa lettre, ajou-
tait : c( ... J'aurais bien souhaité que l'état actuel des
Bâtiments m'eût permis de vous procurer un plus
grand secours, mais ils sont si surchargés, qu'il n'a
pas été possible de faire mieux; soyés persuadée, je
vous prie, que vous me trouvères toujours disposé
à vous obliger quand les occasions s'en présente-
ront...3. »
Ces subsides ne durent pas suffire à M^^^ Lépicié,
qui est obligée de recourir à son burin en 1756^.
Nicolas-Bernard, avec régularité, continue à gravir
les échelons des honneurs et on lui décerne, le i^"" sep-
tembre 1759, le deuxième prix au concours des
« Grands Prix »^. Enfin, il est agréé par l'Académie,
sur la présentation de son tableau « Guillaume le
Conquérant », le 28 septembre 1764^.
Lépicié, qui, jusqu'ici, était resté un élève, expose
pour la première fois au Salon de 1765 et dès lors
prend place parmi les maîtres. Il avait alors trente
ans. L'historique des œuvres que Nicolas-Bernard
1. Procès-verbaux de l'Académie...., t. VI, p. 286.
2. Ibid., t. VI, p. 324.
3. Texte inédit. Archives nationales, O^ 1908.
4. Mercure de France, novembre 1756, p. 169-170.
5. Procès-verbaux..., t. VII, p. 102.
6. Ibid. y t. VII, p. 270.
- .43-
exposa au Salon n'a point à être fait ici, on le trou-
vera plus loin, au cours de notre catalogue.
Rapidement, il devint académicien, le i^^" juillet
1769, et adjoint à professeur, le 28 juillet 1770'. On
lui confie la suppléance de Falconnet, parti en voyage
à Saint-Pétersbourg. Comme couronnement de sa
carrière, il est nommé professeur, le 3o décembre
17772. Entre temps, sa mère mourut, en 1773, et il se
trouva seul au monde avec sa sœur. Il avait alors son
atelier du côté de la cour du vieux Louvre et il vivait,
semble-t-il, d'une vie calme et effacée. Aucun de ses
voisins d'atelier : Joseph Vernet, Gounod, Chardin,
ne parle longuement de lui. Il s'éteignit sans bruit, le
i5 septembre 1784, et fut enterré à Saint-Germain-
l'Auxerrois en présence de ses cousins, l'un profes-
seur de mathématique et l'autre marchand fourbisseur.
Lépicié avait quarante-neuf ans. Il laissait une sœur
qui continua à habiter au Louvre ; nous ignorons la
date de sa mort^.
Si l'on se fiait au témoignage de ses propres por-
traits, Nicolas-Bernard nous apparaîtrait comme un
homme plein de vie et d'énergie : la figure grêlée sous
une perruque poudrée à cadenette, les yeux vifs; tout
en lui concorde à donner une impression de jeunesse
et de vigueur. Mais nous savons par ailleurs qu'il pos-
sédait une très mauvaise santé ; doué d'une vue faible,
atteint d'une maladie de poitrine dont il devait mou-
rir encore jeune, il était nerveux et impressionnable à
l'excès. Le peu que nous connaissons de son carac-
tère nous permet de supposer qu'il était très doux,
très timide et très modeste. Il était très aimé de ses
amis. C'était un travailleur infatigable et qui ne pro-
1. Procès-verbaux, t. VIII, p. 81, io3.
2. Ibid., p. 3ii, 3i2.
3. Herluison, loc. cit.
— 144 —
duisait pas seulement dans un but intéressé. Quoique
peu fortuné, il consacrait une grande partie des fruits
de son labeur à soulager les misères d'autrui^ Lépi-
cié était assez dévot et avait contracté l'habitude, pré-
tend-on, de travailler en tobe de moine^. Vers la fin
de sa vie, il subit une crise morale que l'accès de vertu
du xviii^ siècle finissant ne suffit pas à expliquer.
Le scrupule est l'expression même du caractère de
Lépicié et il prend parfois chez lui une forme presque
maladive. On le voit, dans son testament, se mortifier
pour quelques nus très inoffensifs et demander hum-
blement à « la Divine Bonté » le pardon de ses
fautes 3.
Dans son logement du Louvre, Lépicié avait un
atelier fréquenté par deux catégories d'élèves. D'abord
des enfants, comme Carie Vernet, Métivier, Gounod,
Godefroy et Colmart. Une lettre de 1769, écrite par
le jeune Vernet à son père, nous fait assister à la vie
laborieuse du maître et des élèves''. Ensuite viennent
les élèves de l'Académie. Nous connaissons plusieurs
d'entre eux. Le premier dont le nom nous soit donné
c'est Jean-Baptiste Regnault, qui remporte, en 1775,
le second prix de peinture et, en 1776, le premier au
concours des « Grands Prix », en qualité d'élève de
Lépicié^. Cet élève devait devenir célèbre (c'est le
baron Regnault); mais il serait difficile de discerner
quelle part eut Lépicié dans la formation de son talent.
Peut-être, au concours de 1775, un deuxième second
prix de peinture fut-il adjugé à un autre élève de
1. Journal de Paris, loc. cit.
2. Charles Blanc, Histoire des peintres, t. II, p. 8.
3. Pour ce qui concerne le testament de Lépicié, voir Bulle-
tin de la Société de l'histoire de l'Art français, 1910, i" fasci-
cule, et, ci-dessous, notre Catalogue, n° 175.
4. Voir plus loin au Catalogue.
5. Procès-verbaux, t. VIII, p. 197, 233.
- 145-
Lépicié : Jean-Nicaise Périn, mais le fait reste dou-
teux'. En 1778, le peintre d'histoire Antoine Giroust,
qui avait été l'élève de Vien de 1770 à 1775, se voit
décerner le diplôme de grand prix comme élève de
Lépicié^. En 1779, Carie Vernet, qui était devenu élève
de Lépicié à l'Académie, remporte le deuxième prix
de peinture^. La même récompense échut à Gounod
en 1783; il n'y eut d'ailleurs pas cette année-là de
premier prix''.
Nous connaissons encore le nom de quelques élèves
de Lépicié. Par exemple, Taillasson, qui remporte le
troisième prix de peinture en 1769'''; de même l'Alsa-
cien Schall; enfin Pierre-Henri Danloux^.
IL — L'art de Lépicié.
Le nombre des élèves de notre peintre et leurs suc-
cès, la rapide carrière de Nicolas-Bernard, facilitée,
il est vrai, par le renom de son père et la protection
de Cochin, attestent la place importante occupée par
Lépicié dans la vie artistique de son époque. Les cri-
tiques lui accordèrent d'emblée leur attention. Nous
réservons pour le catalogue les appréciations dont
furent l'objet, année par année, les œuvres nouvelles
1. Procès-verbaux, p. 198. Une correction du manuscrit fait
de Périn un élève de Du Rameau.
2. Ibid., t. VIII, p. 345. — Antoine Giroust, par L. S., petit-
neveu du peintre. Pontoise, 1888, in-8% p. 5.
3. Ibid., t. VIII, p. 395.
4. Ibid., t. IX, p. i65. Voir Journal de Paris, n" 244, i" sep-
tembre 1783, p. 1007.
5. Voir Correspondance des directeurs de l'Académie de
France à Rome (lettre de Joseph Vernet à Montucla, i" avril
1774)-
6. Renseignements tirés d'un manuscrit de la bibliothèque
de l'École des beaux-arts intitulé : École royale des élèves
protégés.
1921 10
- ,46 -
de Lépicîé. Cela sera, croyons-nous, la meilleure
manière de suivre le^développement de son talent et
de ses succès. Nous nous bornerons à dégager ici de
quelle façon Lépicié fut, en général, jugé de ses con-
temporains, puis des auteurs modernes.
Disons tout de suite que les critiques du xviii« siècle
semblent avoir été en général assez bien inspirés.
Nous sommes tout prêts à souscrire à l'opinion expri-
mée par la plupart d'entre eux, quand ils regrettent
le temps passé par Lépicié à la peinture d'histoire.
Quel dommage qu'il ait « ... comme tant d'autres la
manie de peindre l'histoire et de traiter des sujets
trop élevés pour son pinceau...* » Bachaumont cons-
tatait de son côté que Lépicié « se fait toujours
goûter quand il ne veut pas s'élever au genre de l'his-
toire^... », et, dans la notice nécrologique que con-
sacre à l'artiste le Journal général de France^ ^ «...
quelle manie inexplicable, est-il dit, l'a toujours
déterminé à solliciter de grands ouvrages, des sujets
d'histoire? » Il est vrai que les regrets unanimes des
contemporains à ce sujet n'ont pas tout à fait les
mêmes raisons que les nôtres. Leurs reproches ne
vont point au genre historique lui-même, mais bien
plutôt au peintre qui n'a point le style nécessaire pour
y réussir.
Le Véridique au Salon^ comparant Lépicié à Vien
et à Lagrenée, s'exprime ainsi :
«... Tout est de la même valeur : les lumières sont
éparpillées, de manière que chacune des figures prises
à part pourrait faire un tableau. Leur rapproche-
ment ne produit point d'effet''. » Ceci est bien vu et
ce que nous saverhs des procédés de travail de Lépi-
1. Mercure de France^ i" oct. 1785, p. 22, 25.
2. Bachaumont, Mémoires secrets^ t. XXIV, p. 3o.
3. Samedi 10 septembre 1785, p. 439-440 (Bibl. nat., in-4%
Lc2 69).
4. Le Véridique au Salon, 1783, p. 7, 9.
— H7 —
cié confirme cette observation. Ces défauts de com-
position lui ont été bien souvent reprochés et aussi
la froideur, le manque d'enthousiasme et de vie dans
ses peintures historiques. C'est là ce qui irritait si
fort Diderot', en même temps que certains péchés
contre « la vérité historique ». Ce reproche, exprimé
à propos du premier tableau de Lépicié, nous le retrou-
vons à toutes les époques de la vie du peintre et
le Véridique au Salon désirait, en 1783, « que ses
formes générales et ses têtes sentissent l'étude de l'an-
tique... »
Pourquoi les critiques regrettent-ils si fort de voir
Lépicié s'employer à la peinture historique, c'est ce
que nous apprend en termes heureux un écrivain
anonyme du Salon de 1 781 ^ : «... M. Lépicié se tour-
mente comme les autres pour être grand, mais... ses
efforts... le font paraître plus petit. Qu'a donc vu de
si beau cet artiste dans cette neuvaine que va faire
au Capitole Fabius- Dorso?... Oh! pour le coup,
M. Lépicié, peignez-nous le départ d'un braconnier,
le jeu de la fossette et celui des cartes. »
Comme peintre de genre en effet, Lépicié, s'il fut
un peu long à gagner les sympathies de Diderot, fut
généralement très apprécié de ses contemporains.
Bachaumont lui trouve une vérité, « une naïveté pré-
cieuse, qui rendent ses grotesques aimables sans exci-
ter le rire ». Dès 1773, le critique de V Année littéraire
est séduit par les petits tableaux de M. Lépicié, dont
il apprécie les sujets « simples », tirés de « la vie ordi-
naire^ ».
Dans les notices qui parurent après la mort de
l'artiste, ce sont toujours les mêmes éloges, tempérés
par les mêmes regrets qu'il ne soit pas toujours resté
1. Œuvres^ t. X, p. 387.
2. Lettres d'Artriomphile à M'^" Mérard de Saint-Just...
Paris, 1782, p. 13-14.
3. Lettre V, 12 septembre 1773, p. ii3 (Bibl. nat., Inv. Z. 40643).
— 148 —
un peintre de genre. On lui reconnaît deux grandes
qualités : « C'était le peintre de la nature, écrivait-on
en 1785, et tout ce qu'il faisait portait le caractère de
la vérité '... » — «... Ses petits tableaux, dit un autre,
sont d'une vérité étonnante ; la nature était son maître,
il l'a toujours écoutée avec la plus grande docilité 2... »
Avec plus de précision, le Véridique de 1783 note « la
vérité de ses têtes qui sont bien celles du bas peuple »,
et la notice du Journal de Paris raconte qu'une par-
tie de campagne qui eut lieu « ... Tannée dernière^
lui inspira le goût des animaux, dont il fit sur-le-
champ une quantité d'études... ». Le souci de la
vérité, les critiques le retrouvèrent dans son dessin
exact, « sa manière nette, son coloris vrai... », et dès
1773 il est comparé à Téniers. — Ce nom, nous le
rencontrons bien souvent dans les écrits qui parlent
de Lépicié : dès ses premiers essais, dit-on, « ... il a
atteint la perfection des Flamands les plus finis... ».
En somme, on reconnaît facilement une grande habi-
leté technique à Lépicié « ... M. Greuze, dit le Véri-
dique^ comme homme d'esprit fait de meilleurs
tableaux, et M. Lépicié a l'avantage dans la pratique
de l'art... »
En ce qui concerne la couleur de Lépicié, elle
donne lieu a quelques jugements sévères. Ainsi, en
1769, on la trouve « ... un peu laqueuse et quelque
fois sèche » et l'on cite « une tête de vieille femme
qui est couleur de brique et sans couleur de ton^ ».
Bachaumont trouve sa couleur trop souvent « sèche et
éraillée^ ». Mais le plus souvent on en parle avec
1. Minos au Salon, 1785, p. 7.
2. Le peintre anglais au Salon..., 1785, p. 8.
3. C'est-à-dire en 1783. « Le Tableau de la cour de ferme » a
été exposé en effet au Salon de 1785.
4. Lettre sur l'exposition des ouvrages de peinture..., 1769,
p. 36.
5. Bachaumont, t. XIII, p. 104, io5 (1771).
— 149 —
éloge. Les mêmes mots reviennent. UAnnée litté-
raire, en 1773, remarque « ... ce ton argentin et de
cette touche savante ». Un autre critique parlant de
la couleur de Lépicié déclare qu'il n'a jamais pu en
trouver de semblable et il ajoute plaisamment : « Si je
n'avais pas été si pressé, j'aurais fait un saut chez l'au-
teur lui en demander une once, car sûrement on
n'en trouvera point ailleurs'... » — Mêmes éloges
l'année suivante dans VAlmanach des architectes et
des peintres^.
Autant Lépicié fut bien compris et bien jugé par ses
contemporains, autant il fut méconnu par la suite. Sa
peinture, entre 1800 et 1860, fut très dépréciée; il est
vrai, comme tout l'art du xviii^ siècle. Certains de ses
tableaux et de ses dessins atteignirent en vente
publique des prix dérisoires. Ainsi, la Politesse inté-
ressée^ se vendit, en 1844, 35 francs; la. Réponse dési-
rée^^ en 1818, 3oo francs. Des études pour la Halle^
comme la Marchande de choiix^, atteignirent, en 1860,
2 francs; même en 1878, la ville du Havre achetait
dix dessins pour 3oo francs^.
En fait, le nom de Lépicié était peu à peu tombé
dans l'oubli : on confondait la plupart du temps ses
tableaux avec ceux de Greuze et de Chardin. Quelques
critiques, cependant, le réhabilitèrent. Quoique ayant
peu d'éléments pour le juger, ils le comprirent à mer-
veille. Charles Blanc, dans son Histoire des peintres
de toutes les écoles"^ ^ lui consacre un excellent article
1. La lanterne magique aux Champs-Elysées , 1776, p. i3.
2. 1776, p. 91.
3. Voir notre Catalogue, n° i63.
4. Ibid., n» 179.
5. Ibid., Dessins, n" 443.
6. Ibid., n* 440.
7. T. II. École française, p. 6 (notice sur Lépicié).
— IDO —
dont aucun mot à l'heure actuelle ne serait à chan-
ger. A partir de 1860, divers grands collectionneurs,
tels que Boitelle, J. Burat, le remettent à la mode, ainsi
qu'une quantité d'expositions sur l'art du xviiie siècle,
où des critiques comme Henri de Chennevières* et
P. Mantz^ remarquent ses tableaux et les apprécient
en des termes fort justes. Puis, graduellement, la pein-
ture de Lépicié bénéficie de l'extraordinaire engoue-
ment de notre temps pour le xvni^ siècle et ses œuvres
provoquent en vente publique des enchères sensa-
tionnelles dont on trouvera mention dans quelques-
unes de nos notices.
Il nous reste peu à dire, après les critiques du
XVIII* siècle, sur les grandes peintures dans lesquelles
Lépicié a usé beaucoup de ses forces. Parti de l'art
aimable et facile de Vanloo et de Boucher, il a évo-
lué avec son temps, et autant que son tempérament
le lui permettait, vers le goût classique et sévère d'un
Vien ou d'un David. Il se fait reconnaître parfois à
certains morceaux de nu réalisés avec tendresse, à
certaines draperies d'un beau style et d'un modelé
savoureux; mais il faut avouer qu'il est le plus sou-
vent impersonnel et qu'il n'a pas su montrer, dans
ses œuvres officielles, plus d'intelligence historique,
de génie dramatique ou de sens décoratif que la
moyenne de ses contemporains.
Si Lépicié nous semble mériter une place dans
l'histoire de l'art français, c'est par ses œuvres de
moindres dimensions et de moindres ambitions. Il y
a dans notre xviii^ siècle, surtout dans la deuxième
moitié, un petit groupe d'artistes qui ont essayé de
remettre en honneur la peinture de genre, telle qu'elle
1. Ga![ette des beaux-arts, 2" période, t. XXIX, p. 172. Expo-
sition de l'Art du xviii" siècle (1884).
2. Id., ibid., t. XXXI, p. 5o5. Portraits du siècle {i885). Voir
aussi Préface de la Vente J. Burat, 28, 29 avril i885, p. xi.
— i5i —
s'était développée aux Pays-Bas un siècle auparavant.
Nous l'avons vu et on pourra le constater encore au
cours du présent catalogue, le public et les critiques,
loin de mépriser ces œuvres d'inspiration modeste,
les accueillirent avec une sympathie marquée;
quelques toiles de Lépicié resteront parmi les meil-
leures que l'on ait produites alors en ce genre.
Les sujets préférés du peintre sont pris dans la vie
ordinaire et courante. Volontiers, il fait les portraits
de ses élèves, Carie Vernet le plus souvent; il n'em-
ploie jamais, semble-t-il, des modèles de profession;
il se sert de sa famille, de ses amis et, lorsqu'il veut
peindre, se contente de regarder auprès de lui « ses
élèves déjeunant dans son atelier » (lySS), « une jeune
mère allaitant son enfant » (1774) ou « faisant lire sa
petite fille » (1774).
Son dessin, en général, est correct et aimable,
quelquefois, peut-être, un peu trop égal et tranquille,
mais souvent aussi d'une tendresse exquise. Quand
Lépicié s'oublie un peu et s'anime au contact du
modèle, comme dans la Femme avec son enfant ou la
Jeune fille relevant son tablier, il ajoute à sa finesse
et à sa distinction habituelles l'autorité d'un véritable
maître.
Quant à sa couleur, on lui a souvent reproché, et
jusque de nos jours ^, d'être sèche, froide et grise. Elle
nous paraît, au contraire, grasse et délicatement nuan-
cée. Que l'on regarde ses tableaux d'histoire (Vénus et
Adonis^ i']Ç)Qi) ou ses tableaux de genre (Un tableau de
famille^ 1767 ; la Bonne Mère, 1774) ; il en est toujours
de même : sa pâte est savoureuse, croustillante, épaisse
aux bons endroits. Il faut le juger surtout dans les
accessoires de ses compositions : le bois d'une table,
bien patiné et légèrement ensoleillé, un carton à des-
sin bourré de feuilles à la fois souples et épaisses,
I. Schéfer, L'art et les mœurs en France, p. 112.
— l52 —
une jupe de satin à petites rayures, lui fournissent
prétexte à des natures mortes qui sont un véritable
régal.
Les harmonies de tons de Lépicié sont toujours
très simples et très fines. Dans ses portraits, ses per-
sonnages sont habillés en gris, le fond du tableau est
gris, et un foulard blanc ou une chemise blanche
arrêtent la lumière et l'œil. Le charme de sa palette
est dans le ton argenté de ces gris.
Il a certes regardé Téniers et Terburg, mais le
peintre de Narcisse et d'Adonis ne peut apporter dans
l'observation la même qualité de réalisme qu'un Fla-
mand ou un Hollandais. Il sait être intime et naturel,
mais de son passage dans la peinture d'histoire il
garde une note de noblesse et d'élégance qui est bien
de son temps et de son pays. Dans un album des
chefs-d'œuvre du Musée de l'Ermitage, un jeune
enfant peint par Lépicié figure entre un Chardin et
un Greuze. Il ne saurait être mieux à sa place qu'entre
ces deux peintres de la bourgeoisie distinguée, à qui
il fait penser tour à tour, et dont il s'est constam-
ment inspiré sans cependant se confondre avec eux.
La comparaison n'est pas toujours à son désavan-
tage. Non qu'il atteigne le faire magistral, la puis-
sance concentrée de Chardin, ou même le brio et la
chaleur que montre Greuze dans ses bons jours, mais
il a une discrétion et une finesse de sentiments, une
vision délicate de la couleur, un dessin distingué et
sensible qui font de quelques-unes de ses toiles de
véritables chefs-d'œuvre.
Que l'on revoie ou que l'on évoque par la pensée
le Petit Dessinateur au milieu de la salle du xviii^ siècle
au Louvre. — Quel tableau, de quel maître, pourrions-
nous voir sans regret prendre la place de cette œuvre
parfaitement exquise dans sa simplicité?
Philippe Gaston-Dreyfus.
— i53 -
CATALOGUE RAISONNÉ
DE l'œuvre peint ET DESSINÉ
DE
NICOLAS-BERNARD LÉPICIÉ
TABLEAUX.
I. — Histoire.
a) Œuvres datées.
. La descente de Guillaume le Conquérant sur les
côtes d'Angleterre.
Guillaume, duc de Normandie, abordé aux côtes de
Sussex, exhorte son armée à vaincre ou à mourir, et,
pour déterminer ses soldats, par le coup le plus hardi,
il fixe leur attention sur sa flotte en jeu. {Richesses
d'art, Province, t. V, p. 72.)
Toile, forme cintrée. H. 4'"oo; L. 8'"45.
Voir plus loin le dessin préparatoire : n" 270.
Salon de 1765, n» 162.
Envoyé dans le réfectoire de l'abbaye aux Hommes à Caen,
pour lequel il avait été commandé par les Bénédictins réfor-
més de la congrégation de Saint-Maur. Il est encore à son
emplacement primitif, mais les bâtiments de l'abbaye sont
aujourd'hui utilisés par le lycée Malherbe, a Caen. Le
tableau occupe le fond du réfectoire.
Lors de son apparition au Salon de 1765, ce tableau fut
fort remarqué du public et des critiques.
Diderot marque son enthousiasme pour le sujet, mais non
pour l'œuvre : « ... Cela est mille fois plus froid et plus
maussade que le passage d'un régiment sous les murs d'une
ville de province en allant à sa garnison... Rien ne remplace,
dans le tableau de Lépicié, l'intérêt qu'il a négligé. Il n'y a
- .54 -
ni harmonie, ni noblesse. Il est sec, dur et cru. )> {Œuvres,
édition Assézat et Tourneux, t. X, p. SSy-SSg).
Dans le Journal encyclopédique (novembre lyôS, t. VIII,
p. 82-83), le critique est du même avis que Diderot : « ... La
pensée n'y est pas rendue avec assez d'intérêt... Il est de la
force d'un élève... auquel il manque la connaissance des
grands peintres d'Italie, tels que Piètre de Cortone, Raphaël,
Paul Véronèse, etc., dont les ouvrages seuls peuvent don-
ner aux jeunes peintres les moyens de développer les idées
les plus grandes et fournir les plus belles ressources à celui
qui a de l'invention... »
Le Mercure de France (octobre 1766, p. 188-189) et V Avant-
Coureur (9 septembre 1765, p. 557) sont au contraire très
élogieux.
Pour les autres critiques, voir : Année littéraire, lettre VII,
1765, p. i58, et aussi Lettres à Monsieur*** (par Mathon de
la Cour, le fils) sur les peintures, les sculptures... exposées
au Salon du Louvre en 1765, Paris, octobre 1765, in-12, p. 68.
2. Jésus-Christ baptisé par saint Jean.
Saint Jean, revêtu d'une peau de mouton, étend la
main droite sur la tête du Christ, agenouillé et incliné;
il est couvert d'une draperie blanche. A droite, trois
personnages, vus seulement en buste, contemplent la
scène; à gauche, une colombe et trois anges voltigent
dans les nuages, d'où sortent trois têtes d'archanges ».
{Richesses d'art, Province, t. V, p. 72.)
Signé : Lépicié, ij63.
Toile, forme cintrée. H. 2^50; L. 2'"i7.
Salon de 1765, n" i63.
Comme le précédent (n» i), il avait été commandé pour
l'abbaye aux Hommes et se trouve dans le réfectoire du
LYCÉE Malherbe, a Caen.
Ce tableau passa inaperçu; seul, Diderot, impitoyable, prit
longuement l'artiste à partie. {Œuvres, t. X, p. 389-391.)
3. Saint Grépin et saint Crépinien distribuant leurs
biens aux pauvres.
Les deux jeunes saints sont élevés et debout sur
une espèce d'estrade. A droite, au dessous de l'estrade,
des vieillards, des femmes, des enfants, une troupe de
pauvres, les bras tendus vers eux et attendant la dis-
— i55 —
tribution. Sur l'estrade, derrière les saints, à gauche,
deux assistants ou compagnons.
H. 7 pieds; L. 5 pieds (2'"28; i'"62).
Voir, plus bas, la réplique réduite de ce tableau (n° 4).
Salon de 1765, n" 164.
« Ce tableau fut envoyé à une des églises de Châlons-sur-
Marne », dit le Livret du Salon.
Cette fois-ci, Diderot fait des compliments à Lépicié, mais
c'est pour l'accuser, un peu plus loin, de vil plagiat : « ... Mon
ami tirez... votre chapeau, faites aussi la révérence à saint
Crépin et à saint Crépinien et saluez Le Sueur... » (T. X,
p. 391-393.)
Mathon de la Cour dit, d'autre part : « ... Le tableau de
saint Crépin et saint Crépinien... m'a paru composé avec
beaucoup d'art. Il paraît que l'auteur a voulu imiter la ma-
nière de Carie Vanloo, et cet essai fait concevoir de grandes
espérances... » [Lettres à Monsieur ***, p. 69.)
Les autres critiques louent « la composition ingénieuse et
le bon goût de l'auteur ». Voir : Année littéraire, 4 octobre
1765, p. i58; Mercure de France^ octobre 1765, p. 189.
4. Saint Crépin et saint Crépinien distribuant des
aumônes.
« Dix figures bien grouppées en forment la composi-
tion. Ce sujet a été exécuté en grand pour Châlons en
Bourgogne. » [Catalogue de la vente Lépicié.)
Toile. H. 12 pouces; L. 9 pouces (o'"32; 0^24) ou 14 pouces
sur II (o'"38; o'"3o).
Réduction du n° précédent (n' 3).
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 33.
Vente, 28 décembre 1785, n" 78.
5. Jésus-Christ ordonne à ses disciples de laisser
approcher les enfants qu'on lui présente.
Assis sous un palmier et vu de profil, Jésus-Christ
regarde à gauche trois petits enfants qui tendent les
mains vers lui et que lui présentent deux femmes, un
vieillard et un jeune homme.
Un vieillard, assis à droite, contemple les enfants.
Deux têtes apparaissent au second plan, à droite. Le
— i56 —
Christ est vêtu d'un manteau bleu à larges ondulations,
par-dessus une robe rosée.
Signé, en bas, à droite : Lépicié, ijSy.
Toile, forme cintrée. H. s^So; L. z^iy.
Voir la réplique réduite (n" 6) et le dessin (n" 271).
Salon de 1767, n» i32.
Comme le n° 2 et le n" i, il avait été commandé pour
l'abbaye aux Hommes et se trouve dans le réfectoire du
LYCÉE Malherbe, a Caen.
Diderot n'est pas plus tendre que lors du Salon précédent.
Il compare ce tableau à une chapelle portative que les
pauvres habitants de Sainte-Reine promènent sur leurs
épaules, « de bourg en ville ». Si Lépicié veut bien « placer
ce tableau en enseigne à sa porte, je lui garantis, dit-il, la
pratique de tous ces gens qui chantent dans les rues, montés
sur des escabeaux, la baguette à la main, à côté d'une longue
pancarte attachée à un grand bâton... ». (T. XI, p. 289-291.)
6. Notre-Seigneur bénissant les enfants.
« ... Composé de douze figures..., le sujet a été exé-
cuté en grand pour l'église des Bénédictins à Caen. »
Toile, sans bordure. H. i3 pouces; L. 12 pouces (o"35; o'"32).
Vente Lépicié, 10 février 1786 (n" 28). Voir le n" précédent
(n» 5).
7. La conversion de saint Paul.
« ... Il (saint Paul) est enveloppé de la masse des
rayons qui le frappent... Le casque s'est séparé de la
tête, et il est à terre au-dessous. Plus à droite..., courbé
en devant et sortant du fond, un soldat relève Saùl...
Sur un plan plus enfoncé, vu de face, un soldat sur son
cheval...; derrière, des têtes de satellites épouvantés... »
[Diderot, t. XI, p. 291, 292.)
H. 3 pieds, 3 pouces; L. 2 pieds 1/2 (l'^oS; o^Si).
Salon de 1767, n" i33.
La chapelle du lycée de Caen [Inventaire Richesses d'art,
..., t. V, p. 72) contient un grand tableau figurant ce sujet
(H. 2°'8o; L. i°'7o), qu'on attribue à un certain Dom Four-
nier, moine bénédictin. Nous n'avons pas pu l'examiner nous-
même. Peut-être est-il de Lépicié. En tout cas, il est assez
probable que le tableau du Salon de 1767 a servi de modèle
— 137 —
au grand. Détail significatif : dans tous les deux, saint Paul
est représenté foudroyé et soutenu par un soldat, tandis que
son casque roule par terre.
A contre-cœur, Diderot daigne enfin distribuer quelques
compliments : « ... Cette gloire est bien lumineuse. Le saint,
renversé dans cette direction, est aussi bien renversé... Le
cheval est beau et sa crinière flotte bien. La gloire m'a paru
belle. La lumière forte et vraie...; le tout est mieux dessiné,
mieux coloré qu'il n'appartient à Lépicié... Mais est-ce que
Lépicié voudrait devenir quelque chose? Faire le second
tome de La Grenée.»* Je n'en crois rien. » (T. XI, p. 291, 292.)
. Adonis changé en anémone par Vénus.
Adonis, étendu, contemple Vénus qui lui prend la
tête dans ses bras. A côté d'eux, une anémone, deux
chiens. Dans le ciel, un amour et des colombes.
Signé vers la droite : Lépicié^ 1J82.
Toile. H. 0^75 ; L. i'"59 (légers agrandissements survies
côtés).
Voir, plus bas (n** 23), la réplique réduite de ce tableau
exposée au Salon de 1771 et le pendant (n° 21) exposé aussi
au Salon de 1771.
Salon de 1769, n» i23.
Il avait été commandé pour le roi (voir, plus bas, le texte
de cette commande, n° 21) : « ... Destiné à décorer le nouveau
pavillon de Trianon... », dit le Livret du Salon. Il est encore
à son emplacement primitif et décore un dessus de porte du
CABINET FLEURISTE DU Petit-Trianon (n" 193 de la Notice
rédigée en 1882).
Si notre confrère, M. Gaston Brière, n'avait eu l'obligeance
de vérifier pour nous la date (1782) inscrite sur le tableau,
nous aurions pu croire à une erreur de la notice, car l'œuvre
actuelle ne paraît pouvoir être que celle du Salon de 1769.
On peut supposer qu'elle a été retouchée et datée à nouveau
après sa mise en place.
... Diderot avait noté en marge de son Livret : « Vénus,
mesquine, singulièrement contournée, et Adonis, livide, dont
on aurait pu dire comme de Lazare : jam fœtet. » (T. XI,
p. 434.) Bachaumont, au contraire, goûte la sensibilité de Lépi-
cié; il trouve que « ... la figure de la déesse est intéressante
et invite le spectateur à la plaindre. Il y a, dit-il, beaucoup de
souplesse, de délicatesse dans la manière dont elle soutient
la tête défaillante de son amant et cherche à la faire reposer
— i58 —
mollement sur son bras ». [Mémoires secrets, 20 septembre
1769, t. XIII, p. 60-61.)
Dans le Livret du Salon, illustré par Saint-Aubin, il y a
une esquisse d'Adonis changé en anémone, « ... dont Saint-
Aubin précise la date d'entrée au Salon par ces trois notes
successives : « Non, le 25 aoust, 8 sept.; oui, le 10 sept... »
{Les catalogues illustrés par Saint-Aubin, t. I-II, par E. Da-
cier, p. 80.)
9. Achille instruit dans la musique par le centaure
Ghiron.
Toile. H. i'"42; L. l'^gb.
Morceau de réception à l'Académie.
Salon de 1769, n» 124.
Envoyé au château de Vincennes pour décorer un pla-
fond, il y était encore en 1869 {Notice des dessins... du Louvre,
1* partie, par Fr. Reiset, p. 356). Musée de Troyes, depuis
le 12 mai 1896 (n' i32 du Catalogue).
Les critiques n'ont que louanges et encouragements pour
Lépicié, excepté M. Raphaël, « rapeur de tabac », et Diderot,
comme bien on le pense : « Les différents ouvrages que nous
voyons de lui cette année donnent la plus haute idée de ses
talents... Son Achille est exécuté avec art; l'effet en est bien
entendu... On ne saurait trop encourager cet artiste... » {Année
littéraire, lettre XIII, 4 septembre 1769, p. 3o8.)
Pour les autres critiques, voir : Diderot, t. XI, p. 434;
Avant-Coureur, 18 septembre 1769, p. 596; Bachaumont,
t. XIII, p. 60-61 ; Lettre de M. Raphaël à M. Jérosme, 1769,
p. 33, et Réponse de M. Jérôme, 1769, p. 27.
10. La peinture.
Représentée sous les traits d'une femme sur une
nuée, assise devant un chevalet. Un amour lauré der-
rière elle semble l'inspirer. Appuyés contre le chevalet,
un carton à dessin et une boîte à peindre.
Bois. H. 4 pieds 3 pouces; L. 2 pieds 1/2 (i'"38; o'"78).
Fait partie de la série de quatre tableaux exécutés par
Lépicié sur les dessins de C.-N. Cochin pour ce dernier (voir
les n" II, 24, 25).
Salon de 1769, n" I25.
Vente C.-N. Cochin, 21 juin 1790, n° 2.
Vente (La Béraudière), 26 mai 1913, n° 24.
- i59-
11. L'architecture.
Une jeune femme, assise sur des fragments antiques,
tient un enfant nu qui dessine un chapiteau corinthien
renversé à terre. Une règle et un compas sont appuyés
contre un entablement.
Bois parqueté. H. 4 pieds 3 pouces; L. 2 pieds 1/2 (i^SS;
0-78).
Fait partie de la même série que le n" précédent et les
n<" 24-25.
Salon de 1769, n" 126.
Vente C.-N. Cochin, 21 juin 1790, n" 2 (où ce tableau est
désigné par erreur comme figurant la Gravure).
Vente (La Béraudière), 26 mai 191 3, n° 26.
Voir Diderot, t. XI, p. 434.
12. Visitation.
A la porte de sa demeure, sainte Elisabeth reçoit
avec respect la Vierge qui vient la visiter. Un peu en
arrière, saint Joseph et Zacharie s'embrassent avec effu-
sion. Au premier plan, un paysan décharge les bagages
des voyageurs.
Signé sur les marches de l'escalier et daté : lyôg (et non
pas 1763, comme l'indique par erreur le dernier Catalogue).
Toile. H. o^ôô; L. o'-35.
Réplique réduite ou esquisse du n° suivant.
Salon de 1769, n° 128.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 25.
Vente, 28 décembre 1785, n" 76.
Vente du cabinet Eugène Tondu, 10- 1 5 avril i865, n» 147
(avec l'indication; signé : 1744).
Vente Boittelle, 24, 25 avril 1866, n» 80 (vendu 520 francs).
Vente Masson, T"' février 1875, n° 40 (vendu 53o francs).
Vente Ferai, 22-24 ^^ril 1901, n" 44 (vendu 780 francs à
Michel, marchand).
i3. Visitation.
Exécuté en grand d'après le n° précédent dans le chœur
de la cathédrale de Bayonne. (Livret du Salon de 1769.)
Toile. H. 12 pieds 2 pouces; L. 6 pieds 6 pouces (3'"9o;
2""I0).
Un des deux tableaux commandés à Lépicié par l'évêque
d'Arche, le 18 juillet 1768, par l'entremise de Joseph Vernet.
— i6o —
Payés 400 livres (voir Joseph Vernet, par L. Lagrange, p. 400).
Pendant au n' suivant.
Cathédrale de Bayonne (1769-1849) (voir Guide... dans une
visite de la cathédrale de Bayonne, 1894, p. 87-88).
Se trouvait encore en 1894 dans un grenier de l'évêché. A
disparu depuis lors.
14. Mariage de la Vierge.
Toile. H. 12 pieds 2 pouces; L. 11 pieds 6 pouces (3"9o;
S-ôô).
Un des deux tableaux commandés au peintre par l'évêque
d'Arche, le 18 juillet 1768 (payé 600 1.) par l'entremise de
Joseph Vernet.
Pendant au n» précédent.
Cathédrale de Bayonne (1769-1849).
Disparu.
i5. Mariage de la Vierge.
Toile. H. 18 pouces; L. i5 pouces (o"5o; o"'4i).
Réplique réduite ou esquisse du n° précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 26.
16. Sainte Elisabeth et saint Jean.
H. 8 pieds; L. 4 pieds 6 pouces (2'"59; i"'45).
Salon de 1771, n° 27.
Actuellement église Saint-Martin de Castres (Gironde).
Voir le dessin, n° 272.
Diderot a été probablement convaincu par les arguments
du « rapeur de tabac » au Salon précédent, car il reconnaît
que « ... l'auteur mérite sans doute de l'encouragement. Le
Saint Jean, dit-il^ est assez bien dessiné. Un peu plus de
souvenir des ouvrages du Carrache et de sa chaleur dans le
faire ne nuiraient pas à M. Lépicié, que l'on voit qui étudie
sérieusement... ». (T. XI, p. 479.)
Voir aussi La Muse errante au Salon en vers libres...
Paris, 1771, p. 14.
17. Le martyre de saint André.
« ... Signé et daté : i/yi... »
H. 6 pieds 8 pouces; L. 4 pieds 2 pouces (2"i6; i^SS).
Voir, plus bas (n° 18), la réplique réduite de ce tableau.
Salon de 1771, n° 28.
Actuellement abbaye de Saint-Riquier en Picardie.
- i6i -
Par une fortune rare, quand il s'agit d'un tableau de Lépî-
cié, nous possédons une critique récente sur le Martyre de
saint André : « ... Ce tableau, dit Ph. de Chennevières, le
plus grand que nous ayons vu de la main de ce maître, qui
a surtout réussi dans les scènes familières..., est exécuté
dans une manière de décoration très vigoureuse et rappelle
à la fois la pâleur et la verve de la palette de Deshays. Les
soldats vus à mi-corps qui occupent le premier plan à droite
sont assez remarquables par leur solidité... » {Les tableaux
de l'abbaye de S aint-Riquier..., L'Artiste, ':>" série, juin i85o,
janvier i85i, t. V, p. ii3.)
Pour les autres critiques, voir : Avant-Coureur, i6 sep-
tembre 1771, p. 583; Diderot, t. XI, p. 479, 480; La Muse
errante au Salon..., 1771, p. 14-15.
18. Le martyre de saint André.
« ... Composé de six figures et de plusieurs anges. »
Toile, sans bordure. H. 16 pouces; L. 10 pouces (o"'43; o"»27).
Voir le n° précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 32.
Vente, 28 décembre 1785, n" 77.
19. Le martyre de saint Denis.
H. 5 pieds; L. 3 pieds 6 pouces (i"62; i'»i3).
Voir, plus bas, la réplique réduite de ce tableau au n'
suivant.
Salon de 1771, n" 29. Il avait été commandé pour le roi :
« ... Mémoire d'un tableau représentant le Martyre de saint
Denis... Il est destiné pour la chapelle de la Chancellerie à
Compiègne... Au sieur Lépicié, peintre, 800 livres pour son
payement d'un tableau représentant saint Denis, qu'il a fait
en 1771 (le payement est en date du 23 avril 1776)... » (Enge-
rand, Inventaire des tableaux commandés... de ijog à lygz,
p. 286.)
Diderot reproche précisément à Lépicié ce qui fait le
charme particulier de sa palette : «... Tout est gris, dit-il;
cela ressemble à des ébauches fort avancées... » {Diderot,
t. XI, p. 480.)
Voir aussi : L'Avant-Coureur, 16 septembre 1771, p. 583.
20. Saint Denis prêt à être décapité.
Toile, sans bordure. H. 18 pouces; L. 12 pouces (o"'5o;o"=32).
Voir le n" précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785 (n» 3i).
1921 II
— 102 — ^
21. Narcisse changé en la fleur qui porte son nom.
Narcisse se mire danô l'eau d'une fontaine; l'Amour
près de lui l'éclairé de son flambeau; on aperçoit un
chien à gauche; à droite, un arc et un carquois.
Signé : Lépicié, 177J.
Toile. H. o»73; L. i°3i.
Voir le pendant, exposé en 1769 (n" 8) et les répliques,
n"» 22 et 33.
Salon de 1771, n° 3o. Comme « Adonis changé en ané-
mone... » (n" 8), il avait été commandé pour le roi :
« ... Mémoire de deux tableaux faits pour le service du roy
sous les ordres de M. le marquis de Marigny... Au sieur
Lépicié, peintre, 1,600 livres pour son payement de deux
tableaux, dessus de porte..., qu'il a faits en 1768 et années
suivantes... (payement en date du 14 mars 1781)... » (Enge-
rand, Inventaire..., p. 286.) Il est encore à son emplacement
primitif et décore un dessus de porte du cabinet fleuriste
DU Petit-Trianon (n» 194 de la Notice...).
Gravé par J.-Ch. Levasseur en 1778; l'estampe se vendait
3 livres. {Journal de Paris, n» 181, 3o juin 1778, p. 723.)
22. Narcisse changé en la fleur qui porte son nom.
H. I pied; L. 17 pouces (o'"32; o'"46).
Voir les n" 22 et 33 et le pendant n" 23.
Salon de 1771, n" 3i.
23. Adonis changé en anémone.
H. I pied; L. 17 pouces (o'"32; o"46).
Voir le pendant au n" précédent et le n° 8.
Salon de 1771, n" 32.
Vente Gochin, 21 juin 1790 (n» 3).
24. La sculpture.
Une femme, dans un atelier, contemple un buste
d'Henri IV posé sur une selle. Un enfant nu, debout,
prend les proportions avec son porte-crayon.
Signé et daté, en bas, à droite : 176 (le dernier chiffre
incomplet, probablement 9).
Bois. H. 4 pieds 3 pouces; L. 2 pieds 6 pouces (i^SS; o"78).
Voir le dessin, n° 271 bis.
Fait partie de la série de quatre tableaux exécutés par
îz: Z
- i63 -
Lépicié sur les dessins de C.-N. Cochin pour ce dernier (voir
les n" 10, II, 25).
Salon de 1771, n* 33.
Vente C.-N. Cochin, 21 juin 1790, n° 2.
Vente (La Béraudière), 26 mai 191 3, n" 25.
25. La musique.
Elle est représentée sous les traits d'une jeune femme
assise sur une nuée, pinçant de la harpe; un amour,
jouant du violon, lui fait face et l'accompagne. A leurs
pieds, des instruments et des attributs.
Bois. H. 4 pieds 3 pouces; L. 2 pieds 6 pouces (i°38; o'"78).
Fait partie de la même série que les n" 10, 11, 24.
Peint vers 1769-1771.
Vente C.-N. Cochin, 21 juin 1790, n" 2.
Vente (La Béraudière), 26 mai 1913, n" 27.
Pour toute la série, voir : Mercure de France^ octobre 1771,
p. 181-182; Diderot, t. XI, p. 481 ; Avant-Coureur, ^IT^^ P- 583-
584; La Muse errante au Salon, p. i5.
26. La colère de Neptune ou le « Quos Bgo ».
Neptune, sur son char, traîné par des chevaux marins;
il est armé de son trident et étend son bras sur la mer;
au loin, à gauche, un navire qui sombre ; à droite, les
vents déchaînés, naïades et monstres marins.
Toile. H. II pouces; L. 20 pouces (o'"29; o'"54).
Voir aux dessins n» 271 ter.
Salon de 1771, n" 34.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 7.
Vente du cabinet de M. *** (de Vaudreuil), 26 novembre
1787, n" 81. Vendu 100 livres à Galan.
C'est l'un des tableaux que Lépicié, dans son testament
(voir, pour le testament et aussi pour la critique du « Quos
Ego », par Diderot : Bulletin de la Société de l'Histoire de
l'Art français, 1910, i" fascicule), regrettait tant d'avoir faits
et laissé graver.
U Avant- Coureur , toujours louangeur pour Lépicié,
« ... applaudit au... petit tableau de la colère de Neptune...,
composé, dit-il, avec tout le feu de la poésie. L'artiste a
peint les chevaux qui tirent le char de Neptune d'un ton de
couleur verdâtre, licence d'autant plus heureuse qu'elle pro-
duit un très bon effet et sert à désigner plus particulière-
— 164 —
tnent les chevaux du dieu des mers... ». (16 septembre 1771,
p. 583.)
Voir aussi : La Muse errante au Salon..., 1771, p. i5.
Gravé par J.-Ch. Levasseur en 1778; l'estampe se vendait
12 livres. {Journal de Paris, n" 21, 21 janvier 1778, p. 83.)
27. Saint Louis rendant la justice sous un chêne &
Vincennes.
H. 9 pieds; L. 6 pieds 6 pouces (a^gi; 2'"io).
Voir la réplique réduite n" 28.
Salon de 1773, n» 27.
Envoyé à la chapelle de l'Ecole royale militaire, il y était
encore en 1778 (Dezallier d'Argen ville, Voyage pittoresque
de Paris en 1778, chapelle de l'École militaire) et fut trans-
porté en l'an III au Musée provisoire de la rue des Petits-
Augustins {Richesses d'art, Archives du Musée des Monu-
ments français, t. II, p. 296, n" i566). Il est signalé par
Lenoir dans le Catalogue historique et chronologique des
peintures... réunies au dépôt national des Monuments fran-
çais, 2 vendémiaire an III (n° 707 : « De l'École militaire.
Louis IX donnant audience dans le bois de Vincennes. »)
(Revue universelle des Arts, i865, t. XXI, p. i52.)
Les tableaux d'histoire de Lépicié n'ont décidément pas
de succès auprès des critiques : « ... Le monarque (saint
Louis) n'a pas l'air plus auguste qu'un bailli de village, dit
Bachaumont. A ses pieds rampe un malheureux, dont la
tête semble rentrer dans le ventre... Un groupe de specta-
teurs... assis à la droite du Roi, sans relever la simplicité
de la scène, la rend plus mesquine et la dégrade... » {Mé-
moires secrets, t. XIII, p. 134).
Voir, pour les autres critiques : Avant-Coureur, 6 sep-
tembre 1773, p. 56i; Année littéraire, t. V, p. 108; Le dévi-
doir du Palais-Royal, 1773, t. II; Vision du juif Ben-Esron,
fils de Sépher, marchand de tableaux, p. i3.
28. Saint Louis rendant la justice.
« ... Sujet de douze figures dans un fond de paysage;
f un vieillard à ses pieds lui baise la main gauche. On en
connaît le grand tableau à l'École militaire. »
H. 18 pouces; L. 12 pouces (o'"49; o'"32).
Réplique du n° précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 21.
— i65 —
29. L^ Assomption de la Vierge.
Sur cuivre. H. i5 pouces 1/2; L. 12 pouces (o'"42; o'»32).
Réplique réduite du n" suivant.
Salon de 1773, n*" 28.
Probablement le même que le tableau du même sujet.
« Composition de six figures » f toile. H. i5 pouces;
L. II pouces). Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 27.
30. Assomption de la Vierge.
Grand tableau destiné à l'église de Boulogne-sur-Mer
(mentionné dans le Catalogue de la vente Lépicié, à propos
du n" précédent).
3i. L'éducation de la sainte Vierge.
H. 4 pieds; L. 6 pieds (i°'29; i'"94).
Voir, plus bas, le n» 32, qui est probablement la réplique
réduite ou une étude.
Salon de 1776, n" 19.
Enfin, Lépicié est arrivé à satisfaire la critique; même
l'impitoyable Diderot ne peut que le louer : « ... Il (Lépicié)
est harmonieux et coloriste^ ses masses ne sont ni trop
lumineuses ni trop blanches... Tout est d'accord et nous
tient dans un doux repos et... personne ne sait mieux obser-
ver les nuances particulières qui arrondissent les objets... »
(T. XII, p. 9, 10.)
Un critique anonyme trouve, avec beaucoup d'à-propos,
que Lépicié « mérite beaucoup d'éloges...; sa touche est
légère et très spirituelle; on peut même la comparer à celle
si estimée de Téniers. Il a encore un autre rapport avec ce
maître... C'est le goût qui le porte à une couleur argentine
que quelques personnes accoutumées au ton roux regardent
comme grise..., mais qui... est la vraie couleur de la nature,
dont Téniers nous a donné de si beaux exemples... ». {Obser-
vations sur les ouvrages exposés au Salon ou Lettre à M. le
comte de ***, 1776, p. 14-17.)
32. L'éducation de la Vierge.
«... Composée de trois figures. »
Toile. H. 16 pouces; L. 12 pouces (o"43; o'"32).
Voir le n° précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 3o.
— i66 —
33. Narcisse.
Réplique des n" 21-22.
Signé : Lépicié, ijjS.
H. i-ii; L. i»43.
Palais de Justice de Saint-Quentin.
Voir Das Muséum au Pauvre Diable \u Maubeuge^ Von
D. Fr. Hadeln, Stuttgart, 1917, p. 87, n" 106.
34. Courage de Porcia, fille de Gaton, femme de Brutus.
« ... Porcia, assise, à demi couchée sur un lit, montre
à Brutus la blessure qu'elle vient de se faire ; autour du
lit, ses femmes, dont l'une étanche le sang qui sort de
la plaie... »
Signé et daté : 1777.
Toile. H. 2°'58; L. 3-22.
Voir, plus bas, n- 35, une étude pour ce tableau et,
n» 273, le dessin préparatoire.
Salon de 1777, n» 11. Commandé pour le roi. Il fut payé
à Lépicié, le 3o septembre 1778, 4,000 livres (Engerand, In-
ventaire des tableaux..., 1709-1792, p. 287). Ce tableau passa
aux Gobelins et fut rejeté par le jury de classement des
modèles en 1794.
Musée de Lille, envoi de l'État en 1872 (n" 474 du Cata-
logue).
La faveur de Lépicié s'accentue. On lui distribue compli-
ments sur compliments. Le Mercure de France loue « ... l'art
avec lequel l'artiste a rendu cette scène. La tête de Brutus
est belle et paraît étudiée d'après l'antique... Le coloris en
est décidé et vigoureux et ce tableau est un de ceux qui font
le plus d'honneur à M. Lépicié » (octobre 1777, p. 166-167).
Bachaumont est surpris de la virtuosité du peintre : « ... Ce
fond, chargé d'ombres, repousse merveilleusement les cou-
leurs et frappe les passants les plus distraits. On est d'autant
plus surpris quand on lit le nom de l'auteur qu'on ne l'au-
rait pas cru capable d'une production de ce genre... » [Mé-
moires secrets, 9 septembre 1777, p. 19-21.)
Un autre admire « ... le ton de couleur plus fort et plus
vigoureux que beaucoup d'autres. Ce n'est pas ce coloris
vague et terne qui affaiblit trop souvent nos peintures fran-
çaises... ». {Lettres pittoresques à l'occasion des tableaux
exposés au Salon de 1777, IV" lettre, p. 7.)
Pour les autres critiques, voir : La prêtresse ou nouvelle
manière de prédire ce qui est arrivé, 1777, p. i2-i3; Année
— lôy —
littéraire, fj'j'j, p. 320-322 ; Jugement d'une demoiselle de
quator:(e ans sur le Salon de 1777, p. 9-10.
35. Tête de Porcia.
De grandeur naturelle; étude pour son grand tableau.
H. 21 pouces; L. 16 pouces (o'^ôô; o"43).
Voir le n" précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785 (n* 20).
36. Régulas sort de Rome pour se rendre à Garthage.
Le héros s'écarte de sa famille qui veut s'opposer à
son départ.
H. 3'°2o; L. 4'°20.
Voir, plus bas, la réplique réduite.
Salon de 1779, n" 26. Il avait été commandé pour le roi et
fut payé 6,000 livres, le 4 février 1780. Ce tableau fut envoyé
aux Gobelins, d'où le jury de classement des modèles le
rejetait en 1794, tout en proclamant le « sujet très intéres-
sant, le dévouement vraiment républicain ». (Engerand...,
p. 286.)
Musée de Carcassonne, envoi de l'Etat en 1872, (n* 117 du
Catalogue de 1894).
Ce tableau d'histoire n'eut aucun succès. Tous les critiques
reprochent à Lépicié de ne pas s'être attaché à rendre la
couleur locale et ils constatent, avec regret, que sa palette
manque totalement de vigueur et d'intensité.
« ... Ce peintre, assurément, n'est pas Romain... )>, dit
l'un de nos censeurs. {Ah! Ah! Encore une critique du
Salon..., p. 9.) Un autre ajoute complaisamment : <t ... Cha-
cun se doute assez que cette toile ne représente ni... Regu-
lus... ni le vaisseau qui l'y porta; il aurait fait naufrage en
route... » {Coup de patte sur le Salon, p. 24.)
Le Journal de Paris trouve «... que le costume n'est pas
assez distinct pour désigner au premier abord un sujet
romain. Il est aisé de s'y méprendre... » (n" 255, 12 septembre
1779, p. io38-io39).
Pour les autres critiques, voir : Annonces, affiches, avis
divers ou les Petites AfficJies, l'j'jg, juillet, p. 2 124-21 25; Le
miracle de nos jours, conversation écrite et recueillie par un
sourd et muet..., s. d., p. 38; Encore un rêve; suite de la
Prêtresse, 1779, p. 6-9; Le visionnaire ou Lettres sur les
ouvrages exposés au Salon..., 1779, p. 3o-32.
— i68 —
37. Regfulus sortant de Rome pour se rendre à Car-
thag^e.
Toile. H. 2 pieds; L. 3 pieds (o°64; o'"97).
Voir, n" précédent, la réplique.
Vente Lépicié, 10 février 1785 (n» 22).
38. Jésus-Christ descendu de la croix.
H. 6 pieds 3 pouces; L. 4 pieds (2"'o2; i°'29).
Voir le dessin préparatoire n° 3oo.
Salon de 1779, n" 27. « Destiné pour un autel latéral de la
cathédrale de Chalon-sur-Saône... », dit le Livret du Salon.
39. Piété de Fabius Dorso.
« ... Fabius Dorso, pendant le siège du Capitole par
les Gaulois, sort pour aller au Quirinal offrir des sacri-
fices, portant une Minerve en bronze, et traverse les
ennemis escorté des prêtres. »
Signé et daté : ij8i.
Toile. H. 3»22; L. 3-22.
Voir, plus bas, la réplique réduite.
Salon de 1781, n» 20. Il avait été commandé pour le roi et
fut payé 4,000 livres à Lépicié. Il alla aux Gobelins, d'où, en
1794, le jury de classement des modèles le rejetait, « comme
retraçant des idées superstitieuses ». (Engerand..., p. 289.)
Musée de Chartres, envoi de l'État en 1872 (n» 74 du Cata-
logue de 1895.)
Lépicié n'a décidément pas de chance avec les tableaux
d'histoire. Celui-ci fut déchiqueté par la critique. On reproche
au peintre d'avoir choisi un sujet qui ne pouvait pas être
traité en peinture et de ne pas avoir essayé de faire vivre ses
personnages. On est unanime à proclamer que la couleur du
tableau est jaune, sale et terreuse. En dernier lieu, on con-
seille à Lépicié d'abandonner totalement le genre historique
pour ne peindre que des sujets familiers.
Diderot, en parlant de la figure principale (Fabius), ne sait
« si c'est un homme ou une femme : c'est un long manche
à balai...; elle porte ses dieux comme si elle les portait d'un
appartement dans un autre...; les soldats voient sortir ou
rentrer Fabius..., comme s'ils n'étaient pour rien dans cette
affaire ». [Diderot, t. XII, p. 34-35.)
< ... Vous aimez peut-être le pain d'épice.'' dit un autre;
... vous aurez de quoi en manger dans toutes ces figures... »
[Raffle de Sept ou Réponse aux critiques du Salon, p. 5.)
- i69-
Pour les autres critiques, voir : Mercure de France, oc-
tobre 1781, p. 22, 23; Journal de Paris, n° 265, 22 septembre
1781, p. 1068-1069; Bachaumont, Mémoires secrets, 25 août
1781, t. XIX, p. 36i ; Journal encyclopédique, novembre 1781,
p. 5oi-5o2; Annonces, affiches, avis divers, 1781, t. II, p. 2120;
La Vérité, critique des tableaux exposés au Salon..., 1781,
p. 9-10; Panard au Salon, 1781, p. 8; Réflexions joyeuses
d'un garçon de bonne humeur, 1781, p. i3; Réponse aux
réflexions du garçon joyeux, 1781, p. 6.
40. Piété de Fabius Dorso.
« Toile. i5 pouces quarrés » (o°'4o; o""4o).
Voir, n» précédent, la réplique.
Vente Lépicié, 10 février 1785 (n" 24).
41. Résurrection.
Tableau cintré. H. i3 pieds; L. 8 pieds 10 pouces (4"'2i;
2-86).
Salon de 1781, n" 21. « Doit être placé dans le fond du
chœur de la cathédrale de Chalon-sur-Saône », dit le Livret
du Salon.
Voir : Diderot, t. XII, p. 35; Panard au Salon, p. 8-9.
42. Zèle de Mathatias tuant un juif qui sacrifiait aux
idoles.
Mathatias vient de tuer deux juifs qui sacrifiaient. Ils
gisent à ses pieds. Autour de lui, une foule agitée. Au
premier plan, deux enfants contemplent le spectacle.
Signé et daté : Jj83.
H. 3'"24; L. 2'"6i. (Engerand..., p. 289.)
Voir la réplique réduite, n" suivant, et le dessin prépara-
toire, n° 3oi.
Salon de 1783, n' 5.
Il avait été commandé pour le roi et fut payé aux héritiers
de Lépicié 3,ooo 1. le 21 janvier 1785. Il alla aux Gobelins,
d'où le jury de classement des modèles le rejetait en 1794
« comme fanatique ». Envoyé par l'État, en 1806, au Musée
DE Tours (Engerand..., p. 289), où il est actuellement.
La critique chansonna ainsi le tableau de Lépicié :
« ... Têtes, pieds, bras et cuisses,
Encor tous n'en ont pas,
Couleur de pain d'épices
— 170 —
Du haut jusques en bas,
C'est un Mathatias (bis),
C'est un galimatias (bis).
»
(Cité dans l'Artiste, n" 21, 3o juillet 1882, p. 161.)
Ce tableau, comme le « Régulus » du Salon de 1779, n'eut
aucun succès et l'on fit au peintre les mêmes reproches.
Pour les autres critiques, voir : Mercure de France, sep-
tembre 1783, p. 125; Correspondance de Grimm et Diderot
(éd. Tourneux), t. XIII, p. 378; Journal de Paris, n" 260,
7 septembre 1783, p. 1073-1074; Affiches, annonces et avis
divers, 1783, p. 167; Année littéraire, lettre XIII, 1783, p. 246-
247; Entretiens sur les tableaux exposés au Salon..., 1783,
p. 21; Messieurs, ami de tout le monde..., 1783, p. 8-9; Sans
quartier au Salon, 1783, p. 20-21; Les peintres volants...,
1783, p. 19-20; Réponse à toutes les critiques sur les tableaux
du Salon, 1783, p. 34-35.
43. Mathatias tuant un juif qui sacrifiait aux dieux.
'Toile. H. 18 pouces; L. 24 pouces (o°48; ©""ôS).
Réplique du n° précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 23.
b) Œuvres non datées.
44. Quatre ou cinq tableaux représentant chacun une
figure allégorique.
De l'École militaire.
Musée des Monuments français, 1794 et 1798.
Peut-être les mêmes que ceux de la vente Cochin de 1790,
n" 10, II, 24, 25. Voir Richesses d'art de la France, Archives
du Musée des Monuments français, t. II, p. i5o; Revue uni-
verselle des arts, i865, t. XXI, n» 708.
45. Ascension.
« Exécuté en grand » (cité dans le Catalogue de la vente
Lépicié, 10 février 1785, sous le n° 36).
Voir les n" 29-30.
46. Ascension.
Esquisse avancée du tableau précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 36.
{
— 171 —
47> Diane et Actéon.
H. i5 pouces; L. 14 pouces (o'"4o; o"38).
Vente, 11 mars 1776, n" 66.
48. Hercule sur un nnsige.
« Exécuté en grand » (cité dans le Catalogue de la vente
Lépicié, 10 février 1785, sous le n" 36).
49. Hercule.
Esquisse avancée du tableau précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 36.
50. Homme nu.
Couché et vu de face.
« Supérieurement bien dessiné, savamment peint et très
terminé sur un fond brun. »
Toile. H. 2 pieds; L. 3 pieds (o'"64; o'»96).
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 35.
5i. Prière au jardin des Olives.
« Exécuté en grand » (cité dans le Catalogue de la vente
Lépicié, sous le n" 36).
52. Prière au jardin des Olives.
Esquisse avancée du tableau précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 36.
53. Prométhée.
« Belle étude. »
Toile. H. 2 pieds; L. 3 pieds (o°'64; o"'96).
Pendant au n" 49.
Vente Lépicié, 10 février 1786, n° 35*.
54. Renaud et Armide.
H. i3 pouces; L. 17 pouces (0^35; o'"45).
Vente Barry, 1777, n° 61.
55. La sainte Cécile de Raphaël.
Copie.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 41.
Il est difficile de comprendre comment Lépicié, n'ayant
jamais été en Italie, autant qu'on sache, a pu faire cette
copie, aussi bien que le n" 60.
— 172 —
36. Saint Jean tenant son mouton.
Vu jusqu'aux genoux.
« De grandeur naturelle. »
Vente Lépicié, lo février 1785, n" 19.
57. Saint Sébastien.
Autrefois dans l'église de l'hôpital du Saint-Esprit (1789),
Paris, actuellement Saint-Gervais(cité dans VÉtat actuel de
Paris on le provincial à Paris, 4 vol. in-24, Paris, 1789, t. I,
p. 100).
58. Saint Sébastien.
Esquisse avancée du n* précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 36.
59. Saint Vincent, martyr.
On le voit dans un nuage et un ange au-dessus de sa
tête, tenant une palme de la main droite et de l'autre
une couronne.
H. 12 pouces; L. 9 pouces (o'"32; o'»25).
Vente Lépicié, 10 février 1786, n" 34.
Voir plus bas le dessin.
60. Transfiguration de Raphaël.
Copie.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 40.
Voir la note au n" 53.
61. Scène de la tragédie de Mahomet.
Toile. H. 28 pouces; L. 21 pouces (o"'75; o^Sô).
Vente M. W. ***, 28-29 pluviôse 1802, n° 45.
Voir n" 262 : « Scène de sérail. »
II. — Portraits.
a) Œuvres datées.
62. Un tableau de famille, dit « La Famille Leroy ».
Un chanoine, assis près d'une table, semble expliquer
un passage de l'Écriture sainte; trois hommes et une
femme tenant un enfant sur ses genoux sont assis
-,73-
autour de la même table. Au premier plan, un enfant
joue avec un chat.
Signé, en bas, à droite : Lépicié, 1766.
Toile. H. 4 pieds 3 pouces; L. 4 pieds 6 pouces (i^Sô;
i»47).
Salon de 1767, n' 134.
Vente de la collection Victor Gay, 23 avril 190g, n" 3g.
(Vendu 10,200 fr.)
Exposition de Bagatelle 1910 (reproduit dans les Arts,
p. 22, juin 1910).
Collection Georges Wildenstein.
Vendu en Russie avant 1914.
Ce tableau, appelé dans le livret du Salon de 1767 : « Un
tableau de famille », est dénommé en 1909 : « La Famille
Leroy. » On ignore les raisons de cette dénomination.
La critique, sauf Diderot (t. XI, p. 292-294), est unanime à
proclamer les mérites de ce tableau. VA vaut- Coureur en
trouve « la composition ingénieuse, naturelle, et néanmoins
frappante » (14 septembre 1767, p. 587).
Le Mercure de France admire la « douceur du coloris »
(octobre 1767, p. 172) et VAnnée littéraire, tout en louant
« ... la marche du clair-obscur... », note avec plaisir que
« ... le public paraît voir avec satisfaction les progrès de
cet artiste » (lettre IV, 24 septembre 1767, p. 93, 94).
63. Portrait d'homme.
En buste, la tête de trois quarts à gauche, les che-
veux poudrés; vêtement gris avec jabot de dentelle.
Signé et daté : i/6g.
Toile. H. o"46 ; L. o-38.
Vente de la collection ***, 8 mai 1897, ^° 29. (Vendu 100 fr.
à de Coninck.)
64, 65, 66. Étude d'une tête de jeune fille, une tête de
paysanne et plusieurs têtes de vieillards, sous le
même numéro.
Salon de 1769, n° 129.
Voir Diderot, t. XI, p. 435.
Dans le livret du Salon, illustré par Saint-Aubin, il y a
l'esquisse de deux têtes de vieillards. L'un chauve, vu en
buste, lit dans un livre posé sur une table. Il a une grande
barbe blanche.
— 174 —
Ce dernier semble être le même que le tableau intitulé :
c Un apôtre. » Il représente un vieillard dans la même pose
que dans l'esquisse de Saint-Aubin et qui écrit dans un livre
posé sur une table.
H. o-^S; L. o"»53.
Vente A. Jaffé de Hambourg, i5 octobre 1912, n» 5i (repro-
duit dans le Catalogue.)
67. Portrait d'Emilie Vernet, fille de Joseph Vernet, à
l'âge de neuf ans.
En buste, de face. Vêtue de blanc et portant une
coiffe de dentelles. Elle a la main gauche levée.
Peint en 1769.
Toile. H. o'"4o; L. o-'Si.
Collection de M"" Cabiré (descendantes de la fille de
Carie Vernet), Paris.
Voir Trois portraits des eyifants de Joseph Vernet par
Lépicié, par Florence Ingersoll-Smouse {Revue de l'Art an-
cien et moderne^ décembre 192 1, p. 323).
Voir les n" 68 et 76.
68. Portrait de Carie Vernet, à l'âge de onze ans.
En buste, coiffé d'un tricorne. Vu de trois quarts à
droite, il tient sous son bras un carton à dessin.
Peint en 1769.
Toile. H. o"'53; L. o°'44.
Exposition des Alsaciens-Lorrains, 1874, n» 3ii (dit, par
erreur, portrait de Joseph Vernet).
2* exposition des portraits du xviir siècle, avril i885, n* 211
(dit portrait de Joseph Vernet).
Collection de M. Philippe Delaroche-Vernet. (Cette toile,
comme le n° 67 et le portrait de Livio Vernet, n' 76, n'a
jamais quitté la famille Vernet.)
Voir les n"* 67, 75.
Voir Trois portraits des enfants de Joseph Vernet par Lé-
picié, par F. Ingersoll-Smouse, loc. cit.
C'est le premier en date des portraits de Carie par le
peintre. La physionomie de son élève devait lui plaire spé-
cialement, car il fit souvent son portrait et se servit aussi de
l'enfant comme modèle pour ses tableaux de genre.
6g. Le petit dessinateur an noyan de cerise.
Assis. Vu presque de face, en train de dessiner.
- 175-
Daterait de 1769.
Toile. H. i°i5; L. o°9o.
Portrait présumé de Carie Vernet vers l'âge de onze ans.
Contemporain du n° 66.
Collection M"" Wallerstein.
Exposition de Bagatelle, 1910 (reproduit dans les Arts^
juillet 1910, p. 23).
Collection David Weill.
70. Le jeune dessinateur.
Le tricorne sur la tête, il est assis, en train de feuil-
leter un portefeuille qu'il tient sur ses genoux. Dans sa
main gauche, un porte-crayon.
Toile. H. 1°; L. o'^'jg.
Variante du sujet Elève curieux (voir au n" 79).
Portrait présumé de Carie Vernet vers le même âge que
dans le tableau précédent, à qui il servait probablement de
pendant, malgré une légère différence de dimensions.
Collection de Sir Charles Bagot, baronnet.
Vente du marquis de la Rochebousseau, 5-8 mai 1878,
n» i3i. (Vendu 10,000 fr.)
71. Portrait de François Gounod, peintre (né en ijSg),
vers l'âge de dix ans.
Vu, en buste, de trois quarts à gauche, habillé d'un
veston gris, un foulard blanc autour du cou.
Peint probablement vers 1769.
Toile. H. o'"4o; L. o^S?.
A comparer avec les n»' précédents.
Ce portrait n'a pas quitté la famille depuis son exécution.
Actuellement collection A. Gounod.
François Gounod, le peintre, a été élève de Lépicié et a
eu le 2' prix de peinture en 1788. C'est le père du célèbre
musicien.
72. Portrait de femme, dit « Portrait de M^e de Graf-
figny », auteur des « Lettres péruviennes ».
En buste, vue presque de face, le corps tourné de
trois quarts vers la droite, elle est couverte d'un man-
teau de soie noire et coiffée d'un bonnet blanc, retenu
sur la tête par une mentonnière.
Signé et daté : 1770.
— 176 —
Toile. H. o"47; L. o""38.
Vente G. Mûhibacher, i5-i8 mai 1899, n» 40. (Vendu 4,100 fr.)
C'est évidemment le même qui est passé à la vente du 4 juin
1900, n° 29.
Vendu en 1899 sous le nom : « Portrait de femme. » En 1900,
pour la première fois, est dénommé : « Portrait de M"« de
Graffigny... » Il y a peu de chances que cette attribution soit
exacte. En effet, M"* de Graffigny, née à Nancy en 1694, est
morte à Paris en 1753. Le portrait est signé et daté : ijyo.
Il faudrait donc voir en cette toile un portrait exécuté douze
ans après la mort de M"* de Graffigny, ce qui paraît bien
improbable. Une ressemblance toute superficielle a seule
pu motiver cette appellation. Voir Restout, Galerie Fran-
çoise, 1 771, pi. 27.
72 bis. Réplique du portrait précédent.
H. o'°42; L. o^SS.
Musée d'Amiens, n" 170. (Catalogue, 1899. Don Lavatard,
1890.)
73. Portrait de Charles-Antoine Jombert.
Signé et daté : 177 1.
H. 0-45; L. o»38.
Vraisemblablement exposé au Salon de 1771, n" 37 : « Plu-
sieurs portraits. »
Vente, 27 janvier 1909, n"* 87. (Vendu 1,900 fr. à L. Del-
teil.)
Ch.-Antoine Jombert, littérateur et libraire français, est né
•A Paris en 1712 et mort en 1784. Il était aussi imprimeur et
s'intéressait à l'étude de l'architecture, de la peinture et du
dessin. On a de lui : Nouvelle méthode pour apprendre à
dessiner sans maître, Paris, 1740, in-4''; Catalogue de l'œuvre
de Charles Cochin, Paris, 1770, in-8».
Son fils épousa la fille d'Ambroise Didot en 1772 et céda
sa librairie à son beau-frère Firmin Didot.
74. Portrait de Louis-Livio Vernet, fils aîné de Joseph
Vernet, à l'âge de vingt-quatre ans.
Vu, en buste, presque de face. Il porte une canne à
la main droite.
Signé et daté : Lépicié, 1771-
Toile. H. o'"45; L. o'"37.
— 177 —
Collection Paul Ledieu, Asnières (l'arrière-petit-fils du
modèle).
Voir Trois portraits des enfants de Joseph Vernet, etc.,
loc. cit.
Voir les n°* 67 et 68.
75. Portrait allég^orique.
Représentant Henri IV, en guerrier, assis sur un
nuage, appuyé sur un bouclier, et tenant un glaive.
Signé, à gauche, et daté : 1772.
Toile. H. i-iS; L. 0-89.
Vente, 16 décembre 1905, n" 9. (Vendu 390 fr. à M. de Béarn.)
76. Tête de jeune fille. Étude pour le Lever de la
jeune fille (n» 169).
Vue en buste, de trois quarts à gauche, les yeux
baissés; les cheveux blonds sont relevés et serrés par
un ruban. Elle porte un corsage d'un gris rose, sa che-
mise est ouverte sur la poitrine.
Signé et daté : 1772.
Toile, H. o"*4o; L. ©""So.
Vente Lépicié, 10 février 1786, n' 14 : « Vue de face, coiffée
en cheveux. » Toile. H. i5 pouces; L. 12 pouces (o"'4o; o"'32).
C'est plus que probablement le même qui passa à la vente
du comte de Monbrun, 4-7 février 1861, n" 24. Toile. H. o°'4o;
L. o'°32. (Vendu 600 fr.)
Vente Henneven, i3-i6 avril 1874, n" 281 : « Jeune paysanne. »
(Vendu 480 fr.)
Vente Lecocq-Dumesnil, 2 mai 1894, n° 6. (Acheté 3,ooo fr.)
Collection de M""* Noël Bardac.
77. « Le petit dessinateur » ou Portrait de Carie
Vernet, à l'âge de quatorze ans.
Signé et daté': 1772.
Toile. H. o'"4ï ; L. o"33. {Catalogue sommaire des pein-
tures... du Louvre, 1909, 549 A.)
Voir les n" 68, 69.
Pendant du n" 78.
Salon de 1773, n° 33.
Collections d'Horace Vernet et des descendants du modèle.
Exposition de l'Association des Artistes, décembre 1846
(sous le titre de « Portrait de Joseph Vernet »).
1922 12
- 178-
i* exposition des portraits du xviii' siècle, avril i885, n° 211.
Musée du Louvre, n° 640 a. (Don de M. Horace-Paul Dela-
roche.)
Voir VlUustration^ Noël 1909; V Artiste, 4^ série, t. VIII,
p. 157; le Moniteur des Arts, n° 49, 3 janvier 1847; ^^vue
de l'Art ancien et moderne, décembre 1921.
77 bis. Le petit dessinateur.
Assis devant une table, la tête appuyée sur sa main
gauche, il tient un porte-crayon et dessine.
Esquisse peinte probablement pour le n" précédent.
Bois. H. 5 pouces; L. 4 pouces (o^io; o"o8).
Vente, 19 janvier 1778, n» 108.
Vente Adolphe Fould, 14-15 mai 1875, n° 28.
78. a L^élève curieux » ou Portrait de Carie Vernet,
à l'âge de quatorze ans.
Il est assis sur une chaise, de face. Il tient un porte-
feuille, dont il tourne les feuillets. Accrochés au mur
du fond, deux tableaux, dont une marine de Joseph
Vernet.
Toile. H. i5 pouces; L. i pied (o'"4i; o"'34).
Pendant du n» 77.
Salon de 1778, n» 34.
Probablement est-ce le même qui a passé à la vente du
4 juin 1891, n° 32 : « Le petit dessinateur assis sur une
chaise; il tient un portefeuille dont il tourne les feuillets. »
Vente baron Franchetti, 8-9 mars 1894, n" i65.
Exposition de l'Enfance en 1901, n' 140.
Collection J. Strauss.
79. Portrait d'un jeune garçon.
Vu, en buste, de face, coiffé d'un feutre beige, rond,
à large bord. Vêtu d'un costume gris; foulard blanc
autour du cou. Il tient dans la main droite un porte-
crayon et un carton à dessin.
Peint probablement vers 1772.
Toile. H. o'"4o; L. o'»32.
A comparer avec les n" précédents et surtout avec le
« Portrait d'un élève », n" 95.
Vente du docteur Cornac, 18-19 février i85o, n" 8. (Acheté
- 179 —
38 tr. par Delestre.) C'est probablement le même qui passd
à la vente J.-B. Delestre, i3-i4 octobre 1871, n" 62. (Racheté
1,060 fr. par Delestre.)
Collection David Weill.
Ce jeune garçon paraît avoir exactement le même âge que
les modèles des portraits précédents. C'est probablement un
autre élève de Lépicié, qui travaillait avec Carie et Gounod
chez le Maître; c'est peut-être Métivier, Godefroy ou Col-
mart.
80. Monseigneur le duc de Valois au berceau.
Dans un somptueux appartement décoré à la mode
du temps, un jeune enfant, couché dans un berceau
orné de dentelles, vient de s'éveiller et sourit aux jap-
pements d'un petit chien que lui présente un jeune
nègre. A droite du berceau, le père contemple avec
bonheur ce gracieux spectacle.
Signé, à gauche, et daté : 177^.
Bois. H. o'^SS; L. o'"42.
Salon de 1775, n° 20.
Appartenait au duc d'Orléans, auquel il fut confisqué le
26 brumaire an II (1793) : « ... Orléans condamné, n" 34.
Égalité visitant son fils endormi et un nègre auprès.
H. 20 pouces; L. 16 pouces. Sur bois de L'épicier... »
(Archives nationales. Registre de réception des objets
d'art... trouvés che:{ les émigrés et condamnés. Registre
F 17-23 A, an II, 26 brumaire.)
Vente du cabinet Dennoor, 14 mars 1797, n" 88.
Vente du prince de Dino, 24 février 1879, n» 22. (Vendu
4,675 fr. à M. Morhaim.)
Il s'agit ici du fils de Philippe-Égalité (1747-1793), qui fut
d'abord duc de Valois, puis duc de Chartres et enfin roi de
France sous le nom de Louis-Philippe I" (1773-1850).
Pour les critiques, voir : Diderot, t. XII, p. 10; Bachau-
mont. Mémoires secrets, t. XIII, p. 199-200; La lanterne
magique aux Champs-Elysées, 1775, p. 13-14.
81. Jeune femme en buste. Étude pour la jeune fille de
V Atelier de menuisier (nos 179-181).
Le visage souriant, la tête inclinée en avant, légère-
ment tournée vers la gauche, les cheveux blonds relevés
— i8o —
sous un bonnet de dentelles à coques de ruban bleu,
corsage rayé sur fond jaune, fichu de gaze autour du cou.
Signé et daté : 1774-
Bois. H. o'°2i; L. C-iS.
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n" 85. (Racheté gSo fr.)
Vente de la collection de la princesse Mathilde, 17-21 mai
1904, n" 36. (Vendu 5, 100 fr. à Villandry.)
Vente du comte de D., 7 novembre 1916, Marseille (?).
82. Portrait d'une vieille paysanne, dit « La grand'-
mëre ».
Vue en buste et de face, la tête légèrement baissée
vers la droite, coiffée d'un bonnet blanc rougeâtre,
mouchoir gris rayé autour du cou, tablier à bavette.
Signé et daté : 1774.
Bois. H. o^ig; L. o^iô ou H. o™i83; L. oribb.
Vente des 6-7 décembre 1819, n" 62. (Vendu 18 fr. 5o.)
Vente J. Burat, 28-29 avril i885, n° 124. (Vendu i,25o fr.)
Vente Lemarié, 25-27 avril 1912, n" 596.
83. Plusieurs petits tableaux et Têtes d'études.
Salon de 1775, n» 24.
84. Un portrait de dame ou « Portrait de Mme La-
g^renée ».
Salon de 1777, n» 16.
Saint-Aubin en a fait une esquisse en marge du livret du
Salon et a écrit au crayon : « Portrait de M"" Lagrenée. »
85. Portrait de Lépicié.
Salon de 1777, n" 17.
L'identification est fournie par Saint-Aubin dans son livret
illustré du Salon. C'est probablement le même que l'on re-
trouve ainsi décrit : « Portrait du peintre par lui-même »,
représenté, vers l'âge de quarante ou quarante-deux ans,
en train de peindre. Vêtu d'un habit rouge à boutons d'or,
relevé par un jabot de dentelle.
Ovale. H. o^So ou o'"87; L. o'"70.
Vente E. Tondu, io-i5 avril i865, n" i32. (3oo fr.)
Collection de la baronne N. de Rothschild (1876-1892).
2" exposition des portraits du xvnr siècle, 20 avril i885,
n° 209.
— i8i —
1" exposition de cent chefs-d'œuvre des Ecoles françaises
et étrangères, juin 1892, n" 23. (Reproduit dans l'ouvrage de
Roger Miles, 1892, p. 26.)
Collection de M°" la baronne Leonino.
Voir aussi VArt^ 1876, t. IV, p. 211.
86. Portrait du fils du comte de Brancas, sous les
traits de l'Amour.
Une flèche dans la main, les ailes déployées, il est
debout, appuyé sur son arc. A ses pieds se voient les
pièces d'une armure, mêlées à des branches de laurier.
Signé, à droite, dans le gazon, et daté : 1778.
Sur toile marouflée sur bois, ovale. H. o^ôy; L. o"*48.
Voir, plus bas, le pendant.
Salon de 1779, n" 28.
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n"* 81. (Vendu, avec le
n" 82, 1,600 fr.)
Collection de M™* la baronne Erlanger.
87. Portrait de la fille du comte de Brancas, sous les
traits de Flore,
Semant des fleurs sur son passage.
Signé, à gauche, vers le milieu : Lépicié, 1778 (et non
1775 comme l'indique par erreur le Catalogue de la vente
Boittelle).
Ovale, sur toile. H. o'"67; L. 0^48.
Voir, n° précédent, le pendant.
Salon de 1779, n° 28.
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n° 82.
Collection de M"* la baronne Erlanger.
88. Portrait de femme.
Elle est vue jusqu'à la poitrine, de profil, à droite,
la tête tournée de trois quarts à gauche. La figure est
mince sous le bonnet de batiste à rubans héliotrope,
assorti avec le ton de la robe; les cheveux poudrés
apparaissent sur le front, sous la ruche du bonnet.
Signé, à droite, et daté : 1781.
Toile, forme ovale. H. o^ôo; L. o°49.
Vente de la collection de M. ***, 27 juin 1906, n- 19. (Vendu
820 fr. à Delagrave.)
— l82 —
89. Marc- Antoine Quatremère et sa famille.
Mme Quatremère occupe le milieu du tableau; elle
tient un enfant sur ses genoux; son mari pose une main
sur son épaule et soutient une autre de ses enfants,
debout à droite, jouant avec une poupée; un thé est
servi sur une table voisine.
Signé et daté : Amiens amicos pinxii Lépicié, ij8i.
Toile de forme ovale. H. o^Si; L. o°'6i.
Exposition des portraits nationaux en 1878, n" 722.
Collection de l'abbé Emmanuel Marbeau.
Collection Edouard Marbeau.
« Marc-Antoine Quatremère, que l'on appelle aussi Marc-
Etienne (1752- 1794), « natif de Paris », y demeurant rue
Saint-Denis, marchand drapier, convaincu d'être le com-
plice de fournisseurs infidèles, dit l'arrêt du tribunal crimi-
nel du 2 pluviôse an II, qui le condamnait à la peine de
mort. Il était fournisseur du roi. C'est le père de l'orienta-
liste Quatremère (né en 1782, décédé en 1857). Marc-Antoine
avait comme cousin Quatremère de Quincy, l'archéologue
(né en 1755, décédé en i85o)... On ne doit pas chercher sous
les traits de l'un des enfants l'orientaliste Quatremère,
puisque celui-ci est né le 12 juillet 1782 et que cette toile
porte la date de 1781... » [Catalogne de V exposition des por-
traits nationaux en iSjS au palais du Trocadéro, par H.
Jouin, p. i53, 154.)
90. Portrait de François Constance, comte Gnérin
(1773-1845), vers l'âge de huit ans.
En buste, de trois quarts, la tête presque de face. Il
tient un violon sous le bras droit. Devant lui, sur une
table, une feuille de musique.
Date probable vers ij8i.
Toile, forme ovale. H. o°'54; L. o"'43.
Exposition des portraits nationaux. Trocadéro, 1878, n" 458.
(Notice historique par H. Jouin.)
Exposition de l'Enfance (Petit-Palais), 1901, n" 141.
Collection du comte Guérin, Paris. (Provient de succes-
sions.)
91. Portrait de Lépicié.
En buste, tourné à gauche, la tête nue, presque de
face, les cheveux gris blond. Il porte une jaquette
rouge, le cou dégagé, entouré d'un foulard à carreaux
N°gi. — Portrait de N.-B. Lépicié par lui-même.
(Musée d'Abbeville.)
— i83 —
noué. Il tient sa palette d'une main et son pinceau de
l'autre.
Peint certainement vers 1784, à la fin de la vie du peintre.
Ovale. H. o^^-ji; L. o^S;.
Musée d'Abbeville, n° 52. (Catalogue de 1902. Don du
comte de Riancourt en i865.)
Attribué à Lépicié pour la première fois par L. Gonse
{Chefs-d'œuvre des Musées de France. Province. La pein-
ture, Paris, 1900, p. 19).
Voir aussi Inventaire des richesses d'art. Province^ Monu-
ments civils, 1902, vol. VII, p. 275.
b) Œuvres non datées.
92. Portrait présumé de Bertaud : « Le vieux mu-
sicien. »
Vieillard à barbe blanche, la tête couverte d'un bon-
net rougeâtre, vêtu d'une longue lévite grise, assis dans
un taudis, le violoncelle entre les jambes et touchant
de la pointe de l'archet une partition in-folio, ouverte,
à côté de plusieurs flacons, sur un vieux bahut à tiroir.
Bois, forme ronde. Diamètre : o'"28 ou o'"34.
Voir le dessin n" 346.
Vente Prault aîné, i3-i4 février 1807, n° 5. (9 fr.)
Vente Gavé, 17 décembre i852, n° 17. (124 fr.)
Exposition des tableaux de l'École française, 1860, n" 2o5.
(Catalogué par Ph. Burty.)
Vente Joseph Fau, 9 mars 1874, n" 12. (900 fr.)
Exposition de l'art du xvin° siècle, décembre i883-janvier
1884, n" 91.
Vente G. Rothan, 29-31 mai 1890, n" 167. (4,000 fr. à
Tabourier.)
93. Cuisinière (Buste de jeune).
Étude d'après nature.
H. 16 pouces; L. i3 pouces (o°43; o'"35).
Vente M. M., 9 avril 1793, n" 100.
94. Enfant (Tête d^).
Vêtu d'un mantelet.
H. 0-38; L. o-32.
Vente Houyet, 2 avril 1867 (Bruxelles), n" 53.
— i84 —
95. Enfant (Portrait d') : « Le petit dessinateur »
(probablement un élève da peintre).
Vu, en buste, presque de face, coiffé d'un tricorne,
les deux mains appuyées sur un carton à dessin.
Ovale. H. o^Si; L. o"'44.
Vente, i3-i4 avril 1892, n" 14.
Voir les n"' 68-69-70 et 79.
96. Enfant (Portrait d'), dit « Un petit dessinateur »
(probablement un élève du peintre).
Agé d'une douzaine d'années. Vu presque de face, la
tête levée. Il serre sous le bras droit un grand porte-
feuille, tout crayonné, sur lequel on ne peut lire que
les mots : « École gra — » (probablement pour École
royale gratuite de Dessin). Il porte un chapeau noir et
une jaquette bleu gris. Le fond du tableau est d'un gris
verdâtre.
H. o»53; L. o'»42
Vente Villeroy, 28 avril 1922, n" 45.
97. Enfant (Portrait d').
Les cheveux blonds bouclés, une collerette de linge
autour du cou.
H. o'"4o; L. o»32.
Exposition des Alsaciens-Lorrains, 1874, n» 677.
Collection du marquis d'Abzac.
Vente M""" X, 14 février 1920, n" 52.
98. Enfant (Portrait d').
Les cheveux blonds et bouclés, le visage de trois
quarts vers la droite, la tête inclinée sur l'épaule, les
regards baissés, il est représenté en buste.
Bois, forme ovale. H. o'»^; L. o^ii.
Vente Alphonse Kann, 6-8 décembre 1920, n° 46.
99. Enfants (Six études de têtes).
Expressions et attitudes variées. Dans les espaces
vides, diverses fleurs sont représentées, semées ou en
bouquets.
H. o"'74; L. o"92.
— i85 —
Vente M. G. ***, 17 janvier 1866, n" 69.
Collection M. Lavallard.
Exposition des Alsaciens-Lorrains, 20 avril 1874, n° 3 12.
Exposition de l'art du xvin* siècle, décembre i883-janvier
1884, "" %•
Musée d'Amiens, n" 171. (Catalogue 1899. Don Lavallard,
100. Femme (Portrait de), soi-disant « Marquise du
Ghâtelet » (1704-1749); attribution que la date rend
impossible.
Assise, presque de face, vêtue d'une robe de soie
blanche à paniers. Le corsage est orné de quelques
nœuds de rubans héliotrope et elle porte un boa de
fourrure. Les mains sont couvertes de longues mitaines;
la gauche tient un livre fermé, la droite une feuille sur
laquelle est tracée une figure de géométrie.
H. o"48; L. 0-36.
Vente M., 10 mars 1810. (Non vendu. « Femme assise à
son bureau », entourée de livres, tient une plume dans ses
mains et paraît chercher une pensée. Cuivre.)
Collection de la baronne Nathaniel de Rothschild, 1892.
2' exposition de cent chefs-d'œuvre des Écoles françaises
et étrangères, 8 juin 1892, n" 24. (Reproduit dans l'ouvrage
par G. Lafenestre, p. 5i.)
Exposition de cent portraits de femmes des Écoles an-
glaise et française du xviii" siècle, 1909, n° 48.
Voir Revue de l'Art ancien et moderne, juin 1909, p. 407.
Collection du baron Henri de Rothschild.
10 1. Femme (Portrait de).
Simplement vêtue d'un peignoir entr'ouvert, qui dé-
couvre une partie de sa gorge. Vue de face. Les che-
veux légèrement poudrés ; une grosse boucle tombe
sur chaque épaule.
Forme ovale. H. ©"42; L. 0-35.
Vente duc de Buckingham, 21 avril 1876, n° 80.
102. Femme (Portrait déjeune).
Sur les manches d'un tissu violacé, le fichu blanc
s'ouvre pour laisser discrètement voir le col découvert.
— i86 —
La tête à cheveux blonds est coiffée d'un bonnet. La
bouche est mignonne et le nez rond; les yeux regardent
de côté.
Toile ovale. H. o^ôS; L. o'"45.
Vente Daupias, i6 mai 1892, n" 29. (i3,ooo fr.)
io3. Femme (Portrait de).
Presque de face, en buste, cheveux frisés et poudrés,
pendants d'oreilles en or; décolletée, la chemisette sur-
montant le corsage, qui est rouge rayé de noir.
Toile ovale. H. o^ôS; L. o'"45.
Vente docteur Piogé, 3-5 mai 1898, n" 61. (i25 fr.)
104. Femme (Portrait de).
Paysanne, vue presque de face, en buste. Elle porte
un fichu, une bavette et un bonnet.
Ovale. H. o°28; L. o"'2i5.
Vente, 16-19 décembre i85o, n" 117.
Vente, 16 mars i853, n" 11.
Vente comte d'E., 26 mars 1870, n" 61.
Vente, 6 mai 1909. (Reproduit dans le Catalogue. i5o fr.)
io5. Femme (Portrait de jeune).
Vue en buste, les cheveux poudrés, relevés et ornés
d'une aigrette, elle porte une robe blanche à corsage
décolleté, avec un nœud de ruban bleu sur la poitrine.
H. 0-62; L. 0-53.
Vente, 18 décembre 1880, n" 23 bis.
I" vente princesse de Faucigny-Lucinge, 26-3o novembre
1917, n» i33. (Reproduit dans le Catalogue.)
106. Femme (Portrait de).
En buste. Un capuchon brun autour de la tête.
H. o'»4o; L. o'"32.
Vente X, 21-22 janvier 1920, n*» 78.
107. Fillette (Tête de).
H. o"'i8; L. o'°i5.
Vente Alex. Dumas fils, 28 mars i865, n" 40.
108. Fillette tenant des fleurs.
Fillette blonde, aux joues colorées, aux yeux bleus.
à la tête légèrement inclinée vers la gauche. De ses
bras à moitié nus, elle soutient des fleurs. Dans la
chevelure, un ruban bleu.
Ovale. H. o'»54; L. o'°44.
Vente Marcille, 14-15 janvier iSSy, n" 272. (38o fr.)
Vente F. Bohler, 23 février 1906, n" 61. (Reproduit dans le
Catalogue. 1,020 fr.)
109. Fillette (Buste de).
Coiffée d'un bonnet ; la tête inclinée sur l'épaule droite.
H. o°4o; L. o'"34.
Vente Warneck, 3-4 mai igoS, n" 81. (2,5oo fr.)
1 10. Fontenelle (Portrait de B. Le Bovier de), lôSy-iySy.
Le Catalogue Boittelle prétend que, suivant l'inscription
qui était sur la vieille toile, ce portrait fut peint quand
Fontenelle avait quatre-vingt-dix-neuf ans, ce qui placerait
l'exécution de l'œuvre vers 1756, date difficile à admettre
pour Lépicié. Ne faudrait-il pas plutôt y voir un portrait
rétrospectif?
Toile. H. o'"34; L. o"'44.
Pendant au portrait de Rousseau, n» 141.
Vente M. B., 2 avril 1874, n° 26. (270 fr.)
Vente Boittelle, i3 mars 1891, n"* 20. (175 fr.)
111. Garçon (Portrait d^nn jeune).
Vu à mi-corps, de trois quarts à droite; assis sur
une chaise, près d'une table représentée du côté droit
du tableau. Il tient un livre ouvert dans ses mains et
regarde le spectateur.
H. o'"639; L. o"'62.
Acheté par Catherine II.
Musée de I'Ermitage, Petrograd, n" ïbig. (Catalogue de
Somof avec attribution à Greuze. L'attribution à Lépicié est
faite par le baron N. Wrangel dans les Chefs-d'œuvre de la
galerie de l'Ermitage^ p. 232.)
112. Garçon (Portrait d'un).
Vu de face. Porte un chapeau noir et des vêtements
marron. Fond gris.
H. o"'48; L. o»37.
Don de M. Edmond Charpentier (i865).
Musée de Vire, n° 36. (Catalogue de 1909.)
— i88 —
ii3. Garçon (Tête déjeune).
Vu presque de face. La tête est coiffée d'un bonnet
gris.
Bois. H. 6 pouces; L. 5 pouces 3 lignes (o"i6; o'"^).
Vente Collet, 14 mai 1787, n° 102.
Vente Grimod de la Reynière, 24 mars 1791. (Non vendu.
Trésor de la curiosité, par Ch. Blanc, t. II, p. 173.)
Vente La Reynière, novembre 1792^ n» 52. (Racheté.)
114. Garçon (Tête de).
Vu de profil.
Toile. H. o°4o; L. o'»3o.
Vente M. L. D. V., 11-12 décembre 1846, n" 64. (29 fr.)
2* vente Boittelle, lo-ii janvier 1867, n" 139. (Bois. H. o"40;
L. 0-33.)
Peut-être le même que le « Jeune paysan endormi », actuel-
lement attribué à Lépicié.
Toile marouflée sur bois. H. o^SS; L. o"'3i.
Musée de Narbonne, n" 195. (Catalogue de 1877. Provient
de la collection Peyre.)
ii5. Garçon (Tête déjeune).
Coiffé d'un tricorne.
H. o'"45; L. o'-39.
Vente Berthon, Versailles, 16-21 décembre 1867, n» 71.
(« Petit villageois coiffé d'un tricorne. »)
Collection Tulpain, Nancy. (Voir Catalogue des tableaux
et objets d'art exposés dans le Salon de l'hôtel de ville de
Nancy en i8y5, in-12.)
116. Garçon (Jeune).
La main appuyée sur le dossier d'une chaise.
Vente Le Duc, 6 mars 1887, n° 87. (53 fr.)
117. Garçon (Portrait de petit).
Forme ovale. H. o'°4o; L. o'"33.
Vente Ph. Sichel, 22-28 juin 1899, n° 35. (710 fr.)
118. Garçon (Ëtude de).
H. o'"3i; L. o'°24.
Vente Marquis Forbin-Janson, 4 décembre 1906, n» 38.
(3o5 fr.)
- .89-
iig. Garçon (Portrait de).
Vu de trois quarts à droite, coiffé d'un tricorne, les
yeux levés, un foulard blanc autour du cou. Vêtu d'un
costume gris.
H. o'°62; L. o^ôo.
Collection Georges Wildenstein^ 1910.
Collection B. Kraëmer, 1921.
120. Garçon (Portrait de), dit « Le petit apprenti ».
Vu à mi-corps, presque de face, coiffé d'un tricorne
et vêtu d'un costume gris troué. Une courroie est pas-
sée sur son bras gauche.
H. c-ôS ; L. o"54.
Vente Bodin, i3 décembre 1922, n" 58. (Vendu 5, 200 fr.)
121. Gresset (Portrait du jeune).
Est-ce le poète et auteur dramatique (1709-1777)?
Vente, 24-26 mai i852, n° 162.
122. Homme (Portrait d'), dit à tort Portrait de Lé-
picié.
Tête nue, de trois quarts, regarde le spectateur.
H. 0-34; L. c-aS.
Vente Lépicié, 10 février 1783, n" 17. (H. 12 pouces;
L. 9 pouces. Tête d'homme.)
Musée de Grenoble. (Don du colonel de Beylié en 1898,
n" 72 du Catalogue de 191 1.)
123. Homme (Buste d').
Vu de trois quarts. Étude facilement touchée d'après
un jeune Savoyard.
■ H. 14 pouces; L. n pouces (o'°38; o'"29).
Vente NL M. ***, 9 avril 1793, n° loi.
124. Homme (Portrait d').
Représenté en buste ; enveloppé d'un manteau, la
tête nue, les cheveux poudrés, des lunettes sur le nez.
Ovale. Bois. H. o'»27; L. o'°2i.
Vente de Barroilhet, i5-i6 mars 1872, n" 14.
— 190 —
125. Homme (Portrait d').
En buste; tourné vers la droite, en habit gris ouvert
sur une chemise blanche, les yeux fixés sur le specta-
teur.
H. o'"4o; L. o"'28.
Vente R. M., 3 juin 1908, n" 96. (400 fr. à M. Ferai.)
126. Homme (Portrait d^).
En habit vert, orné d'un jabot de dentelle. Vu en
buste, de trois quarts à gauche. Un nœud de ruban fixé
derrière la nuque. La perruque poudrée.
H. 0-41 ; L. o-SS.
Vente H. Rouart, 9-1 1 décembre 1912, n" 52. (3, 200 fr.)
127. Jeune fille (Portrait de).
En buste; la figure de profil; les cheveux blonds; un
fichu de mousseline noire autour de la tête; une robe
grisâtre décolletée, garnie de dentelle.
H. 0-43; L. o'-Sô.
Vente, 20-21 mai 1873, n" 32. (i,8o5 fr.)
Collection de Gas.
Exposition des Alsaciens-Lorrains, 1874, n" 898.
128. Jeune fille (Portrait de).
En buste ; les yeux baissés et ajustée d'un corset
rougeâtre.
Ovale. H. 14 pouces; L. 11 pouces (o^Sô; o'"28).
Vente MM. ***, 4 avril 1793, n" 91.
Vente, 3o juin 1903, n» 73.
129. Jeune fille (Buste de).
Goifl'ée d'un bonnet à dentelle. Sa tête est légèrement
baissée et de trois quarts; elle est assise sur une chaise;
sa robe est rouge et ses épaules sont recouvertes par
un fichu blanc passé dans un tablier à haut corsage.
H. o'-46; L. 0-375.
Vente, 5 février 1834, n» 44.
Vente Sorbières (de Tours), 18-20 janvier 1842, n" 3.
Vente, 25-26 janvier 1843, n" 34. (279 fr.)
Vente Giroux père, 10-12 février i85i, n° 106. (59 fr.
Vente Bouchardon, 4 mars i858, n° 14. (60 fr.)
— igi —
Chose curieuse, la description de ce tableau correspond à
celui de la Historical Society de New-York, la Sœur^ long-
temps attribuée à Lépicié, mais en réalité une répétition
solide et colorée de l'étude de Greuze pour V Accordée de
village, au Musée Condé de Chantilly, comme G. Monod l'a
déjà remarqué. {Ga^^ette des beaux-aHs, 1906, septembre,
p. 253.)
i3o. Jeune fille (Portrait de).
En buste; ses cheveux blonds, traversés par un ruban
bleu, relevés sur le front et retombant en longues
mèches sur le cou, la tête légèrement inclinée vers la
droite, le visage presque de face, les yeux bleus, la
bouche souriante; un fichu brun croisé sur sa poitrine,
qui recouvre une pointe de lingerie.
H. o"'43; L. 0-34.
Vente Michel de Vogué, 27 juin 1910, n" 4. (3,8oo fr.)
Vente A. Beurdeley, 6-7 mai 1920, n" 169. (Reproduite
dans le Catalogue.)
i3i. Jeune homme (Tête de).
De profil.
H. 7 pouces; L. 5 pouces (o™i8; o'"i3).
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 18.
i32. Jeune homme (Portrait d^un).
Le .tricorne sous le bras.
Vente M. Isouard, 11 avril 1877, n° i5.
i33. Jeune homme (Portrait d'un) : « Tête de page. »
La tête couverte d'un tricorne orné d'un galon et
revêtu d'un habit gris clair avec jabot et les cheveux
poudrés.
« Peinte dans la manière de Chardin. »
H. o"'46; L. o'"37.
Exposition de l'Art français au profit de l'œuvre de l'Hos-
pitalité de nuit, 1888, n" 23. (Catalogue par M. Yriarte.)
Collection Giron de Buzareingues.
Vente Giron de Buzareingues, 26 février 1892, n» 63. (5oo fr.)
134. Lantara (Portrait de).
En buste.
Vente Vidal, 3-5 février 1868, n» 67. (420 fr.)
— 192 —
i35. Lépicié (Portrait de), par lui-même, vers l'âge de
trente-huit ans.
En buste, de face ; la tête légèrement inclinée à gauche,
les cheveux enveloppés dans une bourse de soie noire;
col blanc, gilet et habit bleus à boutons de métal.
H. o"'44 ou o"45 ; L. o^SG.
Daterait environ de 1773.
Vente marquis de Cypierre, 10 mars 1845, n" 84. (38 fr.)
Collection MM. Vidal et Feral-Cussac.
Collection Eudoxe Marcille.
Exposition des Portraits nationaux, Trocadéro, 1878, n' 632.
(Notice par H. Jouin.)
2* exposition des Portraits du xvni" siècle, avril i885, n' 208.
Collection Pierre Chévrier (1922).
Gravé par Fr. Killemacher en 1872.
Voir les autres portraits de Lépicié, n"' 85, 91, i36 et 137.
i36. Lépicié (Portrait présumé de).
H. o™43; L. o'"36.
Vente, 16-18 mars 1908.
Voir le n° précédent.
137. Lépicié (Portrait de), par lui-même, en train de
peindre la duchesse de Ghâteauroux.
H. o'"4o; L. o'"35.
Vente Ferdinando Tandola, 28 février-i"-7 mars 1887,
Rome, n" 444.
i38. Lépicié (Portrait de).
Mentionné dans la 2" exposition des Portraits du xviir s.,
avril i885, n" 210 bis, comme appartenant à M"" Horace De-
laroche. Je n'ai pas pu trouver trace d'une telle œuvre, dont
l'identité semble fort douteuse.
139. Magistrat (Portrait d^un).
Vu à mi-corps; perruque poudrée; couvert delà robe
noire; les mains croisées à la ceinture, il tient une
ordonnance.
Ovale. H. o"'8o; L. o"62.
Vente, 12 avril 1879, n° 40.
Vente Lefebvre-Bougon d'Amiens, i*'-2 avril 1895, n» 3i.
-.93-
140. Pig^alle (Portrait du sculpteur).
H. o'"43; L. o'"24.
Exposition rétrospective des tableaux anciens empruntés
aux galeries particulières (Palais des Champs-Elysées), mai
1866, n« 98.
Collection Jacques Reiset.
Vente Jacques Reiset, ag-So avril 1870, n" 12. (820 fr.)
141. Rousseau (Portrait présumé de J.-J.).
H. o"54; L. o"44.
Pendant au portrait de Fontenelle, n* no.
Vente M. B., 2 avril 1874, n° 27. (870 fr.)
Vente Boittelle, i3 mars 1891, n» 21. (120 fr.)
Peut-être le même que le portrait de Rousseau qu'acquit
en 1902 le Musée Carnavalet (peintures, n° 210). Cette œuvre,
— évidemment un pastiche d'après le célèbre pastel de La
Tour, — est une harmonie de gris et de gris vert.
142. Savant (Portrait d'un).
Homme d'une soixantaine d'années, coiffé d'une per-
ruque poudrée. Vu à mi-corps, de trois quarts. Il tient
dans ses mains une lorgnette et est assis près d'une
table sur laquelle est un télescope.
Exécution remarquable.
Peut-être le portrait non identifié du Salon de 1777, n" 17,
et pendant du portrait de Lépicié, n° 85.
Forme ovale. H. o^gi ; L. o'"73.
Vente Boittelle, avril 1866, n» 83. (700 fr.)
Collection baronne Nath. de Rothschild.
2« exposition des Portraits du xviir siècle, i885, n" 210.
Collection Henri de Rothschild.
Voir VArt et les artistes, 1906, t. III, p. 23i. La Collection
Henri de Rothschild, par C. Morice.
143. Vernet (Joseph).
L'identité de ce tableau semble fort douteuse. Il ne nous
est connu que par une mention dans le Musée des portraits
d'artistes, par Henri Jouin, 1888, p. 190, qui s'applique sans
doute à notre n" 68 (Portrait de Carie Vernet).
144. Vieillard (Portrait d'un), ou « Philosophe ».
En habit gris; assis devant une table où l'on voit un
1922 i3
— 1^4 —
rouleau de mantiscrits, une tête de mort, une cruche
et une bouteille. Il lit mi manuscrit.
H. o°'73; L. o-'ôo.
Musée du Havre. (Depuis la formation en 1845; Catalogue
de 1887, n" 25i; sous attribution à un inconnu.)
L'attribution de ce tableau à Lépicié fut faite en premier
lieu par Louis Gonse. {La Peinture des Musées de province
en France, p. 142.)
145. VieUlard (Tête de).
Avec cheveux blancs et barbe pareille.
H. 12 pouces; L. 9 pouces (o'"32; o'"24).
Vente Lépicié, 1786, n» 16.
146. Vieillard (Tête de).
De trois quarts à gauche, il regarde par terre; le front
très découvert; la tête, chauve sur le sommet, est gar-
nie sur les côtés de cheveux châtains grisonnant; une
barbe blanche très touffue descend sur la poitrine.
H. o'-ôS; L. o»485.
Vente, 27 février 1847, 11° 3i.
Musée de Châteauroux. (N" 40 du Catalogue de 1874; don
de M. Just Veillât vers i863.)
147. Vieillard (Tête de).
En buste; couvert d'un manteau gris et coiffé d'un
bonnet noir.
H. o'*54; L. o»38.
Vente capitaine StafFord de Brighton, 23 avril 1879, n" 39.
Vente Lefebvre-Bougon d'Amiens, 12 avril 1895, n» 32.
(2o5 fr.)
Pendant du n" i5i.
148. Vieux paysan.
De grandeur naturelle; à mi-corps; les deux mains
appuyées sur un bâton. Il a la tête nue, les cheveux
gris. Habit en gros drap ; gilet rouge.
H. o^-j; L. a^%.
Vente Leroy d'Étiolles, 21 février 1861, n" 63. (190 ff.)
149. Vieille paysanne.
Vue de face; coiffée d'un mouchoir blanc; tablier
noir à bavolet avec une cape marron sur la tête et les
épaules.
H. o°2o; L. o^iô.
Exposition des tableaux de l'École française, 1860, n» 396.
Collection de M. Cournerie, 1860.
Peut-être le même que le n" suivant.
i5o. Vieille paysanne.
Tête de face; en buste; la tète légèrement inclinée
vers le côté droit. Sur la tète, une très légère et simple
coiffe de lingerie. Au cou, un mince ruban de couleur
foncée. Un tablier blanc à bavette recouvre la partie
supérieure du buste et se perd dans le cadre.
H. o'»i5; L. o-iS.
Collection J. Gigotix.
Musée de Besançon, n* 292. (Don Gigdtix.)
i5i. Vieille (Tête de).
H. o'»54; L. o'-SS.
Vente capitaine StafFord de Brighton, 23 avril 1879, n* 40.
Pendant du n" 147.
i52. Vigée-Lebrun (Portrait de M™« L.-E.).
Collection Davril, 1888. (Voir Musée des portraits d'ar-
tistes, par H. Jouin, 1888, in-8", p. m.)
i53. Villageois (Jeune).
En buste.
H. o»58; L. o"'48.
Vente Moreau-Wolsey, 23 mars 1869, n° 67.
154. Villageois (Portrait d'tin jeune).
H. o"44; L. o'°37.
Vente, 27 mars i852, n» 28.
Portraits et têtes d'attribution douteuse.
i55. Homme (Portrait d'), dit d'abord Diderot, ensuite
lé chirurgien André Levret (1703-1780).
A mi-corps; assis de trois quarts à gauche sur une
— 196 —
chaise cannée, les pieds ramenés l'un sur l'autre, le
droit sur le gauche, le pouce et l'index de la main
droite engagés dans les feuillets d'un livre entr'ouvert;
cheveux grisonnant non poudrés, relevés sur le haut
du front et bouclés de chaque côté. Habit gris boutonné
devant, manchettes de mousseline blanche et un gilet
rouge.
H. o'"72; L. o^ôi.
Ancienne collection Lenoir.
Collection du duc d'Aumale.
Musée Condé de Chantilly. (T. CXLV du Catalogue de
Gruyer). Actuellement attribué à Aved.
Voir Aved, par G. Wildenstein, n* 127. (1922, 2 vol. in-4».)
i56. Peintre (Portrait d'un jeune).
A mi-corps, presque de face; les cheveux poudrés et
relevés sur les côtés; chemise entr'ouverte; redingote
violette, col rabattu. La main gauche tient une palette
et la main droite une brosse.
H. o'-vS; L. o"59.
Musée d'Orléans. {Inventaire des richesses d'art de la
France. Province. Monuments civils, 1. 1, p. 95, n" 226 du Ca-
talogue de 1876.)
Presque certainement pas par Lépicié; actuellement attri-
bué à Gauffier (1761-1801), dont il serait le propre portrait, vers
l'âge de vingt-cinq ans. (Je dois ces renseignements à l'obli-
geance du conservateur du Musée.)
Appendice.
Les portraits suivants ont passé en vente avec des
indications trop vagues pour permettre qu'ils fussent
compris dans un catalogue de l'œuvre de Lépicié :
Portrait d'un architecte. Vente Boittelle, de Cambrai,
28-3o janvier 1878, n" 35o. — Tête d'adolescent. H. 16 pouces
6 lignes; L. 14 pouces 3 lignes (o°'44; o"'34). Vente A. Giroux,
16-17 décembre i833, n° 17. — Portrait présumé d'un artiste.
Vente Gueting, 19 février 1848, n" 4, — Tête d'enfant. Vente,
18 avril 1857, n" 73. — Portrait de femme, avec un bonnet
blanc et une robe rose. Ovale. Vente Duchose, 22-23 février
1847, '^° 62. — Tête de jeune fille. Vente, 6-7 décembre 1841.
Et
^-
— 197 —
— Tète de jeune fille. Vente, 27 mai i852, n* 3. — Id. Vente
29 janvier i852, n» 64. — Id. Vente, 18-19 décembre i852,
n" 17. — Id. Vente Rollin, i" avril i853, n° 96. — Id. Vente
Devere, 17 mars i855, n" 39. — Id. Vente Marcille, 4 mars
1857, II' 260. — Id. Vente Lecurieux, 12 décembre 1862,
n» 3o. — Id. Vente, 9 avril 1877, n° 17. — Fillette en cos-
tume de paysanne. Vente M. Soret, 11-12 mai i863, n° 67
(62 fr.). — Tête de jeune garçon. Vente, 19-20 avril 1841. —
Id. Vente, 27 février i85o, n» 104. — Id. Vente, 27 février i85i,
n' 79. — Id. Vente, 8 avril i852, n° 87. — Id. Vente Viardot,
27 mars 1867, n° 52. — Id. Vente D' Benoist, 3o mars 1857,
n» 55. — Id. Vente, 3 mai 1862, n" 36. — Id. Vente, 11 mars
1872, n» 26. — Id. Vente, 3o novembre 1872, n° 44. —
Id., dans une attitude éplorée, les yeux levés vers le
ciel. Vente, 21 novembre 1910, n» 44. ^— Tête de jeune
homme. Vente Stevens, 14-15 avril i85i, n° 23. — Tête
d'homme. Vente, 4 mars 1868, n" 3i. — Portrait d'homme
avec une décoration, en buste, grandeur naturelle. Vente
Robinson de Bercy, 25 février 1847 (Chantilly), n" 76. —
Deux portraits d'homme. Vente, 27 avril 1900, n* 26. — Por-
trait d'homme. Vente M. L., 7 décembre 1901, n° 17. — Id.
Vente D' Benoist, 3o mars 1857, n» 54. — Id. Vente D' Be-
noist, 19-20 juin 1867, n° 76. — Portrait d'homme lisant
une lettre. Vente Meffre, 3-4 mars i852, n» 32. — Jeune pay-
san. Vente, 18 janvier 1860, n° 54. — Jeune valet. Vente,
6-7 décembre 1841, n° 2g.
Les tableaux suivants, d'attribution douteuse, ont
également passé en vente :
Portrait présumé de l'artiste. Vente, 24 décembre 1887. —
Portrait de jeune femme. Vente, 22 avril 1874, n" 54. — Por-
traits de petite fille et de petit garçon. Chacun H. o"'46;
L. o'»38. Vente, 6 février 1908, n"» 3o-3i (i,5oo fr.). — Portrait
d'un petit garçon, vu de trois quarts à droite, les cheveux
ras, coiffé d'un chapeau de feutre, vêtu d'un habit de velours
gris. Ovale. H. o'"52; L. o'"425. Vente A. de Ganay, 11 juin
1904, n« 16 (1,200 fr.). — Tête d'étude. Vente R., 20-22 no-
vembre i855, n» 240. — Tête de petit garçon. Vente Fonti-
nelle, 17-18 février 1873, n» 47. — Portrait de jeune garçon.
Vente, 23-24 février 1880, n° 43. — Portrait de jeune garçon
souriant, coiffé d'un chapeau de feutre, un gilet de manches
rouges; le bras gauche posé sur une cage, il tient un oiseau
de la main droite. Vente M. F., 3o novembre-i" décembre
^ .98 ^
ï9o5, n° 40, — Jeune garçon, en buste, H. o"'39; L. o^So.
3« vente Beurnonville, 12 mai 1906, n" 5i. — Jeune garçon,
en buste, les cheveux blopds, rieur, vêtu de rouge. H. o'"38;
L. o^Sô. Vente, 14-15 janvier 1920, n» 28. —- Portrait de jeune
homme. Vente Baur, lo-u décembre 1890, n° 5i. »-- Villa-
geois, en buste, coiffé d'un chapeau à larges bords. Vente,
20 février 1886, n" 44. — Portrait de jeune villageoise. Vente
Murât, de Saint-Jean-d'Angély, 25-26 avril 1887, n» i3. —
Portraits. Vente marquis de F., 18-20 avril I876, n' 562.
III. — Genre,
a) Œuvres datées.
157. L'étude.
H. 17 pouces; L. 14 pouces (o'"46; o"35).
Salon de 1769, n* 127.
En regard du titre, sur son livret, Diderot écrit ce seul
mot : « ... Rien... » (T, XI, p. 434.)
i58. Le déjeuner frugal.
... De ce bon villageois, le déjeuner frugal
Pour tout autre serait un très mauvais régal.
A le voir, on dirait qu'il n'est pas sans malice,
Et qu'il vous dit, d'un ton original :
Mangez-en votre part; c'est à votre service...
{La Muse errante au Salon..., 1771, p. i5.)
H. 17 pouces; L. 14 pouces (o'"46; o'"79).
Salon de 1771, n° 35.
Voir aussi : Diderot, t. XI, p. 481.
i5g. La récréation utile.
Femme lisant. Assise, en costume blanc à fleurettes
roses, elle courbe la tête au-dessus d'un livre ouvert sur
ses genoux; à droite est un tambour pour travailler à
l'aiguille.
Sur cuivre. H. i5 pouces; L. i pied (o°4o; o'"32).
Voir la réplique de ce tableau n" 160.
Salon de 1771, n" 36.
Voir la Muse errante au Salon..., p. 16.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 6.
Vente Henry Didier, i5-i7 juin 1868, n** 67.
N° i6o. — Jeune femme lisant.
(Musée d'Amiens.)
— 199 —
Exposition des cent chefs-d'œuvre des Écoles françaises et
étrangères, 8 juin 1892. (N" 25. Collection Nathaniel de Roth-
schild.)
Collection de Rothschild.
Voir : Cent chefs-d'œuvre des collections françaises et
étrangères. Préface par G. Lafenestre, p. 20. Paris, 1892.
160. Jeune femme lisant.
Bois. H. 5 pouces 6 lignes; L. 4 pouces (o^iSô; o^ioS).
Réplique du n° précédent; voir, plus bas, le pendant, n° i63.
Vente du cabinet de feu M. Randon de Boisset, 27 février
1777, n" 233. (Acheté 3io fr. par le comte de Brancas.)
Exposition de l'Art du xviii" siècle, décembre i883-janvier
1884, n° 90. (Collection Lavallard.)
Donné par Lavallard frères, de Roye, au Musée d'Amiens,
le 21 août 1890, n" 169. (Catalogue de 1894.)
Musée d'Amiens. (N" 27 du Catalogue de 1899, qui l'attribue
a Mieris.) M. Gonse {Chefs-d'œuvre des Musées de province,
1900, p. i5) déclare que le tableau est attribué par quelques
connaisseurs à Lépicié mais qu'il ressemble, à s'y méprendre
à un Bilcocq.
Il faut rattacher aux deux tableaux précédents les deux
numéros suivants :
161. Liseuse.
Puste d'une jeune fille placée devant une table et
occupée à lire.
Œuvre de jeunesse du peintre.
H. i5 pouces; L. 10 pouces (0^41 ; o'"27).
Vente Paillet, 1777, n" 100.
162. Liseuse.
Une jeune fille lisant.
H. 17 pouces; L. 14 pouces (o'°46; o"37).
Vente, 25 janvier 1779, n° 64.
Voir le n" 157.
i63. Jeune femme assise, cousant.
Vue de trois quarts à droite, elle a cessé de travailler
et a les yeux fixés à terre. Vêtue d'une robe blanche,
largement échancrée sur la poitrine, avec un col de
dentelle. Elle porte des manches courtes jusqu'au coude,
— 200 —
un collier de perles autour du cou. Ses cheveux blonds,
bien tirés, sont cachés ea partie par un bonnet de den-
telle avec un petit nœud rose.
Toile. H. o^Si 1/2; L. o»23.
Voir le pendant n' ibg et la réplique réduite n" 164.
Collection de la baronne Nathaniel de Rothschild.
Collection de la baronne David Leonino.
164. Jeune femme tricotant.
Voir la description du n° précédent.
H. o^iS; L. o^io. (Catalogue de la vente Louis Fould, n" 8.)
Réplique du n» précédent et pendant du n° 160.
Vente du cabinet M. ***, 5 avril 1780, n" 61. (H. o^iS;
L. o-io.)
Vente de feu Louis Fould, 4 juin 1860, n^S. (Vendu 5i5 fr.)
Vente Allou et Ehrler, 12 février 1872, n° 21. (Acheté
4.010 fr. par Sabatier.)
Exposition des Alsaciens-Lorrains, 1874, n" 899.
Collection Sabatier.
Un tableau : « La tricoteuse », passait à la vente du baron
D. ***, I" avril 1876, et un autre : « Petite fille faisant du
tricot », est signalé dans la vente du comte de Masin, 28 jan-
vier-2 février 1889, à Versailles, n° 26.
i65. La vigilance domestique.
C'est une femme d'environ trente ans, laide, maigre
et fâchée, qui paraît tenir un livre de compte.
[Lettres sur les Salons de iyy3..., par Du Pont de Ne-
mours. Nouvelles Archives de l'Art français, t. II, p. 25,
i" fascicule, 1908.)
Sur cuivre. H. i5 pouces 1/2; L. 12 pouces (o^ôS 1/2; o"'32).
Salon de 1773, n" 29.
166. La politesse intéressée, dite « Les bassesses de
Zizi ».
Représente un chien faisant la révérence pour un
morceau de pain.
{Lettres sur les Salons de l'/yS..., par Du Pont de Ne-
mours. Nouvelles Archives de l'Art français, t. II, p. 27,
1" fascicule, 1908.)
Signé, en bas, sur la pierre, vers la droite, et daté : / 772.
Bois. H. 0-43 ; L. o'»33.
Salon de 1773, n" 3o.
— 201 —
Vente des cabinets MM. ***, 9 avril 1793, n" 96. (Vendu
3oo fr.)
Vente Montigny, 22 janvier 1844. (N° 99 : « Jeune garçon et
son chien », vendu 35 fr., avec une « Jeune fille au chat »
comme pendant.)
Vente de feu le comte de Cherisey, 16 juin 1909, n" 19.
(Vendu 27.000 fr.)
Vente de M""" Roussel, 25-28 mars 1912, n" 16. (Vendu
3i.ooo fr. à Constantin.)
Voir les critiques : Bachaumont, Mémoires secrets, t. XIII,
p. i52; Avant- Coureur, 6 septembre 1773, p. 564, 565.
167. Le chien obéissant.
Le chien rapporte le chapeau déchiré de son maître.
(Du Pont de Nemours... Nouvelles Archives de V Art fran-
çais, t. II, p. 25, 1908.)
H. 20 pouces; L. 22 pouces (0^54; o"'59).
Salon de 1773, n° 3i.
168. Le voyageur de campagne.
Un homme assis sur une motte de terre, la tête
découverte, vue de face et chauve; près de lui est une
valise et, à ses pieds, un chien endormi.
Toile. H. II pouces; L. 8 pouces (o'"29; o'"2i).
Voir les variantes au Salon de 1777 et au Salon de 1783.
Voir aux dessins n"' 418, 19, 20.
Salon de 1773, n° 32.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 12.
169. Le lever de la jeune fille ou « lever de Fanchon ».
Une jeune servante sort de son lit. Elle enfilé un bas,
tandis qu'un chat se frotte familièrement contre sa
jambe. A gauche, instruments de ménage.
Signé : Lépicié, iJjS.
H. o"°73; L. o"9i.
Voir la réplique de ce tableau n" 170 et l'étude n" 76.
Salon de 1773, n*> 35. (Plusieurs tableaux sous le même n°.)
Vente Briant, 27-28 mars i85i, n° 117. (Vendu 690 fr.)
2« exposition des Tableaux de l'École française, 1860,
n» 395, p. 86.
Exposition des Orphelins d'Alsace-Lorraine, i885, n" 3io.
Collection Chaix d'Est-Ange. (Legs de la baronne du Teil,
Chaix d'Est- Ange, 1921, au Musée de Saint-Omer.)
— 202 —
Voir : Le Dévidoir du PalaiS'Royal, 1773, p. 10-11; Les
ArtSj 1907, p. 3o; — La Collection d'Est-Ange, par J. du Teil.
Ï70. Le lever de la jeune fille.
H. i"; L. l'-ôo.
Réplique en grand du n» précédent.
Vente Roussel, 9-1 3 avril 1866, n° 446. (Vendu 63q fr.)
Vente Monbro, 9-12 mars i863, n» 46. (Vendu 1.099 ^^- ^
Baur.)
171. La bonne mère.
Une Savoyarde assise, tenant sur ses genoux son
enfant dans un berceau.
Signé et daté : 1774.
Sur bois. H. i5 pouces; L. 12 pouces (o"4o; o"32).
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 5. C'est probablement le
même qui passa à la vente du 24 décembre 1828, n° 43.
Exposition des Alsaciens-Lorrains, 1874, n" 3 10.
Vente J. Burat, 28-29 avril i885, n" i23. (Vendu 7.000 fr. à
Baer.)
Gravé par Bocourt. (Cf. L'Art, i885, t. XXXVIII, p. 170.)
Voir aux dessins n"* 403, 404.
172. Dévideuse ou fileuse.
Une femme dévide un fil que des enfants tirent. Pay-
sage. Une ferme à gauche.
Signé, en bas, à gauche : A Che^y, Lépicié, 1774.
Collection E. Kraemer, 1910.
173. La petite sournoise.
Costume de paysanne.
L'expression de la tête et l'exécution de ce petit tableau le
mettent au premier rang dans l'œuvre du maître.
Signé, à gauche, et daté : 1774.
Sur bois. H. ©«"lô; L. o""i6.
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n" 86. (Vendu 1.421 fr. à
Du Tillet.)
174. Ménage de bonnes gens.
Un paysan et une paysanne sont attablés. La pay-
sanne a un enfant sur ses genoux.
Daté enyiroïi de 1774, étant donné que « La bouillie »
(n" suivant), qui est tirée de ce tableau, date de cette année.
N^ 171. — La bonne mère.
(Ancienne collection Burat.)
— 203 —
Toile. H. 17 pouces; L. 22 pouces (o'»46; o°»5g).
Voir le pendant : « L'union paisible », n" 187,
Appartenait en 1788 au baron de Breteuil. (On peut lire ce
renseignement au bas de l'estampe de de Longueil.)
Vente Jourdan, 4 avril i8o3, n° 29. (Vendu 235 fr.)
Gravé par de Longueil en 1788. {Mercure de France,
12 janvier 1788, p. 94.)
175. La bouillie ou « Le devoir maternel ».
Une jeune nourrice, représentée assise, faisant man-
ger de la bouillie à son enfant.
Signé, à droite, et daté : 1774.
Bois. H. o°'45; L. o'"3o.
Ce petit groupe est tiré du tableau : « Ménage de bonnes
gens », n" 174. Voir la réplique réduite, n° 176.
Vente des cabinets de MM. ***, 9 avril 1793, n° 99. (Vendu
80 fr. à Jaubert.)
Vente marquis G. ***, 21 décembre 1842, n° 55. (« Scène
d'intérieur; une femme et un enfant. »)
Vente Fallu de Poitiers, 4 février i863, n° i3. (Vendu
i.3o5 fr.)
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n° 78. (Vendu 2.000 fr.)
Vente prince Galitzin, 10 mars 1875, n° 24. (Vendu 3.65ofr.)
Vente Rothan, 29-31 mai 1890, n° 166. (Vendu 12.000 fr.)
Collection Thureau-Dangin. (Croix-Saint-Lenfroy, Eure.)
176. Le devoir maternel.
Voir la description du n" précédent.
Sur bois. H. 5 pouces; L. 3 pouces 9 lignes (o"'i3; o'°o8).
Gravé par Le Bas.
Voir plus haut la réplique n" 175 et le pendant n° 177.
Vente J.-Ph. Le Bas, i5 avril 1783, n° 14. (Vendu, avec le
pendant, i32 fr.)
Vente Robert de Saint-Victor, 26 novembre 1822, n° 568.
(Vendu, avec le pendant, 176 fr.)
Vente baron Denon, 1"' mai 1826, n° 166. (Vendu, avec le
pendant, 271 fr.)
Vente J.-L. David, 18-19 mars 1868, n° 33.
Collection Wallace a Londres, n** 464.
177. I^j^éducation commencée.
Une femme montrant à lire à une petite fille.
Sur bois. H. 5 pouces; L. 3 pouces 9 lignes (o'"i3; o^oS).
Ce groupe est tiré de 1' « Atelier du menuisier ».
— 204 —
Voir le pendant n» précédent et le dessin préparatoire n" 4o5.
Gravé par Le Bas.
Passa aux mêmes ventes que le n° précédent.
Collection Wallace, n" 466.
178. L'atelier du menuisier.
Un homme et une femme, entourés de quatre enfants,
forment la composition de... ce tableau. On y voit le
père occupé de son travail et la mère qui fait lire sa
petite fille; près d'elle une plus grande travaille en linge.
Toile. H. 2 pieds; L. 2 pieds 1/2 (o"'64; o^Si).
Salon de 1775, n° 21.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° i.
Pendant de la « Demande acceptée », n" i83.
Voir aux dessins, n" 408.
Voir : Mercure de France, octobre 1775, p. i85; Diderot,
t. XII, p. 10; La lanterne magique aux Champs-Elysées, p. 14.
L'histoire de V Atelier a été racontée dans le Bulletin de la
Société de l'histoire de l'Art français, 1910, p. 25 (Ph. -Gas-
ton Dreyfus : Une dernière volonté de Nicolas-Bernard Lé-
picié). Craignant que son œuvre ne donnât lieu « à penser
mal », l'artiste « réforma » un jour les deux exemplaires
qu'il avait peints, demanda à Le Bas d'en retoucher égale-
ment la gravure et, sur le refus de celui-ci, racheta le cuivre
et les épreuves. Il semblait bien que ces précautions eussent
réussi à faire disparaître détinitivement tout témoignage
figuré de la composition primitive.
Mais une heureuse chance vient de mettre entre les mains
de M. Ernest May un exemplaire de la gravure jusque-là
introuvable de Le Bas, presque en même temps qu'une
réplique peinte de la toile avant la réforme (ci-dessous,
n" 180). La gravure, qui semble un tirage ancien, porte,
dans la marge inférieure, la lettre suivante, manifestement
imprimée après coup : « L'Heureuse Union. Dédiée aux
pères de famille. Peint par J,-B'* Greuze et gravé par Le
Bas. Paris, chez Le Bas, marchand d'Estampes, r. des Fos-
sés-Montmartre, n" 27. Imprimé par Chardon jeune et fils,
rue Racine. » D'autres épreuves semblables ont dû circuler,
et c'est sans doute leur légende fantaisiste qui a fait intro-
duire la prétendue Heureuse Union dans le Catalogue rai-
sonné de l'œuvre de Greu:{e par Martin et Masson, Paris,
1908, in-fol., sous le n" 164. Comment ces épreuves ont
échappé aux recherches de Lépicié, comment elles se sont
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— 205 —
trouvées, au milieu du xix° siècle, entre les mains d'un
marchand d'estampes, homonyme et vraisemblablement
héritier de Le Bas, pourquoi celui-ci, par ignorance ou
parce que le nom de Greuze était plus marchand, a-t-il fait
ajouter la légende qui dépossède Lépicié?Nous ne le savons
pas, mais il faut s'applaudir d'un concours de circonstances
qui nous rend aujourd'hui une des meilleures planches de
Le Bas et qui nous enlève toute incertitude sur la composi-
tion primitive de V Atelier.
Ainsi qu'on le supposait, celle-ci était bien innocente. Le
garçon menuisier (que quelques retouches transformèrent à
peu de frais en père vertueux) coulait bien un regard indis-
cret vers la fille de la maison; il semblait bien s'efforcer de
détourner de son ouvrage l'attention de la jeune travailleuse;
mais ce jeu de scène ne prétait pas nécessairement à « pen-
ser mal », et on pouvait d'autant mieux l'absoudre que Lé-
picié a eu soin de nous raconter, dans la Demande acceptée,
le dénouement fort moral de cette idylle.
179. L'atelier du menuisier.
Réplique du tableau précédent et également changée par
Lépicié.
Signé dans le bas à droite.
Toile. H. o"'48; L. o™6i (les mêmes dimensions et dans le
même sens que la gravure pour laquelle, avant les change-
ments apportés par Lépicié, il a servi de modèle).
Probablement pendant de la « Demande acceptée », n" 181.
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n° 66.
Exposition internationale de Londres, i" mai 1871. {Rap-
port sur les beaux-arts, par A. Viollet-le-Duc, p. 5.)
Collection de la baronne d'Erlanger (depuis 1866).
180. L'atelier du menuisier.
Réplique non changée. Pareille à la gravure de Le Bas.
Dans le même sens que celle-ci.
H. o"9o; L. i-^So.
Collection du major C. S. Ricketts. (Signalé dans le Cata-
logue de la collection Wallace sous le n" 466.)
Collection de M. Ernest May.
On ignore dans quelles conditions a été peinte cette
réplique, qui n'est pas mentionnée dans le testament de
Lépicié.
181. Les accords.
Une femme, assise, unit la main de sa fille à celle
^- 206 —
d'un jeune homme; les amants semblent juret sur ses
genoux d'augmenter, par leur tendresse, sa félicité.
Toile ovale en largeur. H. 18 pouces 6 lignes; L. 21 pouces
(o'"48; o-Sô).
C'est évidemment la première variante ou réplique de la
« Demande acceptée ». Voir les n"' i83, 184, i85, 186.
Salon de 1775, n° 22.
Vente M""» ***, 27-28 novembre 1816, n" 23. (Sous le titre :
« L'union paisible. » Le Catalogue se trompe en disant que
c'est le tableau du Salon de 1777.)
Diderot remarque les progrès de Lépicié, « mais, n'en
déplaise à M. Cochin, cela est bien loin de Téniers... ».
(T. XII, p. 10,11.)
[82. Intérieur d^une douane.
Dans une large construction, où la cour est arrondie
à fauche en forme de rotonde, le mouvement des
chaises de poste et d'une douane au xviiie siècle. Dans
la cour, au premier plan..., un camion chargé qu'on va
sortir..., un groupe où l'on discute...; des gens causent...
et s'embrassent.
Toile. H. o-pS; L. i'»62.
Voir le pendant au Salon de 1779, n" 191, et les dessins
préparatoires n°' 406, 407.
Salon de 1776, n° 23.
Ce tableau avait été fait, comme son pendant « La Halle »,
pour l'abbé Terray, ministre d'État. Il passa par les mêmes
ventes que « La Halle », en 1779, 1782, 1812, 1881, 1892, 1893,
et parut seul, cette fois, à la vente Lelong, 27 avril, i" mai
1903, n° 36. (Vendu 9.200 fr. à Paulme, marchand.)
Actuellement : Collection Henri de Rothschild.
« La Douane est un grand succès auprès du public... On
en fait grand bruit... », dit Diderot (t. XII, p. 11). Celui-ci
nous apprend aussi que la figure principale du groupe du
milieu est le portrait de Lépicié.
« ... Outre le mérite d'une composition ingénieuse et natu-
relle, d'un dessin fin et correct, dit un autre critique, enfin
de la réunion des talents qu'on lui connaît, il a, de plus,
celui d'une couleur douce, lumineuse et d'un accord très
harmonieux. Peut-être quelques tons un peu moins gris
dans son architecture achèveraient-ils de l'amener à sa per-
fection... » {Observations sur les ouvrages exposés au Salon
ou lettre à M. le comte de ***, 1775, p. 14-17.)
^ èô7 --
Pour les autres critiques, voir : L'art de voyager au loin
sans sortir d'une chambre (manuscrit); La lanterne Magique
aux Champs-Elysées, p. i5; Bachaumont, Mémoires secrets,
t. XIII, p. 199-200.
i83. La réponse désirée, dite aussi la Demande accep-
tée ou la Promesse approuvée.
Un jeune homme demande la main d'une jeune fille.
Il est assis, ainsi que la mère de la jeune fille; celle-ci
est debout à côté d'eux et semble interroger sa mère.
A gauche, un enfant joue avec un chien. Dans le fond,
le père, avec deux de ses enfants, contemple la scène.
Signé et daté : 1776.
Toile. H. o"64; L. o^So.
Pendant de 1' « Atelier du menuisier », n" 178.
Voir la première version ou variante n" 181 et plus bas les
répliques. Voir aussi les dessins n°* 409, 417.
Salon de 1777, n" I2é
Vente Lépicié, io février 1785, n" 2.
Vente Cochu, 3-4 ventôse an VII (1799), n° 25. (H. ©"64;
L. o'^SS. Le Catalogue affirme que c'est le n" 2 de la vente
Lépicié et le même que celui gravé par Bervic. Probable-
ment une erreur dans la dimension o'^SS.)
Vente du cabinet F. Boudin, 4-5 mars 1818, n» 79. (Vendu
366 fr.)
Vente V* Martin, 21 avril i856. (Vendu 3.oio fr.)
Exposition des Alsaciens^Lorrains en 1874, n° 897.
Vente A. Fould, 14-15 mai 1875, n" 27. (Vendu 5.ooo fr.)
Vente Monbrison, 8 mai 1891, n" 49. (Vendu i5.ooo fr. à
Mannheim.)
Saint-Aubin en a fait une esquisse dans son livret du
Salon. (Bibl. nat., Estampes, Ybi22a, réserve.)
Gravé par Bervic, en 1784, sous le nom : « La demande
acceptée. » Fut aussi gravé par Hémery, en 1777, sous le
nom : « La promesse approuvée ». [Journal de Paris, il* 356^
décembre 1784, i5o7; n* 202, juillet 1777, p. 4.)
184. Même sujet.
H. o»i6; L. 0-18.
Voir le n° précédent.
Vente, 20 mars 1874, n° 40.
i85. Même sujet.
Première pensée du tableau de ce maître. Composition de
— 208 —
cinq figures au lieu des sept de la composition définitive;
les deux fiancés, la mère et les deux enfants, dont la petite
fille regarde vers les fiancés. Il y a aussi quelques légères
différences dans les accessoires.
Signé au coin en bas à droite.
Bois. H. i3 pouces; L. lo pouces 4 lignes (o"*33; o'"27).
A comparer avec les n"» précédents.
Vente Delaunay, i3 novembre 1810, n° 7.
Musée de Cherbourg. (Don de Thomas-Henri de Cher-
bourg, commissaire des Musées royaux, i83i-i834, n" 128.
Catalogue de 1870.)
186. Même sujet.
Musée de Brest, n" 82. (Catalogue de 1896.)
Donné par M. Hombron, conservateur du Musée en 1881.
Voir les n"» précédents.
Je n'ai pas pu savoir si cette œuvre est de Lépicié ou une
copie d'après lui.
Un tableau : « La demande acceptée » (composition à l'in-
verse de la gravure et du tableau n° i83. H. o'"53; L. o°'64),
passa à la vente du comte R. (i3 mai 1906, n° 66). En jugeant
d'après la photographie qu'en donne le Catalogue de la
vente, il s'agissait d'une assez mauvaise copie du tableau
n» i83.
187. L'union paisible.
Tableau ovale. H. 18 pouces; L. 22 pouces (o"'48; o"59).
Voir, n" 174, le pendant : « Ménage de bonnes gens. »
Salon de 1777, n" i3.
L'esquisse de Saint-Aubin montre une scène d'intérieur
avec un groupe de quatre figures, dont une mère ayant un
enfant sur ses genoux auprès d'un berceau. Dans le fond,
une cheminée. (Dans le livret du Salon. Cabinet des Estampes,
Yb 122 a, réserve.)
188. La solitude laborieuse.
Une esquisse de Saint-Aubin, dans le livret du Salon, repré-
sente un vieillard assis auprès d'une fenêtre.
Salon de 1777, n" 14.
189. Le repos.
Un vieillard assis tenant un bâton; près de lui un
enfant assis par terre.
Sur toile. H. 24 pouces; L. 19 pouces (o'"65; o^Si).
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Voir la première variante du Salon de 1773, n" 168, la
réplique du Salon de 1783 et les dessins préparatoires n" 418,
419, 420.
Salon de 1777, n» i5.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 4.
Gravé par Cl. Bervic en 1777, avec dédicace au comte et
à la comtesse de Brancas. {Journal de Paris, n» 32i, 1777,
p. 1-2.) Saint-Aubin en a fait une esquisse dans son livret
du Salon.
190. Le repos.
Bois. H. o'"28; L. o'"2i.
Voir, n° précédent, la réplique.
Vente baron ***, 19 mars 1906, n° 8. (Vendu i.55o fr, à
Roche.)
191. Vne de Tintérieur d'une g^rande halle.
Un marché dans une grande ville; il est rempli de
fruits et d'autres denrées. On y voit un grand nombre
de marchands et beaucoup de personnes qui achètent
ou qui regardent.
Toile. H. o'»98; L. i°'62.
Voir, ci-dessus, n" 182, le pendant, « La Douane, » au Salon
de 1775 et, plus bas, une étude. Voir aussi les dessins pré-
paratoires n°' 421-455.
Ce tableau, ainsi que « La Douane », avait été commandé
par l'abbé Terray, ministre d'Etat.
Vente de l'abbé Terray, 20 janvier 1779, n° 10. (Vendu,
avec « La Douane », 3.821 fr. à Dubois.) Dubois l'expose au
Salon,
Salon de 1779, n° 29.
Vente Ménars de Marigny, février 1782, n° 54. (Vendu,
avec « La Douane », 3.ooo fr.)
Vente Clos, ig novembre 1812, n° 22. (Vendu, avec « La
Douane », 904 fr.)
Donné avec « La Douane », en mai 1874, par Tarade au
Musée de Tours. (Cf. Catalogue. ..^Touvs, i88i.)La donation
est annulée et la ville de Tours restitue les tableaux à la
veuve Tarade en 1881. {Richesses d'art... Monuments civils,
t. V, p. 3io.)
Vente Tarade, 6-9 octobre 1881, n° 365. (Vendu, avec « La
Douane », 2i.5oo fr.) {Comptes-rendus de la Société des
beaux-arts. Départements, vol. XXX, 1906, p. 199-235.)
1922 14
— 210 —
Vente comte Daupias, 16-17 mai 1892, n° 27. (Racheté, avec
« La Douane », 19.500 fr. par le comte Daupias.)
Vente Galeries de l'Universelle, i3-i5 mars 1893, n° 55.
(Vendu avec « La Douane ».)
Exposition d'Œuvres de l'Art français au xviu« siècle.
Berlin, 1910. {Les Arts, juillet 1910, p. 24.)
Collection du marquis de la Ferronnays.
Avec ce tableau, Lépicié arrive à l'apogée de sa réputa-
tion; c'est le grand succès, aussi bien auprès de la foule
qu'auprès « des gens de l'art ». Ce ne sont que louanges,
exclamations admiratives, félicitations. Ceux mêmes qui,
comme Diderot, lui sont à l'ordinaire opposés se joignent
au concert général. Tous s'accordent, cependant, à lui faire
un léger reproche : sa couleur est un peu grise et ses blancs
trop farineux. Avec cette petite restriction, il est considéré
par certains comme l'égal de Téniers.
« ... Quel peintre pourrait se flatter... de rendre avec plus
d'agrément et de vérité... les scènes diverses qu'offre le
peuple assemblé! dit un des critiques; M. Lépicié a tout
rendu et ces détails sont portés à un tel point de perfection
que son tableau ne cesse d'attirer et de fixer les regards
d'une foule de spectateurs... Pourquoi, avec des talents aussi
décidés pour ce genre bourgeois, ne pas s'y borner? Pourquoi
céder à la vertigineuse ambition de vouloir chausser le
cothurne quand l'humble brodequin sied si bien.^.. » {Coup
d'œil sur les ouvrages... exposés au Salon, 1779, p. 29.)
Pour les autres critiques, voir : Journal de Paris, p. 1177-
1178 (2 octobre 1779), p. io38-io39 (12 septembre 1779);
Bachaumont, Mémoires secrets, t. XIII, p. 255-256; Cor-
respondance de Grimm et Diderot, éd. Tourneux, t. XII,
p. 328; Le miracle de nos jours..., s. d., p. 38; Coup de patte
sur le Salon de 177g, p. 25; Janot au Salon ou le Proverbe,
p. 12; Ah ! Ah! encore une critique du Salon..., p. 9; Ga^^ette
des beaux-arts, 2" période (1873), t. VIII, p. 239-240.
192. Buste de femme de la halle.
Avec une cornette plate sur la tête. Vue de face.
Sur toile.
Étude pour le n° précédent.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° i5.
193. Le jardinier de bonne hnmeur.
Signé : N.-B. Lépicié, 1777-
Bois. H. 0-45; L. o'-Sô.
— ait —
Voir le dessin préparatoire n" 456.
Salon de 1779, n» 3o.
Vente des cabinets de MM. ***, 9 avril 1798, n" 98. (Vendu
avec « La bouillie » 80 fr.)
Vente Fallu de Poitiers, 4 février i863, n» 14. (Vendu 900 fr.)
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n" 79. (Racheté par Boit-
telle i.i5o fr.)
2' vente Boittelle, lo-ii janvier 1867, n" i38. (Vendu 458 fr.)
Vente Maillet du BouUay, 22 janvier 1870, n" 9. (Vendu
5oo fr. à Pamart.)
194. Le garde-chasse.
Debout sur le seuil d'une grange, un manteau gris
couvrant sa veste verte, son fusil sous le bras, il donne
la main à un petit garçon qui coiffe un chien du cha-
peau du garde.
Signé et daté : lySo.
Toile. H. o"3i; L. o"24.
Probablement une réplique réduite du n» suivant.
Vente Horsin-Déon, 26 mars 1868, n° 29. (Vendu 920 fr.)
Vente A. de G. et M"'^ X..., 16 avril 1907, n" 41. (Vendu
i.5oo fr. à Dantin, marchand.)
Vente de la collection M. P.-M., 8 mai 1908, n" 99. (Vendu
820 fr.)
195. Départ d'un braconnier.
H. 2 pieds 1/2; L. 2 pieds (o^Si; o"'64).
A comparer avec le n° précédent.
Salon de 1781, n» 22.
Voir : Diderot, t. XII, p. 35.
196. Un vieillard lisant.
Un juif polonais assis dans son cabinet devant une
table couverte d'un tapis de Turquie, sur laquelle est
posée un grand livre ouvert.
Bois. H. i3 pouces; L. 10 pouces (o^SS; o'"27).
Salon de 1781, n" 23.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° n.
Diderot trouve qu'il n'y a « rien d'étonnant là-dedans;
petite manière de faire; rien de bien terminé qu'un tapis... ».
{Diderot, t. XII, p. 35.)
— 212 —
197- Le jeu de la fossette.
Trois garçons jouant à la fossette.
Sur bois. H. lo pouces; L. 8 pouces (o'"27; o"'2i).
Voir, plus bas, le pendant et les dessins préparatoires
n" 457, 458, 459, 460.
Salon de 1781, n» 24.
Vente Le P. ***, 2 mars 1785, n» 68.
198. Le jeu de cartes.
Trois garçons jouant aux cartes.
Sur bois. H. 10 pouces; L. 8 pouces (o°'27; o°'2i).
Voir, n" précédent, le pendant et les dessins préparatoires
n" 461, 462, 463, 464, 465.
Salon de 1781, n» 25.
Vente Le P. ***, 2 mars 1785, n» 68.
Vente Collet, 16 janvier 1844, n' 37. (« Les joueurs de
cartes. » Vendu 67 fr.)
199. La famille du braconnier.
Dans un intérieur de paysans, une femme rapporte
du bois mort et un lapin dans son tablier; une petite
fille décharge le butin.
Signé à droite et daté : 17S2.
Toile. H. o'"3i; L. o"24.
Voir les répliques et une étude, n" 200-202.
Vente Horsin-Déon, 26 mars 1868, n" 3o. (Vendu 750 fr.)
Vente Odiot, 25-26 mars 1869, n» 10. (Vendu i.58o fr.)
Vente AUou et Ehrler, 12 février 1872, n° 22. (Vendu 1.800 fr.)
Vente Pamart, 9-12 avril i883, n" 47. (Vendu 2.700 fr. à
Baer.)
200. La paysanne revenant du bois.
Voir le n' précédent et les deux n"' suivants.
H. 37 pouces; L. 3i pouces (o^gg; o'"83).
Salon de 1783, n" 6.
201. Paysanne revenant du bois.
Signé à droite et daté : 1782.
Toile. H. 0-80; L. 0-63.
Réplique des n" précédents.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 3.
Vente du cabinet de M. *** (de Vaudreuil), 26 novembre
1787, n» 80.
— 2l3 —
Vente Lecocq-Dumesnil, 2 mai 1894, n» 5. (Vendu 9.500 fr.
à Ferai.)
Vente Victor Gay, 23 avril 1909, n" 40. (Vendu 4.620 fr. à
Le Roux de Villers.)
202. Buste de jeune fille tenant un lapin dans la main
droite.
La tête est vue de face et couverte d'une cornette
plate.
Toile. H. 17 pouces; L. 14 pouces (o'"46; o"'37).
Étude pour les n-' précédents.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" i3.
203. Le vieillard voyageur.
H. 2 pieds 1/2; L. 2 pieds 4 pouces (o°8i; o'"75).
Réplique du « Voyageur de campagne », n* 168, et du
(( Repos », n" 189.
Salon de 1783, n" 7.
204. Un enfant au milieu des amusements de son âge.
Regardant pirouetter le sabot léger que son fouet a
frappé. [Les peintres volants ou dialogue entre un Fran-
çais et un Anglais, 1783, p. 20.)
H. 2 pieds 1/2; L. 2 pieds (0*81; o"'64).
Salon de 1783, n» 8.
205. Le déjeuner des élèves.
Sur bois. H. i pied 6 pouces; L. i pied 4 pouces (o'"48;
o»43).
Voir, plus bas, la réplique réduite.
Salon de 1783, n" 9.
206. L'intérieur d'un atelier de peintre.
On voit quatre élèves, assis et debout, autour d'une
table, occupés à déjeuner.
Toile. H. i3 pouces; L. 11 pouces (o'"35; o°29).
Voir, n" précédent, la réplique.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 8.
207. Le petit indigent.
C'est un gros garçon de neuf ou dix ans qui tend des
deux mains son petit bonnet.
- 214 -
Signé à gauche.
Sur bois. H. o"»ii; L. o^cy.
Voir, plus bas, le pendant.
Salon de 1783, n" 10.
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n" 87. (Vendu avec « La
petite indigente » i.ooo fr. à de Boisjolin.)
208. La petite indigente.
Elle tend la main aux passants.
Signé à droite et daté : 1J84.
Sur bois. H. o°ii; L. 0^07.
Voir, n° précédent, le pendant et « Le vieux mendiant »,
n» 259.
Vente Boittelle, 24-25 avril 1866, n" 88. (Vendu avec le
n» 87, i.ooo fr. à de Boisjolin.)
209. Deux tableaux représentant des fermes avec des
animaux.
L'un représente l'intérieur d'une ferme, dans laquelle
on voit plusieurs vaches, dont une blanchâtre, un valet
d'écurie, des poules, un chien et divers accessoires
analogues ; l'autre offre la vue de plusieurs chaumières
dans un paysage et, sur le premier plan, trois belles
vaches que conduit un pâtre.
Toile. H. II pouces; L. 12 pouces (o"'29; o°32).
A comparer avec les deux n" suivants. Voir les dessins
n" 466-472.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 9.
Salon dé 1785, n" 5. (Avec la mention qu'ils appartiennent
à la sœur de l'auteur qui peut en disposer.)
Vente des cabinets MM. ***, 9 avril 1798, n* 95. (Vendu
900 fr.)
Vente M. ***, 2 germinal an XI, n"* 5. (Vendu 32o fr. à
Paillet.)
« Ces deux tableaux, dit le Journal de Paris, les derniers
ouvrages de cet artiste, sont pleins de vérité, tant par la
couleur et par la naïveté du dessin que par leur touche fine
et spirituelle. Il est bien malheureux, et pour la réputation
de M. Lépicié, et peut-être pour l'art, que cet artiste ne se
soit pas attaché principalement à copier la nature. Je crois
que son goût pour le grand genre lui a fait perdre un temps
précieux pour la solidité de sa réputation. Il ne faut pas s'y
tromper; il ne s'agit pas, après avoir bien étudié les règles
du dessin et du coloris, de prendre son pinceau et de se
— 2l5 —
dire : je veux peindre l'histoire. Ce genre, pour être bien
traité, exige beaucoup de talent et d'imagination, une grande
énergie dans ses pensées, soutenue d'une raison solide; c'est
à ces conditions seulement que les peintres d'histoire ob-
tiennent justement le rang au-dessus des peintres de genre... »
[Journal de Paris, n° 249, 6 septembre 1786, p. 102g.)
210. Intérieur de ferme.
A comparer avec le n° précédent et le n» suivant.
Salon de 1785, n" 6.
Diderot nous apprend qu'il appartint au duc de Polignac.
[Correspondance de Grimm et Diderot, éd. Tourneux, t. XIV,
p. 240.)
211. Cour de ferme.
Intérieur d'une ferme. Au premier plan, une paysanne,
donnant la main à un enfant, distribue du grain à ses
poules. A gauche, des vaches et des canards. Dans le
fond, un puits, xies charrettes; un homme transporte
du foin.
Signé en noir sur le faîtage, au milieu, à gauche : N.-B. Lé-
picié, 1784^
Toile. H. o"65; L. o"'79.
A comparer avec les n"' précédents.
Collection du duc de Châlons. (Confisquée le 11 février
I794-)
Musée Napoléon, n° 807. (Catalogue par Villot, 1878.)
Musée du Louvre, n° 549. (Catalogue sommaire.)
Voir : Procès-verbaux de la Commission des Monuments
[Nouvelles Archives de l'Art français^ 3« série, t. XVIII, 1902,
p. 140); Tableaux et objets d'art saisis che:{ les émigrés et
envoyés au Muséum central, par Furcy-Raynaud [Nouvelles
Archives de l'Art français, 1912, p. 272).
b) Œuvres non datées.
212. Les apprêts d'un déjeuner.
Au milieu d'un intérieur rustique, une jeune femme
découvre un pot de terre posé sur un réchaud. Elle
vient d'éplucher des légumes qu'elle va mettre à cuire.
Elle est coiffée d'un foulard gris à raies et vêtue d'une
— 2l6 —
robe de drap brun et d'un tablier bleu. Sur la gauche,
son mari la regarde, tandis qu'à droite son petit garçon,
accoudé sur une table, à demi couverte d'une nappe,
mord à pleines dents dans une pomme; près de lui, sur
la table, une bouteille servant de chandelier et un pa-
nier.
H. i"'7o; L. i-'ôo.
Pendant à « La leçon de lecture », n° 253.
Vente, 21 juin igoS, n" 41. (Succession du comte d'H. Vendu
8.200 fr. à Sortais.)
21 3. Le baiser volé.
Un jeune paysan embrasse de force une jeune fille
que son frère cherche à défendre.
Vente Delamarch«, 29 mai--2 juin 1860, n' 283. (Vendu à
Lombard de Dijon.)
Peut-être le même que « La déclaration ». (Toile. H. o'"32;
L. 0-41.)
Vente, 2 avril 1891, n" 16.
214. Bertrand et Raton.
Vente De ***, 3o novembre 1872, n» 43. (410 fr.)
21 3. Le bon ménage et la charité.
Vente comte de la R. ***, 14-16 février 1842, n" 19. (201 fr.)
216. Le bonnet d^âne.
I" vente Marcille, i2-i3 janvier 1867, n° 99. (700 fr.)
217. Boudeuse (La petite).
Les cheveux blonds relevés et attachés par un ruban
rose, la tête appuyée sur sa main droite ; elle a devant
elle un livre ouvert.
Toile ovale.
Vente, 12 mai 1884, n° 28. (480 fr.)
Probablement une « Liseuse ». Voir les n°» 159-162.
218. Boutique du barbier.
Au centre, un homme, la tête chauve, assis sur un
fauteuil, tenant un plat à barbe, et un garçon occupé à
le raser; sur la droite, un paysan, le tricorne sur la
-217-
tête, appuyé sur sa canne, regardant un garçon prépa-
rer une perruque; près d'eux, un personnage qu'on
frise ; au deuxième plan, on aperçoit par une porte
ouverte plusieurs femmes assises autour d'une table,
devant une fenêtre, occupées à dresser des chevelures.
H. o^Si; L. cr45.
Vente J. Burat, 28-29 avril i885, n° i25. (800 fr.)
219. Buveur.
Dans une chambre rustique, assis près d'une table
sur laquelle est un broc en étain, qu'il contemple avec
amour.
H. o^yB; L. o'-ôo.
Vente E. Tondu, io-i5 avril i865, n° i52 bis.
Vente, 11 avril 1868, n» 35. (170 fr.)
220. Buveur.
Coiffé d'un tricorne noir et portant une veste et un
pantalon marron, il baisse tristement la tête, un verre
vide dans la main droite.
Attribué à Lépicié.
Bois. H. 0^24; L. o"i8.
Vente M™" X..., 24 avril 1907, n" 41. (390 fr.)
221. Canonnière brisée.
Un jeune écolier regarde avec tristesse le jouet qu'il
vient de casser. Vu jusqu'aux genoux, il porte un vête-
ment à gros boutons en drap épais de couleur violacée.
Sur une table placée devant lui, il a disposé ses livres
attachés par une corde.
H. o"'6o; L. o°47.
Vente du marquis de Blaisel, 16-17 mars 1870, n° 77. (i.52o fr.)
Voir « Le jeu de la canonnière », n° 25i.
222. Correction maternelle.
H. o^ib; L. o^ii.
Vente du château de Coatseiho (près de Morlaix, Finis-
tère), 21 mars 1887, n" 57.
Ce tableau est certainement le même ou une réplique de
celui qui est ainsi décrit : « Un pauvre petit enfant implore
le pardon de sa mère qui s'apprête à le fouetter pour une
faute qu'il a commise ». (Vente, 2-3 avril 1839, n" 18.)
— 2î8 —
223-224. Cuisinière (Une vieille). — Cuisinière (Jeune)
faisant son marché.
Vente comte de Houdetot, 19-20 décembre 1859, n"» 82 et 83.
225. Dévidense ou Fileuse.
Une dame âgée, tournée de trois quarts à gauche,
assise sut* une chaise recouverte d'une étoffe rose,
dévide, à l'aide d'un rouet, la laine d'une quenouille
qu'elle tient de la main droite. Elle est vêtue d'une robe
de soie rose, garnie de dentelle et décolletée en carré,
recouverte d'un élégant tablier à bavette en soie verte.
Une coiffe blanche, garnie de rubans verts, recouvre
ses cheveux gris. (Description due à l'amabilité du con-
servateur du Musée de Périgueux.)
H. o"'4i ; L. o'»3o.
Collection J. Perrot.
Musée du Pkrigord, P^rigubux (acquis en 1874), n° 81.
(Catalogue de 1875.)
226. Dévideuse ou Fileuse.
Jeune fille vêtue d'un casaquin jaune rayé, d'un tablier
à bavette, le coude gauche appuyé sur une table à ou-
vrage; elle semble écouter, oubliant de peloter le fil
qu'elle tient dans la main droite.
Signé à droite sur le tiroir.
Toile mise sur bois. H. 12 pouces; L. 9 pouces (o"32; o'"24).
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 10.
Vente Boittelle, avril 1866, n° 84. (i.ooo fr.)
227. Dévideuse ou Fileuse.
Jeune fille la tête vue de trois quarts vers la droite,
coiffée d'un bonnet blanc et vêtue d'une robe bleue qui
laisse une partie de la poitrine et les bras découverts et
d'un tablier blanc sur lequel se détache une rose. Elle
tient de la main droite un fuseau. Une quenouille est
posée entre la robe et le tablier. A droite, un dévidoir.
H. 0-86; L. o^ôS.
Musée d'Orléans, n" 225. (Catalogue de 1876.)
Voir : Inventaire des richesses de l'Art français. Pro-
vince. Monuments civils, t. I, p. 95.
— 219 —
2^8. Diseuse de bonne aventui^e^
Bois. H. o^iS; L. o'^io.
Vente du château de Goatseiho (près de Morlaix, Finistère),
21 mars 1887, n" 56.
229. Écolier (Le mauvais).
Signé.
Vente de la collection de ***j 3o novembre 1872, n" 46.
230. Enfant donnant à manger à des tourterelles.
Vente N. B. de Versailles, 14-15 avril 1845, n» 148.
23 1. Enfant en pénitence ou Boudeur.
Petit garçon assis dans une cuisine, ayant à côté de
lui un seau renversé sur lequel sont placés un verre d'eau
et un morceau de pain. Il est coiffé d'un chapeau noir
à plume et vêtu de couleur claire. Il s'essuie les yeux.
Bois. H. o»4i ; L. o"'3o.
Vente E. Tondu, 10 avril i865, n" 149. (« Le petit boudeur. »)
Vente marquis d'A., 29 janvier 1875, n" 21.
Musée de Lyon, n° 40. (Catalogue de 1877. Don de Jacques
Bernard, 1876,)
232. Faiseur de beignets (Petit).
Collection de la marquise de Crillon en 1861. (Cité dans
VArtiste, 1861, p. 246. « Les cabinets d'amateurs à Paris. »)
Peut-être à la mort de cette dernière serait-il passé dans la
collection de son héritier le duc de Polignac.
233-234. Femme au carlin. — Homme à l'écureuil.
Deux figures en buste de grandeur natûfelle.
Deux pendants.
Vente, 2 février 1847, n* 36.
I. Nous avons vu chez un marchand de tableaux de la rue
des Saints-Pères (1922) un tableau (H. o"6o; L. o"'5o) figurant
une paysanne au bonnet, à mi-corps, diseuse de bonne aven-
ture ou tireuse de cartes, assise devant une table où s'étalent
quatre cartes. — L'œuvre qui est repeinte, au point d'avoir
perdu toute sa valeur primitive, est signée Greuze. Mais, mal-
gré son état piteux, on y voit encore des traces du style de
Lépicié. Peut-être s'agit-il d'une grande version de ce petit
tableau.
— 220 —
233. Femme se lavant les pieds près d^une fontaine.
Vente prince P. ***, 24-25 février i853, n° 24.
286-237. Jeune flUe travaillant. — Couturière tra-
vaillant.
Chacun H. o"25; L. o'°2o.
Vente Collot, 29 mai 1862, n" 83-84. (iio fr.)
Probablement une « Liseuse » et une « Couseuse ». Voir
les n" 159-163.
238. Jeune fille pleurant la mort d'un oiseau.
Signé.
Vente E. Tondu, io-i5 avril i865, n° 148. (41 fr.)
Le titre de ce tableau rappelle plutôt Greuze que Lépicié.
289. Jeune fille de la campagrne.
Est éclairée par une lumière entourée de papier,
qu'elle tient à la main; elle conduit un vieillard appuyé
sur une canne.
H. o'-8o; L. 0-63.
Vente Boittelle, lo-ii janvier 1867, n" 187. (2o5 fr.)
Vente Rodelle, 3 avril 1877, n" 21.
240. Jeune fille au chat.
Bois. H. o-'43; L. o»33.
Vente Montigny (de Lille), 22 janvier 1844, n" 98. (Pendant
au « Jeune garçon et son chien ».)
Voir le n° 166.
241. Fontaine d^un marché.
Au premier plan, à gauche, une paysanne assise,
tenant un melon; à droite, près de son étal, un mar-
chand, vu de dos, cause avec un cavalier; à son côté,
un enfant. Au fond, une jeune fille puise de l'eau dans
une fontaine et un palefrenier s'approche, tenant un
cheval par la bride.
H. o'"4o; L. o"5i.
Musée de Reims, n" 339. (Depuis 1841. Catalogue de 1909.
Provenance inconnue.)
L'ancien Catalogue attribuait ce tableau à Robert, maître
de l'école de dessin de Reims. (N° i36 du Catalogue Loriquet.)
L'attribulion de l'œuvre à Lépicié semble très douteuse.
— 221 —
242. Garçon (Jeune) se chauffant à un brasero.
Vente D' Benoist, 19-20 juin 1867, n" p.
243. Garçon (Jeune) regardant une jeune dame qui
remet sa jarretière.
Bois. H. 10 pouces; L. 8 pouces (o°'27; o"'2i). ^'
. ; Vente Collot, 16 janvier 1844, n° 37. (Vendu 67 fr. avec
« Les joueurs de cartes ».)
Vente vicomte de Gavarret-Rouaise de Toulouse, 4-7 fé-
vrier 1867, ^^ 6^- (« L'indiscret. »)
244. Grand'mère.
Une vieille femme, assise, tient sur ses genoux un
enfant en maillot qui dort, tandis qu'une petite fille
s'appuie sur son bras gauche en portant ses doigts à sa
bouche.
Bois rond. Diamètre o"'2o.
Vente Veyreuc, 23 février i838, n" 6.
Vente Dufouleur, i3 février i856, n° 232. (210 fr.)
Vente Monbrun, 4-7 février 1861, n° 23. (520 fr. Avec l'ap-
préciation suivante : « Ce remarquable petit tableau rappelle
les œuvres de Greuze. »)
Vente Adolphe Fould, 14-15 mai 1875, n° 29. (38o fr.)
Exposition de maîtres anciens au profit des inondés du
Midi, 1881, n" 90. (Collection Ristelhueber.)
245. Intérieur rustique.
Des enfants jouent avec un chien.
Vente comte Thibaudeau, i3-i4 mars 1857, n» i38. (i32 fr.)
246. Intérieur de chambre villageoise.
On voit la maîtresse du logis tricotant un bas devant
la croisée; dans le fond, une servante s'occupe à placer
diverses choses dans une armoire et, dans une autre
pièce, on distingue à travers de la porte deux hommes
qui se chauffent.
H. 0-27; L. 0-335.
Vente d'Harcourt, 3i janvier 1842, n» 5. (i5o fr.)
— 222 —
247* Intérieur d'une cuisine.
Un jeune homme cherrhe à attirer sur ses genpux une
jeune fille portant des œufs dans son tablier.
Vente B.-G. Sage, 8 février 1827, n» 5o. (80 fr.)
Vente M. Jarry, 7 avril i853, n° 23. (« La jeune fille tentée. »)
248-249. Intérieurs avec familles de paysans (Deux).
Bois. Chacun H. 14 inches; L. 17 inches 3/4 (o-^SS; o'"4^).
Deux pendants.
Vente W. Boulton Esq. Tew Park. Eustone Oxon (Chris-
ties, Londres), 9 décembre 191 1. (65 1. 2 sh. = i.58o fr.
d'avant-guerre.) *
Vente, 7 juillet 1919, n» 67 (Christies, Londres). (« Le com-
pagnon heureux » et pendant. Bois. H. o"'36; L. o°45.)
250. Jardinier (Un petit).
Assis sur un tonneau, tenant dans ses mains une pelle
et ayant un chien à côté de lui.
H. 10 pouces; L. 8 pouces (o~27; o'»23).
Vente M"« de Cossé, 11 novembre 1778, n° 90.
25 1. Jeu de la canonnière (Le).
Un joyeux écolier regarde en l'air à quelle hauteur
portera la boulette qu'il va lancer avec sa canonnière.
Sur une table, des lambeaux de papier arrachés aux
livres d'étude servent de munitions.
H. o'"22; L. o'°i7.
I" vente Beurnonville, 12-16 mai 1881, n" 128. (3i5 fr.)
252. Joueur de vielle (Petit).
H. o^So; L. o"37.
Vente comte de Ganay, 4 juin 1903, n" 32. (2.5i5 fr.)
Collection Henri de Rothschild.
253. Leçon de lecture.
Une jeune mère assise sur une chaise de paille dans
un intérieur rustique, la tête encapuchonnée d'un fou-
lard noir, un nœud de soie rose au cou, vêtue d'un cor-
sage gris et d'une robe de soie à raies; elle apprend à
lire à un jeune garçon vêtu de rouge et assis à sa gauche ;
un autre petit garçon à genoux, la main sur un livre
«- 223 —
ouvert, regarde devant lui un chien qui vient de ren-
verser un panier de prunes. Au deuxième plan, derrière,
un troisième garçon se tient debout, sa toque à la main
et un carton sous son bras.
H. i-^vo; L. l'^ôo.
Pendant à « Les apprêts d'un déjeuner », n" 212.
Vente, 21 juin 1905 (succession du comte d'H.), n« 42.
{11.000 fr. à Sortais.)
254. Leçon de lecture « par le grand-papa ».
Vente après décès d'un artiste, 9-1 1 décembre 1847, n" 3.
255. Maître d'école.
Vente, 23 décembre i853, n" 55.
Voir le dessin n" 533.
256. Marchand de gâteaux.
Il offre sa marchandise à une jeune femme que cour-
tise un chasseur.
H. i'"o5; L. o"'89.
Vente, i5-i6 janvier 1847, n" 33.
Vente, 4 mars 1847, ^^'' 4^-
257. Médecin de campagne.
H. 0*65; L. 0^90.
Exposition de l'Art du xvni* siècle, décembre i883-janvier
1884 (p. 26 du Catalogue). ^
Collection E. Hecht.
Voir : Ga:(ette des beaux-arts, 1884, p. 172. (Article par
H. Chennevières.)
258. Mendiant en prière (Vieux).
Il porte un habit gris troué aux coudes, un sac pendu
à sa ceinture; il est agenouillé devant une image de la
Vierge et tient un chapelet.
H. o'"62 ; L. o"'46.
Vente D' Benoist, 19-20 juin 1867, n° 77.
Vente, 26 janvier 1878, n° 26.
259. Mendiant (Vieux) et enfant.
Vieillard assis sur une chaise, vu presque de face et
jusqu'à mi-jambes; porte la barbe. Il tient son chapeau
— 224 —
de feutre sur ses genoux, la coiffe tournée vers le spec-
tateur. Il tend sa main droite ouverte, la paume en
avant. A droite, près de lui, un enfant debout, vêtu de
rose, apprend lui aussi à présenter son bonnet à l'au-
mône.
H. o~4o; L. o'»32.
Exposition de l'Enfance, 1901, n" iSg (p. 18 du Catalogue.
Collection Lutz).
Vente G. Lutz, 26-27 mai 1902, n° 96. (6.000 fr. à Gallice.)
Comme le petit garçon est certainement le même modèle
que celui du « Repos » (n" 189), je crois cette œuvre peinte
vers 1777.
260. Meunier de Charenton (Le petit).
H. o'»46; L. o-SS.
Vente C. Méra, 8-i3 février 1886, n» 140.
261. Repas dans le parc de Versailles.
H. o-5o; L. o"85.
Vente Collot, 29 mai 1862, n" 82. (159 fr.)
262. Savoyards (Jeanes).
Assis sur une pierre; le plus jeune, les deux mains
sur les genoux et ayant une sellette à ses pieds, a l'air
de regarder à sa droite quelque chose qui le fait sourire.
H. 12 pouces; L. i5 pouces (o"32; o"'4i).
Vente, 6 avril 1826, n" 164.
Vente Tarral, 28 janvier 1887, n°. 25. (« Les petits Sa-
voyards. » Attribué à Lépicié.)
Bien qu'il nous coûte de lui enlever ce charmant petit
tableau, il paraît impossible d'admettre l'attribution à Lépi-
cié des « Petits Savoyards », de l'ancienne collection Schlich-
ting, actuellement au Musée du Louvre. (Voir les Arts, i<p3,
collection du baron Schlichting, par G. Migeon, p. 3-4.) La
tonalité générale et le faire facile, largement brossé et
empâté du tableau, ne ressemblent en rien aux œuvres de
Lépicié.
262 bis. Savoyards (Petits) jouant aux dés.
Vente Legrand, 21 novembre 1827, n° 55.
— 22$ —
263-263 bis. Savoyards (Deux petits) ; joueur de vielle
et montreur de marmotte.
Deux pendants.
Vente Jammes, i8 février 1846, n" 36.
264. Scène dUntérieur.
Une femme, assise devant un feu, fait rôtir des mar-
rons dans une poêle; pendant qu'elle cherche à retenir
ses deux enfants qui essayent de lui en soustraire
quelques-uns, elle répand dans le feu ceux qui sont
dans la poêle. A droite et à gauche, trois autres femmes,
occupées à divers travaux, contemplent en souriant
cette scène comique.
H. o"»;©; L. i^iS.
Vente Morny, 26-26 février 1845, n° 49. (3oo fr.)
265. Scène de sérail.
H. o"'62; L. o'°75.
Vente, i" juillet igoS, Bruxelles, n» 38.
265 bis. Scène d'intérieur.
Un vieillard paraît s'être endormi en lisant. Un jeune
garçon interrompt sa partie de volant pour examiner le
vieillard.
Bois. H. o'»25; L. o^ig.
Vente M.-L. de Vèze, 11 décembre 1846, n" 63.
266. La petite studieuse (probablement une liseuse).
Bois. H. o'"53; L. o>"43.
Vente, 16 avril 1869, n" 33.
Voir les n" i59-i63.
I
267. Vieillard.
Assis et se chauffant.
Peut-être le pendant du n» 268.
Vente, i"-4 août 1812, n" 5.
267 bis. Vieillard.
Assis dans une mansarde, tient à la main une écuelle
et de l'autre une cuiller en étain.
Vente Cousin, 20 décembre 1847, "" ^2. (29 fr.)
1922 i5
— 226 —
Vente de Ber, 26 décembre 1868, n" 70. (Vieillard assis
devant une marmite et préparant son repas; à terre sont des
légumes épars.)
268. Vieille femme à la chaufferette.
H. o-ôg; L. o^Sy.
Vente Th. Gautier, 14-16 janvier 1873, n» 34. (140 fr.)
269. Vielleuse.
Une jeune femme, coiffée d'une fanchon, en corsage
jaune agrémenté de rubans bleus, joue de la vielle et
regarde le spectateur. Près d'elle, à gauche, un cahier
de musique sur un pupitre.
H. o^go; L. o^yS.
Vente Gasquet, 8 mars 1888, n» 25. (2.3oo fr.)
269 bis. Vielleuse (Fanchon la).
H. o"io; L. o'»i8.
Vente M"" James Odier, 25 mars 1861, n" 27. (221 fr.)
Probablement une réplique réduite du n» précédent.
Appendice.
Les tableaux suivants ont passé en vente sous des
désignations trop vagues pour qu'ils puissent être com-
pris dans le Catalogue raisonné de l'œuvre du peintre :
La collation galante. Très amusante composition pasto-
rale. Vente, 24 avril 1843, n" 27. — Amusements de Vécolier;
Plaisirs interrompus. Deux pendants. Vente, 22 février 1875,
n«" 35-36. Vente (M. S. de Londres), 12 avril 1875, n°' 27-28.
— Petits artificieux; Le cerf-volant. Deux pendants. Vente
M. de V., 9 mars 1876, n" 3o-3i. — La coquette. Vente V.,
24 avril 1854, n° 3i. — Le désaccord. Vente, 4 décembre 1872,
n» 56. — Jeune femme, les seins nus. Vente M. R. de
Bruxelles, 27 avril 1878, n"* 49. — Jeune fille au repos et pen-
sant. Vente, 9 mars 1874, n<" 45-46. — Jeune fille sous l'ins-
piration d'un rêve. Vente A. Warneck, lo-ii avril 1849,
n° 114. (325 fr.) Peut-être le même que le tableau intitulé :
if. La servante », figurant une jeune fille qui s'endort, accou-
dée sur une table, où Ton voit un service de thé et des fruits.
Reproduit dans le New York Herald, édition de Paris, juin
1910, comme venant de la collection d'un amateur. Voir
— 227 —
aussi aux dessins « Le repos ». — Jeune fille jouant avec
sa poupée. Vente Eude (dit Michel), 22 décembre 1873, n" 65.
— Jeune garçon lisant. Vente, 26 avril 1878, n" 75. — Jeune
garçon tenant une poire à la main. Vente M. de C. ***, 2 dé-
cembre 1867, n" 57. — La jalousie. Vente, 16 février i852,
n» 83. — Innocence et l'Amour. Deux pendants. Vente,
17-19 mars i836, n" 61. — Jardinier; Petit vendangeur. Deux
pendants figurant chacun une figure en pied dans un pay-
sage. Forme ovale. Vente, 17 février 1844, n" 40. — Petite
marchande de moules. Vente vicomte de R. ***, 16 mars
1872, n» 40. — L'oiseau privé. Vente, 21 janvier 1884, n" 19.
— Petit ramoneur accroupi. Vente, 9-10 février 1848, n° 74.
— Un remouleur. Vente, 10 janvier 1829, n" 64. — Le retour
du laboureur dans sa famille. Vente, 25 novembre i852, n* 38.
— Scène d'intérieur. Vente M. R. de Lyon, 7-8 février 1845,
n" 21. — Deux scènes d'intérieur. Dans le genre de Greuze.
Vente prince de ***, 22 novembre 1843, n° 66. (3oi fr.) —
Vieille femme assise ranimant son feu. Vente, 26 avril 1849,
n» 14. — Villageoise buvant à une cruche. Vente E. Tondu,
io-i5 avril i865, n» i5o. (19 fr.)
Tableaux de genre, d'attribution douteuse :
Petit chanteur au luth.
Panneau. H. o"'4i ; L. o'"375.
Vente P. Delaroft", 27 avril-2 mai 1914, n° io5. (190 fr.)
Le comparaison.
Vente vicomte de Gavarret-Rouaise de Toulouse, 4-7 fé-
vrier 1867. (60 fr.)
Enfant dormant.
Assis sur une chaise, les jambes écartées, la tête appuyée
sur son bras droit qui pend. Coiffé d'un tricorne, la poitrine
à moitié découverte et nue. Vêtu d'un costume brun rou-
geâtre, les jambes nues, des chaussettes blanches.
H. o'"54; L. o'"43.
Collection Kleinberger.
Présente de vagues rapports avec le style du peintre.
L'enfant qui dort.
L'enfant qui lit.
Chacun H. o'"46; L. o'»38.
Vente Mireur, 28-3o mars 1900, n°* 101-102. (i.i5o fr.)
Les reproductions de ces tableaux (Catalogue de la vente
Mireur) montrent nettement que leur attribution à Lépicié
— 22S —
est une pure fantaisie. De plus, l'enfant qui dort a été gravé
sur bois, sous le titre « Le petit paresseux », avec attribu-
tion à Greuze. (Voir, au Cabinet des Estampes, œuvre gravée
de Greuze De 8a.)
Jeune homme à la grappe de raisin.
Toile. H. o'»43; L. a^Z-j.
Vente M. X, 8-9 décembre 1919, n" 70.
Joueuse d'orgue,
H. 0-43; L. 0-33.
Vente X..., 21 mai 1907.
Collection baron F. de Christian (1912).
Marchand de plaisirs.
H. o°'79; L. o~65.
Vente, 17 février 1914, n" 17.
Marchande de poissons.
Vente M.-F. Châtelain, 21-23 novembre 1887, n- 378.
La nourrice.
Vente, 16 juin 1889, n" 41.
Jeune paysan.
Vente, 4 mai i885, n° 62.
Remarquons aussi que Le retour de l'école (H. 1°; L. o'°79.
Collection Lacaze, n" 118. Catalogue de 1909. Musée du
Louvre) a été attribué, sans aucune preuve d'ailleurs, à
Lépicié. {L'Art, 1876, t. VIII, p. 212.)
B.
DESSINS.
I. — Histoire.
a) Œuvres datées.
270. Étude pour la « Descente de Guillaume le Con-
quérant ».
Salon de 1765.
Au bistre.
Voir le tableau n" i.
Vente Lépicié, 10 février 1786, n° 58.
— 229 —
271. Bénédiction des enfants.
Plume et bistre.
Voir le tableau de 1767, n» 5,
Vente Brun-Neergaard, 3o août 1814, n" 219.
271 bis. Tête de femme : étude pour la « Sculpture »
(1771), no 24.
De profil à droite.
Trois crayons. Sur papier gris.
Signé, en bas à droite, à la plume.
H. o-i55; L. o»i35.
Musée du Louvre. (N» 9127 de l'inventaire de MM. Pierre
Marcel et Guiffrey, t. IX.)
271 ter. Colère de Neptune.
Sanguine, lavé de bistre.
Signé, en bas à droite, marque F. R. (Cette marque se
trouve sur beaucoup d'autres dessins du maître. D'après F.
Lùgt {les Marques de collections de dessins et d'estampes^
1921, p. 181), il s'agirait d'un monteur français.)
H. o'"296; L. o""37.
Voir le tableau de 1771, n° 26.
Musée du Louvre. (N° 9122 de l'inventaire de MM. Pierre
Marcel et Guiffrey, t. IX.)
272. Famille de saint Jean.
Trois figures.
En hauteur, à l'encre de Chine.
Certainement un dessin du tableau « Sainte Elisabeth et
saint Jean », de 1771, n" 16.
Vente Lépicié, 10 février 1786, n° 52.
273. Le courage de Porcia {1777).
Sujet en hauteur, composé de six figures.
A l'encre de Chine.
Voir le tableau n» 34.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 5i.
274-299. 22 figures de l'Histoire de France. Dessins
pour l'ouvrage de Le Bas. (Paris, 1778, 3 vol. in-40.)
Les planches qui portent le nom de Lépicié représentent
les événements écoulés depuis « la proclamation de Phara-
— 23o —
mond » jusqu'au « règne de Clotaire II ». Elles sont toutes
gravées par Le Bas. (Les dessins de Lépicié se trouvent dans
le I" volume, p. S-y, 17-18, 20-27, 3o.)
Vente Le Bas, décembre 1783, n° 46.
Vente Lamy, 11 janvier 1808, n» 5i93. (Vendu 470 fr.)
Vente Renouard, 20 novembre 1864, n° 2854. (Vendu 61 fr.)
Vente Benzon, 21 avril 1875, n" 86. (Vendu 35o fr.)
Vente Sauvage, à Bruxelles, i5 avril 1880, n" 268. (Vendu
i.o5o fr.) (Nous devons ces renseignements intéressants à
l'obligeance de M. Seymour de Ricci.)
3oo. Étude pour « Jésus-Christ descendu de la croix ».
Un homme, les deux bras attachés, le corps aban-
donné, la tête penchée vers la droite et appuyée sur le
bras droit.
Crayon noir, rehaussé de bistre et de craie, sur papier gris.
H. o'»54; L. o'»37.
Voir le tableau n° 38 (1779).
Collection X... a Tours.
Soi. Étude pour le « Zèle de Mathatias » (ijSS).
H. 24 pouces; L. 18 pouces (o"'64; o°'48).
Voir le tableau n» 42.
Vente du cabinet de M. *** (de Calonne), 21 avril 1788,
n* i65. (Vendu 29 fr. à Nébiérel.)
b) Œuvres non datées.
Compositions originales.
302. Allégorie.
Au trait de plume, lavé de bistre.
Vente M.-D. Kaieman, 2 mars 1859, n'' 63o.
Peut-être un dessin pour un des Quatre Arts, n°* 10, 11,
24, 25.
303. Amour (Étude d').
Pierre noire; rehaussé de blanc et de sanguine.
2» vente marquis de Chennevières, 4-7 avril 1900, n» 3oo.
304-309. Six sujets de bas-reliefs et autres.
Bistre et encre de Chine.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 59.
— 23l —
3o9 bis. Éducation de la Vierge.
Une femme à genoux, tenant un rouleau dans la
main droite, enseigne à un enfant assis au pied d'une
colonne brisée.
Au crayon noir, lavé de bistre, rehaussé de blanc.
Signé en bas, au crayon noir : Lépîcié.
H. o'^S'jS; L. 0-257.
Musée du Louvre. (N" giSo de l'inventaire de MM. Pierre
Marcel et GuifPrey, t. IX.)
Ce dessin ne ressemble point au tableau de ce sujet, n» 3i,
qui comportait deux figures et était en largeur. Peut-être
s'agit-il d'une première pensée pour « L'architecture », tiMi.
3io-3ii. Deux sujets de THistoire romaine.
A la plume et au bistre.
H. 5 pouces; L. 6 pouces (chacun ou ensemble?).
Vente M..., 19 novembre 1783, n" i5i.
Voir les tableaux n»* 34, 36, 39.
3 12. Histoire romaine (Sujet de V).
A la sanguine et estompe.
Vente Hauregard, 4-7 avril 1864, ^' "4*
3i3. Joseph vendu par ses frères.
Sujet en travers feuille.
Au bistre, rehaussé de blanc.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 60.
314. Le Magnificat.
Douze figures.
Feuille. Sujet en hauteur.
H. 18 pouces; L. i5 pouces. (H. o'"45; L. o"4o).
Vente Lépicié, 10 février 1783, n» 54.
3i5. Martyre de saint Etienne.
Plume, encre de Chine, relevée de blanc.
2» vente Steenhaut, 29-30 juin, i" juillet 1859, ^^ ^i.
Voir les tableaux n" 17, 18, 19, 20.
3 16. Mort de Gléopàtre.
Six figures.
Au crayon rouge et lavé.
— 232 —
H. 28 pouces; L. 33 pouces (o^yô; cSb).
Collection Regnault de Laland.
Vente Villenave, i" décembre 1842, n" 63 1.
317. Présentation au temple.
Plus de vingt figures.
Au bistre.
H. 12 pouces; L. 24 pouces (o"32; o°64).
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 53.
3 18. La reine de Saba.
Plume et encre de Chine.
Vente Hauregard, 4-7 avril 1864, n" ii3.
319. Une prédication.
Sépia.
Vente Gigoux, 20-23 mars 1882, n" 65o.
Il faudrait rapprocher ce dessin d'une gravure avant la
lettre (Cabinet des Estampes, £67) qui figure une prédica-
tion de saint Jean-Baptiste.
320. Repos en Ëgrypte.
Bistre et sanguine.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 67.
321. Un saint religieux en extase devant une gloire
de chérubins.
A l'encre de Chine, sur papier blanc.
Certainement un dessin du tableau « Saint Vincent mar-
tyr », n" 59.
Vente, i3 août i8o3, n° 172.
322-33 1. Dix petits sujets de Vierges, Saints, etc.
Au bistre.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 62.
D'après les Maîtres.
332-334. Galabrèse (Composition du) à Naples.
Trois dessins réunis dans un même cadre et exécutés à la
plume et à l'encre.
Vente, 4-6 mai 1843, n° ii3.
N° 339. — Portrait du cabaretier Ramponeau.
(Collection de M. Grunebaum-Ballin.)
— 233 —
335. Caravage (Le Christ porté au tombeau, d'après
le tableau du).
Plume et bistre.
Vente Brun-Neergaard, 3o août 1814, n" 21g.
336. Ribera et Solimène.
Deux compositions : une de Solimène et une de Ribera
l'Espagnolet : à Naples, réunies en un seul dessin.
Plume et encre.
Vente, 4-5 mai 1843, n« 1 14.
337. Salaert (Le Christ porté au tombeau, d'après le
tableau de).
Plume et bistre.
Vente Brun-Neergaard, 3o août 1814, n" 219.
338. Solimène (Hérodiade, d'après un tableau de).
Collection Gasc.
Vente Rouillard, i" mars 1869, n" i3g.
II. — Portraits et têtes.
a) Œuvres datées.
33g. Portrait du cabaretier Ramponeau.
Un homme debout, vu de trois quarts à gauche, une
main dans sa poche, l'autre pendante. Il est coiffé d'un
tricorne et regarde en l'air.
Dessin à la sanguine.
Au dos du dessin, dans le coin à droite, en bas, signé :
Lépicié, Portrait de Ramponeau le cabaretier.
FiUgrane : D. et C.
H. o"32; L. o°'22.
Collection Rodrigue.
Collection Grunebaum-Ballin.
Ramponeau le cabaretier avait vu tout Paris courir à son
cabaret du « Tambour-Royal », à la Basse-Courtille, où l'on
consommait à trois sous la pinte. Il essaya le théâtre, échoua
piteusement et reprit son ancien métier. Il eut un procès
retentissant en 1760 et mourut vers 1765.
Le dessin de Lépicié, vraisemblablement, a été fait au
— 234 —
moment de l'apogée de Ramponeau vers 1760. Lépicié avait
alors vingt-cinq ans, et ce serait une des premières œuvres
que nous possédions de ce peintre.
340-341. Jeunes garçons dessinant.
Études pour « Le petit dessinateur au noyau de cerise »
(1769) ou pour « Le petit dessinateur » de 1772, n" 69 et 77.
(Portraits de Carie Vernet.)
Le dessinateur.
Jeune homme en pied, assis, dessinant.
Aux trois crayons.
Vente M. Mayor, 21 novembre 1859, n" 97.
Vente de la succession Mellinet, 7-8 mai 1894, n» 112.
(Nantes.)
Jeune garçon dessinant.
Rehaussé.
Vente H. Fourau, i"-2 mars 1869, n" 124. (Vendu 27 fr.
à Busset.)
342. Buste de Henri IV.
Voir le tableau n" 75.
Dessiné par Lépicié et gravé par Moitte dans Galerie
Françoise..., par Restout, Paris, 1771 ; Vie de Henri IV, p. 1.
343. Portrait d^ Alexis Piron.
La tête est de trois quarts, dirigée vers la droite.
H. o^iig; L. o°076.
Dessin connu d'après la gravure de N. Le Mire, datée 1773.
{N.-B. Lépicié del.)
Voir : N. Le Mire et son œuvre, par J. Hedou, 1876, n» 42.
344. Portrait présumé du duc de Valois à l'âge de
trois ans et demi.
Tête d'enfant endormi.
Pour le tableau du Salon de 1775, n" 80.
Au crayon, rehaussé de blanc, sur papier gris.
Signé à droite.
H. o"'i2; L. o^^S.
Vente Malherbe, 7 octobre i883, n» 19. (« Tête d'enfant
endormi. » Aux trois crayons.)
2" vente comtesse B..., 19-22 mai 1919, n'' 16.
— 235 —
Il semble difficile d'admettre cette identification, étant
donne l'âge de l'enfant représenté et le fait que le tableau
du Salon est daté de 1773, année même de la naissance du
petit duc de Valois.
345. Portrait d'homme.
En buste, dirigé à gauche, avec une perruque poudrée.
Au crayon noir et sanguine.
Au bas, on lit : Lépicié amicus amicorum (sic) delineavit.
Octobre IJ82.
Diamètre o'"i25.
Vente Beurnonville, 16-19 février i885, n" 363. (Vendu
122 fr. à Ferai.)
b) Œuvres non datées.
346. Portrait de Bertaud (peut-être l'abbé Bertaud,
pédagogue et inventeur d'une méthode de lecture sans
épellation en 1744).
Vieillard coiffé d'un bonnet; il tient son instrument
d'une main et de l'autre appuie son archet sur un
cahier de musique.
Dessin au crayon rouge.
Ovale. Diamètre o'"28.
Vente Norblin, 3o janvier i863, n° 3o. (Vendu 35 fr.)
Voir le tableau n° 92.
347. Portrait de Chardin.
Vu en buste, de profil à droite. Il porte une espèce
de turban.
Lavis rehaussé de sanguine.
Dans la partie supérieure est écrit : Portrait de M. Char-
din, peintre. Dans la partie inférieure : Lépicié Inv.
H. o"'22; L. o'"i7.
Vente Laperlier, ii-i3 avril 1867, n° 65.
Exposition des Portraits nationaux au palais du Trocadéro
en 1878, n" 6o3.
Collection d'Alexandre Dumas.
348. Tête d'enfant.
Au crayon noir, rehaussé de blanc.
— 236 —
349- Portrait d'un jeune enfant.
Au crayon noir et lavis d'encre de Chine, rehaussé de blanc.
Vente, 3o janvier 1888, n" 79.
350. Tête d'enfant coiffé d'un bonnet.
A la pierre d'Italie.
Vente d'amateur, 6 juin 1890, n" 83.
Voir le n° 374.
35 1. Tête d'enfant de profil à gauche.
Sanguine.
Vente de la collection X. de Paris, 18-19 mars 1889, n° 333.
352. Portrait déjeune enfant.
Mine de plomb.
H. o"'i75; L. o'»i38.
Vente, i3 décembre 1897, n» 199.
Vente, 16-17 mai i8q8, n" 176.
353. Buste de jeune femme.
La tête couverte d'un foulard.
Aux trois crayons.
Vente Cambray, 28 novembre 1895, n» 391.
353 bis. Tête de femme.
De trois quarts à gauche, entourée d'un voile.
Crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier gris.
Signé, en bas à droite, à la plume.
H. o"'277; L. o'"2i2.
Musée du Louvre. (N" 9128 de l'inventaire de MM. Pierre
Marcel et Guiffrey, t. IX.)
A comparer avec les n<" 353 et 36o.
354. Tête de jeune femme.
Aux crayons de couleur.
H. o'°27; L. o"23.
Vente, 2 mai 1902, n° 64.
355. Tête de femme.
A la pierre noire et à la sanguine.
H. o"'24; L. o^iô.
Vente, 27-28 novembre 1907, n" 80. (Vendu 32 fr. à
M. Chéron, 19, quai Conti.)
— 237 —
356. Tête de femme.
Au crayon noir, avec rehauts de craie.
Signé.
Vente, 27 novembre 1909, n" 127.
357. Buste de femme.
Au crayon noir.
H. o"i2; L. o^io.
Vente M.-L. Decloux, 2g-3o novembre 1920, n" 94.
358. Deux têtes de femmes.
Au crayon noir et à la sanguine.
H. o^oS; L. o'"07.
Vente M.-L. Decloux, 29-80 novembre 1920, n» 95.
359. Buste d^une vieille femme.
Aux crayons noir et blanc.
Vente Cambray, 28 novembre 1895, n° 394.
360. Buste de jeune fille.
Vue presque de face. Sur la tête, une espèce de voile.
Aux trois crayons.
H. 12 pouces 6 lignes; L. 9 pouces (o^SS; o"*34).
Vente Vassal de Saint-Hubert, 1788, n° 174.
36i. Buste de jeuue fille.
Aux trois crayons, sur papier gris.
H. 10 pouces; L. 8 pouces (o'"26; o'"22).
Vente, 29 mars 1779, n" 206.
Vente Vassal de Saint-Hubert, 1783, n° 176.
362. Tête de jeune fille.
Goiflée d'un chapeau de paille.
Crayon noir et estompe, rehaussé de pastel.
H. o'"35; L. 0^29.
Vente M. L., 6 décembre 1901, n" 67. (Racheté 26 fr.)
Vente, 2 mai 1902, n" 63.
363. Portrait de jeune fille.
En buste.
Sanguine et crayon noir, rehaussé de blanc.
H. o^ig; L. o^iô.
Vente, 26-27 mai 1879, n° loi.
— 238 —
364. Portrait de jeune fille.
En buste, vue de face, les coudes appuyés sur un
coussin posé sur un balcon.
Au crayon noir.
H. o"25; L. o^ig.
Vente J. de la Béraudière, 16-17 avril i883, n» 172.
365. Portrait de jeune fille.
A la pierre noire.
Vente de Vignères, 3o-3i mars i885, n" 878.
366. Portrait d^une jeune fille.
Elle est représentée en buste, dirigée à gauche, avec
fichu sur la tête et fleurs au corsage.
Aux trois crayons.
H. o'^bg; L. o'»26.
Vente Richard Léon, 3 avril 1886, n» 85. (Vendu 35o fr.)
367. Jeune fille.
Vente Marcille, 4 mars 1857, n" 261.
A comparer avec un portrait de jeune garçon (d'après Lé-
picié).
Pastel, de forme ovale. H. o^SS; L. o"'43.
Vente Magne de Marseille, 25 janvier 1902, n" 27.
368. Tête de jeune fille.
A la sanguine, rehaussé de craie, sur papier gris.
H. o^So; L. o'°25.
Vente, 20 mars 1899, n° 52.
369. Portrait de jeune fille.
Sanguine.
Exposition de l'Enfance (Petit-Palais), 1901, n" 142.
Collection de la baronne James de Rothschild.
370. La petite fille en bonnet.
Vue à mi-corps, de trois quarts à gauche, les cheveux
couverts d'un bonnet, serré sur la tête par un ruban
froncé. Elle porte un corsage ouvert sur la poitrine et
une ruche autour du cou.
Crayon noir, rehaussé de blanc et sanguine.
H. o"i95; L. o'»i65.
— 239 —
Vente X..., 18-19 mars 1889, n° 334. (« Tête d'enfant coiffé
d'un bonnet. » Au crayon noir.)
Exposition de l'Enfance (Petit-Palais), 1901, n" i38.
Vente A. Beurdeley, i3-i5 mars igoS, n° 137. (Non vendu.)
6' vente A. Beurdeley, 8-io juin 1920, n° 221.
371. Portrait de fillette.
Vue en buste, presque de face, le visage tourné vers
la droite. Les yeux sont attentifs et la physionomie
exprime un imperceptible sourire. Elle est appuyée sur
une table, les deux mains croisées.
A la pierre noire et à la sanguine.
Signé, en bas à gauche, à la plume.
H. o'"2o; L. o'"i75.
Marque de collection en bas à droite.
Vente Lebeuf de Monlgermont, 16-19 juin 1919, n" 246.
372. Portrait de fillette.
La tête de face, le regard vers la droite ; coifiée d'un
fichu noué au-dessous du menton.
Sanguine.
H. o'"35; L. 0-25.
Vente Dubois, 7 mars 1901, n" 23. (Vendu 780 fr.)
373. Tête de fillette.
Aux crayons noir et blanc, légèrement rehaussés de san-
guine.
H. o'»37; L. o-3i.
Vente comte G., 17 décembre 1900, n° 3o. (Vendu 75 fr. à
Malherbe, 34, rue Pigalle.)
374. Tête de petite fille au bonnet.
Vue de face, coiffée d'un bonnet ; un crucifix au cou.
A la sanguine.
H. et L. c-iô.
Vente G. et T., 3i janvier-i" février 1898, n" 122.
375. Portrait de jeune garçon.
En buste, la tête de profil.
A la mine de plomb, de forme ronde.
Vente feu Mahérault, 27-29 mai 1880, n" i3i. (Vendu 70 fr.)
Probablement le même que le « Portrait de jeune garçon »,
— 240 —
de profil à droite, au crayon et au lavis, forme ronde. Vente
X., 29 janvier 1918, n° 29. (Attribué à Lépicié.)
376. Tête de jeune garçon.
Sanguine.
Vente, i3 décembre 1897, n" 200.
377. Jeune garçon de la famille Delafosse (Por-
trait de).
Vu presque de face, la tête souriante, un peu baissée
et regardant vers la gauche. Il tient sous le bras gauche
un étui et un carton sur la couverture duquel on voit
une caricature d'un soldat et les mots La Fosse. Sa
main droite est cachée dans sa jaquette bleue. Le fond
est gris.
Pastel.
H. 0-49; L. o»38.
Daterait environ de 1770.
Collection de la famille Delafosse.
Collection Georges Wildenstein, 1923.
L'enfant représenté ne peut être ni le graveur J.-B, Dela-
fosse, élève de Fessard (1721-1775), ni J. Charles, l'archi-
tecte (1734-1789). Il s'agit probablement d'un enfant du gra-
veur ou de l'architecte, qui avait été élève de Lépicié.
378-379. Deux têtes de jeunes hommes.
Vues de profil.
Au pastel, très terminées.
Vente Lépicié, 10 février 1786, n" 64.
38o. Tête d'homme.
Regardant à droite, coiffé d'un chapeau à larges bords.
Sanguine.
H. o™34; L. o'"29.
Musée de Grenoble. Catalogue, 1901. (Acheté à Paris, en
1799, par Gay, le conservateur du Musée, au moyen de
4,000 fr. souscrits par les habitants de Grenoble.)
Cf. Notice des tableaux..., par Gay, 1809; Richesses d'art
de la France. Province. Monuments civils j t. VI, p. 102.
38i. Tête de jeune homme portant un tricorne.
Vu presque de face, la tête tournée légèrement vers
la gauche.
Collé sur la même feuille que deux autres dessins.
No 38o. — Tête de jeune homme.
(iMusce de Grenoble.)
— 241 — *
Crayon noir, rehaussé de sanguine.
Signé en bas à droite.
H. o^io; L. o'"23.
Musée du Havre, n» 52. (Catalogue de 1887. Acquis en 1878.)
Voir les n" 398 et 441.
38 1 bis. Tête d^homme.
Presque de profil à droite, l'air douloureux.
Trois crayons.
Signé, en bas à droite, à la plume. Marque F. R.
H. o»28; L. o'"2i2.
Musée du Louvre. (N° 9126 de V Inventaire de P. Marcel et
J. Guiffrey, t. IX.)
38 1 ter. Tête d'homme.
De trois quarts à gauche, regardant en l'air.
Crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier gris.
Signé, en bas à droite, à la plume : Lépicié.
H. o'-iôS; L. o'"i24.
Musée du Louvre. (N° 9126 de VInventaire de P. Marcel et
J. Guiffrey, t. IX.)
382. Tête déjeune homme.
Il est vu de face, les yeux baissés.
Aux crayons noir et blanc, sur papier gris brun.
Signé en bas à gauche. Marque F. R.
H. 0-335; L. 0-261
Musée du Louvre. (Acquisition de M. Defer, le 14 no-
vembre 1844, au prix de 10 fr.)
Reiset, Notice des dessins, 1869, n» 983, et n" 9124 de VIn-
ventaire de P. Marcel et J. Guiffrey, t. IX.
383. Tête déjeune homme.
Buste de face et penché en avant, la tête nue.
Étude au crayon noir, rehaussé de pastel.
Signé.
H. o'"29; L. o'"24.
Vente Denesle, 3o mars 1860, n° i5. (Vendu 33 fr. à Fould.)
384. Portrait d'homme à une table, écrivant.
Au crayon noir.
Vente, 7-8 mai 1888, n» 154.
1922 16
— 242 —
385. Tête déjeune homme.
De profil.
Aux trois crayons.
Signé : Lépicié.
Vente X., de Paris, 18-19 mars 1889, n» 335. (Vendu 5 fr. à
Galonné.)
386. Buste de jeune homme.
Aux trois crayons.
Vente Cambray, 28 novembre 1895, n" 390. (Vendu 12 fr. à
Michel.)
387. Portrait d^homme assis.
Vu de face.
Aux crayons noir et blanc.
Vente, 7-8 mai 1888, n» i55.
Peut-être le même que le c Jeune homme assis; pierre noire
et crayon blanc, sur papier brun. H. o^Si; L. o"26 ». Vente
Lechevalier-Chevignard, 3o avril 1902, n" 67. Vente, 14 dé-
cembre 1903, n" 56.
388-389. Deux têtes d'hommes.
Aux trois crayons.
Vente Malherbe, 7 octobre i883, n" 20. (Valenciennes.)
390. Deux têtes d'hommes.
Au crayon noir.
H. o°'07; L. o"o5.
Vente M.-L. Decloux, 29-30 novembre 1920, n" 94.
391. Deux têtes d'hommes.
Au crayon noir et à la sanguine.
H. o^ii; L. o»o8.
Vente M.-L. Decloux, 29-30 novembre 1920, n° 95.
392. Portrait de Mlle Sophie Leroux.
En buste, de profil à gauche, la tête couverte d'un
bonnet garni de brides noires.
Aux trois crayons.
H. o"22; L. o^iS.
Vente J. de la Béraudière, 16-17 avril i883, n° 173. (Vendu
35 fr.)
— 243 —
Vente Lefebvre-Bougon d'Amiens, i"-2 avril 1895, n° 93.
(Vendu 180 fr.)
Vente A. L., i5-i6 avril 1897, n» 285.
393. Portrait d'un vieux paysan.
Au crayon noir et à l'estompe.
Vente marquis de F..., 18-20 avril 1876, n° 64.
394. Portrait d'un paysan.
En buste, tourné à droite, coiffé d'un chapeau à
bords relevés.
Signé.
Aux trois crayons.
H. o"'2i ; L. o'^iô.
Vente, 3 avril 1886, n» 83.
395. Tête de jeune paysanne.
Vue de trois quarts.
Contre-épreuve à la sanguine.
Vente Desperet, 7-10 juin i865, n* 433. (Vendu i fr. 25.)
396. Portrait du chirurg^ien Pienedon.
Aux crayons noir et blanc.
Vente, 7-8 mai 1888, n» i53.
397. Tête d'un vieillard à grand chapeau, fumant sa
pipe.
Vu de profil.
A la sanguine.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 48.
398. Vieillard coiffé d'un tricorne.
La tête inclinée en arrière.
Signé, en bas à droite : Lépicié.
Collé sur la même feuille que deux autres dessins.
Crayon noir, rehaussé de sanguine.
H. o'"23; L. o^io.
Musée du Havre, n" 52. (Catalogue de 1887.)
Voir aux n" 38i et 441.
399-400. Deux villageois vus en buste et coiffés de
chapeaux à larges bords.
Deux pendants.
— 244 —
Signés.
Sanguine et crayon noir.
Forme ronde. Diam. o"'i2.
Vente, i" mars 1877, n" 126.
Appendice.
Les dessins suivants ont passé en vente avec des indi-
cations trop vagues pour qu'on puisse les insérer dans
le Catalogue de l'œuvre de Lépicié :
Six petites têtes de différents caractères. Sur trois feuilles.
Pierre noire. Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 67. — Quatre
têtes d'hommes et de femmes. Au pastel. Même vente, n^ôS. —
Sept têtes d'hommes et de femmes. Même vente, n" 68. — Six
feuilles contenant On^e petites têtes d'hommes et de femmes.
Même vente, n° 78. — Différentes belles têtes de vieillards
et de femmes. Au pastel. Même vente, n» 5o. — Deux por-
traits Au crayon noir, rehaussé de blanc, 2" vente Steen-
haut, 29-30 juin-i" juillet iSSg, n" 182. — Tête de jeune gar-
çon. Vente, i5 mars 1861, n" 49. — Tête de jeune garçon.
Vente E. Tondu, 24-26 avril i865, n» 222. — Têtes, costumes.
Quatre planches crayons rouge et noir. Vente Charles Le
Blanc, 3-6 décembre 1866, n' 425. — Tête d'étude. Vente
comte de Faucigny, ii-i3 avril 1867, n» 141. — Portraits et
études. Quatre dessins au crayon noir et sanguine. Vente,
10- II mars 1882, n° 3o2. — Portrait d'enfant. Aux trois
crayons. Vente, 4 mai i883, n" 5i. (Attribué à Lépicié.) —
Etudes de têtes d'hommes, de femmes et d'enfants. Huit des-
sins au crayon noir et à la sanguine. Vente Cambray,
28 novembre 1896, n° 395. — Tête de paysan. Vente, 8 avril
1861, n" 28. — Tête de vieillard. Vente, 21 novembre 1862,
n» 3i.
in. — Genre.
a) Œuvres datées.
401. Repos de soldats.
Un groupe de cinq soldats debout et assis dans un
fond de paysage.
Au bistre.
Salon de 176g, n" i3o. (Esquisse lavée.)
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 47.
— 24^ —
402. Paysage.
Mêlé de montagnes et orné de figures de soldats.
Dans le style de S. Rosa.
Pierre noire, sur papier blanc.
Probablement contemporain du n" précédent.
Vente Lépicié, lo février 1785, n" 55.
403. Étude pour la « Bonne Mère » (1774) (ci-dessus,
no 171) : Nourrice.
Elle tient sur elle son enfant dans une manne.
Aux trois crayons, sur papier gris.
H. i3 pouces; L. 10 pouces 6 lignes (o'°35; o'"28).
Pendant au « Vieillard assis tenant son chapeau » (ci-des-
sous, n° 419).
Vente, 29 mars 1779, n» 2o5.
404. Même sujet.
Aux trois crayons, sur papier gris.
H. 10 pouces; L. 8 pouces (o°'27; o"22).
Pendant au « Vieillard assis tenant son chapeau » (ci-des-
sous, n" 418 bis).
Vente Vassal de Saint-Hubert, 1783, n° 173.
405. Étude pour « L'éducation commencée » (ci-dessus,
no 177) : Femme faisant lire une petite fille (1774).
Il faut remarquer que la petite fille porte ici un bonnet,
comme dans le grand dessin du Musée d'Orléans, n" 408,
tandis que dans le tableau du Musée Wallace, elle a la
tête nue.
Aux crayons noir et blanc, sur papier marron.
Collection Albertina a Vienne.
{Dessins de V Albertina, par Schônbrunner et Meder, t. III,
n* 329.)
406. Étude pour « La douane » (ci-dessus, no 182) :
Intérieur d'une douane (1775).
Coloré à la détrempe.
H. 2 pieds; L. 3 pieds (o"64; o'"96).
Pendant à « Une halle », n" 421.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n» 46.
— 246 —
407. Étude pour la douane.
Quatorze figures, dont quatre du groupe central,
trois hommes qui ouvrent des caisses, et trois du
groupe gauche figurant un homme et deux femmes
assises.
A la plume et à l'aquarelle, sur papier blanc.
H. o'"23; L. o^^o.
Vente, 9 mai 1903, n° 11 5.
Collection J. Dubois.
408. Étude pour « L^atelier du menuisier » (ci-dessus,
no 178).
Signé à gauche.
A l'encre de Chine et à la sépia, sur papier blanc.
H. o"'23; L. o'"28.
Musée d'Orléans. (Don de la fille du comte de Bizemont,
M™» de Condé, suivant les renseignements du conservateur
du Musée.)
Reproduit dans le Bulletin de la Société de l'histoire de
l'Art français, 1910, p. 27.
409. Étude pour « La réponse désirée » (ci-dessus,
no i83) : La demande en mariage.
Signé à gauche. A droite, marque de la collection : F. R.
Plume et sépia.
H. o'»23; L. 0-28.
Vente Yvon, 27-28 janvier 1881, n° 84. (Vendu 35o fr.)
Vente, 19 mars 1890, n" 57. (Vendu à Audoin.)
Vente de la collection G. M..., 18 mai 1898, n" 21. (Vendu
680 fr. au marquis de Biencourt.)
410. Id. : La promesse de mariage.
Signé.
Aquarelle.
Vente Bruzard, 24 avril 1839, n" 164.
411. Id. : La demande en mariage.
Scène de quatre figures dans un intérieur.
Au crayon.
Vente, 23 mars 1893, n° i3o. (Vendu 520 fr. à Lacroix.)
412. Id. : La demande en mariage.
Trois figures, probablement la mère, la fiancée et le fiancé.
Au crayon.
— 247 —
Vente E. Tondu, 24-26 avril i865, n» 221. (Vendu io5 fr.
au baron Clary.)
4i3. Id. : Les fiancés.
Encre de Chine.
Vente P. Mantz, 10 mai iSgS, n» 142. (Vendu io5 fr. à Fould.)
414. Id. : Tête du père.
Vu en buste, de trois quarts à droite, coiffé d'un tri-
corne.
Signé dans le coin, en bas, à droite. A droite, marque :
F. R.
Au crayon noir, rehaussé de sanguine et de craie.
H. o"'22; L. o"i6 1/2.
Vente Léon Richard, 3 avril 1886, n" 83. (Vendu 32o fr.)
Collection G. Deligand.
41 5. Id. : Tête de la mère.
Vue de face, la tête levée.
On dit que c'est la mère de Tardieu le graveur qui a servi
de modèle.
Signé.
Aux trois crayons, sur papier gris.
H. o'"i98; L. o'"i62. Marque, en bas à droite : F.
(Acquisition de M. Defer, 14 novembre 1844.)
Musée du Louvre, n" 984. (Catalogue de 1869 par Reiset et
n" 9123 de VInventaire de P. Marcel et J. Guiffrey, t. IX.)
416. Id. : Étude d^une fig^ure de femme assise : la mère.
Signé.
Crayon noir, estompé, rehaussé de blanc et de sanguine,
sur papier marron.
H. o'"362; L. o°247. Marque, au coin de droite en bas : F. R.
Vente P. Lefort, 28 janvier 1869, n° 264. (Vendu 34 fr.)
Musée du Louvre.
Don de M. Roger Galichon, octobre 1918.
417. Id. : Étude de la figure du fiancé.
Assis sur un tabouret, de profil vers la droite, ses
mains reposant, non pas sur les genoux de la mère,
comme dans le tableau, mais sur ce qui paraît être une
table couverte d'une draperie.
— 248 —
Au crayon noir, rehaussé de blanc et de sanguine, sur
papier marron.
H. o^Sg; L. o'"29.
Vente, 17 février 1922, n» 19. (Vendu 800 fr. à Beaulieu.)
418. Étude pour « Le repos » (ci-dessus, no 189) : Le
repos (1777).
Probablement une étude d'ensemble à la plume.
Vente, 3o mars 1876, Amsterdam, n" 60.
418 tw. Id. : Le vieillard.
Signé en bas à droite.
Au crayon noir, rehaussé de sanguine.
H. o'"27 1/2; L. o'"25.
Pendant à « La Savoyarde », n" 404.
Vente Vassal de Saint-Hubert, 1783, n" 173. (Aux trois
crayons, sur papier gris. H. 10 pouces; L. 8 pouces (o"'27;
0"'22.)
Collection David Weill.
419. Id. : Le vieillard.
Assis, tenant son chapeau sur ses genoux.
Peut-être aussi un dessin pour « Le voyageur de cam-
pagne », du Salon de 1778.
Aux trois crayons, sur papier gris.
H. i3 pouces; L. 10 pouces 6 lignes (o'"35; o"'28).
Pendant à « La Savoyarde », n» 403.
Vente, 29 mars 1779, n" 2o5.
420. Id. : L^enfant endormi.
Signé en bas à droite.
Au crayon noir, rehaussé de sanguine.
H. o'»39; L. o»3o.
Vente, 3o janvier 1888, n° 80. (« Jeune garçon couché, dor-
mant. » Au crayon noir, rehaussé de blanc.)
Collection David Weill.
421. Étude pour « La halle » (ci-dessus, no 191) : Une
halle.
« Superbe composition remplie d'une grande quantité de
personnages. »
Coloré à la détrempe.
H. 2 pieds; L. 3 pieds (o'"64; o'"97).
— 249 —
Pendant à « Une douane », n" 406.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n° 46.
422. Id. : Un marché.
Dessin lavé à l'encre de Chine.
Vente E. Tondu, io-i3 mai i865, n° 3i6. (Vendu 6 fr.)
423. Id. : Marchande, la hotte sur le dos.
Étude pour une des deux femmes du dernier groupe à
gauche.
Signée en bas à droite. Marque de la collection : F. R.
Aquarelle colorée au bistre et à la sépia.
Vente E. Tondu, io-i3 mai i865, n° 317. («Femme portant
une hotte. » Lavé au bistre.)
Musée du Havrk, n» 5i. (Acquis en 1878.)
424. Id. : Marchande.
Vue de face, relevant un pan de son tablier.
Étude pour une des deux femmes du dernier groupe à
gauche.
Signé à droite en bas. Marque de la collection : F. R.
Mine de plomb.
H. o'»23; L. o"i5.
Vente, 17 février 1922, n" 12. (Vendu 3oo fr.)
425. Id. : Marchand.
Vu de dos, coiffé d'un grand chapeau, debout, à
gauche, sous le portique. Il remplit de légumes, avec la
main droite, le tablier d'une jeune fille et porte sur le
bras gauche un panier.
Signé en bas à droite. Marque de la collection : F. R.
Au crayon noir, rehaussé de sanguine.
H. o'°29; L. o'"i8.
Voir, plus bas, la contre-épreuve de ce dessin.
Musée du Havre, n" 47.
426. Id. : Marchand.
Réplique du n" précédent.
Signé en bas à droite. Marque de la collection : F. R. (au
coin de droite en bas).
Lavis de bistre.
H. o»28; L. o»i8.
Vente, 17 février 1922, n° 17. (Vendu i,i5o fr. à Kiepper.)
— 25o —
427. Id. : Marchand vu de dos, jeune homme vu de
profil, marchande assise vue de trois quarts à
droite.
A droite, marque de la collection : F. R.
Trois contre-épreuves sur la même feuille.
H. o'°42; L. o"3o.
Collection S. Mayer.
Le « Marchand vu de dos » est la contre-épreuve des deux
n" précédents.
428. Id. : Jeune fille relevant son tablier.
Vue de trois quarts à gauche.
Étude pour la jeune fille dont le marchand remplit le
tablier (n"' précédents).
Signé. Marque de la collection du comte de Bizemont.
Sépia.
A comparer avec les n" suivants.
Musée d'Orlkans.
429. Id. : Jeune fille relevant son tablier.
Debout, coiffée d'une cornette, elle tient son tablier
relevé.
Probablement une autre étude de la figure précédente.
Signé en bas à gauche.
A la sanguine et à la pierre d'Italie.
Voir le n» précédent et la contre-épreuve n° suivant.
Vente M. -F. V., 16-18 mai iSSg, n° 144.
480. Jeune fille relevant son tablier, petit Savoyard
(du groupe gauche), vieille marchande.
Trois contre-épreuves sur la même feuille.
Marque de la collection : F. R.
H. o°'23 1/2; L. o'"32 1/2.
A comparer avec les n"' précédents.
Collection S. Mayer.
La « Jeune fille relevant son tablier » est plus que proba-
blement la contre-épreuve du dessin du n° précédent.
431-432. Id. : Un petit Savoyard. — Une paysanne
vue de dos.
Deux dessins sur le même bristol. Pierre d'Italie et san-
guine.
No 428. — Dessin pour la halle.
(Musée d'Orléans.)
No 436. — Dessin pour la halle
(Ancienne collection Bureau.)
— 25l —
Vente Gigoux, 2o-23 mars 1882, n" 64g. (Vendu 33 fr. à
Audoin.)
C'est probablement la contre-épreuve du « Petit Savoyard »,
n° 43o.
433. Id. : Harengère.
Vue presque de dos, penchée sur un panier.
Première pensée de la femme dans le groupe central.
Signé en bas à droite. Dans le coin en bas à droite,
marque : F. R.
Au crayon noir, rehaussé de sanguine.
H. o°26 1/2 ; L. o'"20.
Musée du Havre, n" 46. (Catalogue de 1887.)
434. Id. : Une marchande de légumes.
Vue de dos, assise.
Première pensée de la femme dans le groupe central.
Signée en bas à droite.
Aquarelle colorée au bistre.
H. o"2i; L. o'"i8.
Musée du Havre, n" 49.
435. Id. : Marchand debout coififé d'un tricorne.
Penché sur un panier; il est à moitié caché par une
marchande.
Une contre-épreuve sur la même feuille que la « Mar-
chande assise », n" 437.
Marque de la collection : F. R.
H. o'"235; L. o°'35.
Collection S. Mayer.
436. Id. : Femme avec son enfant sur ses genoux.
Marchande allaitant son enfant du groupe droit.
La mère ressemble tout à fait au tableau, mais n'allaite
pas le bébé, et un léger voile a été ajouté sur le sein droit.
Signé.
Aux deux crayons.
Vente E. Tondu, io-i3 mai i865, n" 319.
Vente Cambray, 28 novembre 1895, n° 407.
Collection Bureau. {Les maîtres du dessin, par Roger
Marx, 1902, t. III.)
— 2D2 —
437> Id. : Marchande assise.
Pour la figure voisine de la « Femme allaitant son enfant »
du groupe droit.
Marque de la collection : F. R.
H. o»23i/2; L. o-^SS.
Collection S. Mayer.
Contre-épreuve sur la même feuille que « Marchand,
debout coiffé d'un tricorne », n" 435.
438. Id. : Soldat faisant son marché.
En petite tenue, coiffé d'un bonnet de police, la hotte
sur le dos, il fait son marché. (C'est probablement un
garde-française.)
Étude du soldat (dernière figure à droite) du groupe droit.
Signé en bas à droite.
Au crayon noir, rehaussé de sanguine.
Filigrane : D. et C. Blauw.
H. o"'27; L. o^ig.
Cabinet des Estampes. {Dessins de l'Ecole française :
B. 6 b. Réserve.)
43g. Id. : Jeune fille.
Debout, coiffée d'une cornette, la tête tournée vers
la droite. Elle tient son tablier des deux mains.
Étude pour la jeune fille du groupe de droite.
Signé en bas à droite.
Au crayon noir, relevé de sanguine.
H. o"'27; L. 6'"i75.
Vente Gaston Le Breton, 6-8 décembre 1921, n" 95.
440. Id. : Cheval attelé.
On ne voit du chariot que le timon.
Signé en bas à droite.
Aquarelle colorée au bistre.
H. o"'22; L. o'"3o.
Musée du Havre, n" 43.
Les dix dessins de Lépicié que possède le Musée du Havre
proviennent d'un achat fait par la ville en 1878 au prix de
3oo fr.
441. Id. : Jeune femme.
Vue en buste, les yeux baissés. Elle porte une cor-
nette.
- 253 -
Étude pour une jeune femme debout du groupe droit.
Collé sur la même feuille que deux autres dessins,
n-' 381-398.
Crayon noir, rehaussé de sanguine.
H. o"io; L. o'"23.
Musée du Havre, n" 52.
442. Id. : Marchande de café.
Cette figure et les suivantes n'ont pu être identifiées avec
certitude.
Vente Tardieu, 9 mai 1843, n" i3o. (Vendu, avec un autre,
190 fr. à Lecoq).
443. Id. : Marchande de choux.
A la plume, lavé de bistre.
Vente Tourneur, 5-7 mai 1860, n" 244. (Vendu 2 fr. 5o.)
444. Id. : La marchande de fruits.
Elle est assise sur des marches de pierre; au second
plan, une femme vue de dos.
A l'encre de Chine.
H. o'"2i ; L. o'"3i.
Vente Tardieu, 9 mai 1843, n° i3o. (« Marchande de fruits »
avec un autre, 190 fr.)
Vente E. Tondu, io-i3 mai i865, n" 320. (« Marchande de
fruits assise. »)
Vente M.-H. P., 9 mai i885, n» 78. (Vendu 3o fr. à Loup.)
445. Id. : La marchande de légumes.
Au crayon noir, avec rehauts de blanc.
H. o'"39; L. o'"26.
Exposition des Dessins de l'École moderne en février 1884,
n° 454. (Collection Reboul.)
446. Id. : La marchande de poissons.
Assise sur une chaise de paille, tournée de trois
quarts vers la gauche, devant ses baquets posés sur
une table; elle porte un fichu sur la tête.
Signé à droite.
Au lavis d'encre de Chine.
H. o'»i8; L. o°i5.
Vente Pujol de Toulouse, 7-8 mars 1864, n° 16. (« Mar-
chande de poissons », 41 fr.)
— 254 —
Vente G. Mùhlbacher, i5-i8 mai 1899, n" îgi. (Vendu 2i5 fr.
à Paulme.)
Vente Gaston Le Breton, 6-8 décembre 192 1, n" 96.
447-448. Id. : Marchandes ambulantes.
Vente E. Tondu, io-i3 mai i865, n" 32o. (Deux dessins.)
449. Id. : Marchande vue de dos.
Légèrement de trois quarts à gauche, coiffée d'un
bonnet, vêtue d'une pèlerine grise avec capuchon.
Signé en bas à droite.
Au crayon et à l'aquarelle.
H. o^iy; L. o^io.
Bibliothèque des Arts décoratifs. {Dessins. Costumes et
accessoires. Europe, i" vol. ; France du XVIII' siècle^
Lépicié.)
450. Id. : Marchande.
Étude semblable au n» précédent.
Signé à droite en bas.
Lavis de bistre.
H. o^iy; L. o"i2.
Vente, 17 février 1922, n" i5. (Vendu i.i25 fr. à Owen.)
45 1. Id. : Marchande.
Agée, vue de dos, la main droite levée.
Signé en bas à droite.
Mine de plomb.
H. o"'2i; L. o^iS.
Vente, 17 février 1922, n° 18. (Vendu 25o fr.)
452. Id. : Cliente.
Debout, de profil à droite, coiffée d'un bonnet.
Probablement une étude pour une figure du fond.
Signé en bas à droite.
Lavis de bistre.
H. 0-23; L. o«>i6.
Vente, 17 février 1922, n" i3. (Vendu i.ioo fr. à Kieffer.)
453. Id. : Une vieille marchande.
Elle tend la main pour recevoir de l'argent. Vue de
profil à gauche.
— 255 —
Signé. Marque de la collection du comte de Bizemont.
A la sépia, sur papier blanc.
H. o'»25; L. o^iS.
Musée d'Orléans, n° 826.
454. Id. : Une vieille marchande.
Debout, vue de profil à gauche, le corps légèrement
de trois quarts à droite. Elle tend la main droite comme
pour recevoir de l'argent. Elle est coiffée d'un bonnet
qui lui cache les oreilles. Un fichu blanc sur les épaules,
un tablier à bavette, une jupe courte qui laisse aperce-
voir le bas des jambes.
Signé, à droite : Lépicié.
Sur papier bistre, au crayon noir, rehaussé de sanguine
et de craie.
Dans le coin, en bas à droite : F. R. A gauche, 5523 au
crayon.
H. ©""Sô; L. o"'2i.
CabIxNet des Estampes, Paris. {Dessins de l'École française :
B. 6 c. Réserve.)
455. Id. : Deux marchandes, la hotte sur le dos.
Probablement des études pour deux figures dans le fond.
Signé en bas à droite.
Aquarelle colorée au bistre et à la sépia.
H. ©"'So; L. o'-iS.
Musée du Havre, n* 5o.
456. Étude pour « Le jardinier de bonne humeur »
(1777) (ci-dessus, n» igS) : La collation.
Un homme, assis, prend un verre de vin sur une
table, ayant entre ses jambes un enfant qui mange un
morceau de pain.
Signé.
Au crayon noir, rehaussé de craie et de sanguine.
H. 0-45; L. o^SS.
Exposition des Maîtres anciens, mai-juin 1879, n" 611.
Vente des Concourt, ib-i-] février 1894, n° 171. (Vendu
i35 fr. à Leblanc-Barbedienne.)
457. Étude pour « Le jeu de la fossette » (1781) (ci-des-
sus, no 197) : Écoliers jouant aux billes.
— 236 —
Signé.
Aquarelle.
H. cr25; L. o^îo.
Voir plus bas le pendant.
Vente, 26 novembre 1862, n" 46. (Vendu avec « Les joueurs
de cartes ».)
Vente E. Arago, 8-9 février 1872, n° 182. (Vendu 870 fr. à
Payé.)
Vente, 28 février- 1" mars 1877, n" 126. (Vendu 255 fr. à
Malinet.)
458. Id. : Jeune garçon fouillant dans sa poche.
Probablement une étude d'un des trois enfants du dessin
précédent.
Signé.
Aquarelle colorée au bistre.
H. o^ig; L. o"i2 1/2.
Musée du Havre, n' 45.
Il est très probable que les deux dessins suivants furent
faits pour ce même tableau et nous représentent les deux
autres enfants.
459. Id. : Enfant ou jeune garçon.
Agenouillé à terre. Vu de face, le regard vers le sol.
Attentif probablement à quelque jeu.
Signé en bas à droite.
Au crayon noir, légèrement rehaussé de sanguine.
H. o'"2o; L. o^iô (ou o'"22; o'"i7).
Vente Lebeuf de Montgermont, 16-19 juin 1919, n° 247.
Vente, 17 février 1922, n" 14. (Vendu i,525 fr.)
Collection David Weill.
460. Id. : Jeune homme.
Coiffé d'un bonnet. Vu presque de dos vers la droite.
Agenouillé et penché vers la terre, il semble guetter une
bille. A terre, à droite, un bâton.
Signé au centre et à gauche sur une pierre.
Lavis de bistre.
H. o"'i8; L. o'"2i.
Vente, 17 février 1922, n° 16. (Vendu 750 fr.)
Collection David Weill.
— 257 ""
461. Étude pour « Le jeu de cartes » (1781) (ci-dessus,
no 198) : Écoliers jouant aux cartes.
Trois enfants assis sur de grosses pierres.
Signé à gauche.
Aquarelle.
H. o°25; L. o'"20.
Vente, 26 novembre 1862, n" 46. (Vendu avec « Les joueurs
de billes ».)
Vente E. Arago, 8-9 février 1872, n° 181. (Vendu 270 fr. à
Ferai.)
Collection David Weill.
462. Id. : Jeune g^arçon assis jouant aux cartes.
Étude de l'un des trois garçons du dessin précédent (pro-
bablement celui qui est vu presque de dos),
A la pierre noire et à la sanguine.
H. o«'23; L. 0-I7.
Voir plus bas la contre-épreuve.
Vente duc de Feltre, 6-9 mai 1867, n" 148.
Vente E. Arago, 8-9 février 1872, n» i83. (Vendu 100 fr. à
Dreyfus.)
463. Id. : Jeune gSLVçon assis jouant aux cartes.
Contre-épreuve retouchée au lavis.
Vente Niel, 18-19 mars 1873, n° 25. (Vendu 90 fr.)
Vente baron R. Portails, 14 mars 1887, n° 145. (Vendu
47 fr. à M"»" Duval.)
464. Id. : Enfant assis et regardant des cartes à jouer.
Étude du garçon de droite, tête nue.
Signé en bas sur une pierre.
Aquarelle colorée au bistre.
H. o"'24; L. o"'i7 1/2.
Musée du Havre, n° 44.
465. Id. : Jeune garçon assis sur une pierre.
Étude du garçon de gauche, portant un chapeau.
Signé en bas à gauche. A droite, marque de la collection :
F. R.
Au crayon noir, rehaussé de sanguine, sur papier blanc.
H. o'"24; L. o"20.
Musée du Havre, n» 48.
1922 17
- î58 -
466. Étude pour les « intérieurs de fermes » (ci-des-
sus, nos 209-211) : Cour de ferme.
Au crayon noir.
H. 0-17; L. o^aS.
Vente M..., 27 février 1899, n» 52. (Vendu 27 fr. à Tho-
raillier.)
467. Id. : Retour à la ferme.
Différents animaux conduits par un paysan accom-
pagné d'une femme.
Au bistre.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 56.
468. Id. : Un intérieur de ferme.
Dessin monté.
Vente Boyer de Fons-Colombe, 18 janvier 1790, n° 190.
469-470. Id. : Cour de ferme. — Entrée d'un village.
Deux dessins faisant pendants.
A la plume et lavé de sépia.
Vente, 3-4 avril 1890, n° 75. (Vendu 6 fr. 80 à Lebrun.)
471. Id. : Cour de ferme.
Plume, rehaussé.
Vente E. Tondu, 24-26 avril i865, n° 220. (Vendu 43 fr.)
472. Id. : Plusieurs études de dififérpnts animaux.
Dessins en feuilles.
Datent des environs de 1783.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 73-74.
b) Œuvres non datées.
473. Les amours champêtres.
Un j^une paysan et une jeune fille assis au pied d'un
arbre gardent leur troupeau, que l'on aperçoit dans le
fond. Le jeune homme montre du doigt à la jeune fille
deux colombes qui se becquètent.
Au lavis de bistre, rehaussé de blanc.
H. o°25; L. o"'22.
Vente J. de la Béraudière, 16-17 avril i883, n» 170. (Vendu
i65 fr.)
— 259 ~~
474. Deux artistes.
L'un dessine et l'autre semble regarder un modèle
qu'on ne voit pas.
Pierre noire, sur papier blanc.
H. o'"264; L. o""226.
« Collection de M"* de Pompadour. »
Vente Forest, i" décembre 1860, n" 71.
475. Jeune berger debout.
Au crayon noir, rehaussé de blanc.
Vente, 3o janvier 1888, n° 82.
476. Le château de cartes.
Vente, 14 janvier 1880, n° 42. (Vendu 54 fr.)
477. Combat.
Un homme armé d'un bâton terrasse deux autres
hommes à côté d'une fontaine. Femmes effrayées.
Troupeaux. Fond de paysage.
A la plume, au crayon rouge et lavé.
H. o'"37; L. o'»54.
Vente M. Villenave, i" décembre 1842, n° 63o.
478. La cuisinière.
A la sanguine.
H. o'-So; L. o'"25.
Vente P. Lefort, 28 janvier 1869, ^^ 253.
479. Famille réunie dans un souterrain.
A la plume, lavé de sépia.
Vente Cambray, 28 novembre jSgS, n" 393.
480. Deux femmes.
Assises sur un banc, dans un parc dont le feuillage
est légèrement indiqué. La plus jeune des deux porte
une coiffure très haute et semble coudre.
Signé en bas à droite. Marque de la collection : F. R.
(coin droit).
Mine de plomb.
H. o"2i; L. o'^iS.
Vente Cambray, 28 novembre 1895, n" 393.
Vente, 17 février 1922.
^- 260 -^
481. Jeune femme assise.
Vue de profil.
A la pierre noire.
Vente A. Marquet de Vasselot, 28-29 mai 1891, n" 181.
482. Femme assise.
Vue de dos.
Au crayon noir.
Vente Norblin, 16-17 mars 1860, n" 91.
Vente Cambray, 28 novembre 1895, n° 394. (« Jeune fille
assise sur une chaise. » Vue de dos. Aux crayons noir et
blanc.)
483. Étude de femme assise.
Vue de dos. A droite, une autre étude de jeune gar-
çon, vu à mi-corps et de face.
Au crayon noir, avec quelques légers rehauts de blanc.
Sur papier teinté en rouge.
H. 0-258; L. o~363.
Vente G. Gigoux, 20-23 mars 1882, n» 649. (Pierre d'Italie
et sanguine. Deux dessins sur le même bristol.)
Vente feu M.-L. G., 4-9 mars 1896, n" 99.
484. Femme assise et étude de mains.
Crayons noir et blanc.
Vente Niel, 18-19 niars 1873, n" 24.
485-486. Étude de femmes assises.
Deux pendants.
Au crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier rose.
Vente collection M. D., 10-12 mars 1884, n» iio.
487. Femme assise.
Au crayon noir et à la sanguine.
H. o'"22; L. o'"^.
Vente M. Decloux, 29-30 novembre 1920, n" 95.
488. Femme couchée.
A la pierre noire, rehaussé de blanc.
Vente Flury-Hérard, i3-i5 mai 1861, n" 218. (Vendu 10 fr.
à Chennevières.)
— 26l —
489. Jeune femme couchée, trois autres femmes debout.
Croquis à la sanguine et au crayon noir.
Vente Destailleur, 27-28 avril 1866, n" 108.
490-491. Femme coupant du pain. — Vieille femme
assise.
Deux dessins montés sur une même feuille au crayon noir
et au crayon rouge.
Vente baron Roger Portalis, 14 mars 1887, n» 143.
492. Femme cousant.
Assise dans un fauteuil, les cheveux relevés. Elle a les
yeux baissés sur son ouvrage.
Pierre d'Italie, rehaussée de blanc, sur papier bleu.
H. o"i9; L. o^iô.
A gauche, le cachet de la collection J. Gigoux (1806-1894).
Peut-être un dessin pour les tableaux n" 163-164.
Vente, 7-8 mai 1888, n" i5i. (« La brodeuse. » Aux crayons
noir et blanc.)
493. Jeune femme brodant.
Assise de trois quarts à gauche, la tête de face, incli-
née en avant, une broderie à la main.
Crayon noir et sanguine, rehaussé de blanc, sur papier gris.
H. o'-SS; L. o'»25.
Collections Richardson et Mouriau.
Musée du Louvre. Collection His de la Salle, n" 3o2.
(N» 913 1 de VInventaire de P. Marcel et J. Guiffrey, t. IX.)
494. Jeune femme debout.
Le bras gauche appuyé.
Sanguine.
H. o'"28; L. o"'2o.
Vente feu R. de Bailliencourt, dit Courcol, 18 décembre
1893, à Saint-Omer, n» 78.
Vente Charles André, 18-19 mai 1914, n" 74.
495. Femme et enfant près du feu.
Gouache.
Vente, 9 mai 1868, n» 187.
Vente feu Ch. Forget, 17-19 mars 1873, n' 386.
— 202 —
496. J'ettiiJies larant près d'un puits adossé à une
maison.
Plume sur papier blanc.
H. o»i52; L. o"2i5.
Vente Forest, i" décembre 1860, n» 72.
497. Jeune femme lisant.
Dessin rehaussé.
H. o"'4o; L. o'"28.
Vente Marmontel, 11-14 mai 1868, n» 255.
498. Étude de femme.
Signé.
Crayon noir.
Vente, i3 décembre 1897, n" 201.
499. Jeune femme dite la Jeune mère.
Vue presque de profil à droite, un bébé à peine indi-
qué dans les bras.
Sanguine ou papier blanc.
Vente P. Decourcelle, 29-30 mai 191 1, n° 124 (4.300 fr.).
Vente Marcel Zambaux, 21-22 novembre 1922 (reproduit
dans le catalogue. Vendu 3. 800 fr. à Kiepper).
Peut-être une étude pour la « Mère de la Halle », n° 436.
5 00. Jeune femme assise sur une chaise.
De trois quarts vers la droite, les yeux levés et regar-
dant vers la droite. Elle porte une cornette et feuillette
un portefeuille entr'ouvert sur une table à droite, la
main droite appuyée sur les pages, tandis qu'elle s'ac-
coude sur le bras gauche, la main gauche étant levée et
appuyée sur la partie du portefeuille qui reste dans une
position verticale.
Signé en bas à droite. Marque de la collection : F. R.
Au crayon noir, rehaussé de blanc et de sanguine, sur
papier marron.
H. 0-34; L. o'»25.
Cette étude et les deux suivantes sont faites vraisembla-
blement pour une composition perdue ou non exécutée. A
notre avis, les trois figures auraient été placées autour d'une
table et en train de regarder des portefeuilles de la façon
— 263 —
suivante : à gauche, la jeune femme assise ; au milieu, la
jeune femme vue de dos, et à droite, la troisième debout.
Vente, 17 février 1922, n* 10. (Vendu 1.620 fr. à Félut.)
5oi. Jeune femme vue de dos.
La main droite appuyée sur un livre qui reste à son
tour sur ce qui paraît être une espèce de table. Elle
porte une jupe au volant plissé et une jaquette aux plis
Watteau dans le dos.
Signé en bas à droite. Marque de la collection : F. R.
Au crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier marron.
H. 0-36; L. o"28.
Voir le n" précédent.
Vente, 17 février 1922, n" 11. (Vendu 5oo fr. à Félut.)
502. Jeune femme en cornette.
Debout, légèrement tournée vers la gauche où elle
semble regarder quelque chose. Elle s'appuie la main
droite sur ce qui paraît être une table basse ou un ca-
sier soutenant un portefeuille, tandis que, avec sa main
gauche, elle relève le pan de son tablier.
C'est le même modèle que celui du n» 5oo.
Signé en bas à droite. Marque de la collection : F. R.
Au crayon noir, rehaussé de blanc et de sanguine.
H. 0-43; L. o'"25.
Voir les deux n»' précédents.
Vente, 17 février 1922, n» 8. (Vendu 1.700 fr. à Ferai.)
503. Jeune fille dévidant un écheveau de soie.
Assise, de profil.
Mine de plomb.
Vente baron Roger Portails, 14 mars 1887, ^^ ^44- (Vendu
120 fr. à Honoré Fereire.)
504. Jeune fille épluchant des carottes.
Aux crayons noir et blanc, sur papier bleu.
Vente, 12 avril 1879, n» 107.
Vente, 11-12 juin 1880, n» 2i3. (« Ratisseuse de carottes.
Crayon noir. Pages in-fol.)
— 264 —
3o3. Jeune fille tenant un chou à la main.
Probablement un dessin pour « La halle » (ci-dessus,
n° 191.)
Vente cabinet D. J. *** de Bruges, 8 juin i858, n" 35.
506. Jeune fille tricotant.
Aux trois crayons.
Vente collection docteur S., 3 avril 1882, n" i36.
507. Une petite fille.
En costume du temps, assise sur un banc de pierre
dans un jardin.
2' vente Carrier, 6 avril 1868.
507 bis. Petite fille cousant. « La petite couturière. »
Assise de profil à droite, elle tient en ses mains une
étoffe chiffonnée qu'elle est en train de coudre. Elle est
coiffée d'un bonnet blanc ruche sur les tempes. Au
fond, une draperie.
Au lavis de sépia, sur papier vergé blanc, avec quelques
rehauts de couleur.
H. o'°i7; L. o"io.
Vente Jean Dollfus, 20-21 mai 1912, n" 106. (Vendu 3. 100 fr.
à Boucheron.)
D'après la reproduction qu'en donne le catalogue de vente,
ce dessin nous semble très douteux.
508. Une vieille femme assise.
Vue de face; elle mange dans une casserole qu'elle
tient sur ses genoux.
Lavé de bistre.
H. i5 pouces; L. 9 pouces (o"4o; o'°24).
Vente Paignon-Dijonval, 1810, n" 3703.
509. Étude de vieille femme.
Crayon noir, sanguine et blanc.
Vente, 14 décembre 1891, n" 90.
5 10. Le galant militaire.
Peut-être une étude pour le soldat, près de la femme
nourrissant son enfant, dans le groupe droit de « La halle »
(ci-dessus, n» 191).
— 265 —
Aux crayons noir et blanc, sur papier bleu.
Vente, 7-8 mai 1888, n° i52.
5ii-5i2. Deux jeunes garçons.
Deux études au bistre.
Chacune H. 8 pouces 1/2; L. 7 pouces 1/4 (o'"22; o^ig).
Vente M., 21 novembre 1785, n" loi.
Peut-être les mêmes que les « Deux jeunes paysans » de
la vente du 12 avril 1879 (au lavis de bistre), n" io3, et de la
vente de 1880, n" 540.
5i3. Jeune garçon.
Crayon.
H. o'"28; L. o^ig.
Vente Marmontel, 25-26 janvier i883, n" 169. (Vendu 180 fr.
à May.)
514. Jeune garçon agenouillé sur.une chaise.
Au crayon noir, rehaussé de blanc.
Vente, lo-ii mars 1882, n° 3oo.
5i5. Jeune garçon appuyé sur un mur.
Au crayon noir, rehaussé de blanc.
Vente, 3o janvier 1888, n" 81.
5i6. Jeune garçon assis.
Vu de face.
Aux crayons noir et blanc, sur papier bleu.
Vente, 3-4 avril 1890, n° 74.
517. Jeune garçon assis.
Deux crayons lavés.
Vente Malherbe, 7 octobre i883, Valenciennes, n" 18.
5 18. Jeune garçon assis.
A la sanguine, rehaussé de blanc-
Etude mise au carreau.
H. o»46; L. o"»33.
Vente Georges Boin, 17-18 décembre 1918, n" 21.
(Ce dessin n'est qu'attribué à Lépicié.)
— 266 —
5i9' Étude de jeune garçon.
En pied.
Crayon noir et blanc.
Vente Delestre, 25 novembre 1871, n" 221.
520. Petit garçon jouant au bilboquet.
Au crayon rouge.
Vente Ch. Forget, 17-19 mars 1873, n' 387.
521. Jeune garçon tenant un flageolet.
Gouache.
Vente, 4-5 avril 1857.
522. Jeune garçon et trois femmes.
Sanguine et mine de plomb.
Vente Palla, 28-29 ^^"^ ^873, n" 269. (Vendu 10 fr.)
523. Homme assis.
Étude à la sanguine.
Vente Mayor, 21 novembre 1859, n» 98.
Vente M. Daigremont, 3-7 avril 1866, n" 277.
524. Homme assis.
Vêtu d'une redingote et coiffé d'un tricorne. Assis et
accoudé près d'une table.
Au crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier bleu.
Vente E. Tondu, io-i3 mai i865, n" 3i8. (Vendu 8 fr.)
Vente, 29 mars 1900, n° 68. (Vendu 9 fr.)
525. Homme assis.
Pierre noire.
Vente, 28 janvier 1901, n» 64.
526. Homme jouant de la basse.
Vente Norblin, 16-17 mars 1860, n° 90. (Vendu 76 fr.)
527. Jeune homme tenant une flûte.
Dessin rehaussé.
Vente H. Fourau, i"-2 mars 1869, n» 125. (Vendu 12 fr. 5o.)
— 267 —
528. Intérieur d^une cuisine.
On voit une femme s'occupant à coudre.
H. 6 pouces; L. 7 pouces 6 lignes (©""lô; o^ig).
Vente M. R., 12 janvier 1778.
529. Les jeunes jardiniers.
Au milieu, une jeune fille portant un panier et accom-
pagnée d'un jeune garçon portant une hotte et une cor-
beille garnie de fleurs.
Au crayon noir, rehaussé de blanc.
H. o'"29; L. o'"24.
Vente J. de la Béraudière, 16-17 avril i883, n» 17.
53o-53i. Jeux d'enfants.
Deux aquarelles, dont une signée.
Vente de la collection Bruzard, 24 avril iBSg, n" 164.
Voir les n°» 457-465.
532. Les joueurs de boules.
Crayon et sépia.
Vente, 6 juin 1890, n" 82.
533. Le maître d'école.
Sépia.
H. o'-i7; L. o-i33.
Vente Thomas B. Welch, 16 janvier 1875, n" 72.
Vente Teodor de Wyzewa, 2i-23 février 1919, n° 161.
Voir le tableau n° 255.
534. La ménagère.
Elle est assise dans une cuisine, occupée à éplucher
des légumes.
Signé à gauche.
Sépia.
H. o»i5; L. o^ii.
Vente comte Jacques de Bryas, 4-6 avril 1898, n" 106.
(Vendu 43o fr. à Boin.)
535. La mendiante.
Représentée à mi-corps, presque de face, les cheveux
en désordre, un fichu noué sur la poitrine, un tablier
— 268 —
pendant à la ceinture; elle tend la main et lève les
yeux au ciel.
Signé en bas à droite.
Au crayon noir, rehaussé de blanc et de bleu.
H. o"26; L. o^ig.
Vente E. Tondu, io-i3 mai i865, n" 320. (« Mendiante. »)
Vente Beurdeley, i3-i5 mars 1905, n° iBg. (Vendu i.oSofr. à
Salvator Meyer.)
536. L^heureuse mère.
A la plume, lavé de sépia.
2' vente marquis de Chennevières, 4-7 avril 1900, n" 307.
Voir le n" 449.
537. Paysage en hauteur, avec figures et animaux.
A la pierre noire.
Vente Lépicié, 10 février 1786, n° 61.
D'autres études de « Paysages et animaux » dessinées
d'après nature figuraient à la même vente sous le n" 82.
538. Types de paysans.
Aquarelle.
Vente, 24 février 1890, n° 117.
53g. Paysan debout.
Lavé au bistre.
Vente E. Tondu, io-i3 mai i865, n» 317.
540. Deux jeunes paysans.
Au bistre.
Pages in-fol.
Vente, 11-12 juin 1880, n» 2i3.
541. Vieux paysan assis tenant un serpent.
Au crayon noir.
Vente de la collection Rodrigue de Paris, 18-19 mars 1889,
n" 332.
542. Étude de jeune paysanne assise.
Crayon noir et sanguine.
Vente Cambray, 28 novembre 1895, n° 392.
i
— 269 —
543. Paysanne assise.
Signé.
Sanguine et mine de plomb.
Vente, 12 mai 1897, "° ^4- (Vendu 42 fr. à M"» S. Mayer.)
544. Une paysanne se chauffant devant une cheminée.
A la plume, lavé de sépia, sur papier teinté.
H. o°i7j L. o°i4.
Vente J. Boilley, mars 1869, n" 160. (Vendu 100 fr.)
545. Petite paysanne debout.
Mine de plomb.
H. o'°2o; L. o"'i4.
Vente baron de Schwiter, 20-21 avril i883, n' 90. (Vendu
35 fr. à Lasquin.)
546. Jeune paysanne debout.
Représentée jusqu'aux genoux.
Aux trois crayons.
Vente Mailand, 4-19 avril 1881, n' 98. (Vendu 23o fr.)
547. Jeune paysanne.
Au bistre.
Vente, 14 décembre 1891, n° 90. (Vendu i33 fr. avec un
autre dessin.)
548-549. Le peintre. — Le lecteur.
Peut-être des études pour « Le petit dessinateur » et
« L'élève curieux » (ci-dessus, n"' 77-78).
Deux dessins au crayon noir et sanguine.
Vente, lo-ii mars 1882, n" 299.
550. Un père qui reçoit l'argent que ses enfants lui
apportent.
Appartient évidemment à la série de « Mendiants ». Voir
les n"' 207, 208, 269.
Aquarelle.
Vente, 17 janvier 1780, n" 124.
55 1. Jeune pierrot.
Vente, 14 décembre 1906, n' 36.
— 270 —
552. Le repos.
Jeune fille en buste, appuyée sur un oreiller; de trois
quarts à gauche, coiffée d'un bonnet; cheveux tombant
sur les épaules.
Lavis d'encre de Chine.
De forme ovale. H. o^io; L. o°o8
Vente Léon Richard, 3 avril 1886, n" 84. (Vendu 800 fr. à
Ferrin.)
553. Scène de cabaret.
Vente, i5 mars 1861, n" 48.
554. Plusieurs scènes domestiques.
Au bistre.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n"* 81.
Comme il est impossible d'identifier ces dessins, nous les
citons simplement à titre d'indication.
555. Le solliciteur.
Signé à droite.
H. o"'3o; L. o"'40.
Provenance inconnue suivant le conservateur.
Musée d'Alençon, n" 41. (Catalogue de 1909.)
556. Vieillard assis.
A la pierre noire, rehaussée de blanc, sous verre.
Vente Lépicié, 10 février 1785, n" 4g.
557. Vieillard occupé à lire.
Aux trois crayons.
H. 12 pouces; L. 10 pouces (©""Ss; o"'27).
Vente M. N., 18 avril 1785, n° 93.
558. Villageois assis à une table.
Tête nue, les cheveux relevés, un foulard autour du
cou, l'habit ouvert sur le gilet, en culotte courte et gros
souliers à boucles, il est assis sur une chaise de paille,
de profil à droite, le bras gauche accoudé sur une table.
Signé à gauche.
Au crayon noir, rehaussé de blanc.
H. 0^37; L. o"'26.
Vente A. Beurdeley, i3-i5 mars igoS, n" i38. (Acheté par
le comte de Moltke 1.450 fr.)
— 271 —
SSg. Villageois assis.
En couleur.
Vente E. Tondu, 24-26 avril i865, n" 223.
IV. — Académies.
560. Homme nu.
A la pierre noire et à la sanguine, rehaussées de blanc.
Vente marquis de Ghennevières, 4-7 avril 1900, n" 206.
56 1. Homme assis.
La tête et le corps penchés vers la droite et les mains
cachées derrière le dos.
Sanguine.
Musée d'Alençon, n" ïi6 bis. (Catalogue de i85i, p. 62.)
562. Trois mains.
Signé, en bas à droite, à la plume.
Feuille de croquis.
Aux trois crayons, sur papier bleu. Marque F. R.
H. o^iS8; L. o^igS.
Musée du Louvre. (N" 9129 de V Inventaire de P. Marcel et
J. Guiffrey, t. IX.)
Un grand nombre d'académies, désignées d'une façon
très vague, ont figuré à la vente Lépicié de 1785 sous les
n" 65, 70, 71, 72, 74, 75, 76, 77, 79, 80, 83, 84; à la vente
Houdon, 8 octobre 1795, n° 18; à la vente Constantin, 3 mars
1817, n-' 648, 649.
Nous voudrions aussi indiquer tout un portefeuille de des-
sins par Lépicié, dont beaucoup d'académies, qu'on nous a
signalés dans une collection privée, mais qui, malheureuse-
ment, n'ont pu être insérés dans ce catalogue.
TABLE ANALYTIQUE
N. B. — On trouvera ci-dessous, à leur ordre alphabétique,
les rubriques suivantes : Collections privées, Collections
PUBLIQUES, Expositions, Graveurs de Lépicié, Salons, Ventes.
Achille instruit dans la Mu-
sique par Chiroriy 9.
Accords (les), 181.
Adonis changé en Anémone
par Vénus, 8, 23.
Apprêts d'un déjeuner, 212.
Architecture, 11.
Ascension, 46, 46.
Assomption de la Vierge, 29-
3o.
Atelier du menuisier, 178, 179,
180, 408.
Baiser volé, 21 3.
Bayonne (cathédrale de), 13-14.
Bertaud (portrait présumé de),
92, 346.
Bertrand et Raton, 214.
Bonyie mère, 171, 4o3, 404.
Boudeur, 23 1.
Boudeuse, 217.
Bouillie (la, ou le Devoir ma-
ternel), 175, 176.
Boulogne-sur- Mer (église de),
3o.
Boutique du barbier, 218.
Brancas (portraits du fils et de
la fille du comte), 86, 87.
Buveur, 219, 220.
Caen (lycée Malherbe, autre-
fois abbaye aux Hommes),
I, 2, 5, 7.
Canonnière brisée, 221.
Castres (Gironde, église Saint-
Martin de), 16.
Châlons-sur-Marne (église de),
3,4.
Chalon-sur-Saône (cathédrale
de), 38, 41.
Chardin (portrait de), 347.
Châtelet (soi-disant portrait
de la marquise du), 100.
Chien obéissant, 167.
Colère de Neptune, 26, 271 ter.
Collections privées :
— Ab^ac (marquis d'), 97.
— Bagot (Sir Ch.), 70.
— Bardac (M"« Noël), 7b.
— Bureau, 436.
— Cabrié (M""), 67.
— Chaix d'Est-Ange, 169.
— Chevrier (Pierre), i35.
— Cournerie, 149.
— Crillon (marquise de), 232.
— Davril, 162.
— Delaroche-Vernet(Ph.), 68.
— Deligand (G.), 414.
— Dubois (J.), 407.
— Dumas (Alex.), 347.
— Erlanger (baronne d'), 86,
87, 179-
— Ferronnays (marquis de
la), 191.
— Gas {de), 127.
— Gounod [A.), 71.
— Grunebaum-Ballin, 339.
- 2,i ^
— Guérin (comte), 90.
— Hecht (E.), 257.
— Kraemer (B.), 119.
— Kraemer (E.), 172.
— Lavallard^ 99, 160.
— Ledieu (Paul), 74.
— Leonino (baronne David),
85, i63.
— Marbeau (l'abbé Em.), 89.
-- Marbeau (Edouard), 89.
— Marcille (Eudoxe), i35.
— May (Ernest), 178 (note),
180.
-— Mayer (S.), 427, 480, 435,
437.
— Reboul, 445.
— Ricketts (majorC. S.), 180.
— Rothschild (baron Henri
de), 100, 142, 182, 252.
— Rothschild (baron Maurice
de), additions, n° 199, 260 bis.
— Rothschild (baronne James
de), 369.
— Rothschild (baronne Nath.
de), 85, 100, 142, 159, i63.
— Sabatier, 164.
— Schlichting (baron de), 262
(note).
— Strauss (J.), 78.
— Thureau-Dangin, 175.
— Tulpain, 11 5.
— Wallenstein (M'""), 69.
— Weill (David), 69, 79,
418 bis, 420, 459, 460, 461.
— Wildenstein (G.), 62, 119,
377.
Collections publiques et
Musées :
— Abbeville, 91.
— Alençon, 555, 56i.
— Amiens, 72 bis, 99, 160.
— Besançon, i5o.
— Brest, 186.
— Carcassonne, 36.
— Chantilly (Musée Condé),
i55.
— Chartres, 3g.
— Châteauroux, 146.
1922
— Cherbourg, 18$.
— Grenoble, 122, 38o.
— Le Havre, 144, 38i, 398,
423, 425, 433, 434, 440, 441,
455, 458, 464, 465.
— Lille, 34.
— Londres (Wallace Coll.),
176, 177.
— Lyon, 23 1.
— Narbonne, 114.
— New-York. Historical So-
ciety, 129.
— Orléans, i56, 227, 408, 428,
453.
— Paris. Bibl. Musée des
Arts décoratifs, 449.
— Paris. Cabinet des Estam-
pes, 438, 454.
— Paris. Louvre, 77, 211, 262
(note), 271 bis, 271 ter, 3og bis,
353 bis, 38i bis, 38i ter, 382,
415, 416, 493, 562,
— Paris. Musée Carnavalet,
141.
— Péri gueux, 225.
— Petrograd (Ermitage), m,
— Reims, 241.
— Saint-Omer, 169.
— Saint-Quentin, 33.
— Tours, 42, 182, 191.
— Troyes, 9.
— Versailles. Petit -Trianon,
8, 21.
— Vienne (Albertina), 405.
— Vire, 112.
Compiègne (Chapelle de la
chancellerie), 19.
Conversion de saint Paul, 7.
Correction maternelle, 222.
Courage de Porcia, 34, 35, 273.
Cuisinière, 93, 223, 224, 478.
Delafosse (portrait d'un en-
fant), 377.
Demande acceptée^ i83, 184,
i85, 186, 409, 410, 411, 412,
4i3, 414, 415, 416, 417.
Déjeuner des élèves, 2o5.
Déjeuner frugal, i58.
— 274
Départ d'un braconnier, igS.
Dessinateur, 69, 70, 77, 77 bis,
95, 96, 340-341.
Dévideuse, 172, 225-227.
Devoir maternel, i-jb, 176.
Diane et Actéon, 47,
Diseuse de bonne aventure,
228.
Douane (intérieur d'une), 182,
406, 407.
Education commencée, 177,405.
Education de la Vierge, 3i,
309 bis.
Elève curieux, 78.
Enfant au ^abot, 204.
Enfant en pénitence, 23i.
Enfant (portrait d'), 94-99.
Enfant (tête d'), 348-352.
Etude (!'), 157.
Expositions :
Année 1846. Association
des artistes, 77.
— 1860. Tableaux de VE-
cole française, 92, 149, 169.
— 1 866. Rétrospective des
tableaux anciens empruntés
aux galeries particulières,
140.
— 1 8^ I . Internationale de
Londres, 179.
— i8j4. Internationale
des Alsaciens-Lorrains, 68,
97, 99, 127, 164, 171, i83.
— 1878. Portraits natio-
naux, 89, 90, i35, 347.
— 187g. Maîtres anciens,
456.
— 1881. Maîtres anciens
au profit des inondés du
Midi, 244.
-.i883.L'artduXVIII''s.,
92, 99, 160, 257.
— 1884. Dessins de l'E-
cole moderne, 443.
— i885. Orphelins d'Al-
sace-Lorraine, 169.
— j885 (2«). Portraits du
XVIII' siècle, 68, 77, 85,
i35, i38, 142.
— 1888. De lArt fran-
çais au profit de Vœuvre de
l'Hospitalité de nuit, i33.
— i8g2 (2*). Cent chefs-
d'œuvre des Ecoles fran-
çaises et étrangères, 85, 100,
159.,
— igoi.De l'Enfance, 78,
90, 259, 369, 370.
— I go g. Cent portraits de
femmes des Ecoles anglaises
et françaises du XVIII' siè-
cle, 100.
— jgio. De Bagatelle, 62,
69.
— igjo.De l'Art français
du XVIII' siècle. Bertin, 191 .
Faiseur de beignets, 232.
Famille du braconnier, 199.
Femme (portrait de), 88, loi,
102-106.
Femme se lavant les pieds,
235.
Femme (étude de), 480-502.
Femme (tête de), 353-359-
Fermes avec animaux, 209,
210, 211, 466, 467-472.
Fileuse, 172, 225-227.
Fillette (portrait de), 107-109,
169, 372-374.
Fillette (étude de), 507, 507 bis.
Flore, 87.
Fontenelle (portrait de B. Le
Bovier de), iio.
Garde-chasse, 194.
Gounod (portrait de Fr.), 71.
Graffigny (soi-disant portrait
de W"), 72, 72 bis.
Grand'mère, 244.
Graveurs d'après Lépicié :
Bervic, i83, 189; — Bocourt,
171 ; — Hémery, i83. — Kille-
macher (Fr.), i35; — Le Bas
(J.-Ph.), 176, 177, 178, 274-
299; — Lemire (N.), 343; —
Levasseur (J.-Gh.), 21, 26;
— Longueil, 174. — Moitié,
342.
Gresset (portrait de), 121.
Guérin (comte, portrait de), 90.
Guillaume le Conquérant, i,
270.
Halle [vue de l'intérieur d'une),
191, 421-455.
Henri IV (portrait de), 75, 342.
Hercule, 48, 49.
Heureuse union, 178, (note).
Histoire de France, 264-297.
Homme (étude d'), 523-527.
Homme (portrait d') 63, 122-
126, i55, i56-i57.
Intérieur d'un atelier de pein-
tre, 206.
Intérieur rustique, 245-249.
Jardinier (petit), 25o.
Jardinier de bonne humeur,
193, 456.
Jésus-Christ baptisé par saint
Jean, 2.
Jésus- Christ descendu de la
croix, 38, 3oo.
Jésus-Christ bénissant les en-
fants, 5, 6, 271.
Jeu de la fossette, 197, 457-460.
Jeu de la canonnière, 25i.
Jeu des cartes, 198, 461-465.
Jeune femme cousant, i63.
Jeune femme lisant, 160-162.
Jeune femme tricotant, 164.
Jeune fille (portrait de), 64, 76,
81, 127-130.
Jeune fille tenant un lapin,
202.
Jeune fille pleurant la mort
d'un oiseau, 238.
Jeune fille de la campagne,
239,
Jeune fille au chat, 240.
Jeune fille (étude de), 5o3-5o7.
Jeune garçon (portrait de), 79,
75-
III, 112-120, 375-377,511-522.
Jeune garçon se chauffant à
un brasero, 242.
Jeune garçon regardant une
dame, 243.
Jeune homme (portrait de),
i3i-i33, 378, 379, 382-383,
385, 386.
Jombert (portrait de Ch.-Ant.),
Joseph vendu par ses frères,
3i3.
Lagrenée (portrait de M""»), 84.
Lantara (portrait de), 134.
Leçon de lecture, 253, 254.
Lépicié (portrait de), 85, 91,
122, i35-i38.
Leroux (portrait de M"* So-
phie), 392.
Le Roy (portrait de la famille),
62.
Lever de Fanchon, 76, 169, 170.
Liseuse, 160-162, 236.
Magistrat (portrait de), 139.
Magnificat, 314.
Maître d'école, 255, 533.
Mariage de la Vierge, 14-15.
Martyre de saint André, 17, 18.
Martyre de saint Denis, 19, 20.
Martyre de saint Etienne, 3i5.
Médecin de campagne, ib-j.
Ménage de bonnes gens, 174.
Mendiants, 207, 208, 258, 259,
535, 55o.
Mort de Cléopâtre, 3 16.
Musique, 25.
Narcisse changé en fleur, 21,
22, 23.
Paris. Ecole militaire, cha-
pelle, 27, 44.
Paris. Eglise de l'hôpital du
Saint-Esprit, 57.
Paysage, 402, 537.
Paysan, 394, 538-547-
Paysanne, 200, 201, 395.
276
Peintre (portrait de), i56.
Peinture^ 10.
Petit apprenti, 120.
Petit gourmand, additions,
260 bis.
Petite indigente, 208.
Petit indigent, 207.
Petite sournoise, 173.
Pienedon (portrait de), 396.
Piété de Fabius Dorso, 3g, 40.
Pigalle (portrait de), 140.
Piron (portrait d'Alexis), 343.
Politesse intéressée, 166.
Présentation au temple, 317.
Prière au jardin des Olives,
5i, 52.
Promesse approuvée, i83-i86,
409-417.
Prométhée, 53.
Qwa/remère (portraitde M. Ant.
et sa famille), 89.
Ramponeau (portrait du caba-
retier), 339.
Récréation utile, iSg.
Regulus sortant de Rotne, 36,
37-
Renaud et Armide, 54.
Reine de Saba, 3 18.
Réponse désirée (la), i83-i86,
409-417.
Repos (le), 168, 189, 190, 2o3,
418, 419, 420.
Repos en Egypte, 320.
Résurrection, 41.
Rousseau (portrait présumé de
J.-J.), 141.
Sainte Cécile, 55.
Saint Crépin et saint Crépi-
nien, 3, 4.
Sainte Elisabeth et saint Jean,
16, 272.
Saint Jean, 56.
Saint Louis rendant la jus-
tice, 27, 28.
Saint-Riquier (abbaye de), 17.
Saint Sébastien, 57, 58.
Saint Vincent, 59.
Salons: (1765), 1,2, 3; (1767),
5, 7, 62; {176g), 8, 9, 10,
II, 12,64,65,66,157; {177 ^)y
16, 17, 19, 21, 22, 23, 24, 26,
i58, 159; {177^), 27, 29, 77,
78, i65, 166, 167, 168, 169;
{177^), 3i, 80, 83, 178, 181,
182; {i777h 34,84,85, i83,
187, 188, 189; (77 79). 36, 38,
86, 87, 191, 193; (77e'/), 39,
41, 195,196, ig'j,igS; {1783),
42, 200, 2o3, 204, 2o5, 207;
{1785), 209, 210.
Savant (portrait de), 142.
Savoyards, 262-263 bis.
Scène de la tragédie de Maho-
met, 61.
Sculpture (la), 24.
Solitude laborieuse, 187.
Union paisible, 188.
Transfiguration, 60.
Valois (duc de), 80, 344.
Ventes :
Anonymes :
— // mars 1 776, 47.
— I g janvier 1778, 77 bis.
— 12 janvier 1778 (M. R.),
528.
— 2 5 janvier 177 g, 162.
— 2g mars 177g, 36i,4o3, 419.
— 17 janvier 1780, 55o.
— 5 avril 1780 (M. ***), 164.
— ig novembre 1788 (M.),
3io, 3ii.
— 2 mars 1785 {le P***), 197,
198.
— 18 avril 1785 (M. N.), 557.
— 21 novembre 1785 (M.),
5ii, 5i2.
— 28 décembre 1785, 4, 18.
— g avril I7g3 (M. M.), 93,
123, 128, 166, 175, 193, 209.
— 2 germinal an XI, 209.
— 28 -2g pluviôse 1802
(M. W.), 61.
— 277
- j3 août i8o3, 32i.
-10 mars 1810 (M.), 100.
- i"-4 août i8j2, 267.
- 27-28 novembre 1816, 181.
- 6-7 décembre 18 ig, 82.
- 6 avril 1825, 262.
- 24 décembre 1828, 171.
-10 janvier i82q, appen-
dice genre.
- 5 février j834, 129.
- 17-ig mars i836, append.
genre.
-2-3 avril i83g, 222.
- ig-3o avril 1841, append.
portraits.
- 6-/ décembre 1841, ap-
pend. portraits (2").
- i4'i6 février 1842 (comte
de la R.), 2i5.
-21 décembre 1842 (mar-
quis G.), 175.
- 25-26 janvier 1843, 129.
- 2 3 avril 1843, append.
genre.
-4-5 mai 1843, 332-334, 336.
-22 novembre 1843 (prince
de ***), append. genre.
- jy février 1844, append.
genre.
- 7-8 février 1845 (M, R. de
Lyon), append. genre.
- 14-1 5 avril 1845 (N. B.),
23o.
- II-I2 décembre 1846 (M.
L. D. V.), 114.
- i5-i6 janvier 1847, 266.
- 2 février 1847^ ^33, 234.
- 27 février 1847^ H^-
- 4 mars 1847, 256.
- g'i I décembre 1847, 254.
- g-io février 1848^ append.
genre.
■ 26 avril 184g, append.
genre.
- 27 février i85o, append.
portraits.
- i6-ig décembre i85o, 104.
- 27 février i85i, append.
portraits.
— 29 janvier i852, append.
portraits.
— 16 février i852, append.
genre.
— 27 mars i852, 154.
— 8 avril i852, append. por-
traits.
— 24-26 mai i852, 121.
— 27 mai i852, append. por-
traits.
— 25 novembre i852, append.
genre.
— i8-jg décembre i852, ap-
pend. portraits.
— 24-25 février i853 (prince
P.), 235.
— 16 mars i853, 104.
— 2 3 décembre i853, 255.
— 24 avril 1854, append.
genre.
— 20-22 novembre 1 855 {R.),
append. portraits.
— 4-5 avril 1857, 521.
— j8 avril 1857, append.
portraits.
— 8 juin i858 (D. J. de Bru-
ges), 5o5.
— 16-18 mai i85g, 429.
— 18 janvier 1860, append.
portraits.
— i5 mars 1861, append.
dessins, portraits, 553.
— 8 avril 186 1, append. des-
sins, portraits.
— 3 mai 1862, append. por-
traits.
— 21 novembre 1862, ap-
pend. dessins, portraits.
— 2 6 novembre 186 2, ^5"], ^61.
— 2 décembre 1867 (M. de
G***), append. genre.
— 4 mars 1868, append. por-
traits.
— II avril 1868, 219.
— 16 avril 186 g, 266.
— 26 mars 1870 (comte d'E.),
104.
— // mars 1872, append.
portraits.
278 —
— i6 mars i8-j2 (vicomte de
R.), append. genre.
— 3o novembre 18 J2^ ap-
pend. portraits, 214, 229.
— 4 décembre iS/2, append.
genre.
— g mars i8j4, append.
genre.
— 20 mars i8j4, 184,
— 2 avril i8j4 (M. B.), uo,
141.
— 22 avril j8j4, append.
portraits.
— 29 janvier i8j5 (^marquis
d'À.), 23i.
— 22 février J8y5, append.
genre.
— 3o mars 18^5 (Amster-
dam), 418.
— 12 avril i8y5 (M. S. de
Londres), append. genre.
— g mars 1876 , append.
genre.
— /•■• avril i8y6 (baron D.),
164.
— 18-20 avril /6'76, append.
portraits, SgS.
— 28 février- 1" mars 18'j'/^
457.
— /" mars 1877, 399, 400.
— g avril i Sjj, append. por-
traits.
— 26 janvier i8y8, 258.
— 26 avril 1878, append.
genre.
— 27 avril 1878 (M. R. de
Bruxelles), append. genre.
— 12 avril J87g, i3g, 604,
5ii, 5i2.
— 26-27 mai 187g, 363.
— 14 janvier 1880, 476.
— 2 3-24 février 1880, ap-
pend. portraits.
— II- 12 juin i88o,bo^, 540.
— 18 décembre 1880, io5.
— lo-ii mars 1882,348, ap-
pend. dessins, portraits, 514,
548, 549.
— 3 avril 1882 (D' S.), 5o6.
— 4 mai i883, append. des-
sins, portraits.
— 21 janvier 1884, append.
genre.
— 10-12 mars 1884 {U. D.),
485, 486.
— 12 mai 1884, 217.
— 4 mai 18 85, append. genre.
— g mai i885 (M, H. P.), 444.
— 20 février 1886, append.
portraits.
— 3 avril 1886, 394.
— 24 décembre 1887, ap-
pend. portraits.
— 3o janvier 1888, 349, 420,
475, 5i5.
— 7-8 mai 1888, 384, 387,
396, 492, 5io.
— 1 8-1 g mars i88gy 35 1, 370,
385.
— 16 juin i88g, append.
genre.
— 24 février 18 go, 538.
— ig mars 18 go, 40g.
— 3-4 avril 18 go, 469, 470, 5 1 6.
— 6 juin 18 go, 35o, 532.
— 2 avril i8gi, 2i3.
— 4 juin i8gi , 78.
— 14 décembre i8gi , 5o9, 547.
— i3-i4 avril i8g2, gb.
— 23 mars i8g3, 411.
— 4-g mars i8g5 (M. L. G.),
483.
— i5-i7 avril i8g7 (A. L.),
392.
— 8 mai i8g7, 63.
— 12 mai i8g7, b^i.
— i3 décembre i8g7, 352,
376, 498.
— 3i janvier- 1" février i8g8
(G. et T.), 374.
— 16-17 mai i8g8y 352.
— 18 mai i8g8 (G. M.), 409.
— 27 février i8gg (M.), 466.
— 20 mars i8gg, 368.
— 2g mars igoo, 524.
— 27 avril igoOy append.
portraits.
— 4 juin igoo, 72.
279 —
• ij décembre jgoo (comte
c), 373.
- 28 janvier igoi, 525.
- 6-y décembre igoi (M. L.),
append. portraits, 362.
- 2 mai igo2, 354, 362,
- g mai igo3, 407.
- 3o juin igo3, 128.
■ i"' juillet igoS (Bruxelles),
265.
- i3 mai igo5 (comte de
R.), 186.
-21 juin igo5 (comte de
H.), 212, 253."
- 3o novembre-i"' décembre
if)o5 (M. F.), append. por-
traits.
-16 décembre igo5, 75.
- ig mars i g 06 {baron ***),
190.
-27 juin igo6, 88.
-14 décembre igo6, 55 1.
-16 avril igoj (A. de G. et
M"" X.), 194.
-24 avril I goy (M""" X.), 220.
- 21 mai igoy, append.
genre.
- 2 y -2 8 novembre igoy, 355.
- 6 février igo8, append.
portraits.
- 16-18 mars igo8, i36.
- 8 mai igo8 (M. P. M.), 194.
- 3 juin igo8 (R. M.), i25.
-27 janvier igog, 73.
- 6 mai igog, 104.
-27 novembre igog, 356.
-21 novembre igio^ ap-
pend. portraits.
- ly février Jgi4, append.
genre.
- 7 novembre iqiô (comte
D.), 81.
- 2g janvier igi8, 375.
- ig-22 mai igig (comtesse
B.), 344.
- 7 juillet igig (Londres),
248, 249.
- 8- g décembre igig, ap-
pend. genre.
— 14-15 janvier ig20, ap-
pend. portraits.
— 21-22 janvier ig20, 106.
— 14 février ig2 0, 97.
— 17 février 1922, 417, 424,
426, 450, 451, 452, 459, 460,
480, 5oo, 5oi, 5o2.
— Allou et Ehrler, 164, 199.
— André (C), 494.
— Arago (E.), 457, 461, 462.
— Bailliencourt, 494.
— Barroilhet, 124.
— Barry, 54.
— Baur, append. portraits.
— Benoist (D'), append. por-
traits, 242, 258.
— Ben^on, 274-299.
— Ber [de), 267 bis.
— Berthon (de Versailles), 11 5.
— Beurdeley (A.), mars 1905,
370, 535, 558.
— Beurdeley (A.), 6 mai 1920,
i3o.
— Beurdeley (A.), 8-10 juin
1920, 370.
— Beurnonville (1881), 25i.
— Beurnonville (i885), 345.
— Beurnonville (1906), ap-
pend. portraits.
— Blaisel (marquis de), 221.
— Bodin, 120.
— Bohler (F.), 108.
— Boilley (J.), 544.
— Boin (G.), 5i8.
—• Boittelle, 12, 81, 86, 87, iio,
114, 141, 142, 173, 175, 179,
193, 207, 208, 226.
— Boittelle (1867), 193, 239.
— Boittelle de Cambrai, ap-
pend. portraits.
— Boyerde Fons-Colombe, 468.
— Bouchardon, 129.
— Boudin (F.), i83.
— Boulton (W.), 248-249.
— Briant, 169.
— Brun-Neergaard, 271, 335,
337.
— Bru:{ard (24 avril 1839), 410,
53o, 53i.
28o —
- Bryas (J., comte de), 534-
- Buckingham (duc de), loi.
- Burat (J.), 82, 171, 218.
- Calonne (1788), 3oi.
- Cambray, append. dessins,
portraits, 353, 35g, 386, 436,
479» 480, 482, 542.
- Carrier (2'), 507.
- Cave, 92.
- Château de Coatserho,
21 mars 1887, 222, 228.
- Châtelain, append. genre.
- Chennevières (marquis de),
3o3.
- Chennevières (2") (marquis
de), 536, 56o.
- Cherisey (comte), 166.
- Clos, 182, 191.
- Cochin (C.-N.), 10, 11, 23,
24, 25.
- Cochu, i83.
- Collet (1787), II 3.
- CoUot (16 janvier 1844), 198,
243.
- Collot (i852), 236, 237, 261.
- Constantin, 562, note.
- Cornac (D'), 79.
- Cossé (M"» de), 25o.
- Cousin, 267 bis.
- Cypierre (marquis de), i35.
- Daigremont, 523.
- Daupias (comte de), 102,
182, 191.
- David, 176.
- Decloux (M.-L.), 357, 358,
390, 391, 487.
- Decour celle (P.), 499.
- Delamarche, 21 3.
-Delaroff(P.), append. genre.
- Delaunay, i85.
- Delestre (J. B.), 79, 519.
- Denesle, 383.
- Dennoor, 80.
- Deno» (baron), 176.
- Desperet, Zcjb.
- Destailleur, 489.
- Devere, append. portraits.
- Didier (H.), 159.
- Dino (prince de), 80.
— Dollfus (J.), 507 bis.
— Dowfouleiir, 244.
— Dubois, 372.
— Duchose, append. portraits.
— Dumas (Alex, fils), 107.
— Eude (dit Michel), append.
genre.
— Fau {J.), 92.
— F^Mc/g-ny (princesse de), io5.
— Faucigny (1867, comte de),
append. dessins, portraits.
— Feltre (duc de), 462.
— Ferai, 12.
— Flury-Hérard, 488.
— Fontinelle, append. por-
traits.
— Forbin-Janson, 118.
— Forest, 474, 496.
— Forget (Ch.), 495, 52o.
— Fould (A.), 77 bis, i83, 244.
— Fould (L.), 164.
— Four au, 341, 527.
— Franchetti (baron), 78.
— Galeries de l'Universelle,
182, 191.
— Galit:{in (prince de), 175.
— Ganay (comte de), 252.
— Ganay (A. de), append.
portraits.
— Gasquet, 269.
— Gautier (Th.), 268.
— Gavarret - Rouaise (Tou-
louse), append. genre, 243.
— Gay (Victor), 62, 201.
— Gigoux (1882), 319, 43 1, 432,
483.
— Giron de Bu:{areingues, i33.
— Giroux (père), 129.
— Giroux (A.), append. por-
traits.
— Concourt, 456.
— Grimod de la Reynière, 11 3.
— Gueting, append. portraits.
— Harcourt [d'), 246.
— Hauregard, 3 12, 3 18.
— Henneven, 76.
— Horsin-Déon, 194, 199.
— Houdetot (comte), 223, 224.
— Houdon, 562, note.
— 28l
— Houyety 94.
— Isouard, i32.
— Jaffé (de Hambourg), 66.
— Jarry (M,), 247.
— Jammes, 263, 263 bis.
— Jourdarty 174.
— Kaïemaii, 3o2.
— AT^nw (Alph.), 98.
— La Béraudière (i883, J.),
364, 392, 473, 529.
— La Béraudière (26 mai 1913),
lo-ii, 24-25.
— Lamy, 274-299.
— Laperlier, 347.
— La Regnière, ii3.
— Le Bas (J.-Ph.), 176, 177,
274-299.
— Le Blanc (C), append. des-
sins, portraits.
— Le Breton (G.), 439, 446.
— Lebeuf de Montgermont,
371, 459.
— Lechevaher - Chevignard,
387.
— Le Coq-Diimesnil, 76, 201.
— Lecurieux, append. por-
traits.
— Le Duc, 116.
— Lefebvre - Bougon ( d'A-
miens), 139, 147, 392.
— Lefort (P.), 416, 478.
— Legrand, 262 bis.
— Lelong, 182.
— Lemarié, 82.
— Léon (R.), 366, 414, 552.
— Lépicié, 4, 6, 12, i5, 18, 20,
26, 28, 29, 32, 35, 37, 40, 43,
45, 46. 48, 49, 5o, 5i, 52, 53,
55, 56, 58, 59, 60, 76, 122,
i3i, 145, 09, 168, 171, 178,
i83, 189, 192, 196, 201, 202,
206, 209, 210, 226, 270, 272,
273, 304-309, 3i3, 3i4, 317,
320, 322-331, 378, 379, 397,
append. dessins, portraits,
401, 402, 406, 421, 467, 472,
537, 554, 556.
— Leroy d'Etiolles, 148.
— Lui:( (G.), 259.
— Magne (de Marseille), 367.
— Mahéraulty 375.
— Mailand, 546.
— Maillet de Boullay, 193.
— Malherbe, 344, 388, 389, 517.
— Mant;( (P.), 4i3.
— Marcille, 108, append. por-
traits, 216, 367.
— Marmontel, 497, 5i3.
— Marquet de Vasselot (A.),
481.
— Martin (V.), i83.
— Masin (comte de), 164.
— Masson, 12.
— Mayor (M.), 340, 523.
— Meffre, append. portraits.
— Mellinet, 340.
— Menars de Marigny, 182,
191.
— Méra (C), 260.
— Merein, append. genre.
— Monbrison, i83.
— Monbro, 170.
— Monbrun (comte de), 76, 244.
— Montigny, 166, 240.
— Moreau-Wolsey, i53.
— Morny, 264.
— Mûhlbacher (G.), 72, 446.
— Murât (de Saint-Jean-d'An-
gély), append. portraits.
— Niel, 463, 484.
— Norblin, 346, 482, 520.
— Odier (James), 269 bis.
— Odiot, 199.
— Paignon-Dijonval, 5o8.
— Paillet, 169.
— Palla, 522.
— Fallu de Poitiers, 175, 193.
— Pamar, 199.
— Piogé {p% io3.
— Portalis (baron R. de), 463,
490, 491, 5o3.
— Prault (l'aîné), 92.
— Pujol (de Toulouse), 446.
— Randon de Boisset, 160.
— Reiset (J.), 140.
— Renouard, 274-299.
— Richard (L.), additions,
n" 260 bis.
— 282
— Robinson de Bercy, append. -
portraits.
—Rocheboîisseait [marquis de), -
70. ~
— Rodelle, 23g.
— Rodrigue, 541.
— Rolîin, append. portraits.
— Rothan (G.), 92, 175.
— Rouart (H.), 126.
— Rouillard, 338.
— Roussel (1866), 170.
— Roussel (M"""), 166.
— Sage (B. G.), 247.
— Saint-Victor (R- de), 176.
— Sauvage (Bruxelles), 274-
299.
— Schwiter (baron de), 645.
— Sichel (Ph.), 117.
— Sorbières (de Tours), 129.
— Soret, append. portraits.
— Steenhaut (3"), 3i5, ap-
pend. dessins, portraits.
— Stevens, append. portraits.
— Stafford (de Brighton), 147,
i5i.
— Tandola (F., à Rome), 137.
— Tarade, 182, 191.
— Tardieu, 442, 444.
— Tarral, 262.
— Terray (abbé), 182, 191.^
— Thibaudeau (comte), 245.
— Tondu (E.), 12, 85, 219, 23i,
238, append. genre, append.
dessins, portraits, 412, 422,
423, 436, 444, 447» 448, 471»
524, 535, 539, 559.
— Tourneur, 443.
— Vassal de Saint-Hubert,
36o, 36 1, 404, 418 bis.
— Vaudreuil [dé), 26, 201.
— Veyreiic, 244.
— Ve\e (M.-L. de), 265 bis.
— Viardot, append. portraits.
— Vidal, 134.^
— Vignère^, 365.
— Villenave, 3 16, 477.
— Villeroy, 96.
— Vogué (Michel de), i3o.
— Warneck (A.), 109, ap-
pend. genre.
_ Welch (Th.), 533.
— Wy:(ewa [TeodoT de), 533.
— Yvon, 409.
— Zambaux (M.), 499.
Vernet (portraits de Carie), 68,
69, 70> 77. 77 ^'"V^:
Vernet (portrait d'Emilie), 67.
Vernet (portrait de Joseph),
143. . .
Vernet (portrait de Louis-Li-
vio), 74.
Vieillard lisant, 196.
Vieillard (portrait de), 144-
148, 267-267 bis, 397, 398, 556.
Vieille paysanne, 82, i5o.
Vieux musicien, 92.
Vieux paysan, 3c)3.
Vigée - Lebrun ( portrait de
M"'), i52.
Vigilance domestique, i65.
Visitation (la), 12, i3.
Voyageur de campagne, 168.
Zèle de Mathatias, 42, 43, 3oi .
ERRATA ET ADDITIONS
N° 67, au lieu de : coll. Cabiré, lire : Cabrié.
— au lieu de : voir n» 75, lire : n" 74.
N« i58, au lieu de : Larg. 0-79, lire : 0-38.
N- 186, au lieu de : n" 179 (dernière ligne), lire : n° i83.
_ 283 —
N" 199, au lieu de : toile, lire : bois.
— au lieu de : Vente Pamart, lire : Vente Pamar.
Ce tableau se trouve actuellement dans la collection du baron
Maurice de Rothschild.
Ajouter après le n" 260 :
Attribué à Lépicié :
260 bis. Le petit gourmand.
Scène d'intérieur. A gauche, divers meubles, dont un secré-
taire, un fauteuil couvert de velours bleu contre lequel est
appuyé un violoncelle. Au milieu, un jeune garçon, qu'un chien
saisit par ses vêtements, s'apprête à voler un morceau du
gâteau posé sur une table, en partie couverte d'un riche tapis,
où on voit aussi une bouteille, un verre et un bocal.
Bois. H. o°22; L. o"'2g.
Vente Laurent Richard, 28 mai 1886, n' 5o (sous attribution à
l'école française, avec l'indication « A passé longtemps pour
être l'œuvre de Chardin »).
Coll. baron Maurice de Rothschild.
284 —
LETTRE DE PAUL BAUDRY
RELATIVE A UN PROJET POUR LE PANTHÉON
d'une
HISTOIRE DE JEANNE D'ARC
Mon cher Yriarte,
Pardonnez-moi ce retard. J'ai reçu votre lettre; je
vous envoie pour ce qui me regarde les notes suivantes
pour votre rapport : j'ai accepté et entrepris depuis
longtemps cet ensemble de peintures au Panthéon.
Le sujet proposé est Jeanne d'Arc.
Voici les divisions de la décoration projetée. Notes
qui ont déjà fait le sujet d'un travail de M. Kaempfen
lorsqu'il était à l'inspection des Beaux-Arts.
Je traiterai l'histoire de Jeanne dans les comparti-
ments réguliers des entre-colonnements. Savoir : 1° la
vision; 2° l'entrevue avec le dauphin Charles à Chi-
non ; 3° l'assaut des Tournelles à Orléans ; 40 une scène
dans la prison; 5° frise.
Trois divisions de cette frise seront prises pour la
procession des chevaliers armés qui apporteront au
porche de l'église de Rheims la sainte ampoulle [sic).
Dans la quatrième division sera représenté le sup-
plice du bûcher.
J'ai recueilli, noté et dessiné à Paris, à la Biblio-
thèque nationale et à la bibliothèque de l'Arsenal, tous
les manuscrits historiés du xv^ siècle. Je désire com-
pléter ces études par un séjour dans les bibliothèques
de Bruxelles et de Londres, plus riches que nos col-
lections en manuscrits de cette époque. Je ne puis
encore préciser, vu l'immensité de ces recherches, la
— 285 —
date de l'exécution de ces peintures; maïs vous pou-
vez être assuré que ce travail est pour moi un objec-
tif précieux, permettez-moi de le dire, presque sacré^
que je ne perds pas de vue.
Je profite de cette occasion pour vous envoyer Fax-
pression de mes meilleurs et affectueux souvenirs.
Paris, 7 juillet 1884.
(Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts, mss. n" 677.)
ERRATUM
A LA COMMUNICATION DE M. HeNRY PrUNIÈRES
SUR « Un portrait de Hobrecht et de Verdelot
PAR SeBASTIANO DEL PlOMBO », publiéC p. 74.
Je dois confesser que j'ai été abusé par une mauvaise
reproduction du tableau de la galerie Gorsini attribué à
Sebastiano del Piombo. Le personnage représenté ne
ressemble en rien au jeune homme du Tre età deW iiomo;
mais pourquoi prétendre reconnaître en cette œuvre le
portrait décrit par Vasari ? J'avais cru deviner sur la repro-
duction qui m'avait été envoyée une feuille de papier à
musique devant le personnage principal. Rien de tel sur
l'original que je viens d'étudier à loisir. On ne me fera
jamais admettre que Sebastiano del Piombo, ayant à faire
le portrait d'un musicien réputé comme Verdelot, l'ait
représenté sans rappeler sa profession par la présence de
quelque instrument de musique ou d'une feuille de papier
réglé. Il est fort probable que le beau portrait de la galerie
Gorsini est de la main de Sebastiano, mais à coup sûr ce
gentilhomme pensif accoudé à un balcon, une grenade à
la main, n'est point Verdelot. Par contre, un ensemble de
présomptions et de coïncidences troublantes m'engagent
de plus en plus à le reconnaître dans l'adolescent du
tableau de Florence : le Tre età delV uomo.
— 286 —
OUVRAGES
RÉCEMMENT PUBLIÉS PAR LES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
DE l'histoire de l'aRT FRANÇAIS
ET OUVRAGES OFFERTS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ <.
Jean Bourguignon, Collection et souvent de Malmai-
son : appartements, meubles et décorations. (Devambez.)
Louis Demonts, Musée national du Louvre. Catalogue
des peintures exposées dans les galeries. III. Écoles fla-
mande, hollandaise, allemande et anglaise. (Musées natio-
naux.)
— , Rembrandt. (E. Bernard.) (En collaboration avec
M. Léonce Bénédite.)
Carie Dreyfus, Musée national du Louvre. Catalogue
sommaire du mobilier et des objets d'art du XVI h et du
XVIII^ siècle. (Musées nationaux.)
* Robert Dubois-Gorneau, Paris de Monmartel, banquier
de la cour ( i6gO'ij66). (Librairie E. Jean-Fontaine,
Jules Meynial, successeur.)
Louis GiLLET, Histoire des Arts. Histoire de la nation
française, par Gabriel Hanotaux, t. XI. (Société de l'his-
toire nationale, Plon-Nourrit et O^.)
Henri Guerlin, Les châteaux de Touraine : Luynes,
Langeais, Ussé, A^ay. (H. Laurens.)
— , Giovanni Domenico Tiepolo. (Tours, Marne.)
— , Le paysage. (H. Laurens.)
I. Les ouvrages dont le titre est précédé d'un astérisque ont
été offerts à la Société et sont déposés à la bibliothèque de
l'Union centrale des Arts décoratifs, où ils forment une sec-
tion spéciale.
— 287 —
Jean Guiffrey et Pierre Marcel, Inventaire général
illustré des dessins du Musée du Louvre et du Musée de
Versailles, t. IX. (A. Morancé.)
* Carlo Jeannerat, Les petits portraits dans le goût
pompéien de Jean-Urbain Guérin. (Extrait delà Ga:^ette
des Beaux-Arts.)
* D"" E.- V.Leblond, Les artistes de Beauvais et du Beau-
vaisis au XVI^ siècle et leurs œuvres. (Beauvais.)
* — , L'art et les artistes français en Ile-de-France au
XF/e siècle (Beauvais et Beauvaisis). (Champion.)
Pierre Marcel, La peinture au XVIII^ siècle. (A. Mo-
rancé.)
Gaston Migeon, L'Orient musulman au Musée du
Louvre. (A. Morancé.)
* Louis RÉAU, L'art russe, des origines à Pierre le
Grand. (H. Laurens.)
— , L'art russe, de Pierre le Grand à nos jours. (H. Lau-
rens.)
— , Etienne-Maurice Falconet, 2 vol. (Demotte.)
* Louis RÉAU, L'art français sur le Rhin au XVIIh s.
(Champion.)
Alphonse Roux, Histoire de l'art. (Delalain.)
Charles Saunier, Les décorateurs du livre. (L'art
français depuis vingt ans.) (F- Rieder et C»e.)
*Jean Vallery-Radot, La cathédrale de Bayeux.
(H. Laurens.)
* Paul Vitry, Le Musée du Louvre. Guide général à
travers les collections. (A. Morancé.)
— 288 —
Louvre. Catalogue des sculptures du Moyen âge, de la
Renaissance et des temps modernes, ire partie : Moyen
âge. (Musées nationaux.)
* Georges Wildenstein, Le peintre Aved, sa vie et son
œuvre ( iyo2-i'j66). 2 vol. in-fol., fig. et pi. {Les Beaux-
Arts.)
*Comune di Milano, Archivio storico civico, Raccolta
Vinciana. Milano, fasc. XI, 1920-1922.
Catalogue de l'exposition rétrospective des maréchaux
de France. (11 mai-i5 juillet 1922.)
AVIS.
Les membres de la Société qui désirent profiter de la
réduction de 5o 0/0 sur le droit d'entrée dans les musées
et dans les monuments appartenant à l'État, qui leur est
accordée par le Ministère des Beaux-Arts, sont priés
d'envoyer à M. P. Ratouis de Limay, secrétaire, 80, rue
de Grenelle, une petite photographie d'identité (o,o3 X 0,04)
ainsi qu'un timbre de 0 fr. 25 (o fr. 5o pour l'étranger)
pour les frais d'envoi de la carte qui leur sera délivrée.
Le prochain fascicule du Bulletin contiendra la liste
des membres de la Société. Prière de bien vouloir faire
connaître, le plus tôt possible, les changements d'adresse
et autres rectifications à la dernière liste à M. Paul Ratouis
de Limay, secrétaire, 80, rue de Grenelle, Paris (Vile).
Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur.
-- 289 —
SÉANCE DU 7 JUILLET 1922.
I.
COMITÉ DIRECTEUR.
La séance est présidée par M. Vitry, président.
Présents : MM. G. Brière, R. Charlier, J. Gordey,
J. Guiffrey, le comte d'Harcourt, P. -A. Lemoisne, P. Ra-
touis de Limay, G. Rouchès, Gh. Saunier, P. Vitry.
Excusés : MM. J. Laran, J. J. Marquet de Vasselot,
H. Martin et A. Ramet.
— Le Président adresse les félicitations du Comité à
M. de Nolhac, qui vient d'être élu membre de l'Académie
française, et à M. G. Rouchès, qui a obtenu un prix de
l'Institut pour son volume sur le Garavage.
— Le Secrétaire fait connaître que le volume d'Archives
sur la Place Royale de Bordeaux par M. Gourteault est
en cours d'impression : trois feuilles sont tirées et six
sont en placards. Le choix des illustrations sera fait
d'accord avec Fauteur.
— Le Président et le Secrétaire offrent de faire les
démarches nécessaires pour faire obtenir aux membres
de la Société la réduction à demi-tarif du droit d'entrée
dans les Musées nationaux.
— Sont reçus membres de la Société :
M. le Dr Leblond, présenté par MM. Vitry et Ratouis
de Limay; M. Léon Vogt, présenté par MM. Ratouis de
Limay et Rouchès; M. Pierre Olmer, présenté par
MM. Brière et Hautecœur; M. Paul Gourteault, présenté
par MM. Stein et Ratouis de Limay.
II.
RÉUNION DE LA SOCIÉTÉ.
Présents : MM. le comte Allard du GhoUet, M. Aubert;
Mlle J. Ballot; M. G. Bernard; MHe M. Gharageat;
1922 19
— 290 —
MM. R. Charlier, J. Cordey; M"e Duportal; MM. H. Fage,
Ed. Girod de l'Ain, H. Guerlin, J. Guiffrey, le comte
d'Harcourt, Mac Dougall Hawkes, P. Hermel, P. Jolis;
Mlle Lamy; MM. le duc de la Roche-Guyon, P. Lavallée,
H. Lefuel, P. -A. Lemoisne, Ed. Michel, P. Ratouis de
Limay, F. Raugel, L. Réau, G. Rouchès, A. Roux;
Mlle s. Rubinstein; M. Ch. Saunier; Mme la baronne Seil-
lière; MM. le marquis de Sayve, A. Tessier, Tromp,
J. Vallery-Radot, J. Verrier.
Excusés : M. Morancé, M«ne Watel-Dehaynin.
Sur la famille des peintres Gilbert
ET Pierre de Sève.
D'après des notes communiquées par M. le comte de Rilly.
(Communication de M. Paul Jamot.)
M. le comte de Rilly possède dans son château d'Oyson-
ville des archives très riches'; il a, entre autres, tous les
papiers d'une branche de la famille de Sève qui s'est
alliée à la sienne, puis s'y est fondue et éteinte. Parmi
les personnages distingués que cette famille de Sève pro-
duisit au xviie siècle, le plus remarquable fut Alexandre
de Sève, conseiller d'État, prévôt de la ville de Paris,
marié à Marguerite de Rochechouart. Il avait une collec-
tion de tableaux et son cabinet de médailles antiques
était réputé. Le cardinal de Retz, dans ses Mémoires, le
nomme son « ami particulier ». Par son testament, daté
de 1662, Alexandre de Sève laissait à son parent, M. Tron-
son de Grandval, son « tableau de la Nativité, d'Albert
Durer ». Son frère Antoine, qui fut abbé, avait acquis la
maison de la reine de Navarre à Issy (depuis le Séminaire
de Saint-Sulpice); il y forma une très belle bibliothèque
I. Il a tiré de ses archives la matière d'un volume consa-
cré à un autre de ses parents, le baron d'Oysonville, excellent
officier, qui, neveu de M. de Noyers, fut englobé dans la dis-
grâce de ce fidèle serviteur de Richelieu, après la mort du Car-
dinal.
— 291 —
et il fut le protecteur du graveur Flamen, qui lui dédia
plusieurs planches et grava ses habitations de campagne,
ainsi que celles de son beau-frère, Louis Tronson du
Coudray, secrétaire de Louis XIH.
Faut-il ajouter aux personnages connus de cette famille
un certain « sieur de Sève, seigneur de Ghassignonville^ »,
qui nous est connu par un document relatif aux frères
Le Nain? Le chanoine L'Éleu, dans son Histoire de Laon
divisée en huit livres 2, nous dit que « le 29 aoust [i633]
[Mathieu Le Nain] fut reçu lieutenant de la compagnie
bourgeoise du sieur du Ry^, capitaine en la colonnelle du
sieur de Sève, seigneur de Ghassignonville ». 11 n'est ni
impossible ni invraisemblable que ce colonel soit un
parent d'Alexandre et d'Antoine de Sève ; mais nous n'en
avons pas de preuve.
Les de Sève de Paris appartenaient à l'une des trois
branches d'une famille Sève ou de Sève qui occupa une
position éminente à Lyon au xvi^ siècle et qui se disait
issue de grande souche italienne. Il suffit de citer parmi
les illustrations lyonnaises de cette famille l'humaniste
Maurice Sève, dont les poésies furent louées par Marot,
Rabelais, Etienne Dolet. Des trois branches entre les-
quelles se divisa cette famille, l'une resta à Lyon et con-
tinua à y faire figure, les deux autres vinrent à Paris.
Or, au milieu du xvne siècle, nous trouvons à Paris
deux peintres réputés, membres de l'Académie Royale,
travaillant à Versailles, qui portent ce même nom : Gil-
bert (1615-1698) et Pierre Sève ou de Sève (1623-1695). Ils
ne viennent pas de Lyon, cependant, mais de Moulins,
1. Telle est la lecture de Valabrègue [Les frères Le Nain,
Paris, 1904, p. 10). Jules Guiffrey avait lu : « Chastignonville »
{Nouvelles Archives de l'Art français^ 1876, p. 270).
2. Manuscrite, à la Bibliothèque de Laon. Passage publié
par Ghampfleury {Les peintres de la réalité sous Louis XIII :
les frères Le Nain, Paris, 1862, p. 27), puis, plus complète-
ment, par Valabrègue, op. cit., p. 9-1 1.
3. Ce Du Ry serait-il Charles du Ry, architecte, parent de
Salomon de Brosse ? L'hypothèse vient naturellement à l'es-
prit en présence d'un document contenant trois noms qui ont
été portés par des artistes : Le Nain, de Sève et du Ry.
où ils sont nés tous deux. Mme de Charette, fille de
M. de Rilly, qui habite Moulins, a communiqué à son
père une note insérée, il y a quelques mois, par M. Tier-
sonnier dans V Intermédiaire des chercheurs bourbonnais.
Cette note nous fait connaître le nom des parents des
peintres Gilbert et Pierre de Sève. Leur père était Gilbert
Sève, peintre, lequel vivait à Moulins sur la paroisse
Saint-Pierre des Menestraux. Leur mère, Simone Ber-
lier, d'une famille estimée, était fille d'un notaire de
Moulins.
M. Tiersonnier ajoute : « Cette famille Sève serait ori-
ginaire de Lyon et aurait été apparentée aux Sève ou de
Sève qui ont eu une grande situation dans la robe, eux
aussi sortis de Lyon et se disant issus de grande famille
italienne. Retrouvant à Paris leurs cousins (?), Gilbert et
Pierre Sève se seraient vus pour cela qualifiés de Sève,
comme eux. »
M. Tiersonnier termine par cette question : « Qu'y
a-t-il de vrai dans cette origine lyonnaise de nos peintres ? »
A cette question M. de Rilly répond qu'il ne trouve pas
mention des frères Gilbert et Pierre Sève ou de Sève
dans les papiers de la branche de la famille de Sève à
laquelle il est apparenté. Mais cette famille s'étant divisée
en plusieurs branches, il demeure loisible d'admettre
qu'une de ces branches alla de Lyon à Moulins avant de
s'établir à Paris. La question de la parenté des peintres
de Sève avec la grande famille lyonnaise, puis parisienne,
de Sève reste posée.
Sur la date d'un tableau d'Ingres
ET SUR LE TITRE d'un TABLEAU DE DELACROIX.
(Communication de M. Paul Jamot.)
A la suite de l'Exposition Ingres, organisée par M. La-
pauze en 1921, M. Gaston Brière a publié ici des notes
qui complètent ou corrigent très utilement les indica-
— 293 —
tions du Catalogue'. Voici ce qu'il dit (p. 214) au sujet
du no 19 :
Le Pape Pie VII tenant chapelle (à la Sixtine).
Signé au bas, à droite, le dernier chiffre à demi effacé :
Ingres 181.
rom.
La date serait 1810 d'après le Catalogue de l'Exposition
Ingres de 1867, n" yS. C'est le tableau exposé au Salon de 1814,
provenant de la collection Marcotte et lithographie par Sudre
en i833.
Exposition Universelle de i855, n° 3341.
La composition différente inspirée de la même vision de
Pie VII à la Sixtine, au Musée du Louvre (collection Coutan)
est signée de 1810. Exposition Ingres en 1867, n° 72.
Selon cette note, les deux tableaux seraient de la même
date, 1810, des premiers temps, par conséquent, du séjour
d'Ingres à Rome. Il y a une erreur au catalogue de l'Ex-
position Ingres de 1867, et, en se référant à ce Catalogue,
M. Brière a fait à son tour une légère méprise. C'est le
no 72, c'est-à-dire le tableau du Louvre, appartenant alors
à Mme Hauguet, qui, d'après ce catalogue, serait daté de
1810. Quant au tableau de la collection Marcotte (appar-
tenant alors à M. Legentil), le Catalogue dit qu'il a été
peint à Rome en 1814. Tandis que M. Brière assigne la
même date aux deux tableaux, l'auteur du catalogue de
1867 croit donc que le tableau du Louvre, qu'il appelle
Chapelle Sixtine, est antérieur à celui de la collection
Marcotte, qu'il inscrit sous le titre : Le Pape Pie VII
tenant chapelle. Des documents certains s'opposent à ces
conclusions comme à celles de M. Brière. En réalité, l'un
et l'autre tableau sont postérieurs à 1810; il y a entre eux
un intervalle de plusieurs années et celui du Louvre est
le second en date.
Les résultats des recherches de Henri Delaborde et de
M. Lapauze^ permettent de reconstituer l'histoire des
1. Bulletin de la Société de l'histoire de l'Art français, année
1921, p. 212 et suiv.
2. Vicomte Henri Delaborde, Ingres, sa vie, ses travaux, sa
— 294 —
deux. tableaux. La première idée d'une peinture qui repré-
senterait le Pape dans la chapelle Sixtine a pu venir à
Ingres dès 1807. Dans une lettre datée du 7 avril de cette
année, il raconte à son ami M. Forestier la cérémonie à
laquelle il vient d'assister pour la première fois et cette
lettre exprime un ardent enthousiasme pour la majesté
du culte et pour « le sublime chef-d'œuvre de Michel-
Ange ». Une aquarelle signée Ingres^ Rome, 1808* et
une petite gouache datée de 1809, offerte par Ingres à
Adrien Paris et léguée par celui-ci au Musée de Besan-
çon, marquent les premières étapes d'une réalisation plas-
tique. On n'y voit encore qu'un très petit nombre de per-
sonnages, cinq d'une part, quatre de l'autre, le Pape com-
pris. Une aquarelle, détachée de l'album de Mme Ingres,
qui appartient depuis 1908 au Musée du Louvre 2 témoigne
de la même préoccupation de montrer le Pape au milieu
d'une cérémonie solennelle. Cette fois, la figuration est
beaucoup plus nombreuse, mais le lieu de la scène est
changé; ce n'est plus la chapelle Sixtine, c'est la basilique
vaticane elle-même et c'est l'autel de la Confession de
Saint-Pierre entre ses colonnes torses.
Ces différentes études ont pour trait commun de pré-
senter la plupart des personnages de dos. Une lettre adres-
sée le 20 décembre 1812 à M. Marcotte peut nous expliquer
cette préférence pour une disposition infiniment moins
expressive que celle qui fut adoptée finalement. Sur le vu
d'un dessin, M. Marcotte venait de commander à Ingres
un tableau d'une cérémonie pontificale dans la chapelle
Sixtine. Pie Vil n'était plus à Rome; après de tragiques
démêlés, Napoléon l'avait fait enlever et conduire à
Savone, puis à Fontainebleau. M. Marcotte était fonc-
tionnaire, directeur des Eaux et Forêts. On comprend
pourquoi Ingres écrivait à son ami : « Je voulais aussi vous
dire que j'attends votre décision sur le personnage prin-
doctrine, Paris, 1870, p. i83 et suiv., n" 20 et 21. Henri Lapauze,
Ingres, sa vie et son œuvre, Paris, 191 1, p. 128 et suiv.
1. Delaborde, op. cit., p. 282, n" 219.
2. Jean GuifFrey, Bulletin des Musées de France, 1908, p. 5i
et suiv., pi. XI.
— 295 —
cipal et que j'ai depuis pensé que s'il y avait de l'incon-
vénient à le mettre sur la scène, je peux faire le moment
où on chante le Miserere, tous les cardinaux prosternés
à leur place, vus de dos, et le Pape prosterné devant
comme cela se pratique, ce qui évite de montrer le visage,
y étant tout de même. » La réponse le releva sans doute
de ce scrupule. Gomme il l'écrit lui-même en annonçant
à M. Marcotte l'envoi prochain du tableau achevé (26 mai
1814), il a choisi l'office du matin du Jeudi-Saint : le Pape
est debout, priant, enveloppé d'une immense chape de
soie brodée qui cache ses pieds et recouvre les marches
de son trône. Dans cette même lettre, Ingres énumère, en
estropiant un peu leurs noms, les cardinaux, les évêques
et les prélats auxquels il a donné un rôle dans son tableau.
La composition compte cinquante-quatre figures.
Le dernier chiffre de la date inscrite sur le tableau que
l'on a revu à l'Exposition Ingres de 192 1 doit donc être
lu comme un 4, et non comme un o.
Quant au tableau du Louvre, il est, d'une certaine
manière, une répétition réduite du premier. Au lieu de
cinquante-quatre, le nombre des personnages n'est plus
que de vingt. Mais ce n'est pas une répétition servile.
Ingres a voulu peindre sous un autre aspect un sujet qui
le hante ^. L'ordonnance est modifiée de façon à laisser
un espace libre devant les degrés du trône. L'attitude du
Pape est différente : il est assis et bénit, en inclinant la
tête, un moine qui se prosterne devant lui avant de mon-
ter en chaire 2. La toile est signée : J. Ingres. Rom 1820,
On a pu se tromper sur le troisième chiffre parce que le
2 est fait comme un s retourné, les deux crochets, supé-
rieur et inférieur, étant peu développés 3. Les Cahiers
1. Voir, dans les Cahiers manuscrits d'Ingres, les notes rela-
tives à deux tableaux du même genre qui n'ont pas été exé-
cutés; deux autres tableaux inachevés sont au Musée de Mon-
tauban (Lapauze, op. cit., p. 144-145).
2. Le Catalogue de l'Exposition Ingres de 1867 explique bien
le sujet : « Un chef d'ordre religieux vient, selon? l'usage, avant
de monter en chaire, baiser les pieds du Saint-Père ».
3. Delaborde n'a pas commis l'erreur du Catalogue de 1867;
il reproduit exactement la signature et la date (p. 189).
— 296 —
manuscrits d'Ingres confirment que ce second tableau,
commencé à Rome en 1819, fut terminé à Florence en
1820.
Ainsi le tableau peint pour M. Marcotte et lithographie
par Sudre a été peint en 1814. Le tableau qui fut exposé
au Salon de 1824, fut acquis par M. de Forbin, puis par
M. Coutan et entra au Louvre en i883 avec le don Gou-
tan-Hauguet-Schubert-Milliet, est de 1820 ^
Le Louvre a reçu, avec la collection Thomy Thiéry,
une charmante petite toile d'Eugène Delacroix. On peut
la considérer comme un excellent exemple de ces tableaux
de chevalet qui servaient de délassement au maître, vers
la fin de sa vie, dans les intervalles de ses grands travaux
de décoration. C'est une peinture de premier jet qui garde
toutes les vertus de l'esquisse. Elle porte, au Catalogue
sommaire des peintures, le n» 2845 et est inscrite sous le
titre : Roger et Angélique. Le même titre a pour lui le
suffrage d'Alfred Robaut et Ernest Chesneau (L'œuvre
complet d'Eugène Delacroix, Paris, i885, n» ioo3), de
Georges Lafenestre et Eugène Richtenberger (La pein-
ture en Europe. Le Louvre, p. 38), de M. Jean Guiffrey
(La Collection Thomy Thiéry au musée du Louvre, Paris,
1902, p. 22). Au premier abord, on ne voit pas de raisons
de le contester. Un dragon qui se débat dans les fjots de
la mer, au pied d'un rocher sourcilleux, un chevalier vêtu
d'une brillante armure et qui perce le monstre de sa
lance, une captive demi-nue, enchaînée au roc, et qui se
tord les bras, partagée entre l'angoisse et l'espérance, ne
sont-ce pas les éléments traditionnels des nombreux
tableaux qu'a inspirés la fin du chant deuxième de l'Or-
landofurioso, sans oublier celui qu'Ingres avait peint une
trentaine d'années auparavant et que Delacroix connais-
sait bien^,
1. Il porte la trace d'un agrandissement en hauteur et en
largeur. M. Lapauze {op. cit., p. 141) pense qu'Ingres fit ces
retouches à Paris, vers 1828.
2. Il le cite — dédaigneusement, à vrai dire (Journal, t. II,
— 297 —
Cependant Adolphe Moreaii {Eugène Delacroix et son
œuvre, p. 255) intitule le tableau Persée et Andromède.
Une variante, qui est presque une répétition, plus pous-
sée, mais quelque peu alourdie et qui a été achetée en
i858 par le musée de Grenoble ^, porte dans ce Musée le
nom de Saint Georges. Le dernier historien de Delacroix,
qui, dans deux volumes consacrés à son héros, a rassem-
blé presque tous les documents connus en y joignant
beaucoup d'autres, conquis par de longues recherches,
M. Etienne Moreau-Nélaton, sans discuter le problème,
donne son autorité à la désignation de Saint Georges^
pour la toile de Grenoble comme pour celle du Louvre 2.
Disons tout de suite que c'est lui qui a raison et accep-
tons-en pour garant le maître lui-même. Le 5 juin 1854,
Delacroix raconte [Journal, t. II, p. Sôg) une soirée qu'il
a passée chez sa cousine la baronne de Forget : « Chez
Mme de Forget le soir; le jeune d'Ideville me disait que
mes tableaux se vendaient très bien. Le petit Saint
Georges, qu'il appelle un Persée, que j'avais vendu à Tho-
mas 400 francs, s'est vendu 2,200 en vente publique. »
On voit qu'Adolphe Moreau n'était pas seul à prendre
le héros libérateur pour un Persée. Si Delacroix avait
discuté avec le « jeune d'Ideville » et M. Adolphe Moreau,
il aurait pu leur rappeler un tableau où il a réellement
traité la légende de Persée (Robaut, n» 1002). Andromède,
entièrement nue, est debout, attachée à un rocher. Au
loin, Persée descend du ciel, mais il vole par ses propres
moyens, sans l'aide d'un cheval, ailé ou non, ou de toute
autre monture fabuleuse. Ce n'est pas un chevalier du
moyen âge, c'est un guerrier antique, armé du casque,
du glaive et du bouclier.
p. 3i8) — dans un jour de mauvaise humeur, après une séance
d'une commission où son illustre rival avait fait preuve d'un
entêtement borné : « Cervelle toute de travers. C'est comme
dans sa peinture. Pas la moindre logique et point d'imagina-
tion... ».
1. Robaut, n» 1241.
2. Delacroix raconté par lui-même, Paris, Laurens, 1916, l. II,
p. 168, fig. 391 et 392.
— 298 —
A ceux qui prétendaient reconnaître dans son tableau
Roger et Angélique, Delacroix aurait pu expliquer pour-
quoi son cavalier n'est pas le héros de l'Arioste. Roger
n'a pas pour monture un simple coursier, mais un animal
fantastique qui tient du cheval et du dragon et que le
poète appelle un hippogriffe. Delacroix, grand lecteur des
poètes, admirait fort l'Arioste. Son Journal contient de
nombreux témoignages de cette admiration. Il n'oublie
jamais l'auteur du Roland furieux, quand il énumère les
artistes et les poètes et il le met du côté de ses préférences,
du côté de Virgile, de Racine, de Mozart. « Que dire,
s'écrie-t-il, de l'Arioste qui est toute perfection, qui réu-
nit tous les tons, toutes les images, le gai, le tragique, le
convenable, le tendre (t. II, p. 441).
Gomment donc Delacroix, reproduisant un des épisodes
les plus connus du fameux poème, aurait-il pris tant de
libertés avec son modèle, alors que le tableau d'Ingres
lui donnait l'exemple de l'exactitude? Dans un petit
tableau qui représente Roger et Angélique après la défaite
du monstre iRobaut, n» 1406), Delacroix nous montre son
héros volant en plein ciel, portant en croupe sa belle
conquête; sa monture n'est pas, à proprement parler,
l'hippogriffe de l'Arioste, ni celui d'Ingres, mais ce n'est
pas non plus un cheval ordinaire, c'est un cheval ailé.
Cependant, si, à n'en pas douter, le tableau du Louvre
doit reprendre le titre de Saint Georges, l'interprétation
que Delacroix nous donne de la légende du grand mar-
tyr de l'Orient n'est pas, il faut l'avouer, sans reproche.
Ce que l'Église retient de l'histoire de saint Georges
en fait une figure très semblable à celle de saint Sébas-
tien. Né d'une noble famille cappadocienne, d'abord
favori de l'Empereur, appelé par lui aux plus hauts
emplois de l'armée, il accomplit maintes prouesses ; tout
à coup il est touché de la grâce divine; il résiste aux
prières, puis aux ordres de l'Empereur, et, après s'être
longtemps tiré indemne des plus cruels supplices, il
meurt en confessant sa foi. L'iconographie de saint
Georges devrait donc nous montrer un martyr au milieu
de tortures variées. C'est ce que nous voyons au Louvre,
dans une série de quatre panneaux de l'école espagnole
— 299 —
du xve siècle. Mais le cas est assez rare. De bonne heure,
l'épisode auquel s'attachent les artistes, peintres, enlumi-
neurs, sculpteurs, c'est le combat du saint avec un dra-
gon, combat dont nous trouvons déjà le récit dans la
Légende dorée de Jacques de Voragine. Le lieu même de
la scène est changé. On ne nous parle plus de la Gappa-
doce, mais de la Libye, d'une ville voisine d'un étang où
habitait un monstre. Quand il n'y eut plus de brebis pour
satisfaire la voracité du monstre, on sacrifia des victimes
humaines et il arriva que le sort tomba sur la propre fille
du roi. Elle s'en va, parée de ses vêtements royaux. Saint
Georges la rencontre, lui demande la cause de ses larmes.
« Brave chevalier, ne cherche pas à mourir avec moi; il
suffit que seule je périsse ». Au même instant, le monstre
sort de l'eau. « Fuis au plus vite, chevalier! » s'écrie la
vierge. Mais saint Georges fait le signe de la croix et
s'avance au-devant du monstre, en se recommandant à
Jésus-Christ, qui lui donne aussitôt la victoire. Alors il
dit à la fille du roi de passer sa ceinture autour du cou
du monstre et celui-ci la suit comme le chien le plus
doux.
Gomment l'officier héroïque et martyr s'est-il transformé
en un pourfendeur de monstres? Le dragon, qu'il soit de
Gappadoce ou d'ailleurs, peut être tenu pour une incar-
nation de Satan. C'est l'esprit du mal, c'est le péché,
c'est l'erreur et l'idolâtrie. A côté de la princesse qui va
être sauvée par le généreux chevalier, on voit quelquefois
paraître son père et sa mère, sur une terrasse de leur
palais. Mais la princesse n'est ni enchaînée à un rocher,
ni nue, comme Andromède et Angélique. Elle est vêtue
de ses beaux atours et, le plus souvent, prie, tandis que
le saint livre combat.
On comprend néanmoins qu'une légende dont les élé-
ments plastiques sont un héros guerrier, un monstre et
une princesse ait inspiré aux peintres des compositions
peu différentes de celles où ils évoquaient le souvenir de
Persée et d'Andromède ou celui de Roger et d'Angélique.
Il y a eu contamination entre les trois légendes.
Tel est le cas du petit tableau appartenant au Louvre.
Le chevalier qui perce le monstre de sa lance est bien un
— 3oo —
saint Georges. Mais le paysage convient plutôt à l'histoire
d'Andromède ou à celle d'Angélique, car rien dans la
légende de saint Georges ne nous invite à placer la ren-
contre du saint et du monstre au bord de la mer, au pied
d'un rocher. Quant à la captive qui attend sa délivrance,
elle ressemble certainement plus à Angélique ou à
Andromède qu'à la pieuse fille du roi. On dirait que
Delacroix s'est arrêté à une sorte de compromis. La fille
de Céphée et la reine de Gathay offertes en proie au
monstre, sont toujours entièrement nues. La princesse
délivrée par saint Georges ne devrait être ni captive ni
nue. Delacroix l'enchaîne par un bras au rocher et, ayant
commencé de la dévêtir comme les célèbres héroïnes de
la fable antique et de la poésie italienne, il lui laisse une
draperie pour couvrir la moitié de son corps. .
Le grand orgue
DE l'église Saint-Louis des Invalides.
(Communication de M. Félix Raugel.)
La ville de Paris a l'heureuse fortune de conserver
t][uelques magnifiques buffets d'orgue datant du xviie siècle :
celui de l'église Saint- Étienne-du-Mont, chef-d'œuvre
de menuiserie établi de i63i à i633 par maître Jean Bu-
ron, celui de Saint-Médard, dû sans doute au même
artiste (f i633), ceux de Saint-Nicolas des Champs (vers
i652), de Saint-Laurent (1682) et de Saint-Merry, celui
enfin de Saint-Louis des Invalides, où triomphe la magni-
ficence disciplinée qui frappe toujours le visiteur dès son
entrée dans cette église.
La tribune sur laquelle repose l'orgue est établie
au-dessus du porche et close par une balustrade en pierre
ajourée, qui se développe au-dessus d'une corniche sou-
tenue par quatre consoles. Le buffet, selon la coutume
généralement observée en France, comprend deux parties :
positif et grand orgue, non point séparés, mais super-
posés'.
I. Le buftét a une hauteur d'environ 11 mètres sur i^ôô de
- 3oi —
Le positif, qui comprend trois tourelles et deux plates-
faces, est épaulé par deux atlantes au torse nu, tenant des
guirlandes de fleurs et supportant la corniche sur laquelle
repose le grand orgue ; celui-ci est composé de neuf groupes
de tuyaux répartis entre cinq tourelles et quatre plates-
faces, reliées aux tourelles par des espèces d'ailerons
accompagnés de palmes et de guirlandes richement sculp-
tées. Chaque tourelle repose sur un cul-de-lampe orné
de têtes de chérubins ; celle du centre est sommée d'une
couronne royale, les autres sont dominées par des vases
à flammes.
Toute cette menuiserie est en bois peint en blanc et
rehaussé de filets d'or. Les deux atlantes et tous les orne-
ments sont également dorés.
L'instrument construit par Alexandre Thierry, facteur
du roi, qui avait terminé en 1667 le grand orgue de l'ab-
baye de Saint-Germain-des-Prés, ne le cédait en rien
comme composition sonore et qualité de facture, à la
magnificence du meuble qui était destiné à le recevoir ^
Il comprenait à l'origine trente-sept jeux, répartis sur
quatre claviers manuels et un pédalier, et alimentés par
cinq grands soufflets, fournissant du vent à la pression
de huit centimètres. Nous connaissons la composition
primitive de cet instrument d'après le « Marché pour la
construction du grand orgue que Monseigneur le marquis
de Louvois désire faire faire en la grande église de l'Hô-
tel Royal des Invalides », marché daté du 12 mai 1679,
passé par-devant notaires et signé par Alexandre Thierry,
dont les ateliers étaient alors établis rue de la Tissande-
rie. Le devis de Thierry avait été soumis à l'un des orga-
nistes du roi, Nicolas Le Bègue, qui l'avait examiné,
profondeur; le positif, haut et large de 3 mètres, est de la
même profondeur que le grand orgue.
I. Thierry avait été préféré au facteur Jacques Carouge,
auteur des orgues de l'abbaye de Saint-Loup à Troyes (i658),
des Cordeliers de Châlons (i665), de l'abbaye de Prémontré
en Picardie (1668-1669), ^^ château de Villers-Cotterets (1675),
du couveni de la Présentation de Senlis et de la réfection du
grand orgue de Notre-Dame de Paris, qu'il avait augmenté de
quatre jeux de pédale.
— 302 —
discuté et annoté, notamment pour la composition et
l'augmentation des pleins jeux et le choix des jeux
d'anches; car en cet heureux temps on comprenait que
les organistes étaient seuls compétents pour juger de la
composition des instruments qu'ils avaient à jouer.
Une lettre de Le Bègue (sans date et sans adresse), mais
probablement écrite en 1679 et adressée au directeur de
l'Hôtel des Invalides, va nous renseigner sur ce point < :
Monsieur,
J'ay fait réflexion sur le mémoire des jeux de l'orgue. Je
trouve qu'à l'esgard des jeux de la fourniture et de la cymballe
il seroit mieux (en faisant marché avec les facteurs) de mettre
un jeu de grosse fourniture à trois tuyaux sur marche et un
jeu de petite fourniture aussy à trois tuyaux et une cymballe
à quatre tuyaux ; cela sera beaucoup mieux pour raison que je
diray à l'ouvrier quand on voudra.
Pour la trompette de seize pieds, comme ce jeu est inusité
en France et fort grossier, lequel aussy ne se peut faire qu'a-
vec une forte quantité d'étein, si on juge à propos de le sup-
primer et substituer à sa place une voix humaine cela ne seroit
pas mal; j'ay esté obligé de vous importuner de ce petit mot
d'avis devant passer outre dans la pensée que vous voudrez
bien m'en excuser et de croire que je suis avec respect. Mon-
sieur, vostre très humble serviteur.
N. Lebegue.
Voici la composition de l'orgue telle qu'elle fut arrêtée
pour le marché définitif :
Positif (ut-tit)
Montre 8 pieds 48 tuyaux. Doublette 2 p. 48 tuyaux.
Bourdon 8 p. — Nazard 2 2/3 —
Prestant 4 p. — Tierce i 3/5 —
Fourniture 4 rangs — Larigot i i/3 —
Cimbale 3 rangs — Cromhorne 8 p. —
Flûte 4 p. {bouchée) — Petite voix humaine 8 p. —
i. Cette lettre est conservée aux Archives de l'Hôtel des
Invalides (carton n" 8, pièce n° 5). Les pièces composant le
dossier de l'orgue des Invalides, au nombre de cinquante-trois,
sont conservées dans les cartons n"^ 8 et 34. Nous remercions
tout spécialement MM. F. Marcou et J. Verrier qui se sont inté-
ressés, avec la plus grande bienveillance, à notre travail.
3o3
Grand orgue [ut-ut)
Montre i6 p. 48 tuyaux.
Montre 8 p. —
Bourdon 16 p. —
Bourdon 8 p. —
Grand cornet 5 rangs —
Tierce i 3/5 48 tuyaux.
Fourniture 5 rangs —
Cimbale 5 rangs —
Grosse tierce 3 i/5 —
Prestant 4 p.
48 tuyaux,
Dessus de flûte de 8 p. —
Doublette 2 p.
—
Nazard
—
Quarte de Nazard
—
Trompette 8 p.
48 tuyaux
Clairon 4 p.
—
Voix humaine 8 p.
—
Bourdon 8 p.
Cromhorne 8
Cornet
Flûtes 8 p.
Echo»
25 tuyaux. Cornet 5 rangs i25 tuyaux.
25 tuyaux. Cimballe 3 rangs 75 tuyaux.
RÉCIT {2 octaves)
125 tuyaux. Petite trompette 25 tuyaux.
PÉDALES (la-fa)
3o tuyaux. Trompette 8 p.
3o tuyaux.
Gomme d'habitude à cette époque, le récit ne consis-
tait qu'en une simple pièce gravée qui prenait son vent
sur les sommiers du grand orgue.
Les claviers du positif et du grand orgue avaient une
étendue de quatre octaves {ut-ut sans le premier ut diè^e);
le pédalier de trente notes, qui commençait au la et s'ar-
rêtait au /a, avait donc également la première octave sans
Vut die^e^ selon un usage bizarre auquel devaient se sou-
mettre encore assez longtemps facteurs et organistes. Le
prix de l'instrument montait à 6,800 livres.
La menuiserie était l'œuvre de Germain Pilon, menui-
sier du roi, le même artiste sans doute qui, en i65i, avait
exécuté la sculpture d'ornementation de la chaire de l'église
Saint-Étienne-du-Mont. Germain Pilon avait établi son
devis du buffet de l'église Saint-Louis des Invalides le
25 mars 1679 pour le prix de 4,000 livres.
I. La composition primitive de ce clavier nous est connue
par la pièce n» 4 du carton n» 8 des Archives de l'Hôtel des
Invalides.
— 3o4 —
Son ouvrage fut universellement admiré des « curieux »
et des connaisseurs : dans la description de l'Hôtel des
Invalides publiée en i863 par Delaporte et de Boulencourt
figure un beau dessin de la tribune et du buffet d'orgue
et Pereau, dans un ouvrage similaire publié en lySô, fait
aussi l'éloge de l'instrument « tant à l'égard de la menui-
serie que par rapport à la sçavante ordonnance de ses
jeux ». Toutes les proportions, dit-il, sont exactement
observées dans ce grand morceau; chaque pièce est enri-
chie des ornements qui lui conviennent, tels que chapi-
teaux, architraves, frises, corniches, consoles, culs-de-
lampes, claires-voies, têtes de chérubins, amortissements,
etc.
Louis XIV qui s'intéressait lui-même tout spécialement
à l'instrument prit plaisir à l'entendre même avant son
achèvement; le ler mars 1682, il se rendit avec la reine
Marie-Thérèse à l'église des Invalides, nous raconte le
Mercure galant, et pendant la visite royale « le sieur
Lebègue, qui estoit venu tout exprès, touchoit l'orgue
avec cette belle manière qui charme toujours ceux qui
l'entendent ». Le 10 octobre 1686, les travaux furent vérifiés
par Nicolas Le Bègue et Jacques-Denis Thomelin, orga-
nistes du roi, assistés du premier titulaire de l'orgue des
Invalides, Gabriel Garnier, et du facteur Hippolyte Ducas-
tel; ils réclamèrent l'adoucissement du clavier de grand
orgue et quelques améliorations à la soufflerie. La récep-
tion définitive eut lieu le 23 mars de l'année suivante
(1687) et fut faite par Guillaume Gabriel Nivers, organiste
de la chapelle du roi, et le facteur Robert Clicquot, l'au-
teur futur des orgues monumentales de la cathédrale de
Rouen (1689) et de la collégiale de Saint-Quentin (i7o3),
tous deux experts choisis par Louvois.
Le procès-verbal ayant été signé tout à l'honneur
d'Alexandre Thierry, on chargea le facteur Julien Tribuot
de l'entretien de l'instrument avec l'approbation de son
collègue. Tribuot y fit par la suite quelques augmenta-
tions réclamées par Garnier, ajoutant en 1693 une flûte de
quatre pieds ouverte à la pédale, puis en 1718, un clairon
de quatre pieds au même clavier. Garnier, devenu l'un des
quatre organistes de la chapelle du roi, présidait encore
— 3o5 —
au relevage entrepris en 1718. Il était considéré comme
l'un des organistes les plus habiles de son temps; on ne
connaît malheureusement aucune des compositions qu'il
dut sans doute écrire; mais peut-être, après tout, s'était-il
contenté d'une réputation de brillant virtuose et d'impro-
visateur.
Réparé et entretenu successivement par Marcellin Tri-
buot de 1724 à 1750, par le facteur parisien J.-B. Garpen-
tier (f 1756), par Louis Alexandre Glicquot (f 1760), puis,
de 1760 à 1780, par son fils François-Henri Glicquot, le
plus célèbre de la dynastie, le vénérable instrument de
Thierry assura le service de l'église Saint-Louis jusqu'à
la Révolution. Il était alors confié au talent de l'organiste
Landrin, mais, comme il fut abandonné pendant la tour-
mente, il se dégrada rapidement, si bien que, le 11 fructi-
dor an III, une commission composée des organistes
Balbatre, Miroir, Landrin, et des facteurs Somer jeune
et Dallery fils, déclara l'instrument hors d'état de pouvoir
servir « comme ayant éprouvé une secousse violente, lors
de l'explosion de Grenelle et étant de plus dans un état
de vétusté qui ne permet pas d'en faire usage ». Il fut
simplement donné l'ordre de fermer la tribune et d'empê-
cher d'y pénétrer.
A la réouverture de l'église, le facteur Jean Somer
(f i83o) présenta un devis de réparation qui s'élevait à la
somme de 8,5oo francs'. Ce devis, daté du 3 mars 1806,
et approuvé par l'Empereur et par Lesueur, fut aussitôt
exécuté. Somer s'était engagé envers le maréchal Séru-
rier, gouverneur de l'Hôtel, à terminer son œuvre pour le
i5 août de l'année suivante.
Entre temps, Nicolas Séjan (1745-1819), le meilleur orga-
niste de Tépoque, titulaire de l'orgue de Saint-Sulpice,
était nommé organiste de Saint-Louis des Invalides.
La réception des travaux de restauration eut lieu le
7 octobre 1807; le procès-verbal fut signé par les orga-
nistes-experts Miroir et Gharpentier, assistés de Séjan,
1. Jean Somer, qui mourut tin 1829 ou au début de i83o, était
l'élève et l'associé de Galiinet. En 1824, Somer déclarait entre-
tenir depuis plus de 3o ans l'orgue des Invalides.
1922 20
— 3o6 —
qui déclarèrent l'orgue recevable et firent remarquer qu'il
avait été fait quelques changements et additions avanta-
geuses à l'instrument. Somer avait complété les claviers
en portant leur étendue au ré aigu; il avait, de plus, fait
descendre la pédale au /a et amélioré la soufflerie.
En 1843, le facteur Gadault exécuta un relevage de
l'orgue.
Louis Séjan (1786-1849) était alors organiste; il avait
succédé à son père aux deux tribunes de Saint-Sulpice
et des Invalides.
Après sa mort, Pierre-Edmond Hocmelle, lauréat de la
classe d'orgue du Conservatoire de Paris en 1844, fut choisi
pour le remplacer, après un brillant concours; mais l'état
de l'orgue rendait urgente une restauration complète;
elle fut décidée après l'incendie survenu le 12 août i85i,
aux obsèques du maréchal Sébastiani ; le conseil d'admi-
nistration de l'Hôtel opina, cette fois, pour la reconstruc-
tion de l'orgue et accueillit les devis proposés par Ducro-
quet, Gadault et Aristide Gavaillé-GoU. Ge dernier avait
établi le projet d'un instrument de quarante-deux jeux
pour le prix de 36,ooo francs : c'était de beaucoup le meil-
leur devis, car l'instrument conservait une grande partie
de ses jeux de mutation et s'enrichissait de tous les per-
fectionnements déjà réalisés à la basilique de Saint-Denis
et à la Madeleine.
Ducroquet proposait trente-huit jeux pour 3o,ooo francs,
avec une composition mal équilibrée et la suppression de
presque tous les jeux de mutation; Gharles Gadault enfin,
facteur de troisième ordre, offrait de construire un orgue de
quarante jeux et 2,329 tuyaux, pour le prix de 26,000 francs.
Gadault, naturellement, l'emporta; le marché fut signé
le II mars i852 et les travaux furent reçus aux mois d'oc-
tobre et de novembre de l'année suivante.
La commission d'expertise était présidée par Auber et
composée de François Benoist, professeur d'orgue au
Gonservatoire, Lefébure-Wely, organiste de la Madeleine,
Fessy, organiste de Saint-Roch, Erard, facteur d'orgues,
de l'architecte Rougevin et de l'organiste titulaire Gharles
Poissant, qui avait succédé à Hocmelle.
G'est l'instrument actuel, mal composé, et qui a besoin
— 3o7 —
d'une complète restauration ; il faudrait en profiter pour
rétablir des pleins-jeux au grand orgue et au récit, qui
en sont totalement dépourvus, supprimer quelques jeux
d'anches en double emploi, rétablir à leur place les jeux
de tierces et de quintes, et ressusciter ainsi les sonorités
oubliées du chef-d'œuvre d'Alexandre Thierry.
Pièces Justificatives.
I.
[Au dos :] Marché de Germain Pillon pour la menuiserie
du fus t de l'orgue de l'église, du 2 5 mars lôjg.
Devis des ouvrages de menuiserie qu'il convient faire pour
la construction d'un fust d'orgues que Monseigneur le marquis
de Louvois, au nom et comme directeur de l'hostel royal des
Invalides, désire faire faire à l'esglize dudit hostel suivant les
plans, profils et eslévations pour ce faits et arrestez et confor-
mément au présent devis.
Disposition.
Premièrement. — Le dit fust d'orgues sera fait de seize pieds
en montre et le positif à proportion.
Tous les bois cy après déclarés qui seront employez aux dits
ouvrages seront de beaux et bons bois de chesne sains, seqs
et nets, bien choisis, sans obiers, tampons, nœuds, galles ny
autres fistulles quelconques, mastiqués ny fusses.
Tous les dits bois seront très proprement dressés, rabottez et
assemblez suivant l'art et la propreté requises en semblables
ouvrages.
Le corps du buffet des dites orgues par le hault depuis le
dessus de la grande corniche de pierre qui règne au pourtour
de l'église jusques au surplus de sa hauteur sera fait de dix
huit pieds de hauteur, depuis le dessus de ladite grande cor-
niche jusques au dessous de l'architrave du haut de la grosse
tourelle, et de vingt quatre pieds de large, suivant les dimen-
sions données par les facteurs, et cinq pieds de profondeur de
dehors en dehors en son corps carré seulement; outre laquelle
profondeur il sera continué jusques contre le mur de pignon
du bout de ladite esglize.
Le corps en dessoubs, depuis le dessus de la dite grande cor-
niche jusques sur le plancher de la trompe et corniche qui
sera au droit d'icelluy, sera fait de onze pieds de hauteur et
■— 3o8 —
de pareille profondeur de cinq pieds de dehors en dehors en
son corps carré avec continuation des deux bouts jusques
contre le mur comme cy dessus et de largeur à proportion de
celluy d'en hault qui sera quinze pieds dix poulces ou environ
suivant le desseing; l'autre corps au dessous depuis ledit plan-
cher de la trompe jusques sur l'aire de pierre de taille de la
tribune sera fait de pareille profondeur que cy dessus tant en
son corps carré que continuation jusques contre le mur sur
pareille largeur que cy dessus, dans laquelle largeur sera
observée l'ouverture de grande porte d'entrée de ladite tribune
marquée par les plant et desseing.
Sera observé au susdit corps d'en hault dudit buflet les cinq
tourelles et les plattes faces et pillastres marquez par les plant
et desseing, lesquelles tourelles plattes faces et pillastres auront
les largeurs qu'ils doibvent avoir à proportion de la susdite
largeur totalle de vingt quatre pieds au corps d'en hault dudit
buffet et des hauteurs qui ensuivent :
La grande tourelle du milieu dix huit pieds de haut, archi-
trave frise et corniche au-dessus et amortissement au dessus
suivant le desseing ;
Les deux pillastres aux deux costez de ladite tourelle chacun
six poulces de large ;
Les deux plattes faces aux deux costez desdits pillastres
auront chacun douze pieds de hauteur depuis le dessus de la
corniche d'en bas jusques au dessus de celle d'en hault et la
traverse et la claire voye au dessous descendront d'un pied
par le milieu et d'un pied et demy en leurs bouts et extrémités.
Les deux pillastres aux deux costez de dehors desdites plattes
faces auront chacun cinq poulces de largeur ou face;
Les deux autres tourelles aux deux costez de dehors des dits
pillastres, auront chacune quatorze pieds de hauteur, archi-
trave frise et corniche au dessus et amortissement au dessus
suivant le desseing;
Les deux pillastres aux deux costez de dehors desdites tou-
relles auront chacun cinq poulces de largeur ou face;
Les deux plattes faces aux deux costez de dehors d'icelles
tourelles auront chacune neuf pieds de hault architrave frize
et corniche au dessus et amortissements au dessus suivant le
desseing;
La claire voye descendra à proportion de celles des autres
plattes faces;
Les deux pilastres aux deux costez de dehors des dites plattes
faces auront chacun quatre poulces et demy de largeur ou face ;
Les deux petittes tourelles aux deux costez de dehors desdits
pilastres auront chacune unze pieds de hault depuis le dessus
— 3o9 —
de la corniche d'en bas jusque dessous l'architrave, avec archi-
trave frize et corniche au dessus et amortissement au dessus
suivant le desseing;
Les deux pillastres aux deux costez de dehors desdites tou-
relles auront aussy chacun quatre pouces et demy de largeur
ou face comme les deux précédentes;
Plus sera fait et observé audit corps d'en hault dudit buffet
les architraves, frizes et corniches, chapiteaux, consolles, culs
de lampes, claires voyes, testes de chérubins et autre amortis-
sements et ornements de sculpture et d'architecture marqués
par le desseing;
Le plancher qui sera fait sous le corps d'en bas du buff'et à
la hauteur où devoit estre la trompe sera fait de bois de gros-
seur suffisante pour porter le fardeau, à neuf pouces au dessus
duquel en sera fait un autre de largeur du positif seulement
pour couvrir les basculles qui feront jexier ledit positif, et les
porte vents et autres mouvements nécessaires qui passeront
entre les deux planchers.
Depuis le dessus dudit plancher jusques à l'ouverture du
clavier il y aura deux pieds trois pouces de hauteur.
L'ouverture pour mettre lesdits claviers sera de deux pieds
quatre pouces de hault et trois pieds quatre pouces de large
et ledit vuide fermé de deux vollets.
Les frizes se desmontront pour avoir la facilité de regarder
aux ressorts des sommiers affin qu'ils soient mieux et plus
facilement entretenus.
Le corps carré du susdit buff'et depuis le dessus de la tribune
en amont sera posé en sa face de derrière d'après le plomb du
bout et extrémité de la susdite grande corniche de pierre du
pourtour de l'esglize.
Le positif sera posé dans le corps d'en bas du buffet en sorte
que le dehors dudit positif afleure le dehors dudit buffet à la
réserve seulement des tourelles d'icelluy positif lesquelles
feront leurs saillies au dehors du corps dudit buffet.
Ledit positif sera fait de neuf pieds de large de dehors des
[en] dehors et neuf pieds de hauteur du dessus de la corniche
d'en bas jusques au dessoubs de celle d'en hault.
IL
Marché pour la construction du grand orgue que Monseigneur
le marquis de Louvois désire faire faire en la grande église
de VHostel Royal des Invalides [12 mai 167g].
Pour le grand orgue.
Une montre de seize pieds d'estaim fin, poly et bruny pour
— 3io —
remplir toutte la face du buffet, tant les tourelles que les
plattes faces,
Un bourdon de huit pieds bouché sonnant de seize dont les
deux premières octaves d'embas seront de bon bois de chèsne
bien sec et le reste d'estofFe,
Un jeu de huit pieds ouvert, d'estaim sur pied d'estoffe.
Un bourdon de quatre pieds bouché sonnant de huit, dont
la première octave d'embas sera de bon bois de chesne bien
sec, le reste d'estoffe,
Un de quatre pieds ouvert ou prestant, d'estaim fin sur pieds
d'estoff'e,
Une doublette de deux pieds ouvert d'estaim sur pieds d'es-
toffe,
Une fourniture de cinq tuyaux sur marche d'estaim, sur
pieds d'estoffe,
. Une cimballe de cinq, d'estaim sur pieds d'estoffe.
Un cornet à cinq tuyaux composé de deux octaves, fait
d'étoffe,
Un nazard accordé à la quinte de quatre pieds d'estoffe,
Une tierce accordée à la tierce de la quarte de Nazard, d'es-
toffe,
Une quarte de nazard, d'estoffe.
Une double grosse tierce accordée à la tierce du prestant
d'estoffe.
Une fluste sonnante de quatre pieds, d'estoffe,
Un jeu de trompette sonnant de seize pieds, d'estaim sur
pieds d'estoffe garny de ses anches et languettes de cuivre, et
des rasettes de fil de fer [supprimé et remplacé par une voix
humaine de huit pieds].
Un jeu de trompette sonnant de huit pieds, qui est la trom-
pette ordinaire, fait de pareilles matières [ces deux lignes
sont sur la pièce 3 et sont supprimées sur la pièce 2].
Un clairon sonnant de quatre pieds, fait de semblables
matières que les deux jeux précédents,
Une voix humaine sonnant de huit pieds faite de semblables
matières que les deux jeux preceddants.
Positif.
Une montre sonnante de huit pieds dont le plus gros tuyaux
en montre commencera en F. Vt fa et les quatre autres plus
bas seront dans le buffet, laquelle sera d'estaim fin, poly et
bruny,
Un bourdon de quatre bouché sonnant de huit, dont la pre-
— 3ii —
mière octave d'embas de bon bois de chesne bien sec et le
reste d'estoffe,
Une doublette d'estaim fin sur pied d'estoffe,
Une fourniture de quatre tuyaux d'estaim sur pieds d'estoffe,
Une cimballe de trois tuyaux d'estaim sur pieds d'estoffe,
Un prestant de quatre pieds d'estaim, sur pieds d'estoffe,
Une fluste de quatre pieds d'estoffe,
Un Nazard accordé à la quinte de quatre pieds d'estoffe,
Une tierce d'estoffe,
Un larigot d'estoffe.
Un cromorne d'estaim, sur pieds d'estoffe.
Une petite voix humaine de huit pieds, d'estaim, sur pieds
d'estoffe.
Dans le grand orgue.
Un troisième clavier pour y mettre dessus,
Un cornet en résonance de deux octaves, d'estoffe, et un jeu
de petitte trompette en récit pour imiter le hault-bois de deux
octaves, pareillement d'estaim sur pieds d'estoffe.
Dans le mesme grand orgue.
Deux jeux de pédalles, un de fluste de huit pieds et l'autre
de trompette, contenant trente touches, scavoir : depuis le
double D la ré en bas jusqu'en F. Vt. fa en hault.
Deux tremblants, l'un doux; l'autre fort. La pedalle de
fluste doit estre toutte de bois; celle de trompette doit estre
d'estaim et les pieds d'estoffe.
Il faut cinq grands souflets de six pieds de longueur et de
trois pieds de largeur.
Il faut faire un bon sommier contenant quarante-huit gra-
veures, ledit sommier sera divisé en deux et fait de bon bois
de chesne bien sec garny de touttes ses chappes, registres,
soupapes, mouvements abrégés, ressorts, pandulles et touttes
les circonstances requises et nécessaires pour y placer et faire
jouer ensemble ou séparément tous les jeux sans empruncts
ny altération.
Plus il faut faire un autre sommier contenant pareillement
quarante-huit graveures fait et garny de la mesme manière
que celuy cy-dessus, pour faire jouer tous les jeux du positif.
Plus encor un autre sommier contenant vingt-cinq graveures,
fait et garny comme cy-dessus, pour y placer et faire jouer
les jeux du cornet séparé.
Plus un autre sommier parti en deux contenant trente gra-
— 3l2 —
veures fait et garny et bien conditionné comme les autres sus
dits pour y placer et faire jo^ier deux jeux de pédalles cy devant
déclarés.
Plus faire quatre claviers lesquels seront faits de bon bois
de chesne bien sec, garnis de touttes leurs pandulles et pointes.
Les marches couvertes d'os bien blancs et les feintes d'ébène.
Plus faire un clavier de pédalles de bon bois de chesne bien
sec, garny de tout ce qui est nécessaire.
Plus faire les tables d'abrégés et tous les abrégés tirants,
mouvements, pilotes et touttes choses nécessaires pour faire
jouer lesd. claviers avec facilité.
Enfin faire tous les porte-vents nécessaires tant de bois que
de plomb bien conditionnés pour conduire le vent dans touttes
les dites orgues.
Un buste du maréchal de Saxe par Laurent Delvaux
A l'exposition des Maréchaux.
(Communication de M. Paul Vitry.)
M. Paul Vitry entretient la Société d'un buste en plâtre
du maréchal de Saxe figurant actuellement à VExposi-
tion des Maréchaux (Catalogue, no 209 f.), et qui est donné
comme « attribué à Pigalle ». Cette attribution lui paraît
impossible à soutenir et il reconnaît dans cette effigie une
épreuve du buste dont le marbre existe à l'Albertinum de
Dresde signé de Laurent Delvaux sculpteur de la cour aux
Pays-Bas.
Le livre de M. Georges Willame sur Laurent Delvaux
(Van Oest, 1914) donne de curieux détails sur le por-
trait du maréchal ïaÀlad vivum à Bruxelles en 1745. Mau-
rice de Saxe y prit tant de plaisir « qu'il en fit tirer cent
plâtres pour les distribuer en France » (c'est un de ces
plâtres sans doute auquel nous avons affaire). Il déclarait,
paraît-il, que Lemoyne n'avait rien exécuté qui appro-
chât de ce buste. Et cependant l'œuvre nous paraît à nous
infiniment moins forte et incisive que les diverses études
de Lemoyne d'après le maréchal, notamment la terre
cuite de l'ancienne collection Doucet. Mais sans doute
l'image un peu affadie de Delvaux paraissait-elle plus
flatteuse et plus « jeune » à son modèle.
3i3 —
M. Paul Vitry signale encore un autre buste dont l'at-
tribution doit être retirée à Pigalle. C'est le soi-disant Vol-
taire, en terre cuite, publié par M. Germain Bapst dans
une brochure en anglais (Paris, 1917) et auquel M. Roche-
blave a donné place, un peu trop hâtivement, dans un
appendice de son excellent livre sur Pigalle, écrit et com-
posé avant 1914, mais qui vit le jour seulement en 1919.
Le buste y figure à la planche XXXVI, commenté seule-
ment dans quelques lignes de l'avertissement. Un marbre
de ce buste figure au Musée de Dijon sous le n» 1098,
sous le nom du Marquis de Maleteste, conseiller au Par-
lement de Dijon, et fut donné au Musée par le fils de
celui-ci en 1860.
Le marbre du Musée de Dijon y est entré sous la déno-
mination de sculpture italienne. Les attributions subsé-
quentes qui lui ont été données (Bouchardon ou Houdon)
n'ont aucun fondement. On a remarqué au contraire que
le marquis de Maleteste, compagnon de voyage du prési-
dent de Brosses en Italie, pouvait y avoir commandé son
buste avant ou après son voyage.
A propos du Musée de Dijon, M. Vitry annonce que
la collection Dard, qui vient d'y entrer, contient la terre
cuite originale datée d'octobre 1776 du buste de Louis
François de Bourbon, prince de Conty, par Mérard, dont
le marbre, appartenant jadis à la collection Rodolphe
Kann, fut étudié dans le Bulletin (1908, p. 176).
Enfin, pour compenser la perte subie par le catalogue
de l'œuvre de Pigalle d'après les observations précédentes,
M. Vitry indique que le buste en bronze, dont M. Roche-
blave n'avait pas i-etrouvé la trace, du médecin Pierre-
Louis-Marie Maloet, médecin de la famille royale, et peut-
être passé par les collections Pichon, Gille et Lowengard,
se trouve chez M. le Dr Tuffier et en communique une
photographie.
SEANCE DU 3 NOVEMBRE 1922.
I.
COMITÉ DIRECTEUR.
La séance est présidée par M. G. Brière, ancien prési-
dent.
Présents : MM. G. Brière, R. Gharlier, J. Gordey, E. Da-
cier, J. Laran, P. -A, Lemoisne, J.-J. Marquet de Vasse-
lot, H. Martin, A. Ramet, P. Ratouis de Limay, L. Réau,
G. Rouchès, Gh. Saunier, H. Stein.
Excusés : MM. P. Vitry, J. Guiffrey, comte d'Harcourt,
L. Deshairs, A. Fontaine.
— Le Secrétaire fait connaître l'état de l'impression
des publications de la Société. La Place Royale de Bor-
deaux comportera seize illustrations, et le prochain Bulle-
tin seize planches, dont dix pour le Catalogue des œuvres
de Lépicié. A ce propos, lecture est donnée d'une lettre
de Madame Philippe Gaston -Dreyfus qui veut bien
mettre à la disposition de la Société une subvention pour
l'impression de ce Catalogue. Le Comité accepte avec
reconnaissance et décide de faire i5o tirages à part de
cette publication.
— Le Trésorier signale que la direction des Beaux-Arts
a versé sa souscription de 3,ooo fr. pour le dernier volume
paru des Procès-verbaux de l'Académie d'Architecture.
— Le Secrétaire expose au Comité le projet qu'il a éla-
boré en vue de la célébration du cinquantenaire de la
Société. Cet anniversaire sera fêté le mercredi 6 décembre
prochain au Club de la Renaissance, rue de Poitiers, où
aura lieu un banquet par souscription. Un concert de
musique française ancienne, dû à la gracieuse collabora-
tion de MM. Brunold, Bleuzet, Borel et Gervais, et auquel
tous les membres de la Société seront invités, terminera
la soirée. Les frais de ce concert seront assumés par la
Société.
Le Comité, à l'unanimité, approuve ce projet et adresse
— 3i5 —
ses remerciements au Secrétaire, qui a préparé et orga-
nisé cette manifestation.
— Le Trésorier fait part du décès du comte Gabriel de
Castres, sociétaire.
— Sont nommés membres de la Société :
Mme Bertaux, présentée par MM. Roux et Rouchès;
M. Stéphane Piot, présenté par MM. Ramet et Rouchès;
M. Simon Lissien, présenté par MM. Alfassa et L. Réau;
M. André-Jean Hachette, présenté par MM. Godillot et
Kœchlin; le Dr Félix Jayle, présenté par MM. Rouchès
et Ratouis de Limay; M. Adrien Carlier, présenté par
MM. Rouchès et Vuafflart; M. Andréas Lindblom, pro-
fesseur adjoint à l'Université de Stockholm, présenté par
MM. Ratouis de Limay et P. Vitry; M^e Boitet, présen-
tée par MM. René-Jean et Ratouis de Limay; M. Charles
Appuhn, professeur au Lycée Saint-Louis, présenté par
MM. René-Jean et Ratouis de Limay; la Bibliothèque
universitaire et régionale de Strasbourg, présentée par
MM. É. Champion et A. Ramet; M. Paul Gautier, pro-
fesseur à l'École des Beaux-Arts, présenté par MM. Paul
Jolis et Pierre Marcel; M. Edmond-Jules Membre, pré-
senté par MM. P. Ratouis de Limay et G. Rouchès.
M, Franklyn Paris est nommé membre perpétuel.
REUNION DE LA SOCIETE.
Présents : le comte Allard de Chollet; Mlle j. Ballot;
MM. G. Bernard; G. Brière, le capitaine P. Buttin;
Mlle M. Charageat; MM. R. Charlier, J. Cordey, E. Da-
cier, R. Dubois-Corneau, H. Fage; Mme Fiaux; MM. Gilles
de la Tourette, H. Gonse, C. Gronkowski, H. Guerlin
P. Hermel, P. Jamot, A. Kahn; Mlle Laplagne; J. Laran
P. Lavallée, P. -A. Lemoisne; MUe É. Maillard; MM. P
Marmottan, J. J. Marquet de Vasselot, H. Martin
P. Mornand, P. Olmer, Perrault-Dabot, le comte de Puy
maigre, A. Ramet, P. Ratouis de Limay, L. Réau, J. Robi
quet, G. Rouchès, A. Roux, Ch. Saunier, P. Schommer
Mlle FI. Ingersoll-Smouse; MM. Tromp, J, Vallery
Radot, J. Verrier; Mme Watel-Dehaynin.
— 3i6 —
Le premier Salon de Houdon.
(Communication de M. Louis Réau*.)
D'après tous les biographes de Houdon, c'est en 1771
que l'artiste aurait exposé pour la première fois au Salon
du Louvre.
A priori cette affirmation aurait dû soulever des doutes.
On sait en effet que Houdon fut agréé à l'Académie le
23 juillet 1769 : or le Salon n'ouvrait que le jour de la
Saint-Louis, c'est-à-dire le 25 août. Le jeune sculpteur
avait donc la faculté d'y prendre part. Pourquoi aurait-il
renoncé de gaieté de cœur à ce privilège envié, particu-
lièrement appréciable pour un débutant?
Les faits confirment la justesse de ce raisonnement. Si
l'on ne s'en est pas avisé plus tôt, c'est que le nom de
Houdon ne figure pas sur le livret du Salon de 1769 et
que deux des salonniers les plus notoires de l'époque,
Diderot et Bachaumont, n'en font pas mention à cette
date. Mais il arrivait fréquemment que les envois tardifs
ne fussent pas enregistrés sur le catalogue et les critiques
ne se croyaient pas tenus d'être complets.
La participation de Houdon nous est révélée par les
autres critiques du Salon. Nous en avons trouvé trace
notamment dans le Mercure de France, V Année littéraire,
V Avant-Coureur, les Sentiments sur les tableaux exposés
au Salon, les Réflexions sur quelques morceaux de pein-
ture et de sculpture exposés au Salon du Louvre. Ces docu-
ments qui se complètent les uns les autres nous permettent
de combler les lacunes du livret et de reconstituer la
liste des envois de Houdon qui comportait au moins six
numéros :
1. Petit Luperque.
2. Statue de saint Jean-Baptiste.
3. Tète de saint Jean.
I. Cette étude que nous nous bornons ici à résumer a été
publiée in extenso dans la Ga:^ette des Beaux-Arts, janvier
1923.
-3i7-
4. Statue de saint Bruno.
5. Buste d'une paysanne de Frascati.
6. Petite tête d'enfant en marbre blanc.
Grâce aux précieux croquis jetés par Gabriel de Saint-
Aubin sur les marges ou les feuilles de garde de son
exemplaire du livret du Salon de 1769, nous pouvons
apporter à cette démonstration par les textes l'appui d'une
illustration par les documents graphiques. En publiant
ces dessins en fac-similé, M. E. Dacier avait cru pouvoir,
avec certaines réserves, attribuer au sculpteur Gois plu-
sieurs sculptures d'une identification difficile. Tous ces
pseudo-Gois sont en réalité des Houdon très authentiques.
Averti par les critiques que nous avons exhumés, on n'a
pas de peine à reconnaître le Luperque, le Saint Jean et
le Saint Bruno,
De ces trois statues exposées par Houdon au Salon de
1769 la seule qui fût bien connue était le magnifique
Saint Bruno en marbre conservé à Rome dans l'église
S. Maria degli Angeli. Le Saint Jean en plâtre qui lui
faisait pendant avait été fracassé en 1894. Fort heureuse-
ment, un modèle réduit vient d'être retrouvé par M. Ber-
tini Calosso dans les magasins du Musée des Thermes :
il est exposé aujourd'hui à la Galerie Borghèse. Quant au
Luperque courant nu à travers les rues de Rome en bran-
dissant des lanières de peau de chèvre qui passaient pour
féconder les femmes, nous en avons identifié un exem-
plaire en plâtre au Musée de Gotha.
On peut donc se représenter très exactement l'activité
de Houdon pendant ses quatre années d'apprentissage à
l'Académie de Rome (1764-1768). Le fameux Écorché de
1767, qui lui servit de préparation pour les deux statues
de saint Jean et de saint Bruno, témoigne du sérieux de
ses études anatomiques d'après nature. Mais il combine
l'étude réaliste du modèle avec des recherches de style
— 3i8 —
et de mouvement dont il demande le secret tantôt à l'an-
tique tantôt à Michel-Ange et à Bernin. Le Luperque,
qui faisait peut-être pendant à la Vestale copiée au Musée
du Gapitole, tient à la fois de l'antique et de l'Apollon
du Bernin. Le Saint Jean-Baptiste qui dérive de VÉcor-
ché rappelle, par son attitude et le caractère de sa tête,
le Christ ressuscité de Michel-Ange à Santa-Maria sopra
Minerva. Ainsi se mêlent dans ces œuvres conçues et
exécutées à Rome les trois sources du génie de Houdon
qui, contrairement à ce qu'on croyait jusqu'à présent,
n'attendit pas le Salon de 1771 pour montrer à Paris le
résultat de ses efforts.
Augustin peintre en émail.
(Communication de M. Paul Marmottan.)
L'octroi de logements au Louvre à des artistes distin-
gués (nous ne parlons pas de ceux de la Sorbonne qui
semblent avoir duré plus longtemps) était depuis le Con-
sulat et surtout en i8o3, année de la lettre que mous allons
produire, reconnu plein de dangers pour le Muséum, sans
parler des abus auxquels il donnait lieu.
Napoléon qui était allé les constater lui-même dans la
visite qu'il fit sur les lieux, c'est-à-dire rue des Orties,
avant de faire commencer par l'architecte Raymond, puis
continuer par Percier et Fontaine une grande galerie
nouvelle que nous possédons encore, laquelle réunit le
Louvre aux Tuileries, Napoléon, dis-je, ne voulut plus
d'ateliers au Louvre. Et, en cette même année i8o5, il
signait un arrêté affectant l'entresol du Musée, là où
étaient situés les ateliers, au service du Garde-Meuble.
Mais il ne lésina pas sur le principe d'indemnité que com-
portait la dépossession des titulaires. Et, au budget de
l'an XIII, comme pour le projet de budget de l'an XIV,
l'intendant de la Liste-Civile, Daru, inscrivait encore
vingt-deux artistes ayant cédé leurs logements au Louvre
et suivant l'état arrêté par Sa Majesté « pour des pensions
- 3i9 -
se montant, dans leur ensemble, à une somme de
19,200 francs ^ »
Augustin arrivait donc assez tard en i8o5 pour intro-
duire sa demande. La suppression des logements d'ar-
tistes au Louvre était une réforme en cours d'exécution ;
elle allait être bientôt virtuellement consommée. Augus-
tin n'obtint pas pour cette raison la faveur qu'il sollicitait
et durant tout l'Empire et la Restauration les livrets des
Salons le domicilient 25, rue Groix-des-Petits-Champs.
14 mars i8o52.
A Monsieur le Conseiller d'État, intendant général de la
Maison de Sa Majesté Impériale.
Les Arts viennent de perdre M. Auguste, le père s, et sa
mort laisse vacant le logement qu'il occupait aux galeries du
Louvre.
Augustin, peintre en miniature et en émail, demeurant dans
ce moment place des Victoires, n* i5*, prend la liberté de vous
le demander. Il observe que parmi les artistes de son genre il
en est déjà plusieurs qui ont obtenu une semblable faveur
avant la Révolution.
M. Dumont et, depuis, MM. Isabey, Langlois et autres ont
reçu cette marque des bienfaits du gouvernement et de la pro-
tection constante accordée à l'art de la peinture.
Augustin, dont Sa Majesté l'Impératrice a daigné distinguer
le pinceau pour le charger de faire son portrait, croit avoir
quelque droit à solliciter la même grâce et le même encoura-
gement que ces artistes.
Il ajoute qu'il a de plus qu'eux embrassé la peinture en
émail, genre que Louis XIV avait honoré d'une protection si
particulière que pour attirer et fixer en France le célèbre
Petitot, il lui avait offert et accordé un logement et une pen-
sion.
Malgré la grande réputation que Petitot a laissée après lui
1. Extrait d'un rapport à S. M. l'Empereur et Roi, Paris,
8 février 1806 (Archives nationales, O2 1129. Inédit).
2. Enregistrée sous le n" 1499, le 23 ventôse an XIII.
3. Le célèbre orfèvre et ciseleur.
4. Maison formant le coin, sans doute, de la rue Groix-des-
Petits-Champs et ayant même une entrée sur la place des
Victoires.
— 320 —
pour le désespoir des artistes, malgré les difficultés presqu'in-
surmontables d'un genre dans lequel il n'avait formé aucun
élève et n'avait point laissé de successeur, Augustin par suite
d'une étude et d'une application constante pendant plusieurs
années, peut aujourd'hui avancer qu'il a surmonté tous les
obstacles qui jusqu'à ce jour ont effrayé ceux qui ont voulu
parcourir la même carrière; il est d'ailleurs peu de personnes
que l'amour de leur art eut engagé à faire les sacrifices que
ce genre exige.
Ce n'est pas à lui qu'il appartient de parler de ce qu'il a
déjà exposé, mais ce qu'il peut dire c'est qu'il a le sentiment
profond du degré de perfection auquel on peut le pousser et
qu'il pense que sous les auspices de Napoléon, il est possible
que les ouvrages en émail de son siècle surpassent ceux du
siècle de Louis XIV.
Cet espoir n'est pas un titre sans doute et, malgré ceux qu'il
peut réellement faire valoir pour obtenir l'encouragement
qu'il réclame, il reste convaincu que le succès de sa demande
est bien plutôt fondé sur la justice du magistrat à qui Sa
Majesté Impériale a confié la distribution de cette pajtie des
encouragements qu'elle accorde aux artistes.
Il vous supplie, Monsieur, d'agréer l'hommage de son pro-
fond respect.
Augustin '.
A propos d'Augustin, nous détachons d'un journal de
son temps ces deux entrefilets le concernant et qui sont
sans doute ignorés aujourd'hui. Ils intéressent tous ceux
qui s'occupent de l'histoire de l'art des miniaturistes et
l'un d'eux précise en même temps la date d'un beau et
double portrait du baron Denon dont la trace n'est
peut-être pas encore retrouvée.
I.
Les amateurs se rappelleront facilement un très beau por-
trait, grande miniature de M. le directeur général des Musées,
exposé au dernier Salon par M. Augustin.
Ce portrait vient d'être exécuté en émail, dans les mêmes
I. Pièce originale nous appartenant.
— 321 —
dimensions que la miniature originale, avec un succès qui ne
laisse rien à désirer*.
II.
Depuis le siècle de Louis XIV où le célèbre Petitot fixa sur
l'émail un grand nombre de portraits d'après les plus grands
maîtres, ce genre de peinture était négligé et presque oublié
en France.
MM. Fouvron et Weyler lui redonnèrent toute la célébrité
dont il avait Joui précédemment. M. Weyler excellait dans le
portrait en émail d'après nature et celui de M, le comte d'An-
giviller, qui fut son morceau de réception à l'Académie, a été
généralement regardé comme un chef-d'œuvre de faire et de
ressemblance.
En 1785, cet artiste avait été chargé par le gouvernement de
peindre en émail la Collection des Grands Hommes; sa santé
ne lui permit de terminer qu'un petit nombre de ces portraits
que le départ de la Cour transporta chez l'étranger.
Celui de Turenne et celui de Catinat furent retrouvés lors-
qu'on vendit le cabinet du prince Ferdinand de Prusse et ont
été rapportés en France où il sont devenus la possession de
M. le maréchal duc de Dalmatie.
M"' Weyler ayant suivi son mari dans ses travaux se dévoua
entièrement à ce genre de peinture et fit tous ses efforts pour
ne pas laisser perdre une seconde fois un art si précieux, mais
d'une exécution si difficile.
Son courage fut couronné de succès et la dimension qu'elle
a souvent employée dans ses portraits prouve que l'émail peut
n'être pas seulement peint en petit à la manière du bijou,
mais qu'il supporte l'action du feu jusqu'au diamètre de six à
sept pouces, ce qui laisse aux traits le développement le plus
favorable.
Enfin MM. Ysabey et Augustin, qui sont connus de toute
l'Europe, ont consacré leur talent à ce genre d'autant plus
recommandable qu'il résiste à l'action du feu, de l'eau, de la
lumière et qu'il perpétue l'œuvre de l'artiste dans toute sa
fraîcheur primitive 2.
1. Journal de l'Empire du 26 mai 181 2, p. 2.
2. Journal de VEmpire^ 12 juin 1812,
[922 21
-- 322 —
Documents sur Robert Lefèvre.
(Communication de M. Paul Marmottan.)
I.
Le portrait de Fontanes.
Le grand portrait en pied du comte Fontanes, membre
de l'Académie française, qui décorait naguère encore le
cabinet du ministre de l'Instruction publique, est du
célèbre peintre Robert Lefèvre.
Il fut commandé, spécifie le catalogue du Salon de
1822 (année où ce tableau fut exposé) par le ministère de
l'Intérieur dont dépendaient alors les Beaux-Arts. Mais il
ne précise pas la date de cette commande; or l'on sait que
le ministère de l'Intérieur possédait ses attributions sur
les Beaux-Arts depuis 1800.
Le livret de 1822 désigne le personnage avec son cos-
tume officiel de Grand-Maître de l'Université, ce qui
donne au tableau, malgré l'anachronisme, une valeur
documentaire précieuse, ce costume étant fort beau et
ayant disparu depuis six ans. Il se composait d'une
simarre de soie violette à passementeries d'or et d'un
long manteau noir fourré d'hermine sur lequel, à l'endroit
de la poitrine et à gauche, se voit la palme réglementaire
brodée en soie bleue, enfin, comme couvre-chef, d'une
toque à galon d'or. Lefèvre a fixé ce costume sur sa toile
avec toute exactitude.
Fontanes perdant son titre de Grand-Maître dès les
premiers jours de la Restauration, ceci de par l'ordon-
nance du i5 août 181 5 qui transférait les pouvoirs attri-
bués au Grand-Maître à une Commission royale dite de
l'Instruction publique à laquelle Fontanes n'est pas
appelé ^, il est très vraisemblable que l'idée ou même un
I. Placée sous l'autorité du ministre de l'Intérieur. La charge
de Grand Maître disparaît même des Almanachs royaux. Mais
l'Université, qui est dans ces années-là un corps autonome (il
n'y a pas de ministère de l'Instruction publique), et aux desti-
— 323 —
commencement d'exécution de ce portrait, qui est fort
agréable, date d'avant i8i5.
On ne se figure pas en effet le gouvernement de la Res-
tauration ordonnant de peindre grandeur nature le plus
haut dignitaire et le premier, même en date, de l'Université
napoléonienne. Il n'avait la tête alors qu'à effacer tous
les souvenirs matériels du règne précédent. Il faudrait
retrouver, pour être encore plus sûrement fixé sur ce point,
le papier de commande ^.
D'autre part (le fait est avéré par des documents d'ar-
chives déjà connus), Napoléon, par l'entremise de Denon,
chargea les principaux artistes des effigies, en pied et en
costumes de leurs charges, de ses premiers officiers et
ministres 2.
Mais le Conseil royal de l'Instruction publique est
porté en 1822 sur le livret du Salon de cette année-là
comme étant le destinataire dudit portrait, et c'est ainsi
qu'il est entré au ministère. Ce portrait appartenant à
l'État, mais sans doute non achevé en 181 5, a été recueilli
plus tard par cette administration ; le fait n'a rien que de
logique. Et le Conseil en question a-t-il d'autant plus
tenu en 1822 à posséder le portrait de Fontanes que
celui-ci venait de décéder l'année précédente, en 1821, et
que beaucoup de membres dudit Conseil étaient ses amis
ou obligés.
Quoi qu'il en soit, Fontanes est représenté de' face, un
jour de distribution de prix, dans l'exercice de ses fonc-
tions. Il tient de la main droite une couronne, qu'il prend
sur une table où se trouvent des volumes dorés sur tranche
qui sont les prix d'honneur.
Fontanes ayant été nommé Grand-Maître le 17 mars
nées duquel préside Mgr de Frayssinous, va voir restituer à ce
dernier, et ceci par l'ordonnance royale du i^' juin 1822, le titre
de Grand Maître rétabli.
1. Il est très vraisemblable que ces papiers reposent encore
aux Archives nationales et qu'ils ont pu échapper, comme nous
le constatons tous les jours, heureusement, aux attentats des
réactions politiques.
2. Le Musée de Versailles en a une collection très bien
groupée.
— 324 —
i8o8, date du décret constitutif de l'Université, présida
le i6 août 1809, dans la salle des séances publiques de
l'Institut, la première distribution générale des prix aux
élèves des quatre lycées de Paris <, à savoir : Gharle-
magne, Napoléon^, Impérial ^ et Bonaparte. Il y prononça
un discours reproduit dans l'Almanach de l'Université''.
Il présida l'année suivante la même solennité. Le
moment choisi par le peintre est l'un de ceux-là. D'où le
caractère vraiment pittoresque autant qu'historique de
cette peinture, digne à tous points de vue d'être repro-
duite par quelque ouvrage, car jusqu'ici, malgré le grand
et louable mouvement de divulgation des documents
d'iconographie qui distingue le temps présent, ce très
intéressant tableau a échappé à l'attention des curieux et
il manque aux recueils spéciaux.
Envoyé en 1921 à la Sorbonne par le ministre d'alors,
M. Honnorat, le portrait en question orne actuellement
le cabinet du vice-recteur et est, comme nous l'a écrit ce
haut fonctionnaire, destiné au futur musée que l'Univer-
sité se proposerait de créer dans la chapelle.
II.
Le portrait de Mons.
Le Conseil municipal de Mons, chef-lieu du dépar-
tement français de Jemmapes sous le Premier Empire,
demanda à Denon de désigner l'artiste parisien le plus
qualifié pour exécuter le portrait en pied de Sa Majesté
VEmpereur, qu'il désirait posséder.
Le choix du directeur général des Musées dans cette
circonstance se porta sur Robert Lefevre^y qui avait déjà
1. Voir la description de cette cérémonie, p. 283 et suiv.,
dans VAlmanach de l'Université impériale^ année 1810, petit
in-i2.
2. « Henri IV » aujourd'hui.
3. Louis le Grand, item.
4. Ibid., p. 284, 285 et 286.
5. De Lanzac de Laborie, Paris sous Napoléon, VIII :
Spectacles et Musées, p. 383 et 384. — Le Musée de Versailles
— 325 -
donné de Napoléon plusieurs portraits extrêmement
appréciés tant pour la ressemblance que pour la chaleur
du coloris et la finesse du modelé.
Ce portrait qui est de grandeur nature arriva à Mons
en i8i3 avec sa bordure et nous l'avons admiré en belle
place au Musée de cette ville en igoo, où il était demeuré
en parfait état. L'invasion et l'occupation allemandes de
1914-1918 — plus respectueuses ici des œuvres d'art
qu'elles ne l'ont été dans les villes du Nord — n'y ont
pas touchée
Comme les voyageurs s'arrêtent peu à Mons qui n'est
pour eux qu'une station d'express, et que d'ailleurs cette
ville — à tort — n'est pas visitée, il en résulte que ce très
beau portrait a passé inaperçu jusqu'ici.
N'ayant jamais été privé de surveillance, ni déménagé,
à la suite des révolutions, par exemple, il nous a paru en
1900 en bon aspect de fraîcheur et le plus intact des
portraits de l'Empereur signés de Robert Lefèvre.
Celui de la ville de Paris par cet artiste a plusieurs fois
changé de place — suivant les régimes — et, de l'hôtel de
ville (salon de l'Empereur, où il se trouvait encore en 1870),
il fut porté, sur l'avis de feu M. Jules Cousin qui me l'a
rapporté, dans le foyer du théâtre Lyrique, place du Châ-
telet^, ce qui le sauva sous la Commune, puis enfin, assez
longtemps après, mis au magasin municipal d'Auteuil,
où, croyons-nous, il est encore. Pourquoi donc ne reçoit-
il pas un abri définitif au Petit-Palais?
Celui commandé par la ville de Dunkerque, peint par
le même Lefèvre, fut brûlé officiellement en 181 5 ou 1816
sur l'ordre de M. Decazes, ministre de la Police^. Il a été
gravé au trait dans le recueil de Landon et Bonaparte y
était en costume consulaire; il datait en effet de l'an XL
possède et expose un portrait mi-corps et contemporain du
baron Denon, par Robert Lefèvre.
1. Renseignement dû à M. le bâtonnier A. Dumousder, du
barreau de Mons. Lettre à l'auteur du 2 juin 1922.
2. Aujourd'hui théâtre Sarah-Bernhardt.
3. Voyez Le peintre Robert-Lefèvre, par Gaston Lavalley
(Caen, in-4"', sans date).
— 326 —
Celui conservé dans la famille impériale comme ceux
du Musée de Versailles et du Sénat ont subi forcément,
par les diverses mutations politiques, certaines atteintes.
Il y en a d'autres chez quelques amateurs. Celui du baron
Gourgaud en buste, reproduit dans le livre publié par la
Sabretache en 1921 — année du centenaire napoléonien,
— paraît aussi bien original et est en somme du même
type.
Il existe du portrait en pied de l'empereur par Robert
Lefèvre une gravure en couleur anglaise assez rare, con-
temporaine et qui porte la signature estimable de Deva-
chez. Dans cet exemplaire les fonds sont occupés par une
galerie des Tuileries où s'aperçoivent des statues de grands
hommes de l'Antiquité.
La belle conservation du portrait de Mons démontre
en tout cas que, pour les toiles peintes, la stabilité durable
dans les Musées ou galeries, à l'abri du soleil et des
brusques variations de température (un chauffage moyen
des salles devant être prévu pour la saison d'hiver), est
chose bien désirable.
La tendance qu'ont aujourd'hui certains Musées de
déplacer les tableaux pour les prêter à des expositions
temporaires, dont le nombre s'est multiplié avec, ce nous
semble, un certain excès à notre époque, sans être con-
damnable n'est pas à encourager.
On dit qu'une loi existe contre ces exodes; elle a sa
raison d'être. Les dépôts publics sont à la portée de tous
et point n'est besoin de faire voyager les toiles peintes
comme des marchandises. Un auteur érudit, appelé à
étudier les maîtres, saura bien trouver l'endroit où reposent
leurs œuvres et les faire reproduire en photographie. Du
maintien à leurs places dépend la bonne préservation de
ces toiles auxquelles les voyages ne valent rien.
III.
Cinq portraits peu connus.
Enfin nous terminerons en signalant cinq portraits très
beaux de Robert Lefèvre ignorés de Lavalley. L'exposi-
tion de l'été dernier, dite des Maréchaux, au palais de la
Légion d'honneur nous fournira le premier, à savoir : le
— 327 —
portrait en pied de Mme la maréchale Soult et de ses deux
enfants jouant auprès d'elle. Les personnages sont de
grandeur nature. L'œuvre encore pleine de fraîcheur, vu
sa bonne conservation, appartient à la marquise de Bal-
leroy.
Le deuxième portrait inédit est celui d'une comtesse
d'Harcourt, vue de face et de trois quarts, que nous avons
pu voir récemment dans l'hôtel du duc Pozzo di Borgo,
rue de l'Université, avec la Commission du Vieux-Paris.
C'est une effigie de famille demeurée là et n'ayant jamais
figuré dans une exposition.
Rappelons maintenant l'existence d'un autre excellent
portrait presque inconnu et du même artiste, conservé
dans la salle du Conseil de la Chambre des notaires, place
du Châtelet, nommément celui du doyen de la corpo-
ration Denis de Villiers (représenté de trois quarts), daté
de i8o5<.
Je citerai aussi le très beau portrait d'Odiot, le grand
orfèvre, vu dans une exposition au Musée des Arts déco-
ratifs, mais peu cité par les auteurs, portrait condensant
dans sa touche moelleuse les brillantes qualités de Reg-
nault, maître de Lefèvre, et le portrait de face et de trois
quarts de Jean-Victor Bertin, le paysagiste, maître de
Corot, nous appartenant. Toutes ces effigies sont de
grandeur nature. Nous en parlons de visu.
Percier a son collègue Paris
1804.
(Communication de M. Paul Marmottan.)
Pierre-Adrien Paris, né en 1745 à Besançon, envoyé en
Italie en 1769 par le roi pour y achever ses études d'ar-
chitecture, y resta d'abord jusqu'en 1774.
I. Il existe une lithographie du temps de ce portrait qu'on
rencontre parfois chez les notaires. Elle a dû être tirée à petit
nombre et ne se rencontre jamais dans le commerce.
Il y a dans cette même salle du Conseil de la Corporation
un très beau buste en marbre de Bévière, autre doyen, mais
honoraire, et sénateur, par Delaistre (1808).
— 328 —
A cette époque, il donna des conseils à MM. Moreau
et Percier, fut dessinateur du cabinet du roi avec rési-
dence à Versailles, élu en 1780 membre de l'Académie
d'architecture où il succéda à Soufflot. Il retourna en Ita-
lie en 1783, revint en France, fut nommé architecte des
Menus et construisit en 1789 à Versailles la salle des
États-Généraux, dont la gravure d'Helman nous a fait
connaître la belle ordonnance.
Il retourna à Rome en 1806, y travailla avec d'Agincourt
et fut directeur intérimaire de l'École de Rome en 1807,
après la mort de Suvée.
Le ministre de l'Intérieur le chargea alors de faire l'es-
timation des antiques de la villa Borghèse, achetés par
l'Empereur. Il présida en 181 1 à la restauration du Golisée.
Membre de l'Académie de Saint-Luc à Rome (1812),
grand collectionneur et dessinateur de monuments, Paris
se retira dans sa ville natale en 1816 et y mourut en 1818.
Il légua à celle-ci ses riches collections.
MM. De Gerando, conseiller d'État, membre de la Con-
sulte française de Rome, et Charles Percier, tous deux de
rinstitut, étaient les amis intimes de Paris. En ce qui
concerne Percier, on peut juger par le ton de la lettre
inédite suivante, de quelle déférence, de quelle estime
Percier entourait l'éminent et trop modeste architecte
bisontin.
Nous avons copié ce document original dans les papiers
de Paris, conservés à la bibliothèque de Besançon.
A Varchitecte Paris.
Dimanche, 12 ventôse, an XIII
(3 mars 1804).
Mon cher Maître,
De tous les reproches que j'ai à me faire sur mon inexacti-
tude, celui qui vous touche m'est le plus sensible.
Il y a déjà bien longtemps que notre ami // bravo Galan-
tuomo de Trabuchi^, m'a dit qu'il ne vous écriroit pas sans
I. Un des frères Trabuchi, originaires du Piémont, mais éta-
blis à Paris comme poéliers et marchands de terres cuites
artistiques. Leur fabrique était protégée par le gouvernement
— 329 —
vous envoyer un mot de moi, je le lui promis et de bonne foi.
Des occupations sans relâche et, par dessus tout, ma malheu-
reuse négligence ont toujours reculé ma bonne intention. Enfin,
je dois vous le dire avec franchise, le bon Trabuchi est revenu
à la charge et pour ne pas lui donner une fausse espérance,
je m'acquitte in pre^en^^a^ d'un devoir qui m'est cher à tous
les égards.
J'ai lu dans les deux dernières lettres que notre ami a reçues
de vous toutes les choses aimables et obligeantes que vous
dites de moi et de mes faibles talents.
J'ose vous assurer, mon cher Maître, sur mon honneur que
ce témoignage est le prix le plus flatteur que j'en recueillerai
jamais et le plus grand encouragement pour continuer.
Malheureusement, puisque vous avez la bonté d'y attacher
quelque prix, l'ouvrage des meubles est resté i en arrière à
cause des travaux dont le gouvernement nous 2 avait chargés,
mais j'espère m'y remettre incessamment et vous le faire par-
venir de suite. Il n'y a plus qu'une chose à arranger entre
nous deux, mon cher Maître, c'est l'article finances dont l'ami
Trabuchi a voulu absolument s'acquitter et dont je vous sup-
plie en grâce de ne plus le charger malgré le zèle qu'il y a
mis. Vous ne voudriez pas m'ôter le plaisir de vous offrir
pour cet ouvrage, comme pour tout ce que je pourrai produire
par la suite, l'hommage le plus doux que j'en puisse faire.
Je suis assuré, mon cher et bon Maître, que vous connaissez
trop les motifs qui dictent cet hommage pour ne pas l'agréer
ainsi que les sentiments de respect et de reconnaissance avec
lesquels j'ai l'honneur d'être, mon très cher et bon Maître,
votre très humble, très obéissant serviteur.
Charles Percier.
français. Les Trabuchi avaient les fournitures pour les palais
de la Couronne. Percier leur donnait des modèles.
On leur devait, en i8o3, la reconstitution du belvédère dit
la lanterne de Diogène, dans le parc de Saint-Cloud, monu-
ment acheté par Bonaparte, premier consul, comme objet de
perspective pour son palais de campagne. Il fut détruit par le
bombardement du Mont-Valérien en 1871 (il y avait dans les
entours une grande batterie prussienne) et n'a jamais, depuis,
été rétabli.
1. C'est-à-dire le célèbre recueil de meubles et décorations
intérieures^ dont Percier préparait une édition définitive qui
parut en 1812.
2. Fontaine et lui.
— 33o —
Mon ami Fontaine est bien sensible à votre bon souvenir et
vous prie de vouloir bien 'e mettre de moitié avec moi pour
tous les sentiments que vous m'avez toujours inspirés.
Le portrait de Pierre Paris, l'architecte du roi
Louis XVI, auteur de jolis dessins lavés d'art décoratif
pour les intérieurs, tels ceux que l'on voit dans une salle
de la bibliothèque de Besançon, a été peint à mi-corps et
avec beaucoup d'expression et de vigueur par M^e Hor-
tence Lescot, en 1809, à Rome'.
Ce portrait est dans une des salles de la bibliothèque
publique de Besançon; il est signé, daté et porte ce titre :
Pierre Paris, architecte, directeur par intérim de l'Aca-
démie impériale de France à Rome en i8oj.
Mme Lescot a fait aussi un tableau (aujourd'hui au
palais de Fontainebleau) daté de 1812, Intérieur de Saint-
Pierre à Rome. Ce tableau, exposé aux Salons de 1812
et de 1814, a aussi pour sujet : Le Baisement de la statue
de Saint Pierre.
Nous avons pu identifier parmi les personnages repré-
sentés debout dans le coin de droite, outre Paris, Ganova
et Lethière assez reconnaissables. Il y a un préfet à
côté d'eux ou fonctionnaire membre de la Légion d'hon-
neur.
SÉANCE DU ler DÉCEMBRE 1922.
COMITE DIRECTEUR.
La séance est présidée par M. P. Vitry, président.
Présents : MM. G. Brière, R. Charlier, J. Cordey,
J. Guiffrey, R. Kœchlin, P. -A. Lemoisne, J. J. Marquet
I. Elle n'avait pas encore épousé à cette date l'architecte
Haudebourg.
M"" H.-L. Paris, 1784-1845, élève da Lethière. Médaillée à
plusieurs Salons.
— 33i —
de Vasselot, H. Martin, A. Ramet, P. Ratouis de Limay,
G. Rouchès, Gh. Saunier, L. Réau, H. Stein.
Excusés : M. A. Fontaine et le comte d'Harcourt.
— Le Président annonce que M. Paul Léon, directeur
des Beaux-Arts, a bien voulu accepter de présider la fête
du Ginquantenaire à laquelle sont invités, d'autre part,
M. le président de la Société des Arts décoratifs et M. le
directeur des Musées nationaux.
— Le Secrétaire rend compte de l'état des publications
de la Société.
— M. J. Guiffrey expose le plan du Catalogue des œuvres
de Prud'hon qu'il prépare actuellement; il indique quelles
en seront les divisions et la méthode de classement des
œuvres énumérées. Deux volumes seront peut-être néces-
saires pour cette importante publication.
— Les démissions de Mme Den-Tex et du marquis de
Lareinty-Tholosan sont acceptées.
— Sont nommés membres de la Société :
M. Marcel Nicole, attaché honoraire au Musée du
Louvre, présenté par MM. J. Guiffrey et E. Dacier; le
Reale Istituto di archeologia e storia delV arte, présenté par
MM. Rouchès et Ratouis de Limay; M. Achille Bertini
Galosso, présenté par MM. Rouchès et Ratouis de Limay;
M. Paul Brichet, présenté par M. le chanoine Uzureau et
M. Ramet; M. G. Brunner, présenté par MM. J. Guiffrey
et P. Jamot; M. François Boucher, présenté par MM. Mar-
quet de Vasselot et Aubert; M. François Breton, présenté
par MM. J. Vallery-Radot et P. -A. Lemoisne; M. Debi-
dour, secrétaire de la commission du Vieux-Paris, pré-
senté par MM. Lemonnier et G. Rouchès.
II.
RÉUNION DE LA SOCIÉTÉ.
Présents : MM. le comte Allard du GhoUet, G. Appuhn,
M. Aubert; M^e j. Ballot; MM. A. Boinet, G. Brière, le
capitaine P. Buttin; M'i» M. Gharageat; MM. R. Gharlier,
— 332 —
J. Gordey, R. Dubois-Gorneau, Dumolin; Mlle Duportal;
Mme Fiaux; MM. Ed. Girod de l'Ain, A. Godillot;
Mme Ed. Grenier; MM. H. Guerlin, J. Guiffrey, G. Jean-
nerat, P. Jolis, R. Kœchlin; Mme la vicomtesse de La-
grange, Mlle L. Laplagne; MM. P. Lavallëe, H. Lefuel,
S. Lissim, E. Mareuse, P. Marmottan, J. J. Marquet de
Vasselot, commandant E. Martin; Mme Maumené; colo-
nel Maumené, M. G. Perdreau; Mme J. Potrel; MM. A.
Ramet, P. Ratouis de Limay, L. Réau, G. Richebé,
R. Richebé, G. Rouchès, A. Roux, Ch. Saunier; Mme la
comtesse J. de Sayve; le marquis de Sayve; Mme la ba-
ronne E. Seillière, MUe IngersoU-Smouse; MM. H. Sou-
lange-Bodin, A. Tessier, J. Vallery-Radot, P. Vitry.
Les portraits d'enfants dans l'œuvre de Largillière.
(Communication de M. Gabriel Rouchès.)
Parler de portraits d'enfants par Largillière peut paraître
un paradoxe. Get artiste a plutôt la réputation d'un peintre
pour grandes personnes; les enfants semblent n'avoir pas
eu plus de place dans ses tableaux que dans les salons de
ses modèles habituels. Cependant, des œuvres, peu nom-
breuses mais significatives, témoignent que le peintre a
su représenter les tout petits, sinon dans leurs jeux et avec
leur turbulence, du moins avec leur fraîcheur et leur sou-
rire ; dans ces œuvres, son art n'apparaît pas moins grand
que dans ses effigies de personnages sérieux et dignes.
Le talent de Largillière comme peintre d'enfants se
révèle principalement dans une suite de quatre portraits
qui enregistrent la croissance, entre trois et sept ans, du
jeune prince de Galles, Jacques-François-Édouard Stuart,
fils de Jacques II d'Angleterre. Les trois premiers de ces
portraits nous ont été conservés par des gravures d'Ede-
linck et de Van Schuppen; les originaux en sont perdus;
on ne peut pas même affirmer qu'ils ont été peints; cepen-
dant, comme me le faisait remarquer notre confrère, mon
ami, M. Dacier, l'indication : Largillierre pinxit, qui se
trouve sur ces estampes est probante jusqu'à un certain
— 333 —
point. Dans le cas d'un simple dessin, la mention : deli-
neavit aurait figuré sur ces gravures.
Quant au quatrième portrait qui réunit à Jacques Stuart
sa jeune sœur Louise, l'original existe. Ce tableau n'a
pas la réputation qu'il mérite pour la raison qu'il est
exposé dans un musée de Londres, peu fréquenté des
visiteurs bien que contenant nombre de tableaux et de
sculptures d'un intérêt non seulement iconographique
mais artistique. J'ai nommé la Galerie nationale de por-
traits où cette toile, léguée par le comte d'Oxford en 1895,
figure sous le numéro 976. Lors d'une récente visite à ce
musée, ce tableau qui est en parfait état, m'est apparu
comme une des plus belles œuvres qu'ait laissées Largil-
lière.
Avant d'étudier les portraits dont je viens de parler, il
est nécessaire d'en évoquer les modèles et d'indiquer les
circonstances dans lesquelles Largillière fut appelé à les
représenter. Il était connu de la famille royale d'Angle-
terre, pays où il avait été à trois reprises : tout jeune, à
neuf ans, en i565-i566; puis, de sa dix-huitième à sa vingt-
deuxième année, de 1674 à 1678; enfin, peu avant la révo-
lution de 1688, sans doute pour peindre les portraits de
Jacques II et de sa seconde femme, Marie-Eléonore
d'Este-Modène, épousée en 1674. On ignore ce que sont
devenus ces derniers portraits dont Smith a laissé d'assez
mauvaises gravures.
En 1688, la reine Marie, longtemps stérile, donna le
jour à un prince-héritier. Mais cette naissance, au lieu
d'enthousiasmer les Anglais, détermina en partie la révo-
lution qui éclata la même année. La reine était impopu-
laire; on prétendit que son enfant n'était pas fils du roi;
on parla même d'une supercherie qu'elle aurait imaginée.
La situation empira à tel point que cette princesse dut,
dans la nuit du 19 décembre 1688, se sauver de Londres
avec son enfant, sous la protection de Lauzun envoyé
spécialement par Louis XIV. Après une traversée dange-
reuse sous tous les rapports, les fugitifs abordèrent à
Calais et gagnèrent Versailles où, en janvier, le roi Jacques
vint les rejoindre. Louis XIV prêta le château de Saint-
Germain à ses cousins. C'est là que naquit, en 1692,
-334-
Louise-Marie-Thérèse Stuart. Cette princesse devait mou-
rir en 1712 de la petite vérole. Son frère échappa à ce mal
qu'il avait également contracté; il tenta par la suite de
reconquérir son royaume et mourut en exil.
Son début dans la vie excita la pitié des Français. De
nombreuses images prouvent la popularité du petit prince
que N. Arnoult et Gautrel présentent en bas âge, et deux
séries d'estampes, l'une par Bonnart, l'autre, anonyme,
éditée par Deshayes, le montrent un peu plus grand.
L'adolescent et l'homme fait revivent dans les portraits
peints par De Troy et Nicolas Belle et dans les petites
estampes de Larmessin.
Il était réservé à Largillière de laisser les effigies les
plus vivantes de l'enfant royal. Le premier portrait, gravé
par Edelinck (1692), offre un enfant coiffé d'un chaperon
à plumes et vêtu d'une robe de dentelles. Le second por-
trait est de la même année, gravé par Van Schuppen; le
jeune prince paraît quelques mois de plus, robuste baby
anglais, aux yeux clairs, engoncé dans une robe décolle-
tée. Drevet traduisit la troisième effigie, contemporaine
du tableau de Londres. Jacques Stuart est maintenant un
petit homme, en costume de cour; ses cheveux, ondulés
avec symétrie, jouent la perruque. Conscient de son rôle,
il porte sur son visage une expression sérieuse.
Il est à peu près identique dans le tableau de la Gale-
rie de portraits. Cette toile est datée et signée sur un
grand vase à droite qui porte le nom des personnages
représentés*. Largillière, qui avait alors quarante et un
ans, était dans la force de l'âge et déjà célèbre.
Les petits princes se tiennent debout au milieu d'un
parc, probablement au vieux château de Saint-Germain,
résidence de leurs parents. Ils sont en costume de céré-
monie : lui en habit rouge, elle dans une robe de satin
blanc, occasion pour l'artiste de montrer sa virtuosité
comme peintre d'étoffes. Jacques et sa sœur, âgée seule-
ment de trois ans, ont le maintien grave de personnes
faites. Largillière a été obligé de les camper dans cette
I. lacobus Walliae Princeps an. aet. 7°. Ludovica Princ. an.
aet. 3°. N. de Largillier[reJ, 1695.
— 335 —
attitude un peu figée; mais, par contre, on constate le
sentiment naturaliste avec lequel il a traité les chairs, le
cou, les bras potelés de la petite fille. Élève des Flamands
qui lui apprirent à peindre des fleurs, des fruits et des
animaux, il a représenté un magnifique perroquet rouge
et un lévrier que caresse le petit garçon. La manière dont
il a rendu les pattes fines et la poitrine de cet animal
décèle le maître d'Oudry.
Après ce tableau, Jacques Stuart ne reparaît plus dans
l'œuvre de Largillière. C'est longtemps après, vers 170g,
que nous retrouvons une nouvelle figure d'enfant dans un
tableau attribué à Largillière, la composition commémo-
rative (aujourd'hui à Londres, coll. Wallace) où il groupa
Louis XIV, le Dauphin, le duc de Bourgogne et le duc
de Bretagne, qui devait mourir tout jeune en 1712. Ce
petit prince, âgé de deux à trois ans, que sa gouvernante
tient en lisières, est vêtu d'une longue robe à traîne,
décolletée et à demi-manches. Il est coiffé de la toque à
plumes verticales que l'on a déjà vue sur la tête de Jacques
Stuart dans le premier portrait de 1692 <. Le duc de Bre-
tagne reparaît dans un tableau qui, M. Dacier l'a prouvé
ici même^, provient de l'hôtel de la Ferté et fut vendu à
Londres, en 1922, avec la collection Burdett-Goutts. L'en-
fant, encore habillé de sa longue robe, mais la tête ser-
rée dans un bonnet, se dresse sur un tabouret, dans une
attitude mouvementée et pleine de vie.
Le dernier portrait auquel je fais allusion est celui
de la jeune Infante d'Espagne, cousine et fiancée de
Louis XV, renvoyée, plus tard, dans les circonstances que
l'on sait. Ce tableau fut exécuté en 1724, l'année où fut
décidé le départ de cette jeune princesse qui avait été
1. É. Dacier, A propos du collectionneur L.-G. Gaignat. Les
peintures historiques de l'hôtel de La Ferté, rue Richelieu,
dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français,
1920, p. 52-55; W. G. Gonstable, Largillière, an iconographi-
cal note, dans The Burlington maga:^ine, septembre 1922 et
février 1923.
2. É. Dacier, Une deuxième et utte troisième peinture de
Vhôtel de La Ferté retrouvées, dans le Bulletin de la Société
de l'Histoire de l'Art français, 1922, p. 111-126.
— 336 —
amenée en France à l'âge de trois ans, en 1721. Il se
trouve au Musée du Prado, en provenance de la collec-
tion de Philippe V au Palais de Saint-Ildefonse. L'œuvre
est signée et datée sur un carreau du pavement à droite ^
La petite princesse, qui n'a que six ans, est représentée
en grand costume de cour, dans une robe en tissu d'ar-
gent; elle est poudrée, fardée et parée de nombreux
bijoux. Ce costume et ce maquillage jurent-ils trop vive-
ment avec l'âge du modèle ou bien la main du vieux Lar-
gillière (il a soixante-dix-huit ans) s'est-elle alourdie?
Cette œuvre produit une impression peu agréable et peu
sympathique. Le visage de la petite fille est dur, paraît
vieillot et ratatiné. Elle donne plutôt l'impression d'une
naine que d'une enfant. Largillière a dû laisser d'autres
portraits d'enfants dont je ne prétends pas donner une
liste complète. Ceux que j'ai cités suffisent à prouver que,
dans ses effigies d'enfants, il a montré une maîtrise égale
à celle dont témoignent ses effigies de personnages plus
âgés. Enfin, le portrait de Londres m'apparaît comme un
de ses chefs-d'œuvre : à côté d'un sens psychologique
profond, l'artiste y a déployé une incomparable valeur
comme coloriste, notamment dans le rendu des étoffes.
Ce tableau mérite d'être davantage connu et admiré.
Identification
d'un tableau conservé au Musée de Versailles.
Revue de garnison passée a Strasbourg entre 177g et 1781
PAR LE marquis DE LA SaLLE,
COMMANDANT EN SECOND EN AlSACE 2.
(Communication de M. Jean Vallery-Radot.)
M. Jean Vallery-Radot étudie un tableau donné en 1916
par Mme Normand au Musée de Versailles. Ce tableau
1. N. de Largillierre, Pinx. 1724.
2. L'étude de M. Jean Vallery-Radot paraîtra in extenso dans
le prochain fascicule des Archives Alsaciennes d'Histoire de
l'Art (n» 2).
— 337 —
représente une revue de garnison sous les murs de Stras-
bourg à l'époque de Louis XVf, ainsi que l'ont établi
de précédentes études ^ Mais on n'avait pu jusqu'à pré-
sent identifier le lieutenant-général passant la revue, pas
plus d'ailleurs que les personnages qui l'entourent.
En réduisant le problème à ses données purement généa-
logiques et en se basant sur l'identification des uniformes,
l'auteur est arrivé à prouver que cet officier général n'était
autre que le marquis de la Salle, entouré de son épouse,
la marquise de la Salle, née Glermont-Chaste, et de ses
cinq enfants : Elisabeth-Claudine, née en 1762; Marie-
Anne-Louis, né en 1764; Marie-Charlotte, née en 1768;
Marie-Charles-Louis, né en 1769; Pauline-Éléonore, née
en 1772.
La scène se place entre novembre 1779 et novembre
1781, dates extrêmes du temps passé à Strasbourg par le
régiment de Condé-Infanterie qui défile au second plan.
Une statue de Polyphème attribuable a Puget.
(Communication de M. Paul Ratouis de Limay.)
M. P. Ratouis de Limay montre plusieurs photogra-
phies d'une statue de Polyphème qui a été récemment
trouvée à Neuilly-sur-Marne et dégagée d'un mur où elle
était encastrée depuis la Révolution. Cette statue, en pierre
très dure, au grain très serré, mesurant 2^^o de hauteur,
représente le Cyclope homérique vu en pied, la tête tour-
née vers la droite, le corps courbé sous l'effort qu'il fait
pour soulever le quartier de roc qu'il va jeter sur son
I. Catalogue de l'Exposition rétrospective des Armées de
terre et de mer en 1900, par Germain Bapst (n" 124). Cf. égale-
ment un article dans le Carnet de la Sabvetache {n" 94), p. 608,
plus récemment une communication de M. de Nolhac à la
Société de l'Histoire de l'Art français {Bulletin de la Société...
(1920), p. 194) et un article du même auteur dans la revue Les
Arts (1920), n» 182, p. I, intitulé : Les récents accroissements
du Musée de Versailles.
1922 22
— 338 —
rival Acis, une draperie enroulée au bas du torse. Par la
robustesse de sa construction, par l'aisance de son exécu-
tion, cette statue évoque singulièrement une œuvre de
Pierre Puget qui se trouve au Musée de Rouen : VHer-
cule terrassant l'hydre de Lerne.
Le modelé puissant du torse du Gyclope, tordu par
l'effort, coupé de saillies, est tout proche de celui de l'Her-
cule. Dans les parties qui n'étaient pas protégées par le
mur, la pierre a malheureusement souffert des injures du
temps comme de celles des hommes; le nez a été cassé;
de la jambe gauche, il ne subsiste, à partir du genou, que
quelques morceaux. Toute la partie basse de la statue a
été rongée par l'humidité; on distingue cependant encore
une flûte de Pan et, à gauche, une feuille d'acanthe telle
que l'on en voit à la base de l'Hercule. Au-dessous du
pied droit de Polyphème, les traces d'une signature et
d'une date sont visibles : signature dont un P, un E et
un T sont encore lisibles, date qui semble comporter
deux 6.
La propriété sur l'emplacement de laquelle le Poly-
phème a été trouvé est nettement indiquée, avec ses bâti-
ments, son parc bien dessiné, ses bosquets, sur le plan
dressé en 1782 par Sémané; elle était située entre la grand'-
route de Paris à Lagny et le chemin de Neuillyà Gagny.
Elle appartenait, à la fin du xvii» siècle, à la veuve d'un
conseiller du Roi, M. Ricordeau; au xviiie siècle, elle
passa successivement entre les mains d'un président au
Parlement, Louis Ghauvelin, et de la veuve d'un autre
président, Louis Denis Talon, fils d'Omer Talon, puis du
marquis de Novion et de Gharles-Henri de Glermont-
Tonnerre. Rien ne subsiste aujourd'hui de cette impor-
tante propriété.
Si l'histoire de cette sculpture reste encore mystérieuse,
sa valeur artistique est incontestable. Puissante sans exa-
gération qui en compromette l'équilibre, harmonieuse
dans l'ensemble de ses lignes, elle exprime, avec inten-
sité, l'idée de la force chère à l'auteur des Cariatides^ de
V Hercule gaulois et du Milon de Crotone; elle n'est pas
indigne d'avoir été taillée par lui.
-339-
CINQUANTENAIRE DE LA SOCIÉTÉ
6 DÉCEMBRE I922.
Pour fêter le cinquantième anniversaire de la fondation
de la Société, un banquet par souscription a eu lieu le
6 décembre 1922, au Club de la Renaissance française,
sous la présidence de M. Paul Léon, directeur des Beaux-
Arts, membre de l'Institut, assisté de M. Paul Vitry, pré-
sident de la Société.
Assistaient au banquet : M^es j. Ballot et Jacqueline
Bouchot; Mme la vicomtesse de Janzé; MM. P. Alfassa,
M. Aubert, L. Bleuzet, A. Blum, A. Boinet, E. Borrel,
G. Brière, P. Brunold, Fr. Carnot, R. Charlier, L. Des-
hairs, A. Dezarrois, G. Dreyfus, E. Gelis, L. Gillet,
R. Gimpel, A. Godillot, H. Guerlin, J. Guififrey, le comte
L. d'Harcourt, L. Hautecœur, le Dr Jayle, René Jean,
A. Joubin, A. Kahn, R. Kœchlin, G. Lechevallier-Ghevi-
gnard, Max Leclerc, H. Lefuel, P. -A. Lemoisne, A Lévy,
J. Locquin, M. Lotte, Pierre Marcel, Fr. Marcou, E. Ma-
reuse, P. Marmottan, J. J. Marquet de Vasselot, G. Mi-
geon, M. NicoUe, A. Pereire, A. Ramet, P. Ratouis de
Limay, F. Raugel, L. Réau, S. de Ricci, G. Richebé,
R. Richebé, G. Rouchès, Ch. Saunier, le marquis de
Sayve, H. Soulange-Bodin, A. Tessier, J. Vallery-Radot,
J. Verrier, D. Weill, G. Wildenstein.
S'étaient excusés : MM. le comte de Camondo, J. Cor-
dey, Fr. Gourboin, G. Denoinville, d'Estournelle de Cons-
tant, A. Fontaine, Jaccaci, L. Lacrocq, P. Lavallée,
H. Lemonnier, A. Michel, A. Morancé, H. Prunières,
L. Régnier, R. Sandoz, L. Vaudoyer, F.-A. White.
A la fin du banquet M. Paul Vitry, président de la
Société, et M. Paul Léon, directeur des Beaux-Arts,
membre de l'Institut, ont prononcé les discours suivants :
Discours de M. Paul Vitry.
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes réunis ce soir pour fêter le cinquante-
naire de la Société de l'Histoire de l'Art français. Disons
■ — 340 —
tout de suite, pour être précis, suivant l'esprit de nos fon-
dateurs et suivant les bonnes méthodes critiques, que c'est
dès 1870 que la pensée d'où devait sortir la Société reçut
un commencement d'exécution. Des réunions avaient eu
lieu au printemps, des documents furent réunis, il y eut
dix feuilles imprimées et tirées. Mais la déclaration de
guerre et l'année terrible vinrent tout interrompre. On se
reprit au travail en 1872 et le premier volume de la Nou-
velle série des Archives de l'Art français porte le millé-
sime de 1872, date de notre premier exercice.
Marquons aussi tout de suite, pour être juste, que cette
nouvelle série d'archives ne faisait que continuer la pre-
mière qui avait vu le jour de i85i à 1860, chez l'éditeur
Dumoulin, parallèlement à VAbecedario de Mariette, et
évoquons tout d'abord la mémoire du grand ancêtre, du
patron de notre Société, le marquis Philippe de Ghenne-
vières, qui en fut, en 1872, le président d'honneur, mais
qui en avait été, vingt ans auparavant, le véritable initia-
teur. Il était parti, avec sa nature généreuse et fougueuse,
un peu à l'aventure (c'est lui qui l'a dit), n'ayant qu'une
médiocre poignée de documents en main, mais plein d'ar-
deur et de confiance dans les collaborateurs inconnus que
le grand mouvement d'érudition contemporain, celui des
Laborde, des Eudore Soulié, des Leroux de Lincy, allait
lui amener.
En 1872, M. de Ghennevières n'était encore que conser-
vateur du Luxembourg, mais il devait devenir l'année sui-
vante directeur des Beaux-Arts. G'est une bonne fortune
pour nous, Monsieur le Directeur, que d'avoir pour nous
présider ce soir celui qui aujourd'hui remplit si dignement
sa place. Vous n'êtes, du reste, mon cher Directeur, ni le
premier, ni le second à venir vous asseoir parmi nous.
Paul Mantz, Gastagnary, M. Henry Marcel, que sa santé
retient loin de nous ce soir, vous avaient précédé rue de
Valois et nous avaient apporté aussi, comme présidents ou
comme membres de nos comités, le secours de leur éru-
dition, de leur finesse ou de leur hardiesse de goût et de
leurs initiatives généreuses.
Mais nous sommes particulièrement heureux de vous
-34. -
avoir; car nous saluons en vous non seulement le chef de
nos administrations artistiques, le « surintendant », mais
l'homme de haute culture que ses études personnelles
prédisposaient mieux que quiconque à comprendre nos
efforts et à s'y associer. Nous savons que parmi les mul-
tiples questions qui vous assiègent, il en est une à laquelle
vous vous attachez avec prédilection, c'est celle de nos
Monuments historiques, c'est-à-dire d'une des principales
parties de notre patrimoine national. Vous en avez étudié
l'histoire, vous en connaissez les besoins, vous en dirigez
attentivement et logiquement l'entretien, je ne dis pas la
restauration. Nous ne saurions oublier le soin que vous
avez mis, durant la dernière guerre, à les défendre contre
des périls inouïs, celui que vous apportez à en panser res-
pectueusement les blessures, l'activité ingénieuse que vous
avez déployée, en ces temps de pénurie budgétaire, pour
trouver les ressources nécessaires à ces soins pieux. Si,
pour beaucoup, le marquis de Ghennevières restera
l'homme des commandes de la décoration du Panthéon,
Henri Roujon celui de la Caisse des Musées, si d'autres
directeurs auront marqué leur passage par leurs réformes
ou leurs achats, je ne veux médire d'aucune de vos initia-
tives, mais je crois que vous resterez le créateur de la
Caisse des Monum.ents historiques et l'animateur de ce
magnifique service.
Nos préoccupations ordinaires ne semblent pas s'atta-
cher exclusivement comme celles de telle autre société
archéologique à ces monuments historiques, mais nous
ne pouvons oublier qu'ils sont le plus beau fleuron de la
couronne de l'art français; parmi nos fondateurs de 1872
figuraient des architectes illustres comme Corroyer, Lisch,
Eug. Millet, Charles Garnier, Davioud, Paul Sédille, et
nous regrettons un peu aujourd'hui de ne pas voir à côté
de vos collaborateurs, administrateurs ou érudits, comme
Frantz-Marcou, Perrault-Dabot, Mansart de Sagonne ou
Jean Verrier, qui sont des nôtres, quelques-uns des tech-
niciens éminents de ce corps d'élite des architectes des
Monuments historiques.
Nous eûmes comme premier président en 1872 Anatole
— 342 —
de Montaiglon. Que n'ai-je le loisir d'évoquer comme il
le conviendrait cette curieuse figure d'érudit passionné,
de curieux universel que ceux de notre génération ont à
peine connu, mais dont l'activité inépuisable à laissé des
traces si précieuses dans tant de domaines, de ce grand
travailleur qui avait repris à son compte la fameuse devise
De jour en jour en apprenant mourant et qui l'appliqua
jusqu'au bout! Ouverture d'esprit singulière, inépuisable
obligeance, indifférence aux honneurs, modestie pitto-
resque, tels sont les traits essentiels, d'après nos anciens,
de cet ouvrier de la première heure qui, à vingt-quatre
ans, en 1848, rêvait de faire comme thèse à l'École des
chartes un Dictionnaire des artistes français du moyen
âge et de la Renaissance; qui fut, trois ans après, un des
collaborateurs les plus actifs des Archives de l'Art fran-
çais et qui mourut en iSgS, en corrigeant les épreuves de
la Correspondance des directeurs de l'Académie de France
a Rome, après avoir publié pour nous les dix volumes
des Procès-verbaux de l'Académie.
Jules Guiffrey, qui fut secrétaire de la Société sous la
présidence de Montaiglon, de 1872 à 1895, puis président
après lui, n'avait pu, vu son âge, collaborer aux premières
Archives. Il fut Tâme agissante et régulatrice des secondes.
Travailleur infatigable, lui aussi, il laisse une œuvre
énorme, où la précision scientifique s'allie au sens de l'art
le plus perspicace. Je n'ai pas à rappeler ici sa haute
conscience professionnelle et la place éminente qu'il sut
tenir aux Archives nationales et à la manufacture des
Gobelins. Mais les modèles qu'il nous a donnés dans ses
Comptes des Bâtiments du roi, ses Inventaires du duc de
Berry, ses Caffiéri ou son Histoire de la tapisserie sont
dans toutes les mémoires.
Accueillant et libéral, offrant dans sa propre maison
de la rue d'Hauteville un asile aux réunions de ses con-
frères de la Société, il fut vraiment le centre de ralliement
et la cheville ouvrière de la Société pendant de longues
années.
C'est autour de lui qu'elle se reconstitua plus jeune et
-343 -
plus vivante, grâce à la propagande opportune de notre
ami Pierre Marcel en 1906.
Les travailleurs ou les amateurs de la génération de
1872, les Courajod et les Darcel, les Gaston Paris et les
Georges Lafenestre, les Bonnaffé et les Gaston Dreyfus
s'étaient fatigués, dispersés ou avaient disparu. Ils s'étaient
peut-être insuffisamment recrutés, confiants dans l'acti-
vité, qui suffisait à entretenir les publications de la So-
ciété, d'une poignée de savants acharnés.
Un flot nouveau montait et vint à la rescousse. Nous
fûmes une centaine dès l'abord et la moisson des docu-
ments inédits reprit de plus belle : les publications régu-
lièrement suivies, Bulletin, Archives, monographies, se
succédèrent. Mais on ne s'en tint pas là; bien des esprits
s'étaient ouverts : aux travailleurs isolés, aux profession-
nels de l'érudition vinrent se joindre des professeurs, des
fonctionnaires, des amateurs; nous sommes plus de
quatre cents aujourd'hui. Aux besognes confidentielles
d'autrefois succédèrent des discussions plus ouvertes.
Certes les principes restaient identiques : réunion de
matériaux plutôt que dissertations esthétiques. « Nos Ar-
chives, écrivait Montaiglon en 1862, ne doivent pas être
un édifice; c'est une carrière ou chacun peut, à l'occa-
sion, venir chercher, déjà dégrossies, les pierres qui
peuvent lui être nécessaires. » Mais aux textes, aux quit-
tances, aux lettres inédites, nous avons cru pouvoir ajou-
ter les documents graphiques, attaquer les œuvres elles-
mêmes; un souffle d'art a pénétré plus largement parmi
nous; nous ne nous sommes plus contentés d'être des
archivistes, des notaires, disait Courajod.
Des séances régulières et animées se sont tenues :
d'abord dans l'accueillante maison du Pavillon de Marsan,
ouverte grâce à la bienveillance du président de l'Union
centrale des arts décoratifs, notre regretté confrère
Georges Berger, dont nous sommes heureux de saluer ici
ce soir le successeur, M. François Carnot. Puis, le besoin
d'espace et de secours nouveaux, les projections, demain
peut-être le cinématographe! nous poussèrent vers l'École
— 344 —
du Louvre, dont l'accès nous fut rendu facile grâce à
notre directeur M. d'Estournelles de Constant. Il s'est sou-
venu de la place qu'avaient tenue dans la Société les
représentants des Musées nationaux, depuis Ghennevières,
Barbet de Jouy, Courajod, Lafenestre, jusqu'à M. André
Michel et à ceux d'aujourd'hui que je ne citerai pas..., ils
sont trop !
Peut-être nous permettra-t-il même de lui amener un
jour quelques musiciens. La musique fait partie intégrante
de l'art français; il me semble, nous avons patronné la publi-
cation du Catalogue des manuscrits musicaux de la Biblio-
thèque nationale, par notre brave et regretté confrère
Écorcheville; nous avons parmi nous des historiens de la
musique comme MM. Prunières et Raugel, qui nous ont
déjà entretenus de leurs sujets favoris. Si les historiens de
la peinture et de la sculpture produisent leurs preuves
dans nos séances, pourquoi ceux de la musique ne le
feraient-ils pas aussi? En tout cas, pour nous mettre en
goût, Mesdames et Messieurs, nous avons prié M. Raugel
d'organiser le concert de musique ancienne de ce soir avec
notre dévoué secrétaire M. Ratouis de Limay, dont je ne
trahirai pas la modestie en disant que l'art musical est un
peu aussi le domaine privé de l'historien de Perronneau.
Vous y pourrez applaudir, comme le méritent leur gra-
cieux concours et leur talent reconnu, MM. Louis Bleuzet,
professeur au Conservatoire, Eugène Borrel, violoniste,
Paul Brunold, claveciniste, et François Gervais, violon-
celle soliste des concerts Lamoureux.
Nos séances et nos publications, enrichies parfois de
quelques contributions généreuses dont nous sommes par-
ticulièrement reconnaissants à leurs auteurs, se sont régu-
lièrement poursuivies depuis 1906, même pendant les dures
années de la grande guerre de 1914 à 1918. La Société a
tenu et elle s'est trouvée plus florissante que jamais au
lendemain de la victoire. C'est elle qui a pris l'initiative de
la convocation et de l'organisation d'un Congrès d'histoire
de l'Art en 1921, où se sont réunis nos alliés et nos amis
de l'étranger, congrès qui, nous pouvons le constater sans
— 345 —
fausse honte, a largement servi le rayonnement de la
pensée et de l'art français.
Cette croissance continue et ces succès, c'est d'abord,
Messieurs, à l'autorité et à l'activité de ses présidents que
la Société les doit. Après Jules Guiffrey, nous avons eu à
notre tête des hommes comme Maurice Tourneux et
Alexandre Tuetey, archivistes, bibliographes, historiens
éminents, qui manquent à l'appel aujourd'hui et qui repré-
sentaient parmi nous l'esprit de la vieille société.
M. André Michel nous a apporté, avec l'autorité de sa
carrière de critique, de conservateur et de professeur, avec
l'autorité plus grande encore de son caractère, un appui
moral considérable. C'est lui qui a assumé la lourde tâche
de présider le Congrès de 192 1 ; le succès mondial de son
Histoire de l'art l'y prédestinait et vous savez tous comment
il s'en est acquitté. M. Henry Lemonnier était aussi pour
beaucoup d'entre nous, grâce à l'enseignement qu'il avait
inauguré en Sorbonne, un maître respecté et aimé,
que nous avons été heureux et fiers de retrouver à notre
tète. Il s'est dévoué depuis à la continuation de l'œuvre
de Montaiglon en se chargeant de publier les Procès-
verbaux de l'Académie d'architecture ; qu'il en soit ici
publiquement remercié!
MM. Henry Martin et Henri Stein nous ont apporté,
avec leur dévouement scrupuleux, l'étendue de leurs com-
pétences, qui va des origines de notre art national aux
époques les plus récentes et les plus goûtées de notre
temps, des maîtres d'œuvres et des enlumineurs du moyen
âge aux peintres et aux sculpteurs du xviiie siècle. J'ai
déjà dit ce que nous devions à M. Henry Marcel, ancien
directeur des Beaux-Arts, puis des Musées nationaux.
Les autres m'excuseront de les nommer simplement.
Marquet de Vasselot, Brière et notfe président de demain,
Jean Guiffrey, qui reprendra parmi nous la succession
paternelle, appartiennent, comme moi-même, à une
nouvelle génération, je ne peux plus dire à une génération
de jeunes, puisque nous avons tous atteint ou légèrement
dépassé l'âge respectable de notre Société et pourrions
— 346 —
presque fêter ce soir notre commun cinquantenaire. Nous
avons fait ou ferons de notre mieux. Voilà tout.
Mais la prospérité d'une Société, Messieurs, ne dépend
pas seulement de l'autorité, de l'activité, ou de la simple
bonne volonté de ses présidents. Ghennevières et Mon-
taiglon faisaient déjà jadis largement appel dans leurs
avertissements à la collaboration active de leurs adhérents.
Je vous dirai de même; c'est entre vos mains. Messieurs,
et vous aussi. Mesdames, puisque vous avez bien voulu
nous apporter votre concours et puisque déjà nous avons
consacré l'un de nos volumes au remarquable travail de
Mlle Ballot sur l'ébéniste Gressent, c'est entre vos mains
qu'est l'avenir de la Société. Elle sera ce que la feront
vos recherches et vos communications. A vous de nous
apporter les textes nouveaux, les monuments inédits, peu
connus, ou renouvelés par vos commentaires, qui s'ajou-
teront à la masse de ceux déjà accumulés et qui s'expri-
ment par ce monument composé bientôt d'une centaine
de volumes publiés par la Société à la gloire de l'Art
français.
Nous sommes les bons ouvriers de ce monument qui
consacre et met en lumière le passé de notre pays sous
une de ses faces les plus brillantes. Mais nous travaillons
sans préjugé et sans parti pris. Le philosophe Victor
Gousin, collaborateur un peu inattendu de nos anciennes
Archives, reprochait un jour avec quelque hauteur à Mon-
taiglon d'avoir discuté l'attribution à Jean Gousin de la
statue de l'amiral Ghabot. « G'est un crime de lèse-patrie,
disait-il, que de mettre au jour des documents de nature
à porter atteinte aux gloires consacrées et aux grands
noms de l'école française. » Qui de nous, Messieurs, ne
donnerait raison à Montaiglon ? Pour moi, si l'un de vous
m'apportait demain le document décisif qui prouverait que
la Diane de Jean Goujon n'est pas de Jean Goujon,
j'effacerais sans scrupule le nom du grand sculpteur du
cartel placé au-dessous de la pièce considérée jusqu'ici
comme son chef-d'œuvre. Nous mettons au-dessus de
tout, suivant l'enseignement de nos maîtres, le respect de
la science et de la vérité historique.
- 347-
C'est dans cet esprit, Mesdames et Messieurs, que nous
continuerons à travailler, c'est grâce à l'activité désinté-
ressée de ses recherches que notre Société gardera son
bon renom et méritera son succès permanent en l'honneur
duquel je vous prie de lever vos verres avec moi.
Discours de M. Paul Léon.
Depuis de nombreuses années, j'ai été trop occupé par
l'administration des arts pour penser à leur histoire. Un
temps viendra, je l'espère, plus libre et plus riche en
loisirs, où j'aurai conquis quelque droit de m'asseoir à
votre table, non plus pour la présidence d'un soir mais
pour le travail utile d'une réelle collaboration. Je me
félicite, en attendant, que ma destinée administrative
m'ait permis de m'associer à la commémoration de votre
cinquantenaire. Pour les Sociétés comme pour les indi-
vidus les anniversaires sont propices aux examens de
conscience. Avoir vécu n'a de sens que si l'on a bien
vécu. Vous êtes de ceux qui ont le droit de regarder en
arrière avec fierté, en avant avec confiance.
1872- 1922. Les deux lendemains des deux guerres. La
défaite donne des leçons qui sont souvent salutaires Elle
nous avait montré l'impuissance de l'effort individuel, si
généreux qu'il puisse être, devant la forte discipline des
organisations collectives. L'Empire avait, d'un cœur léger,
précipité l'aventure. Nous gardâmes devant l'Europe la
figure d'un peuple léger, vaincu par la supériorité d'une
méthode rationnelle mise aux mains d'une nation qui ne
laisse rien au hasard. Pendant un demi-siècle, nous avons
subi l'influence de nos ennemis, parfois jusqu'à la fasci-
nation et au mirage. La pensée d'une organisation métho-
dique, devenue la règle de vie dans tous les]]ordres de
recherches, n'a pas été étrangère à la tentative des Ghenne-
vières, des GuifTrey, des Montaiglon pour grouper les his-
toriens d'art autour des nouvelles Archives. A vrai dire
l'idée remontait plus loin. Dès i85i, le marquis de Ghenne-
vières, s'inspirant du grand effort tenté vingt ans plus tôt
par Guizot pour la publication des documents inédits,
— 348 —
travaillait à faire sortir l'histoire de l'art de la vénérable
poussière des siècles qu'avait rudement secouée la tour-
mente révolutionnaire, et o'est presque un centenaire que
nous aurions le droit de célébrer aujourd'hui si l'on
rattache cette tentative à celle qu'avait faite déjà la
monarchie de Juillet en faveur de notre histoire artistique
et monumentale.
Depuis ces origines lointaines, que de chemin parcouru !
Les légers fascicules des premières années sont devenus
d'épais volumes. Il n'en faudra pas moins de six pour
votre bibliographie. Ce ne sont pas là des matériaux
posés sans ordre ni liaison comme des moellons sur un
chantier. Chaque pierre a sa place dans l'édifice et l'édifice
lui-même se présente en son entier quand il nous restitue
la vie de l'ancienne École de Rome ou celle des Aca-
démies royales. Quel renouveau apporte à l'histoire de
l'architecture, si injustement négligée, l'admirable publi-
cation poursuivie par M. Lemonnier, vaste répertoire de
faits et d'idées où les sujets les plus divers sont abordés
ou traités, qu'il s'agisse de l'origine des antiques pyra-
mides d'Egypte ou bien de l'utilisation de la force des
marées! « L'histoire, disait Henri Heine, est un prophète
qui regarde en arrière. » Que de réalisations d'aujourd'hui,
que d'actualités de demain sous cette poussière du passé
et combien nos Académies gagneraient à s'inspirer des
leçons de leurs devancières!
Vous avez tenu à honneur de créer non seulement un
centre de publications mais encore un centre de discus-
sions et de recherches. Votre Bulletin dont l'heureuse pré-
sentation a progressé de jour en jour est l'organe le plus
vivant de l'histoire des arts français. Le congrès de l'année
dernière a récompensé votre effort et couronné vos tra-
vaux. Qui de nous n'a, depuis lors, évoqué avec fierté
l'hommage rendu en Sorbonne par tant de nations diverses,
si voisines et si lointaines, à l'universel rayonnement de
notre art et à ses vertus éducatrices?
Nous sommes en 1922, un lendemain de victoire. Il
n'est pas sans inquiétude : nous devons serrer nos rangs,
la mort a passé parmi nous; moins qu'ailleurs se comblent
— H9 —
les vides. Les difficultés du présent, les préoccupations
de l'avenir détournent les esprits du passé. La vie est
courte, l'art est long. On s'élance éperdument vers la vie
ou du moins vers ses apparences. La hâte des réalisations
fait élire les buts les plus proches et trop oublier parfois
qu'une nation comme la nôtre emprunte à son patrimoine
de beauté le meilleur de son prestige, le plus sûr de sa
richesse et le sens même de son destin. Dans un livre
récent dont le plus bel éloge qu'on puisse faire est de
dire qu'il est égal à son objet, notre camarade Louis Gillet
observe très justement que la tradition n'est pas ce qu'on
accepte du passé mais ce qu'on en porte dans le sang et
qu'on n'est pas plus maître d'en conjurer les effets qu'on
ne le serait d'éluder les lois de l'hérédité.
Nous sommes un pays d'équilibre et un peuple de raison.
Il est difficile de croire que les nobles traditions de la
recherche historique puissent être longtemps désertées
ou tenues en moindre crédit; il est difficile de croire que
le travail intellectuel ne reprenne pas bientôt son rang,
je ne dis pas seulement dans la hiérarchie des prérogatives
et des honneurs, mais dans celle des salaires et des droits,
parmi lesquels le droit au livre, le droit à l'impression est
vraiment le droit à la vie. A nous de hâter le retour aux
conditions normales d'existence. Dans cette œuvre de
reclassement intellectuel et social, l'État peut-il rester
passif? Je ne suis pas de ceux qui s'exagèrent les bienfaits
de son intervention et je pense que, quand il laisse les tra-
vailleurs travailler, il a déjà rempli plus de la moitié de sa
tâche. Je n'irai pourtant pas jusqu'à dire qu'il faille se
défier de lui, même lorsqu'il offre des présents. Le présent
qu'il vous apporte aujourd'hui, c'est un beau domaine
parisien dont une généreuse donation l'a rendu proprié-
taire et qui sera, pour les artistes et pour les historiens
d'art, un centre de réunions, d'informations, de recherches.
J'espère aussi qu'il pourra, dans un très prochain avenir,
créer une publication qui fera connaître à tous l'activité
de nos Musées et les faits essentiels de la vie artistique
en France.
Permettez-moi, en terminant, de saluer les forces vives
— 35o —
qui assurent votre renouveau et vous gardent de la
vieillesse en souhaitant qu'à votre Centenaire, ceux qui
viendront après vous sachent travailler d'un même cœur
pour une aussi riche moisson.
Le banquet a été suivi d'un concert de musique ancienne
auquel tous les membres de la Société étaient invités. Les
artistes remarquables qui avaient bien voulu prêter leur
très aimable et précieux concours à cette soirée exécu-
tèrent avec une absolue perfection le programme suivant :
MUSIQUE DE CHAMBRE DE L'ÉCOLE FRANÇAISE
DES XVIie ET XVIII* SIÈCLES
AVEC LE CONCOURS DE
MM. Louis Bleuzet, professeur au Conservatoire, haut-
bois soliste de l'Académie nationale de musique et de
la Société des Concerts. — Eugène Borrel, violoniste.
— Paul Brunold, claveciniste. — François Gervais,
violoncelle soliste des Concerts Lamoureux.
1 . Une sonate de violon de Jean Marie Le Clair Taîné
(1738) {Grave; Allegro; Sarabande; Tambourin).
MM. Borrel et Brunold.
2. Sept pièces de clavecin de Jacques de Ghambon-
nières (1670) {Allemande la Dunqiierque ; Courante
Paschalia; Sarabande ; Chaconne^ Gigue où il y a
un canon; Volte; Rondeau). M. Brunold.
3. Un concert royal de Gouperin (17 14) {Prélude; Cou-
rante françoise; Musette; Sarabande; Forlane).
MM. Bleuzet, Borrel, Brunold et Gervais.
4. Deux mouvements d'une sonate de violon de Jean-
Joseph de Mondonville Talné (vers 1740) {Aria;
La Caccia). MM. Borrel et Brunold.
— 35i —
5. Quatre pièces de clavecin de François Couperin
{la Couperin (Allemande); les Silvains; la Zenobie;
les Satires chèvre-pieds). M. Brunold.
6. Trois pièces de violon de François Du- Val (1718),
jouées sur le hautbois [Un peu gay; Sarabande;
Gavotte la Girouette). MM. Bleuzet et Brunold.
7. Un concert de Jean Philippe Rameau (1741) [la Cou-
licam; la Livri; le Ve^inet). MM. Borrel, Bru-
nold et Gervais.
(Clavecin Fissot, 1762.)
NOTES ET DOCUMENTS
L'ARCHITECTE
DOMINIQUE BACHELIER
A SARAGOSSE
« Fort ingénieux et sçavant en Tarchitecture », qua-
lifié tantôt de « maistre des œuvres royaulx », tantôt
de « maistre architecteur », Dominique Bachelier était
fils d'un maître maçon et imagier de Toulouse,
célèbre dans toute la région, Nicolas Bachelier, sur
qui Inattention a été récemment appelée par un
magistral travail de M. Henri Graillot^ Continua-
teur de son père, il poursuit la construction du
fameux hôtel d'Assézat, dessine les modèles de décora-
tion pour rentrée de Charles IX à Toulouse (1564) et
organise les fêtes ordonnées en l'honneur de Cathe-
rine de Médicis et de Marguerite de Navarre (iSyS),
entreprend des ouvrages au Capitole, dresse le plan
du château de la Réole, près de Cologne-du-Gers
(1579)^, dirige des travaux de fortification au clocher
de Villefranche-de-Rouergue, pour ne parler que de
ses occupations les plus importantes^. Bien que rendu
1. Nicolas Bachelier, imagier et maçon de Toulouse au
XVI' siècle (Toulouse, Privât, 1914) [vol. XVII, 2' série, de la
a Bibliothèque méridionale »].
2. Ce château, un des plus beaux spécimens de l'architec-
ture civile du sud-ouest, existe encore sans modifications.
3. Voir la notice que lui consacre M. Graillot dans son livre,
p. 353-359.
^ 35^ -
suspect par ses faits et gestes lors des dissensions
religieuses qui troublèrent Toulouse en i562, Domi-
nique Bachelier n'a cessé d'être, jusqu'en i582 au
moins, l'architecte à la mode au talent duquel on
faisait appel de tous côtés.
Voici une nouvelle mention, postérieure à toutes
les précédentes, qui viendra s'ajouter à celles que
M. Henri Graillot a réussi à relever dans les archives
toulousaines. Elle nous apporte la preuve que la répu-
tation du savant architecte avait franchi les Pyrénées.
C'est une lettre de Philippe II à son ambassadeur en
France, qui le concerne spécialement :
A Ju. Baptista de Tassis.
De parte de la ciudad de Caragoça se meha represen-
tado la mucha necessidad que ayes repara la puente
d'ella, per que ay un magistro sufficiente en esse reyno,
natural de Tolosa, llamado Domingo Bachiller, el quai
refusa de venir a Caragoça por ser officiai del rey, y no
tener licencia suya para ello, supplicando me que po pro-
curasse la dicha licencia, loqual he tenido por bien de
hazello por otro medio, y assi os encargo y mando que,
luego en recibiendo esta carta, procurais que el rey per-
mita qu'el este hombre venga a Caragoça, a entender en
el reparo de aquella puente, y quando de otra manera no
pudieredes alcançallo, se lo pedireis de mi parte, y amsa-
reis de lo que se tisiere. De St Lorenzo, a 26 de marzo
i584'.
Il ne s'agit donc pas d'une entreprise de haut intérêt
artistique. Le roi d'Espagne fait appel à Dominique
Bachelier simplement pour effectuer des réparations
que la ville de Saragosse est désireuse de faire exécuter
au pont qui réunit les deux rives de l'Èbre. Bachelier,
déjà averti, a refusé; il a prétexté que, retenu par ses
fonctions en France, il n'avait pas l'autorisation de se
I. Archives nationales, K i563, n" 5.
1922 23
- 354 -
rendre en Espagne. Il faut donc obtenir pour lui cette
autorisation, et l'ambassadeur devra s'y employer de
son mieux à Paris. Y réassit-il? C'est ce que nous ne
saurions affirmer. La réponse à cette question se
trouve dans les archives espagnoles. Du moins pou-
vons-nous sans plus tarder ajouter un nom à la liste
déjà longue des artistes français dont la notoriété était
grande à l'étranger.
Henri Stein.
355
SUR
LE TABLEAU D'EUSTACHE LE SUEUR :
SAINT PIERRE RESSUSCITANT TABITHE
Dans le tome V (1877) ^^^ Nouvelles Archives de
l'Art français, J.-J. Guiffrey a publié la mention sui-
vante, extraite du registre O^ 1229 des comptes des
Bâtiments du roi, à la date du 9 août 1776 : « Mémoire
tendant à informer M. le Directeur général de la vente
faite par les marguilliers de Saint-Étienne-du-Mont
d'un tableau par Lesueur actuellement chez le sieur
Folio, marchand, rue Montmartre », ajoutant qu'il
eût été heureux de retrouver et d'imprimer le mémoire
enregistré en ces termes. M. Furcy-Raynaud nous
a communiqué le texte qui avait échappé aux investi-
gations de son savant devancier. Nous l'insérons ici,
complétant ainsi la note jadis consacrée à l'œuvre du
grand peintre français.
M. Cuvilhier. . . _ , ... . .„
^ A Monsieur le comte a Ansivillers .
9 aoust 1776. °
Mémoire.
Le célèbre Eustache le Sueur, qui passe pour le Raphaël
de l'École françoise, avoit fait dans son meilleur tems un
tableau qu'il destinoit, dit-on, pour décorer sa sépulture,
et qu'il avoit donné à cet effet à l'église de Saint-Étienne-
Dumont, sa paroisse.
Le sujet de ce tableau, de 6 pieds de haut sur 4 de
largeur, est l'apostre Saint Pierre, au moment où les
veuves de Joppé lui demandent la résurrection de Tabith.
Cette femme est étendue morte sur un lit à l'antique.
Une partie des personnages s'occupent d'elle et la
pleurent, l'autre implore la puissance de l'apôtre et lui
montrent pour l'émouvoir les robes que cette femme
- 356 -
charitable faisoit pour les pauvres. Tout dans cette belle
scène est animé du plus tendre intérêt. Tout y respire la
noblesse et la vérité. Le dessin et la couleur en sont égale-
ment estimés. Monsieur Ghalles, dessinateur du Cabinet
du Roy, le regarde comme un chef-d'œuvre.
Malgré son mérite et sa destination, ce tableau est resté
longtems inconnu dans une chapelle obscure de Saint-
Etienne-Dumont, et les Marguilliers ayant eu besoin
d'argent pour quelque ouvrage de menuiserie ont fini par
le vendre à un sieur Folio, marchand rue Montmartre vis
à vis la rue du Bout du monde chez lequel il n'y a pas
plus de i5 jours que ce bel ouvrage étoit encore exposé
en vente bien nettoyé et enrichi d'une assés belle bordure
dont il l'a décoré.
Il est à craindre que ce morceau de peinture qui appar-
tient à la patrie et au tombeau de le Sueur, ne passe en
pays étranger, et Ton croit pouvoir le dénoncer au Mi-
nistre des arts dans la circonstance présente où il paroît
que Sa Majesté, attentive au progrès des arts et à la gloire
des artistes, veut rassembler dans son Palais du Louvre
la collection des ouvrages de nos meilleurs peintres et
surtout de le Sueur.
Peut-être que par égard pour l'intention de l'auteur la
Mort de Tabith, au lieu d'être jointe à cette riche collection
devoit être rendue à l'église de Saint-Étienne-Dumont, et
y occuper une chapelle où ce tableau désormais inaliénable
seroit le principal ornement d'un mausolée simple élevé à
la gloire du Peintre.
Son nom seul feroit son éloge et son épitaphe; on
abandonne ces vues à la sagesse du Ministre des arts.
Il suffit de lui avoir dénoncé le larcin fait à la mémoire
et à la gloire de le Sueur : son goût éclairé saura bien en
faire le plus digne usage.
(Archives nationales, O* igi3, année 1776, 6, n" 202.)
Guillet de Saint-Georges a parlé du tableau de Le
Sueur dans sa notice sur l'artiste publiée au tome I«'
des Mémoires inédits sur les Académiciens (p. 164) :
« Derrière le chœur de l'église de Saint-Etienne-
- 357-
du-Mont\ M. Le Sueur a peint pour l'autel de la cha-
pelle de Saint Pierre, qui est sur la main gauche de la
chapelle de la Vierge, un tableau représentant ce
prince des apôtres qui ressuscite Tabithe ou Dorcas;
ce qui est tiré du g^ chapitre des Actes des Apôtres.
M. Girardon a ce dessin de la main de M. Le Sueur^. »
Le Musée du Louvre possède deux dessins rela-
tifs à cette peinture : une étude au crayon noir, par
Le Sueur, représentant la morte étendue sur le lit et
deux personnes à genoux qui la désignent [Inventaire
des dessins du Louvre^ École française, par J. Guif-
trey et P. Marcel, t. IX, p. yS, n» 9196, et Archives
de V Art français ^ t. II, p. 104) et l'ensemble delà com-
position d'après la peinture du maître (Inventaire des
dessins^ par J. GuifFrey et P. Marcel, t. IX, p. 96,
n9 9392, et Archives de l'Art français^ t. II, p. 114).
Au dos de ce dessin anonyme on lit cette mention au
crayon : « Ce tableau qui était à Saint-Etienne-du-
Mont est passé en Angleterre et avait été acheté par
Folio ».
Dans le catalogue de la vente de Huquier, en 1772,
figure un dessin de Le Sueur sur ce sujet et le rédac-
teur déclare que « le tableau original appartient à
M. Folio. » La peinture avait donc été déjà aliénée
par les marguilliers de Saint-Étienne-du-Mont dès
cette époque.
Le mémoire ci- dessus fut présenté au comte d'Angi-
viller au moment où il venait de faire acquérir pour
le futur Muséum les décorations de l'hôtel Lambert
1. Papillon de la Ferté, dans V Extrait des différens ouvrages
publiés sur la vie des peintres {"po-V H. P. D. L. F.) (Paris, 1776,
t. Il, p. 483) écrit : « Il y avait à Saint-Étienne-du-Mont la
Mort de Tabithe qui a été vendue par les Marguilliers à un
marchand de tableaux ».
2. C'est probablement ce dessin qui appartint plus tard à
Huquier (vente de 1772, n° 3oi). Voir Archives de l'Art fran-
çaisy t. II, p. 87-88.
— 358 —
et recherchait partout des œuvres de Le Sueur. Malgré
ce désir, le tableau ne fut pas acheté pour le roi. Nous
ne le connaissons maintenant que par une gravure de
C. Duflos. Où se trouve-t-il aujourd'hui? Il serait
intéressant de le savoir. Puisse cette note susciter le
renseignement souhaité.
- 359 - •
UN TABLEAU ALLÉGORIQUE
DE
PIERRE MOSNIER
A L'HÔPITAL DE LA SALPÊTRIÈRE
Au tome XXI de la Revue universelle des Arts^
paru en i865 (p. 117), est reproduit un passage
du Mercure galant extrait du cahier de novembre
1679, décrivant un tableau composé en l'honneur de
Louis XIV, offert par « M. Aubert, bourgeois de Paris,
au grand bureau des pauvres^ ». Il peut être inté-
ressant de signaler aux historiens que cette grande
machine allégorique, d'exécution fort médiocre, attri-
buée par le Mercure au peintre « Le Monnier », dans
lequel il faut reconnaître évidemment Pierre Mosnier
(1641-1703), se retrouve à l'hospice de la Salpétrière.
Elle a été fort bien décrite par Marcel Fosseyeux dans
son très utile Inventaire des objets d'art appartenant
à V administration générale de l'Assistance publique
à Paris (Paris, Berger-Levrault, 191 o, in-8°), à la
page 90. L'auteur, n'ayant pas retrouvé le passage du
Mercure^ n'a pu nommer l'auteur du tableau ou
deviner tout le symbolisme compliqué de la compo-
sition. Aussi croyons-nous utile de réimprimer la
description du Mercure en y introduisant quelques
rectifications d'après l'observation directe.
G. B.
Les continuelles victoires que le roy a remportées sur
ses ennemis sont le sujet d'un magnifique tableau donné
depuis peu par M. Aubert, bourgeois de Paris, au grand
I. Sur cette institution, voir Léon Cahen, Le grand bureau
des pauvres de Paris au milieu du XVII J^ siècle. Paris, Gor-
nély, 1904, in-S*"-
— 36o —
bureau des pauvres. Le dessin est de son invention, et le
sieur Le Monnier, l'un des plus excellents peintres de
l'Académie, lui a prêté sa main pour l'exécuter.
On voit sur une toile, longue de 9 à lo pieds et haute
de 5 à 6 [haut. 1^80, larg. 3^6o d'après Fosseyeux], un
grand salon d'une noble architecture. Les illustres con-
quérants dont les Grecs et les Romains ont fait leurs
héros sont placés dans le pourtour. On y a joint Charle-
magne, Henri le Grand, et enfin ceux de nos rois dont
les belles actions approchent le plus des miracles de notre
auguste monarque.
Au milieu de ce salon est un piédestal de différents
marbres. Il y a au pied un faisceau de flèches rompues
qui représente les Provinces-Unies, des boucliers bri-
sés sur lesquels le lion d'Espagne et l'aigle de l'Empire
sont peints, et la Toison d'Or humiliée sous un fer vic-
torieux.
Sur ce piédestal, trois génies, qu'il est aisé de connaître
pour les symboles de la Sagesse, de la Valeur et de la
Libéralité, placent le portrait du Roi et semblent vouloir
dire que c'est à Louis le Grand que cette place était
réservée avec justice, puisque le Ciel, pour le bonheur et
la gloire de la France, a assemblé dans son auguste per-
sonne toutes les admirables qualités de ces divers con-
quérants. C'est ce que signifient ces paroles, qui sont
gravées en lettres d'or sur une table de marbre du piédes-
tal {cette inscription n'existe plus, elle a été reportée sur
le drapeau de la Renommée] :
Tôt numina in uno.
La Renommée paraît à côté. Elle tient d'une main sa
trompette et son drapeau déployé, et de l'autre elle montre
le portrait du Roy aux quatre parties du monde [symbo-
bolisées par un Asiatique, un Africain, un Européen et un
Américain] qui sont, à droite et à gauche, en postures de
personnes touchées en même temps de frayeur, d'admi-
ration et de reconnaissance. Ces quatre vers sont dans le
drapeau de la Renommée et expriment ce que semble
— 36i —
vouloir dire leur action [ces vers ont été effacés et retn-
placés par la devise latine ci-dessiis] :
Peuples, ne vantez plus le sang des demi-dieux
Et de la Grèce antique et de la vieille Rome,
Louis vous fait bien voir, par ses faits glorieux,
Que toute leur vertu brille dans un seul homme.
Deux autres petits génies, qui sont dans le bas du pié-
destal, semblent avoir été envoyés à ces quatre parties du
monde pour leur expliquer ce que signifient ces armes
brisées, ces boucliers et les autres symboles qui sont l'or-
nement de ce piédestal [cette partie a été altérée par de
nombreux repeints, des attributs ont disparu]. Leur action
est toute parlante et il n'y a aucune de ces figures qui
n'animât la Victoire à mettre sur la tête du Roy la cou-
ronne qu'elle tient.
Un dessin si ingénieux méritait de ne vous être pas
inconnu.
Dne inscription que ne relève pas le Mercure est
peinte sur un bouclier et atteste l'origine de la pein-
ture et sa destination; la voici, d'après V Inventaire
précité :
M. Aubert, ancien commissaire des pauv-
res soubs le règne de Louis le Grand, a
laissé à la postérité la înarque de son
^cle pour la gloire de ce magnanime tnonarque, par
le don qu'il a fait de ce tableau à la célèbre
compagnie, Van i6j5.
— 362 —
DEUX ŒUVRES
DE
GUILLAUME COUSTOU
I. — Le buste du P. Darerès de La Tour.
La photographie^ du beau buste conservé au lycée
de Tournon (Ardèche), reproduit vis-à-vis de ces
lignes, nous a été aimablement communiquée par
M. A. Guéritte, architecte des monuments histo-
riques, qui nous a signalé ainsi la valeur et l'intérêt
de cette sculpture presque inconnue.
Ce buste, en marbre blanc, de grandeur naturelle,
représente le P. Pierre-François Darerès ou Darerez
de La Tour (i653-i733), supérieur général de Tordre
de rOratoire pendant trente-sept ans, de 1696 jusqu'à
sa mort. La désignation iconographique tradition-
nelle est confirmée par la vue d'une petite gravure
assez médiocre publiée par Desrochers, représentant
le religieux tourné de trois quarts à droite, en buste,
dans un ovale '^.
La présence du portrait du célèbre oratorien est
naturelle en ce collège anciennement gouverné par
des religieux de l'ordre, mais aucun document n'a
permis encore d'établir avec exactitude à la suite de
quelles circonstances le buste se trouve être la pro-
priété du lycée de Tournon^. M. Massip, dans son
ouvrage sur le Collège de Tournon (Paris, Picard,
1. Exécutée par le regretté D"" Bonnard.
2. Catalogue des portraits à la Bibliothèque nationale^ t. VI,
p. 69. Un autre portrait représentant l'oratorien jeune est insi-
gnifiant.
3. Ce buste est classé comme monument historique depuis
le 10 mars 1909.
Le p. Darerès de La Tour
PAR Guillaume Goustou.
(Lycée de Tournon.)
Cliché Sylvestre.
— 363 —
1890), n'a fourni aucune indication sur l'histoire de
la sculpture. M. H. Sebert, proviseur actuel du lycée,
dans une note qui était jointe à l'image, suppose que
le P. Anglade, qui fut nommé directeur du collège
quand les Oratoriens en prirent possession en 1776,
après le bannissement des Jésuites, aurait fait venir
le portrait de Lyon où il dirigeait le collège de la
Trinité, avec le tableau représentant le cardinal de
BéruUe, conservé également au lycée. Mais il paraît
plus vraisemblable de retrouver la mention du buste
de marbre dans cette ligne de Thiéry qui, après
avoir décrit l'église de l'Oratoire, parle de la « maison
religieuse des Oratoriens » et signale quelques œuvres
d'art ornant la bibliothèque, parmi lesquelles « le
buste en marbre du célèbre général P. de la Tour »
(Guide des amateurs et des étrangers à Paris ^l. I,
1787, p. 325). Le P. Ingold, dans son ouvrage V Eglise
de l'Oratoire Saint-Honoré (Paris, 1886), ne parle pas
du buste du Supérieur général de l'ordre; les papiers
de Lenoir publiés sont muets sur le passage éventuel
de la sculpture au dépôt des Petits-Augustins; force
est donc de nous résigner à ignorer son origine et
l'époque de son arrivée à Tournon.
Quel est l'auteur de cette œuvre d'un saisissant
réalisme et d'une incontestable beauté ? Point de signa-
ture ni d'inscription sur le marbre ;^eule une petite
mention au crayon, qui est vraisemblablement mo-
derne, indique le nom de Guillaume Coustou. C'est
en effet à ce maître qu'il est légitime de songer devant
un pareil morceau, surtout quand on connaît un autre
buste qui doit lui être confronté : celui en terre cuite
représentante même personnage, conservé au Musée
du Louvre. Cette terre cuite fut acquise pour les
Musées royaux en 1839, ^^ M- Demalet, au prix de
cent francs, le personnage étant alors ignoré (n» 256
de la Description des sculptures des temps modernes au
— 364 —
Louvre, par H. Barbet de Jouy, édit. de 1876, p. iSy).
En arrière du piédouche on lit : Coustou, 1733.
Depuis, le religieux fut identifié et il porte son nom
exact au Catalogue sommaire de 1897 ("° 544). C'est
une étude de la tête seule, avec une courte indica-
tion du corps (h. 0,49). Est-ce le modèle original du
marbre, plus ample et plus puissant d'accent, ou une
réplique postérieure? La date inscrite pourrait faire
croire à la seconde hypothèse, car il semble difficile
de reconnaître en cette physionomie aussi vive un
vieillard de quatre-vingts ans; ou bien le sculpteur
aurait-il exécuté son œuvre à l'aide de documents?
Quoi qu'il en soit, l'attribution du marbre à Guil-
laume Coustou accroît l'œuvre de l'excellent artiste
d'un des plus beaux exemples de son talent de por-
traitiste. Le buste du P. de La Tour se place en tête
de ces représentations variées et pénétrantes du
visage humain : le Nicolas Coustou intime et sin-
cère, l'archevêque Paul de Neufville de Villeroy à
l'élégance hautaine (au Musée de Lyon), le magistrat
appelé D'Aguesseau^ (au Musée de Limoges), aigu et
I. Sans apporter ici les arguments qui demanderaient un
long développement et plusieurs reproductions, je dirai que je
suis peu convaincu de l'identification traditionnelle de ce buste.
Le marbre provient de la salle des antiques, au Louvre, d'après
Lenoir, qui l'inscrit comme portrait de D'Aguesseau (n" 141 à
partir de l'édition de 1806) ; c'est pourquoi il fut envoyé, en
1819, à Limoges, patrie de l'illustre magistrat. Il porte la signa-
ture de l'artiste et la date de 1727. En comparant ce portrait
sculpté aux portraits peints du chancelier D'Aguesseau (1668-
1751), — le meilleur, œuvre de Tournières, appartint à la col-
lection de la princesse Mathilde (n° 47 de la vente de 1904),
copie à Versailles, n° 3668, — et, d'autre part, à des peintures
représentant Louis Phély peaux de Pontchartrain, chancelier
de France (1643-1727) : au musée Jacquemart-André (n" 248),
œuvre probable de Tournières, répliques au Musée de Louvain
et à Versailles, n* 4371, — il me semble trouver une bien plus
grande analogie entre le marbre et les portraits du chancelier
du Bulletin de la Société de U Hldtoire de l'Art Français
ïj'mpan du porche occidental de 1 Kgiise 6aint-Pierre de Aioissac.
J-/e5 Arcliive^ x kotograpliiqvie^
a Art et o Histoire
VALAIS ROYAL - i *^ Rue de ValoU — PARIS
L'ANCIEN Service photographique et cinématographique
de l'Armée, créé en 1916, avait été transformé, après la
cessation des hostilités, pour servir à d'autres fins : dans
la pensée de M. Paul Léon, directeur des Beaux-Arts, le
nouvel organisme devait non seulement continuer d'assurer
l'exploitation des 120.000 clichés et des 2.000 films pris
pendant la guerre, mais, en même temps, consacrer son
activité, son expérience et ses ressources à la cause du
patrimoine artistique national. Pour ce faire, aux collections
des clichés de guerre, — documents d'histoire, d'une impor-
tance capitale, dont il est indispensable d'envisager la
conservation, on adjoignit, d'une part, le fonds des
Monuments historiques, riche d'environ 60.000 négatifs, et,
de l'autre, une collection de près de lo.ooo clichés pris dans
les musées.
Ce premier matériel mis à sa disposition, le Service
photographique des Beaux-Arts ne devait pas cesser de
l'enrichir et de le compléter méthodiquement, de manière à
constituer pour la France un inventaire photographique des
richesses d'art, analogue à celui qui existe déjà dans plusieurs
pays étrangers.
Établi sur ces bases judicieuses, le service nouveau com-
mença de fonctionner. Il remplit son programme à la
satisfaction générale, et de nombreux encouragements lui
vinrent, tant du côté des acheteurs que de celui des
bienfaiteurs. Il se trouva, en effet, que plusieurs auteurs ou
collectionneurs de clichés, désireux de voir leurs archives
photographiques conservées en bonne place et mises à la
disposition de tous, les cédèrent généreusement à la direction
des Beaux-Arts.
Le public, de son côté, s'habituait à prendre le chemin du
rez-de-chaussée de la rue de Valois où sont installés les
bureaux et ateliers du service.
On en était là quand le Parlement décida la suppression de
tous les organismes nés delà guerre. Le Service photographique
des Beaux- Arts fut condamné et disparut au 3i décembre 1921.
Le Parlement souhaitait cependant de voir conserver «tout
ce qu'il y a d'intéressant et d'utile dans les collections
constituées », et, puisqu'on se trouvait en présence, ■ — chose
rare en ces temps de déficit, — d'un serv^ice pouvant couvrir
ses dépenses, il allait jusqu'à se demander si, à défaut d'une
institution d'Etat, une forme d'organisation, « même une
forme désintéressée » , ne pourrait pas être trouvée, qui
permît d'assurer l'existence de l'œuvre entreprise.
Aussi la Direction des Beaux-Arts a-t-elle envisagé la
constitution, sous le contrôle et avec l'aide matérielle et
morale du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts
d'un organisme privé, constitué par une Société anonyme au
capital initial de 200.000 francs, représenté par des actions
nominatives de 5oo francs. Cette Société, qui a pour titre
« les Archives photographiques d'art et d'histoire », exploite
les collections de clichés et de films en vendant des reproductions
au public, et procède à leur enrichissement méthodique en
complétant par de nouv^eaux clichés la documentation déjà réunie.
Comme il ne s'agit pas d'une affaire commerciale, mais d'une
institution d'intérêt général, aucun bénéfice ne sera perçu par
les actionnaires ; on leur versera simplement un intérêt de 4 %
sur le montant nominal de leur apport, et les excédents de
recettes seront obligatoirement attribués à la constitution d'un
fonds de réserve, ou employés soit à l'enrichissement des
collections, soit à des œuvres d'utilité publique.
Telle est l'économie du projet élaboré par la Direction des
Beaux-Arts, et si l'on peut exprimer un souhait, c'est de voir
cette initiative ingénieuse, et à certains égards assez hardie,
rencontrer auprès du public l'accueil favorable auquel elle a
droit. Il y a là une question de convenance, de prudence, de
vulgarisation et de propagande tout à la fois.
Une question de convenance, parce que laisser improductif
le capital représenté par nos 200.000 clichés serait une faute
inexcusable, sans parler de l'injure gratuite ainsi faite aux
donateurs qui se sont dessaisis de leurs collections et les ont
confiées à l'Etat, non pour les voir dormir au fond d'un casier,
mais pour qu'elles soient employées au profit de tous.
Une question de prudence et de sauvegarde, parce que la
reproduction des richesses d'art par la photographie est la
meilleure garantie contre les voleurs et les faussaires. Quant
aux destructions causées par la guerre, ou plus simplement
par l'incendie, de combien d'œuvres d'art ne sommes-nous pas
réduits à déplorer l'anéantissement absolu, qui ne seraient pas
mortes tout entières, si, à l'exemple de certains de nos voisins,
nous avions entrepris en temps utile cet inventaire de nos
richesses d'art, dont la réalisation était le principal objet du
service institué par M. Paul Léon et sa première raison d'être.
Une question de vulgarisation, parce qu'une institution
comme celle-ci ne recrute pas sa clientèle seulement parmi les
visiteurs des musées, mais aussi parmi les étudiants et les
professeurs, parmi les historiens et les archéologues, parmi
les éditeurs de revues et de livres d'art, toutes gens qui
ont besoin que des facilités particulières leur soient assurées
pour la prise de certains clichés sans intérêt commercial, et que
des prix de faveur leur soient consentis. Les revues d'art et
les éditeurs de livres sur l'histoire de l'art, en particulier,
doivent trouver dans l'utilisation des collections appartenant à
l'Etat, moyennant des droits de reproduction raisonnables,
une aide efficace.
Une question de propagande, enfin. Dans plusieurs pays,
on l'a dit, des services analogues existent, qui permettent
aux conservateurs des musées de donner aisément satisfaction
aux demandes de photographies qui leur sont adressées par
leurs confrères de l'étranger. Les savants français devraient
pouvoir accueillir de semblables demandes sans avoir
l'embarras de les renvoyer à l'industrie privée.
Quand on connaît le désintéressement et l'inlassable
générosité de tant d'amis de nos musées et de nos monuments,
il serait, en vérité, bien surprenant que l'appel de la direction
des Beaux-Arts ne fût pas entendu, et que cette institution
d'intérêt national, intelligemment conduite et convenablement
outillée comme elle l'est^ servie par un peu de publicité (car
on ne la connaît pas assez), ne devînt pas à brève échéance
la véritable chalcographie moderne qui nous manque et que
la diffusion des connaissances artistiques rend aujourd'hui
indispensable.
Emile D acier.
(Extrait de la Re^me de V Art ancien et moderne.)
PHOTOGRAPHIES ET CLICHES A PROJECTIONS
Monuments Historiques - Musées et Palais Nationaux
La Guerre sur tous les Fronts
FILMS CINÉMATOGRAPHIQUES
de la Guerre et Documentaires
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii I iiiiiiiiiiii iiiiiiiiiii I iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
N.B. — Adresser toutes les commandes et demandes de renseignements au
Directeur des Archives Photographiques d'Art et d'Histoire, Palais Rojal, i bis,
Rue de Valois, Paris. Téléphone : Gutenberg i3-oo.
— 365 —
grave, le Samuel Bernard ^ épanoui et majestueux. Or,
fait à noter, aucun des biographes de Guillaume Cous-
tou, ou des Coustou, n'a fait mention du buste con-
servé aujourd'hui au lycée de Tournon. L'abbé Gou-
genot dans son Éloge^ ne le cite pas; et ni Stanislas
Lami dans son Dictionnaire des sculpteurs de l'École
française sous Louis XIV (1906, p. 119), ni Marins
Audin et Eugène Vial dans leur Dictionnaire des
artistes lyonnais (1918, t. I, p. 223) ne signalent le
marbre à côté de la terre cuite du Louvre. Nous
publions donc un document figuré inédit^ et nous
sommes heureux de le faire connaître aux historiens
de la sculpture française, espérant qu'un des nôtres
apportera bientôt les réponses aux interrogations que
nous posons.
IL — Le monument funéraire du maréchal d'Estrées.
UÉloge de Guillaume Coustou écrit par l'abbé
Gougenot permet l'attribution à l'artiste d'une œuvre
de Pontchartrain qu'avec ceux du chancelier D'Aguesseau; je
proposerais donc de désigner le buste de Limoges sous le nom
de Louis Phélypeaux de Pontchartrain.
1. Voir sur l'histoire de ce buste la dernière page de V Éloge
de l'abbé Gougenot cité ci-dessous. Guillaume Coustou tailla
ce marbre en 1727, le buste avait été primitivement commandé
à François Dumont, mais cet artiste avait laissé son modèle
inachevé lors de sa mort, en 1726. Le buste fut exposé à Tours
en 1890 {Album de l'Exposition, par L. Palustre, p. 37-38 et
pi. xix).
2. Eloge de Coustou le jeune par Vabbé Gougenot, commu-
niqué avec un avant -propos par le baron Roger Portails.
Mélanges publiés par la Société des bibliophiles françois, 1903,
pièce n° 4, de 20 p. in-S"*.
3. Notre ami Léon Deshairs, qui avait présenté une mono-
graphie des Coustou comme thèse à l'École du Louvre, — tra-
vail resté malheureusement en manuscrit, — nous a dit ne pas
connaître le buste de Tournon, lui aussi.
— 366 —
intéressante % peu connue elle aussi, car elle n'a été
que récemment exposée au Musée de Versailles : le
monument funéraire de Jean, comte d'Estrées, vice-
amiral et maréchal de France (1624-1707) et de sa
femme Marie-Marguerite Morin (f 17 14). Ce tom-
beau avait été érigé dans la chapelle du couvent des
Minimes, dits « Bons Hommes », à Passy. Une gra-
vure insérée dans les Antiquités nationales de Millin
permet de connaître l'aspect primitif du monument 2.
La partie principale de marbre blanc, formée d'un
génie funéraire et du médaillon renfermant les bustes
des personnages en bas-relief, subsiste seule :1e sou-
bassement en forme de galère, de marbre noir, les tro-
phées que semblait désigner l'enfant et une sorte de
palmier qui s'élevait au-dessus de sa tête ont disparu.
Recueillie, ainsi amoindrie, au Musée des Monuments
français^, la sculpture fut envoyée à l'église de Saint-
Denis après la dispersion de 1816. C'est là que Cou-
rajod la reconnut et la désigna pour être portée au
Musée de Versailles, où elle arriva en 1884'*.
G. Briere.
1. P. 12 de la publication faite par le baron Portalis.
2. Réduction dans l'ouvrage de Louis Gourajod : A. Lenoir,
son journal et le Musée des Monuments français, t. III, p, 461.
3. N" 307 du catalogue de 1810 (inconnus, attribution à Van
Clève).
4. L. Gourajod, ouvr, cité, p. 462. — La sculpture est placée,
depuis l'automne 1921, dans la galerie n" 96 (aile nord), après
avoir figuré à la petite exposition organisée par la Société des
Amis de Versailles en 1921 (n° 143 du Catalogue). Dimensions
du marbre : hauteur, i"'42; largeur à la base, o"92.
— 367 —
DOCUMENTS SUR HOUDON
I
LA STATUE DE TOURVILLE
La statue de l'amiral de Tourville, commandée par
le comte d'Angiviller pour décorer en compagnie
d'autres grands hommes la grande galerie du Louvre
et conservée aujourd'hui au Musée de Versailles, n'est
certes pas le chef-d'œuvre iconique de Houdon. A
cette effigie rétrospective reconstituée d'après une
ancienne gravure, il manque, malgré le consciencieux
effort de l'artiste pour animer son bloc de marbre,
l'étincelle de vie qu'il a su communiquer à ses por-
traits d'après nature de Voltaire et de Washington,
Nous croyons néanmoins que cette œuvre de second
plan a été trop négligée par les historiens de Houdon,
qui ne lui consacrent généralement que quelques
lignes et ne la mentionnent que pour mémoire ^
Les documents qui s'y rapportent sont cependant
assez nombreux, car c'est la seule commande de
quelque importance que le plus grand sculpteur du
xvnie siècle, mal en cour auprès du comte d'Angiviller,
ait jamais reçue des Bâtiments du Roi 2. Notre regretté
collègue Furcy-Raynaud en a déjà reproduit un ou
deux dans son précieux Inventaire dont une édition
posthume considérablement augmentée, va paraître
1. Dans l'ouvrage en trois volumes qu'il a publié sur Houdon,
M. Giacometti ne consacre qu'une ou deux pages à la statue
de Tourville.
2. Dans son Éloge de Pigal, Mopinot prétend que Houdon
aurait reçu la commande d'une statue de Dom Calmet. En
admettant la réalité dé cette commande, elle ne fut en tout
cas jamais exécutée.
— 368 —
prochainement. Nous croyons utile de compléter ce
dossier sommaire par quelques pièces inédites ou peu
connues, collationnées les unes aux Archives natio-
nales, les autres dans le fonds Deloynes du cabinet
des Estampes. Nous y avons joint une lettre auto-
graphe de Houdon que nous a aimablement commu-
niquée M. le comte Allard du Ghollet.
Ces documents se classent naturellement en deux
séries : la première se compose des pièces relatives à
la commande, à l'exécution et au paiement de la sta-
tue; la seconde comprend les critiques formulées par
des salonniers obscurs ou anonymes lors de l'expo-
sition de cet ouvrage au Salon de 1781.
La statue de Tourville fait partie de la troisième
série des statues de grands hommes que le comte
d'Angiviller ordonnait régulièrement tous les deux
ans par groupe de quatre. La commande remonte à
l'automne de 1779* comme le prouve cette lettre de
d'Angiviller au premier peintre Pierre, chargé du
détail des Arts.
Versailles, ce 5 octobre 1779^.
■ Gomme l'intervalle d'environ deux ans n'est pas trop
considérable pour l'exécution d'une figure de marbre,
•telle que celles qui ont été faites pour le Roy et exposées
aux deux derniers Salions, j'ai pensé ne devoir point perdre
de tems à arrêter les sujets des quatre nouvelles figures
pour le Sallon de 1781, ainsi que le choix des artistes qui
les exécuteront.
J'ai donc présenté à Sa Majesté les sujets suivants,
sçavoir : Pascal, le Duc de Montausier, le Maréchal de
1. Et non 1778, comme l'indiquent par erreur Délerot et
Legrelle, p. 81.
2. Arch. nat., Qi 1915.
— 369 —
Tourville et le Maréchal de Catinat, c'est-à-dire un phi-
losophe qui a éclairé la nation et l'humanité par ses écrits,
un homme de cour qui a donné l'exemple d'une vertu
austère au milieu de la corruption ^, un général de mer
illustre par ses victoires et un général de terre non moins
recommandable par ses talens militaires que par son
désintéressement, son humanité et son esprit philoso-
phique.
Sa Majesté ayant agréé ces sujets, j'ai fait choix pour
les exécuter de MM. Pajou, Moiichjy, Houdon et de Joux.
Vous me ferez donc plaisir de leur en faire part le plus
tôt possible. Quant au morceau que chacun d'eux exécu-
tera, mon intention est que M. Pajou choisisse d'abord,
ensuite M. Mouchy, puis M. Houdon^, et lorsque ce choix
sera fait vous voudrez bien m'en informer. Vous voudrez
bien aussi les exhorter à s'occuper le plus tôt possible de
leurs esquisses pour pouvoir déterminer les dimensions
des blocs de marbre à leur faire délivrer.
Pajou ayant jeté son dévolu sur Pascal et Mouchy
sur Montausier, Houdon se vit attribuer Tourville.
Au printemps de 1780, son esquisse était arrêtée, de
sorte qu'il se trouvait en mesure de préciser les dimen-
sions du bloc dont il avait besoin pour l'exécution en
marbre. Il écrit à d'Angiviller à la date du 11 avriP :
Monsieur le Comte, d'après les différentes études que
j'ai fait relativement à la statue du Maréchal de Tourville,
dont vous avez bien voulu me confier l'exécution, j'ai
l'honneur de vous faire passer la note des mesures du
bloc de marbre que j'ai besoin pour la contenir [sic).
Hauteur du dit bloc : 7 pieds 6 pouces.
Épaisseur : 3 pieds.
Largeur égale : 3 pieds.
1. Le choix de Montausier est très caractéristique des ten-
dances de d'Angiviller, qui prétendait exercer par l'art officiel
une action moralisatrice.
2. On remarquera que Houdon n'est encore classé à cette
date qu'en troisième ligne.
3. Arch. nat., O* 1916.
1922 24
O']0
Mais les magasins de marbres du Roi se trouvaient
souvent fort mal pourvus. Afin d'éviter un retard qui
n'aurait pas permis d'exposer la statue au Salon de
1781, Houdon propose de fournir lui-même le bloc
de marbre, en stipulant qu'on lui en rendrait un équi-
valent à la première occasion.
D'une note du premier peintre Pierre, il ressort que
dans les bureaux de la Direction on n'était pas très
partisan de ce troc qui risquait de devenir une source
de contestations.
3o septembre 1780^
M. Houdon propose un bloc de marbre pour l'exécu-
tion de sa figure du Sallon. Il en demanderait un autre
en remplacement lorsqu'il en sera arrivé. Je lui ai dit que
peut-être M. le Directeur général préférerait de payer, vu
les si et les mais ordinaires dans les échanges. Rien n'a
été dit au delà.
Malgrér cette méfiance administrative, l'offre de
Houdon est acceptée et, le 7 octobre, le premier
commis des Bâtiments Guvillier signe au nom du
directeur un arrangement ainsi conçu :
Conditions faites au nom de M. le comte d'Angiviller par
M. Cuvillier avec M. Houdon^ sculpteur du Roy^.
Du 7 octobre 1780.
Convenu avec M. Houdon qu'il employera pour la
figure dont il est chargé pour le Roy le bloc dont il est
actuellement possesseur dans son atelier du Roulle.
Que M. le Directeur général le fera monter, suivant
l'usage, sur la selle.
Que pour valeur de ce bloc, on lui en rendra un en
nature de mêmes proportions, déjà constantes par celles
qu'il a indiqué par sa note remise à M. Pierre pour indi-
cation du bloc qu'exige sa figure.
1. Arch. nat., O' 2086.
2. Arch. ngLt., O^ 1916.
-371 -
Que ce bloc sera choisi par M. Houdon parmi ceux qui
sont attendus de Carrare et Marseille pour le Roy et qu'il
choisira celui dont la pâte et le grain lui paraîtront égaux
au bloc qu'il livre.
Et que ce même bloc à lui donner par échange lui sera
rendu franc de port et voitures dans son atelier au Roulle.
Signé : Guvillier, Houdon.
Une pièce encore inédite du fonds O^ des Archives
nationales (Marbres) ^ nous apprend que Houdon
se servit comme praticien d'un certain Mazetti qui
travailla également au Mausolée du Dauphin de
Guillaume II Goustou et au Bossuet de Pajou^. Ge
sculpteur s'adresse le ii décembre 1780 au comte
d'Angiviller pour solliciter la faveur de laisser deux
blocs de marbre au long du mur de la terrasse de
M. Goustou ou sur le port aux marbres du Gours-la-
Reine et il se recommande des sculpteurs du Roi qui
utilisent ses talents.
M. Pajou pour qui j'ai exécuté la statue de Bossuet ,
M. Bridan qui m'honore de son amitié, M. Houdon sous
lequel je travaille à la figure de Tourville apprendront
avec un sensible plaisir vos bontés à mon égard.
Mazzetti, sculpteur,
Rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois,
cul-de-sac Sourdis.
Le 3 mai 1781, Houdon reçoit un premier. acompte
de 2000 livres, comme en fait foi la pièce suivante :
Année lySi^, du 3 may.
Reçu de M. le Directeur général une ampliation adres-
sée au sr Houdon, sculpteur du Roy, de la somme de
deux mille livres à compte de la statue en marbre repré-
1. Arch. nat., O^ 2086.
2. Joseph-André-Vincent Mazetti signe comme témoin au
mariage de Houdon à Saint-Philippe-du-Roule, le i" juillet 1786.
3. Registre d'ampliations, Bibliothèque du Musée du Louvre.
— 372 —
sentant le maréchal de Tourville qu'il fait pour le service
du Roy.
Reçu de M. Pierre l'ampliation ci-contre, ce 7 mai 1781.
HOUDON.
Un second acompte de la même somme lui est versé
le 3i mai 1782.
Mais Houdon s'inquiétait de ne pas recevoir le bloc
de marbre que devaient lui livref les magasins du
Roi et dont il avait besoin pour l'exécution d'autres
statues. Le 9 octobre 1781 , il avait déjà écrit à Pierre :
Monsieur, je me suis présenté chez vous pour avoir
l'honneur de vous voir et vous prier de me faire le plaisir
de m'envoyer copie des conditions faites entre nous pour
le bloc de marbre que j'ai cédé à M. le comte d'Angivil-
1er au compte du Roy, pour qui j'ai exécuté la statue du
maréchal de Tourville.
Le 19 juillet 1782, ne voyant rien venir, il se décide
en désespoir de cause à s'adresser directement au
comte d'Angiviller* :
Monsieur le Comte,
Depuis l'arrivée des marbres pour le compte du Roi, je
me suis présenté chez M. Pierre avec la copie des condi-
tions d'échange du bloc, faites en votre nom par M. Guvil-
lier et que je joins ici. M. Pierre, après en avoir pris lec-
ture, me dit que ma réclamation était trop juste et qu'il
allait vous en écrire sur-le-champ à Versailles, où vous
résidiez alors. Huit jours après je retournai chez lui : il
me dit que vous ne lui aviez point encore fait de réponse
et qu'il n'en aurait peut-être qu'après le départ de M. le
comte du Nord^. Depuis le départ de ce prince je me suis
1. Autographe faisant partie de la collection de M. le comte
Allard du Choilet, qui nous a aimablement autorisé à le
publier.
2. Le grand-duc Paul Petrovitch, fils de Catherine II, qui
voyageait sous le pseudonyme de comte du Nord.
-373-
présenté deux fois chez M. Pierre, qui me dit à la pre-
mière visite qu'il s'intéresserait près de vous, Monsieur,
pour cet objet. La maladie qu'il vient d'essuyer m'a privé,
malgré l'embarras où je suis pour satisfaire mes ouvriers
auxquels j'ai promis argent et ouvrage, de recevoir votre
réponse. Permettez, Monsieur le Comte, qu'après avoir
longtemps attendu pour un objet qui n'eût sûrement pas
souffert autant de délay si je me fus directement adressé
à vous, permettez que je vous importune en vous priant
de m'honorer d'un mot de réponse, le retard de la rentrée
de ce bloc me faisant un tort considérable.
Je vous aurai une reconnaissance infinie et suis avec un
profond respect. Monsieur le Comte, votre très humble et
très obéissant serviteur.
HOUDON.
En 1784, l'affaire n'était pas encore réglée, comme
il ressort de cette nouvelle lettre de l'artiste au comte
d'Angiviller, conservée parmi les documents origi-
naux de la Bibliothèque Doucet :
Ce mercredi, 16 juin 1784.
Monsieur le Comte,
Lors de l'arrivée des blocs de marbre pour le Roi en
1782, j'ai eu l'honneur de vous écrire, après bien des
démarches réitérées près de MM. Pierre et Cuvillier.
Vous eûtes la bonté de me répondre la lettre suivante :
« Versailles, le 23 juillet 1782.
« M. Pierre ni M. Cuvillier n'ont point négligé, Mon-
sieur, de me rappeler à propos des marbres qui viennent
d'arriver à Paris le remplacement du bloc que vous avez
fourni pour la figure de Tourville; mais vous n'ignorez
pas que l'importation, rendue depuis peu, n'a fourni dans
des proportions relatives à celles qu'il vous faut que quatre
blocs que j'ai dû réserver nécessairement pour les statues
qui doivent paraître au Salon de 1783. On les voiture cette
semaine chez les artistes qui doivent les employer ^. Vous
I. Pajou, Bridan, Caffiéri et Julien.
- 374 -
voyez que le délai est très indépendant de ma volonté et
que je ne pourrais le suppléer que par un payement en
argent. Je dois vous ajouter qu'il est possible que sous
un délai pas trop prolongé il arrive pour le Roi des blocs
qui me mettraient à portée de vous satisfaire. »
Ce retard, poursuit Houdon, n'est pas le seul que j'aye
éprouvé et, malgré les deux faibles acomptes que j'ai déjà
reçu, je ne suis pas encore couvert des frais d'exécution
de la statue de Tourville.
Puis-je espérer le prix de cette figure et M. le Comte
permettra-t-il que je fasse choix du bloc dans ceux qui
appartiennent vraisemblablement au Roi, et desquels je
n'enjtrouve que deux conformes aux conditions, acceptées
au nom de M. le Directeur général, du 7 octobre I78o^
La statue de bronze que j'avais entreprise à mes frais
dans le dessein de me familiariser avec ces sortes d'ou-
vrages et que j'avais pris la liberté de prier Monsieur le
Comte de venir voir couler a manqué totalement. C'est
pour moi une perte considérable.
Sur le point d'être privé d'atelier, si je manque d'argent
et de matière pour travailler, je ne saurais plus comment
exister.
Telle est ma position et je suis, avec un profond res-
pect, Monsieur le Comte, votre très humble et très obéis-
sant serviteur.
Houdon.
Houdon ne devait recevoir le parfait paiement de
sa statue qu'en lySS à la veille de son départ pour
l'Amérique. L'ampliation de paiement se trouve dans
le registre de la Bibliothèque du Louvre.
Reçu une ampliation extraite, adressée au sieur Hou-
don, sculpteur du Roy, de la somme de 3,ooo livres, fai-
sant avec 7,000 livres à lui données à compte, 2,000 livres
sur l'exercice de 1780 le 3 may 1781 et 5,ooo livres sur
1781, dont 2,000 livres le 29 may 1782 et 3,ooo livres le
I. Suit la copie de la convention que nous avons reproduite
plus haut.
-375-
3o mars 1784, le parfait payement de 10,000 livres, à quoi
monte la statue du maréchal de Tourville, qu'il a faite en
1780 et 1781 pour le service de Sa Majesté, suivant un
mémoire certifié et réglé.
Reçu de M. Pierre l'ampliation et le mémoire énoncés
ci-contre.
A Paris, ce 25 juin 1785.
Signé : Houdon.
Entre temps Houdon avait exécuté, suivant l'usage
institué par d'Angiviller, un modèle réduit de sa statue
destiné à être reproduit en biscuit de Sèvres. Ce petit
modèle en terre cuite de 18 pouces fut exposé au Salon
de 1783. Mais l'artiste négligea sans doute de le livrer,
car une lettre de d'Angiviller le rappelle à l'ordre le
24 juin 1784^ : -
M. Régnier^ m'observe, Monsieur, qu'il serait à désirer
que vous lui fissiez parvenir au plus tôt le modèle de la
figure de Tourville que vous avez exécutée pour le Sallon
dernier. Car il y a tant d'opérations à faire pour l'exécu-
ter en porcelaine que, quoiqu'il ait encore six mois devant
lui, il n'y a pas plus de temps qu'il ne faut pour une réus-
site complète. Vous me ferez en conséquence plaisir de
terminer promptement cet ouvrage. Vous êtes sans doute
prévenu que les opérations particulières de la manufac-
ture exigent que le modèle soit remis dans son état
humide.
Comment cette statue fut-elle accueillie par le pu-
blic au Salon de 1781? Tous les critiques du temps
formulent à peu près les mêmes éloges et les mêmes
réserves : ils admirent la légèreté des draperies sou-
levées par un coup de vent, mais ils reprochent à l'ar-
1. Arch. nat., O' 1917.
2. Directeur de la manufacture de Sèvres.
— 376 —
liste d'avoir représenté l'amiral, qui avait cinquante
ans à l'époque du combat de La Hogue, avec une
figure beaucoup trop jeune.
Le compte-rendu le plus détaillé est celui du Jour-
nal encyclopédique :
Nous commencerons par les quatre statues ordonnées
par Sa Majesté pour la galerie d'Apollon*. Celle du maré-
chal de Tourville, la seule qui soit en marbre, est de
M. Houdon et ne dément pas la juste réputation que s'est
acquise cet excellent artiste.
Le maréchal est représenté à l'instant où il fait voir au
conseil de guerre la lettre du Roi qui lui commande de
donner le signal de la bataille. Cette action se passa au
mois de may 1692 et porte le nom si connu de combat de
La Hogue.
Tous les connaisseurs conviennent que ce morceau
mérite les plus grands éloges, tant pour la composition
que pour l'exécution... L'on y admire la beauté et l'exac-
titude des proportions, la finesse et la légèreté des dra-
peries; mais on aurait désiré que M. Houdon eût donné
à son héros une figure plus mâle et cet air martial qui
convient à un grand homme de mer. Ses traits, qu'on a
trouvé trop délicats, annoncent un jeune homme, et le
comte de Tourville avait cinquante ans lorsque le combat
de La Hogue se donna...
On eût encore désiré que l'artiste l'eût représenté sous
une forme moins svelte... Ce qu'on pourrait lui reprocher
avec plus de fondement, c'est d'avoir caché pour ainsi
dire la tête, naturellement petite, du maréchal dans l'épais-
seur de sa chevelure. Mais ce défaut et d'autres plus
légers encore qu'on lui a reprochés n'empêchent pas que
ce morceau ne fasse infiniment d'honneur au ciseau de
M. Houdon.
C'est l'opinion qu'expriment aussi les Affiches de
Paris :
M. Houdon paraît avoir senti combien il était essentiel
I. Ces statues étaient destinées à la grande galerie qui devait
être transformée en Muséum et non à la galerie d'Apollon.
— 377 —
d'animer la statue du maréchal de Tourville par une tour-
nure noble et imposante: on le blâme cependant d'avoir
donné un caractère de tète trop jeune à cet amiral qui, à
l'affaire de La Hogue, avait cinquante ans, comme aussi
de l'avoir placé au bord de la mer, au lieu de le représen-
ter tout simplement sur le pont de son vaisseau : ce qui
aurait amené des accessoires plus heureux.
L'idée de feindre un coup de vent est, au surplus, très
ingénieuse; elle a procuré à cet habile sculpteur le moyen
d'exercer son ciseau d'une manière brillante, surtout dans
l'habillement dont il a tiré un très riche parti.
Dans une brochure intitulée La Muette qui parle
au Sallon de ij8i^ nous retrouvons le même balan-
cement d'éloges et de critiques :
Quand nous fûmes dans la cour', la statue du Maréchal
de Tourville par M. Houdon frappa d'abord ses regards.
« Il est charmant, dit-elle, mais trop jeune. Cette statue
représente ce brave général montrant intrépidement
l'ordre qui le force de combattre à La Hogue; l'attitude
et l'expression s'accordent pour donner une âme à cette
statue. Le vent fait voltiger tout son habillement qui
paraît mobile; mais sa figure est jeune et il avait alors
cinquante ans. »
L'éloge est plus chaleureux dans la Lettre d'Ar-
tiomphile à M^^ Mérard de Saint- Just sur l'exposi-
tion au Louvre^ en ijSi^ des tableaux, sculptures.,,
des artistes de V Académie royale.
Je suis si ignorant et si peu au fait des costumes antiques
que j'ai pris M. de Tourville pour un charlatan qui dé-
ployait le papier où étaient contenus tous les miracles
opérés par son baume. Après m'être instruit que je voyais
un de nos plus grands hommes de mer qui montre l'ordre
de la Cour de combattre à La Hogue les ennemis du Roi,
malgré l'infériorité de ses forces, je me suis approché et,
I. Les statues monumentales ne pouvaient naturellement
être exposées au Salon du Louvre qui était au premier étage.
— 378 —
plein de vénération pour la mémoire de Tourville, j'ai
rendu au fond de mon cœur un hommage respectueux à
cet illustre guerrier qui a mieux aimé compromettre sa
réputation d'invincible que de désobéir aux commande-
mens de son maître...
Les draperies de l'habillement du maréchal sont exécu-
tées avec une légèreté incroyable : c'est au point qu'on
serait tenté de croire que, quoique de marbre, elles vont
s'agiter au premier souffle de vent. M. Houdon a tiré, à
ce qu'il me semble, le plus grand parti d'un vêtement qui
nous paraît singulier, par la raison seule, peut-être, que
nos yeux n'y sont pas accoutumés.
On croit assez généralement que l'artiste a donné à son
héros une figure trop jeune. Si l'on n'a que ce reproche
à lui faire, c'est l'éloge le plus complet qu'il puisse rece-
voir.
Terminons cette revue de la presse par le plus
enthousiaste des critiques : Panard au Salon^ qui met
résolument le Tourville de Houdon au-dessus des
chefs-d'œuvre de l'antique :
Feu de composition, noblesse d'attitude et d'expression,
exactitude et beauté des proportions, tout me paraît réuni
dans ce marbre..., les draperies font sentir le nud, comme
celles de l'antique. Mais le comble de l'art, c'était de don-
ner de la légèreté au marbre, de le faire voler comme de
la mousseline ou de véritables étoffes, et ce que la sculp-
ture antique n'a pas fait, la sculpture française l'entre-
prend et l'exécute avec gloire : c'est l'effort du génie.
Il s'en fallut de bien peu que toutes les statues de
grands hommes commandées par d'Angiviller pour
son Muséum ne fussent réduites en miettes au moment
de la Révolution. S'il faut en croire Dufort de Ghe-
verny, elles ne furent sauvées que par la présence
d'esprit d'un gardien de la salle des Antiques. « Les
— ^79 —
statues de Condé, Turenne, Fénelon, etc.. faites par
les grands maîtres encore vivants et pour la plupart
commandées par d'Angiviller, auraient été réduites
en poussière sans l'énergie d'un gardien qui persuada
aux commissaires qu'elles étaient déjà détruites et les
empêcha de pénétrer dans la resserre où elles étaient
cachées. »
Tandis que la plupart des statues de grands
hommes exécutées par les sculpteurs du règne de
Louis XVI trouvaient un asile crépusculaire dans une
salle ténébreuse du palais de Tlnstitut, la statue de
Houdon a été recueillie par le château de Versailles,
où elle voisine aujourd'hui avec une autre statue
colossale de Tourville, exposée par Marin au Salon
de 1817, qui était destinée primitivement à la déco-
ration du pont de la Concorde. Ce Tourville de
Marin, dont M. Ed. Kann a acquis récemment le petit
modèle en plâtre, n'est qu'une répétition assez mé-
diocre de l'œuvre de Houdon.
II
LA FRILEUSE
L'histoire de la célèbre statue de V Hiver ^ plus con-
nue sous le nom de la Frileuse^ dont le marbre appar-
tient au Musée de Montpellier, est encore fort mal
éclaircie. Nous ignorions en particulier pour qui elle
avait été exécutée. Nous ne possédions que des ren-
seignements assez vagues sur l'accueil que la critique
et le public réservèrent à cette figure, sur l'exploita-
tion intensive que Houdon fit de son modèle, multi-
pliant à partir de 1783 les réductions en plâtre, en
bronze et en marbre. C'est pourquoi il nous a paru
intéressant de rassembler et de classer par ordre de
date tous les documents peu connus ou inédits qui
jettent quelque lumière sur cette œuvre charmante,
— 38o —
dont la popularité égale celle de la Diane du Musée
de rErmitage et du Voltaire de la Comédie-Fran-
çaise.
Nous avons conservé la trace des premières re-
f cherches de l'artiste dans deux maquettes : l'une en
bronze, assez peu poussée, où la figure est entière-
ment nue (Louvre, legs Gatteaux, 1881); l'autre en
terre cuite (coll. Marins Paulme), où une draperie
retombe par derrière.
De la liste autographe dressée par l'artiste à la
veille de son départ pour l'Amérique, il ressort que
le modèle définitif de la Frileuse et de son pendant
VEté fut exécuté en 1781. On lit, en effet, sur ce pré-
cieux document, que M. P. Vitry a publié le premier
in extenso :
1781.
93. Modelle d'une Frileuse représentant VHiver pour
être exécuté en marbre sur quatre pieds de haut.
94. Modelle d'une autre figure pour faire pendant repré-
sentant VÉté.
Le marbre, de grandeur naturelle ou peu s'en faut
(il mesure exactement 1^45), fut exposé deux ans plus
tard, en 1783, non pas au Salon du Louvre, mais dans
l'atelier de l'artiste à la Bibliothèque du Roi.
Pourquoi cette statue ne figurait-elle pas au Salon
de l'Académie royale? A cause de ses proportions
sans doute. Il ne faut pas oublier en effet que les
Salons de l'Ancien Régime se tenaient au premier
étage du Louvre, dans le Salon Carré, et que, par
suite, il était matériellement impossible aux sculp-
teurs d'exposer des marbres de grandes dimensions :
ils devaient se contenter de montrer leurs esquisses
en terre, leurs modèles en plâtre ou des réductions
— 38i —
en bronze ou en marbre, d'un poids moins prohibi-
tif. Mais il semble bien qu'indépendamment de ces
considérations matérielles, la Frileuse ait été écartée
du Salon pour des raisons de moralité : on lui fit
grief comme à la Diane de braver les règles de la
bienséance et de montrer ce qu'elle aurait dû cacher.
En somme, Houdon, que le règne de Louis XV
n'avait pas accoutumé à tant de pudibonderie, se vit
accuser de pornographie.
A défaut des grandes statues, il crut sans doute
pouvoir exposer au Salon de lySS deux réductions de
VHiveî^ et VÉté. C'est très vraisemblablement à ces
deux figures que se réfère la lettre si curieuse du
premier peintre Pierre au vertueux Directeur des
Bâtiments du roi Louis XVI, le comte d'Angivil-
ler< :
9 août 1785.
Demain l'on examinera les morceaux qui seront admis
au Salon. On a apporté deux petites figures de M. Hou-
don demie-nature : l'une, qui est drappée, n'est pas mer-
veilleuse, Vautre pourrait bien ne pas passer à cause de
son genre de nudité. Une figure toute nue n'est pas si indé-
cente que celles qui sont drappées avec une fausse modes-
tie. Je l'ai tracée avec une grosse plume que je tiens afin
que vous en décidiez. Il faut pourtant observer que cette
figure est la meilleure des deux et que l'on pourra la
nicher dans un angle. On pourrait se demander pourquoy
la Vénus, ditte aux belles fesses, ne blesse pas et que
celle-cy montre bêtement un derrière qui peut être bien.
Le comte d'Angiviller approuva les scrupules de
Pierre en laissant à l'Académie toute latitude pour se
prononcer.
A l'égard des deux figures demi-nature de M. Houdon,
écrit-il de Versailles le 12 août lySS, je m'en rapporte
I. Archives nationales, 0< 1918.
— 382 —
entièrement à ce que l'Académie en décidera. Peut-être
en effet, plaçant celle qui est un peu nue dans un angle,
cela parera-t-il à l'inconvénient que vous exposez.
Il est probable que l'Académie n'osa même pas
reléguer cette indécente Fn/ew^e dans un coin obscur
et qu'elle refusa purement et simplement l'envoi de
Houdon : car le livret du Salon de 1785 ne mentionne
aucune de ces deux figures.
Pour qui avait été exécuté l'original en marbre du
Musée de Montpellier? On pouvait se demander jus-
qu'à présent si Houdon l'avait sculpté de son propre
mouvement ou sur commande. Un passage des ^om-
vertirs du baron de Frenilly^ publiés en 1908 par
M. Chuquet, qui avait échappé aux historiens de l'art'
semble trancher la question. Il en résulte que Hou-
don avait exécuté cette statue pour un riche financier,
M. de Saint-Waast, administrateur général des do-
maines, dont l'hôtel, situé rue Saint-Honoré, en bor-
dure du jardin des Tuileries, passait avant la Révo-
lution pour un des plus somptueux de Paris. « M. de
Saini-Waast, écrit son parent le baron de Frenilly,
extrêmement riche, était un excellent homme, aimant
la magnificence, mais avec goût et discernement. Je
n'ai jamais rencontré dans aucun palais un luxe à la
fois plus riche et plus élégant que dans le salon de la
maison qu'il avait bâtie sur les Tuileries. // avait
dans sa bibliothèque la célèbre Frileuse que Houdon
avait faite pour lui. »
M. de Saint-Waast possédait-il également VEté?
C'est probable, puisque les deux statues formaient
pendants. Après la Révolution, ces deux marbres
passèrent entre les mains de M. Creuzé de Lesser,
préfet de l'Hérault qui, appelé à un autre poste et
I. Ce passage nous a été aimablement signalé par notre con-
frère et ami M. le comte Allard du ChoUet.
— 383 —
craignant, dit-on, les difficultés ou les frais de trans-
port, les abandonna, en 1828, au Musée de Mont-
pellier.
Quand il exécutait une statue ou un buste, Houdon
se réservait généralement le droit d'exploiter son
modèle en en tirant des plâtres, des estampages en
terre cuite ou des réductions en marbre et en bronze.
C'est ainsi qu'il procéda pour sa Frileuse dont nous
connaissons de nombreuses répliques dont plusieurs
furent exposées aux Salons postrévolutionnaires de
1791 à 1802.
I. Au Salon de 1791, le livret mentionne une figure
en bronze de la Frileuse appartenant au duc d'Or-
léans. Elle provoqua, de la part de presque tous les
salonniers, des quolibets d'un goût souvent douteux.
Le thème de ces plaisanteries est indiqué avec une
brièveté lapidaire dans une brochure intitulée :
« Explication et critique impartiale de toutes les
peintures, sculptures, gravures, etc., exposées au
Louvre, d'après le décret de l'Assemblée nationale,
au mois de septembre 1791, l'an III de la Liberté, par
M. D , citoyen patriote et véridique : Z7«e Frileuse
qui se couvre la tête et qui met son cul à l'air. Par
M. Houdon. » On juge si le développement était
facile. Aussi les folliculaires du temps s'en donnent-
ils à cœur joie. « La petite Frileuse de M. Houdon,
lisons-nous dans le Journal général de France \
représente une jeune fille qui se couvre les épaules
en frissonnant et laisse voir à nud tout le reste de son
corps. )) — Les Petites Affiches de Paris font preuve
d'indulgence : « La Frileuse en bronze de M. Hou-
don semble manquer d'effet. Quand on a bien froid,
I. N" du 21 octobre lygi.
— 384 —
on cherche à ramasser tous ses membres et l'on se
couvre plutôt le corps que la tête. Elle est cependant
agréable à l'œil et les proportions en sont correctes. »
— La Béquille de Voltaire au Salon (sic) s'exprime
au contraire sur un ton de polissonnerie gouailleuse :
« \3 ne Frileuse poiv M. Houdon. Il paraît que M. Hou-
don n'a eu en vue que d'exercer tout son talent sur
une belle descente de reins. Pourquoi donc cette
figure est-elle tournée de manière qu'on ne peut rien
voir? Au surplus, il faut convenir que l'hiver serait
une saison bien désirable si les jolies frileuses ne se
couvraient pas autrement. »
Quelques mois après, la Frileuse en bronze du duc
d'Orléans était confisquée comme bien d'émigré. On
lit en efîet dans le « Registre de réception des objets
d'art trouvés chez les émigrés et condamnés' » :
Orléans, condamné.
Une Frileuse en bron^^e par Houdon, 4 p. 1/2 de haut
environ.
Nota. — La dite Frileuse a été apportée au dépôt par
le c" Houdon.
n est donc faux que ce bronze ait été acheté par le
roi de Prusse. Dans son mémoire de vendémiaire
an III, Houdon écrit en propres termes : « Le bronze
de la Frileuse était à feu d'Orléans. »
On le retrouve plus tard à Bagatelle dans la collec-
tion de Sir Richard Wallace, d'où il passa entre les
mains de Lady Sackville West. Acquis par l'anti-
quaire J. Seligmann, il aurait été vendu en 1917 pour
170,000 dollars à M. P. Davison à New-York^. Ce
bronze, qui mesure 1^40 de hauteur comme l'origi-
nal en marbre de 1783, est signé et daté de 1787.
1. Arch. nat., pi'^.
2. Ga^^ette de l'hôtel Drouot, 11 avril 1917.
— 385 —
2. Sans se laisser démonter par des plaisanteries
faciles, Houdon expose derechef au Salon de 1798
Une petite Frileuse (n» 124).
3. Il en avait gardé dans son atelier deux exemplaires
en terre cuite de différente grandeur qui passèrent à
sa première vente en 1795.
N° 91. Une jeune fille, la tête et les épaules cou-
vertes d'une draperie et le reste du corps nu. Ce joli
morceau, connu sous le nom de la Frileuse^ porte
53 pouces de haut.
N° 92. Terre cuite réduite : 19 pouces.
4. Un exemplaire en plâtre teinté fut offert à cette
époque à M. Commandeur, commissaire aux ventes,
habitant Vieille rue du Temple par une certaine Ma-
dame Bordier, amie de Houdon. Ce serait la pre-
mière reproduction en plâtre sortie de l'atelier de
Houdon. Ce qui ajoute encore à la valeur de cet
exemplaire qui porte le cachet rouge de l'Académie,
c'est qu'il est accompagné d'un billet d'envoi extrê-
mement curieux que son propriétaire actuel M. Huvé,
descendant du célèbre architecte, nous autorise aima-
blement à publier ' :
Af°ie Bordier au citoyen Commandeur.
Paris, ce 24 vendémiaire, l'an 3e de la République.
Vous avez l'âme trop sensible et trop généreuse,
Citoyen, pour refuser de donner l'hospitalité à une jolie
petite créature fort mal pourvue contre les rigueurs de la
saison qui approche. Elle n'a point encore quité les
foyers qui l'ont vu naître : c'est son début dans le
monde; la manière dont on y entre influe sur le reste de
la vie; j'ai donc cru ne pouvoir mieux la lui rendre
agréable et sûre qu'en la plaçant près de vous. Je m'inté-
I. Nous tenons à remercier notre confrère M. René Fage, qui
a eu l'obligeance de nous signaler l'existence de cette statuette
et de nous transmettre une copie de la lettre d'envoi.
1922 25
— 386 —
resse beaucoup à cette petite frileuse et par ses charmes
et par l'amitié qui me lie à son père. Persuadée des soins
que vous lui donnerez, je vous en fais d'avance des remer-
ciemens que je vous réitérerai de vive voix avec plus de
plaisir encore.
BORDIER.
Le post-scriptum est encore plus intéressant que le
corps de cette épître si gentiment mièvre :
Personne ne possède ce morceau, Houdon n'en met-
tant en vente qu'après une souscription qui le couvre en
partie du tort des contrefaçons. Il a bien voulu s'en rap-
porter à la parole que je lui ai donnée que sa propriété ne
courrait aucun risque. Méfiez-vous des domestiques :
pour quelques louis ils laissent surmouler en l'absence
des maîtres. Ce malheur lui est déjà arrivé, aussi n'au-
rais-je accepté cette marque de confiance que pour vous.
Mon ami a doublé mon plaisir en me mettant à même de
vous offrir ce qu'on ne trouve nulle part.
On voit par là combien Houdon était préoccupé
des contrefaçons qui le frustraient de ses droits d'au-
teur et contre lesquelles les artistes de ce temps
étaient très insuffisamment protégés par la loi. Il
formule les mêmes inquiétudes ou les mêmes récri-
minations dans maints passages de ses écrits.
5. Une réduction en marbf^e blanc de la Frileuse
fut exposée au Salon de l'an V (1796). Elle est portée
au catalogue sous le n» 617. « La Frileuse^ statue en
marbre. Hauteur : 20 pouces. Cette figure appartient
à l'auteur'. »
L'un des nombreux Salons versifiés qui étaient à la
mode à cette époque : Les Rapsodistes au Salon ou
I. Le Catalogue du Musée de Montpellier confond la grande
statue « de 4 pieds de haut » donnée par M. Greuzé de Lesser
avec cette réduction « de 20 pouces ».
— 387 —
les tableaux en vaudevilles^ lui consacra le couplet
suivant :
La Frilleuse par Houdon^ petite statue en marbre.
(Air de la parole.)
On ne peut pas sans émotion
Fixer cette fille adorable;
Le sentiment, l'expression,
En elle tout est admirable.
Et semblable à Pygmalion
Sans doute l'auteur se désole,
Qu'à ce chef-d'œuvre merveilleux
Un dieu puissant et généreux
Ose refuser [bis] la parole [bis).
C'est probablement cette réduction en marbre du
Salon de 1796 qui reparut en 1828 à la vente après
décès de l'atelier de Houdon : N'^ 62. La Frileuse^
copie réduite en marbre blanc.
Dans les Archives du Musée du Louvre, il est fait
mention d'une réduction en marbre de la Frileuse,
signée Houdon /., qui fut proposée au Louvre en
1887 par un certain Lemer. Nous ignorons ce qu'est
devenue cette réplique refusée par les Musées natio-
naux.
6. Enfin, au Salon de l'an X (1802), Houdon
expose encore la Frileuse en compagnie de la Diane
en bronze (sans numéro).
L'extrême popularité de cette statue est attestée
non seulement par les nombreuses répliques que
Houdon lui-même fut incité à en faire, mais par les
imitations qu'elle suscita à l'étranger. On peut voir
à Bruxelles, au Musée royal, une statue du sculpteur
belge Godecharle, datée de i8o3, qui est la copie
presque littérale du chef-d'œuvre de Houdon.
- 388 —
III
LE PROJET D'UN MONUMENT
AU PARC DE BRUXELLES
Les biographes de Houdon se sont attachés depuis
longtemps à étudier ses rapports avec l'étranger et la
diffusion de son œuvre à travers le monde : nous
connaissons aujourd'hui avec une précision qui ne
laisse plus guère à désirer son séjour à Rome, ses
voyages à Gotha, ses relations avec la Russie, son
voyage en Amérique. Mais on ignorait jusqu'à présent
qu'il eût travaillé pour la Belgique. Les Musées belges
ne possédaient aucun ouvrage de sa main et c'est tout
au plus si, au Musée de Bruxelles, on pouvait en saisir
le reflet dans une copie légèrement modifiée de la Fri-
leuse exécutée par le sculpteur belge Godecharle.
Or, voici que des recherches toutes récentes de
M. G. des Marez, archiviste de la ville et professeur
à l'Université libre de Bruxelles, font apparaître le
nom de Houdon en liaison avec l'histoire artistique
de la Belgique. En compulsant les archives générales
du royaume pour reconstituer l'histoire de la Place
Royale et du Parc de Bruxelles, il a eu la bonne for-
tune de mettre au jour des documents d'où il ressort
avec certitude que Houdon fut consulté avec quelques
autres artistes parisiens sur un projet de monument
que les États de Brabant se proposaient d'ériger au
centre du parc en l'honneur de l'impératrice Marie-
Thérèse, qu'il fut chargé de rédiger un rapport sur
les différents projets présentés au concours et qu'il
exécuta lui-même le dessin d'un bas-relief destiné à
la décoration de ce monument. Quelques-uns de ces
documents ont déjà paru dans la monographie que
M. G. des Marez vient de consacrer à la Place Royale
— 389 —
de Bruxelles dans les Mémoires de l'Académie royale
de Belgique'; les autres sont réservés à une étude
complémentaire sur le Parc que le savant historien
bruxellois nous promet et ne nous fera pas, espé-
rons-le, attendre trop longtemps.
En combinant les textes déjà utilisés par M. des
Marez avec les pièces inédites qu'il nous a aimable-
ment communiquées, voici comment nous pouvons
nous représenter la participation de Houdon dans ce
projet malheureusement avorté.
On sait qu'une statue pédestre du gouverneur des
Pays-Bas autrichiens Charles de Lorraine, œuvre du
Gantois VerschafFelt, élève de Bouchardon, avait été
inaugurée en ijjS au centre de la Place Royale. Pour
faire pendant à cette statue, les États de Brabant
décidèrent quelques années plus tard d'élever au
milieu du Parc, annexe de la Place Royale, un monu-
ment en l'honneur de leur souveraine, l'impératrice
Marie-Thérèse.
De même qu'on s'était adressé en 1774 à des archi-
tectes français, Nicolas Barré et Barnabe Guimard,
pour dresser les plans de la place, on décida en 1779
de soumettre le projet de monument du parc à un
aréopage d'artistes parisiens.
Le conseiller de Limpens, commissaire du gouver-
nement, se mit en route pour Paris le 4 septembre
1779 avec mission de recueillir les avis des architectes
et des sculpteurs les plus compétents. Il dut renoncer
à consulter « le célèbre Monsieur Soufflot, auteur de
l'église Sainte-Geneniève » , qui était malade et presque
I. G. des Marez, La Place Royale à Bruxelles. Genèse de
l'œuvre, sa conceptioti et ses auteurs. Bruxelles, 1923.
— 390 —
mourant. Mais, grâce aux bons offices de son ami
l'abbé Nicoli, ministre du grand-duc de Toscane, et
de M. d'Ennery,. gentilhomme lorrain, il réussit à
s'aboucher avec l'architecte Peyre, avec les sculpteurs
Lecomte et Houdon.
D'un rapport adressé le 21 septembre 1779 par de
Limpens au prince de Stahremberg, ministre pléni-
potentiaire d'Autriche à Bruxelles, il résulte sans
contestation possible que c'est Houdon qui fut chargé
de rédiger la consultation demandée. Ce texte, en
grande partie inédit, est si décisif que nous croyons
nécessaire de le reproduire in extenso :
Mémoire à Son Altesse le ministre plénipotentiaire.
La consultation ci-jointe en original' tenue à Paris sur
la composition du monument qui doit décorer le centre
du nouveau parcq semble ne rien laisser à désirer sur cet
objet, quelque difficile qu'il soit à décider.
Je ne me hasarderai pas d'ajouter quelque chose au con-
tenu de cette consultation; j'observerai que son rédacteur
s'est dès longtemps acquis une célérité qui le met au-des-
sus de tous les artistes modernes et que la plupart des
gens instruits à Paris le préfèrent à Pigal.
Il n'y a qu'à voir ses deux atteliers : l'un à la biblio-
thèque du Roy, l'autre dans les bâtimens de la ville éri-
gés pour le jet des statues royales, pour se convaincre de
la multiplicité d'ouvrages dont on le charge de toute part
tant pour les maisons royales, surtout pour l'Académie
des Sciences, dont il est le sculpteur, que pour l'étranger.
Ce grand nombre d'ouvrages, entre lesquels il y a des mo-
numens pour l'Allemagne où il a voiagé, est une preuve
de sa célébrité et dans un pays où les arts fleurissent, où il
y a de l'émulation et du concours comme en France, la
I. M. des Marez n'a pas retrouvé aux Archives générales du
royaume l'original de cette consultation dont il serait si inté-
ressant de -connaître les termes.
-39. -
célébrité est certainement la démonstration du talent et du
vrai mérite.
Bien que le nom de Houdon ne soit pas mentionné
dans ce préambule, il ne peut y avoir aucun doute
sur la personnalité de ce rapporteur anonyme.
Comme je l'écrivais à M. des Marez, qui me deman-
dait s'il était possible de l'identifier, il n'y a pas deux
sculpteurs de cette époque qui aient occupé deux
ateliers : l'un à la Bibliothèque du roi et l'autre à la
fonderie municipale du faubourg du Roule. S'il n'a
jamais été le sculpteur attiti^é de l'Académie des
sciences % Houdon a modelé les bustes de plusieurs
membres de cette Compagnie. On sait enfin qu'il a
beaucoup travaillé pour l'Allemagne et notamment
pour la cour de Saxe-Gotha. Ainsi, tous les détails
concordent pour nous persuader que le conseiller de
Limpens fait bien allusion à Houdon.
Au surplus, la suite de son mémoire ne permet
aucune hésitation. Houdon y est nommé en toutes
lettres avec ses confrères Peyre et Lecomte. Limpens
rend hommage à leur largeur d'esprit qui les élève
au-dessus des préjugés nationalistes.
Les artistes consultés sont les nommés Pair [sic] et Le
Comte, instruits dans leur art comme Houdon en Italie,
où ils ont tous trois puisé leurs élémens : ils sont, quoique
Français, sans prévention pour rarchitecture française.
Autant sculpteurs qu'architectes 2, ils prennent pour base
de leurs plans et guide de leurs jugemens les vrais prin-
cipes de l'art; se décidant d'après l'effet de l'harmonie des
principes, ils estiment que la véritable architecture, comme
la bonne musique, n'a point de but national.
1. II se peut d'ailleurs que Limpens fasse ici une confusion
avec l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
2. Il faut entendre par là : les deux sculpteurs (Lecomte et
Houdon) aussi bien que l'architecte (Peyre).
— 3g2 —
La preuve qu'en effet cette commission d'artistes
parisiens n'avait aucune partialité pour l'art français,
c'est qu'elle se prononça à l'unanimité en faveur du
projet du sculpteur belge Godecharle, qui était, il est
vrai, de formation purement française. Tous les
membres du jury tombèrent d'accord pour déclarer
que l'obélisque conçu par Godecharle l'emportait de
beaucoup sur les onze projets présentés, et qu'ils ne
sauraient en faire un meilleur. Ils allèrent même
jusqu'à dire ouvertement qu'ils préféraient le projet
du sculpteur belge à la fontaine de la Place Navone
à Rome qu'ils avaient tous vue et étudiée sur les
lieux. Ils ajoutèrent que le rocher de Godecharle,
quoique feint, l'emportait sur celui qui sert à Péters-
bourg de piédestal à la statue de Pierre le Grand,
quoique ce rocher soit naturel. Le rapport signé par
Houdon aboutissait à cette conclusion flatteuse que
« le monument était digne d'être offert et dédié à nos
augustes souverains par la nation belgique ».
Il est déjà curieux de voir Houdon consulté en
1779 comme une autorité suprême en la matière par
le délégué du gouvernement des Pays-Bas Autri-
chiens et de la ville de Bruxelles. Mais il y a plus.
Son rôle dans le projet d'érection d'un monument à
Marie-Thérèse ne fut pas seulement celui d'un juge
et d'un rapporteur, mais encore celui d'un collabo-
rateur. Les documents exhumés par M. des Marez
nous apprennent en effet qu'il avait promis de faire
lui-même le dessin d'un des quatre bas-reliefs desti-
nés à la décoration de l'obélisque et qu'il tint parole.
Dès son retour à Bruxelles, le conseiller de Lim-
pens s'empressa d'écrire à un de ses compatriotes
résidant à Paris, le chevalier Van Langhendonck,
pour le prier de s'informer et de le tenir au courant
de l'état d'avancement des plans et dessins promis.
Celui-ci répond le 5 octobre 1779 qu'il voyait avec
-393 -
impatience la lenteur des artistes qui travaillaient
pour des absents :
Ni M. Houdon ni M. Barré^ n'ont fait des progrès bien
sensibles dans ce dont vous les avez laissé chargés à votre
départ. Ils m'ont promis toutefois que sous quinzaine ils
s'acquitteraient de la besogne. Je les ai pris au mot et y
tiendrai la main autant que décemment faire se pourra.
Les doléances de Van Langhendonck étaient injus-
tifiées : car en fait les deux artistes tinrent ponctuelle-
ment leurs engagements. Le i5 octobre, il avait entre
les mains le dessin du bas-relief que Houdon avait
promis à M. de Limpens et il l'expédiait aussitôt à
Bruxelles.
Ce dessin n'a malheureusement pas été retrouvé.
Mais nous savons par les documents quelle était la
composition du bas-relief: il représentait les médail-
lons de marbre des souverains des Pays-Bas, enca-
drés des effigies grandeur nature du gouverneur géné-
ral Charles de Lorraine et du ministre plénipoten-
tiaire le prince de Stahremberg.
Le grand sculpteur agit en toute cette affaire avec
un rare désintéressement : il refusa de recevoir le
moindre salaire; mais il se recommandait pour l'exé-
cution de l'œuvre dans le cas où le projet serait
approuvé.
Les circonstances ne permirent pas la réalisation
de cet hommage qui aurait enrichi Bruxelles d'un
précieux monument. Moins heureux que Verschaffelt,
qui avait dressé au centre de la Place Royale sa statue
I. L'architecte chargé d'envoyer des plans pour les bâtiments
de la Place Royale.
— 394 —
pédestre de Charles de Lorraine*, Godecharle dut
renoncer à l'exécution de son obélisque du Parc en
l'honneur de Marie-Thérèse et le bas-relief de Hou-
don resta par conséquent sans emploi.
Au grand dépit des Etats de Brabani qui voyaient
ainsi leur loyalisme bafoué, l'empereur Joseph II,
qui avait succédé à Marie-Thérèse, déclara sans am-
bages qu'il fallait abandonner tout de suite « cet inutile
projet » et employer à quelque œuvre d'utilité pu-
blique les sommes énormes qu'on se disposait à y con-
sacrer. Lorsqu'il passa à Bruxelles en 1781, il refusa
brutalement toute récompense au conseiller de Lim-
pens, qui s'était prodigué avec tant de « zèle pour
l'arrangement du parc et de la nouvelle place ».
Malgré l'abandon du projet, on conviendra sans
doute que l'histoire de cette entreprise avortée
méritait d'être contée. Elle ajoute un trait nouveau à
la biographie de Houdon;elle nous apporte en outre
une nouvelle preuve du rayonnement de l'art français
du xviii« siècle et des liens particulièrement étroits
qui unissaient dès cette époque Bruxelles à Paris, la
France à la Belgique.
Louis Réau.
I. On sait que cette statue, fondue par les Français sous la
Révolution, a été remplacée par une statue équestre de Gode-
froy de Bouillon.
-395 ~
LETTRES DE GREUZE
AU PRINCE NICOLAS BORISOVITCH lOUSOUPOVi
On sait que parmi les amateurs russes des œuvres
de Greuze, l'un des plus fervents était le prince Nico-
las Borisovitch lousoupov, qui accompagna le grand-
duc héritier Paul Petrovitch dans le voyage qu'il fit à
Paris en 1782 sous le nom de comte du Nord et qui
fut longtemps ambassadeur de Russie à la Cour de
Sardaigne. La galerie lousoupov de Pétersbourg,
véritable musée de peinture française, ne contient pas
moins de dix-huit Greuze, malheureusement très
maltraités par un restaurateur maladroit, le profes-
seur Adrien Prakhov.
C'est ce même Prakhov qui a publié en 1906 dans
la revue Les Trésors d'art en Russie, dont il avait
pris la direction, un dossier très curieux de lettres
adressées par Greuze au prince lousoupov. Ce n'est
évidemment qu'une petite partie de la correspondance
échangée entre l'artiste et son opulent client étranger.
Les archives du palais de la Moïka n'ont conservé
que cinq lettres échelonnées du 11 septembre lySS au
20 septembre 1790 : une sixième lettre adressée à un
intermédiaire est datée du 2 vendémiaire 1804; elle
montre que les relations de Greuze avec le prince
lousoupov se prolongèrent jusqu'à sa mort.
Mais si cette correspondance est peu abondante,
elle nous a paru cependant mériter d'être reproduite,
d'abord parce qu'elle est à peu près inconnue en
France et qu'elle a échappé à presque tous les bio-
graphes de Greuze, ensuite parce qu'elle éclaire le
caractère de l'artiste. Sa vanité incommensurable et
presque maladive s'étale complaisamment sur ces
feuillets et il est assez piquant de l'entendre ccm-
I. Communiquées par M. Louis Réau.
— 396 —
menter son allégorie de la Volupté qu'il qualifie sans
vergogne de « grand tableau dans une petite toile ».
On apprendra avec intérêt qu'il avait donné à une
figure du Bonheur le nom de la célèbre visitandine
mystique de Paray-le-Monial, Marie Alacocque,
dont il avait sans doute entendu parler à Tournus, sa
ville natale. La plupart de ses biographes ignorent
aussi qu'il avait été chargé par le prince lousoupov
de transmettre et de surveiller une commande de
tableaux partagée entre les artistes les plus réputés de
l'époque : Fragonard, Vincent, M'"^ Vigée-Lebrun.
Greu^e à Son Excellence le Prince lousoupov^
ambassadeur de la Cour de Russie à Turin.
De Paris, le 11 septembre lySS.
Son Excellence ne se rappelle pas que c'est par galan-
terie que j'ai bien voulu faire une copie du tableau de
l'impératrice'^. Son Excellence doit se ressouvenir que
j'en ai fait l'ébauche et que c'est, par conséquent, le tiers
de l'ouvrage. Vous deviez me le renvoyer pour le termi-
ner; vous avez changé d'avis. J'aurai plus de plaisir à faire
un original et vous en seriez mieux traité, sans comparai-
son: mais il ne serait pas juste de me laisser mon ébauche
en pure perte pour moi.
Son Excellence aura donc la bonté de me tenir compte
du tiers de la somme que j'ai reçu. Gomme je ne fais
point de tête à moins de cinquante louis, il faut donc que
Son Excellence donne ordres pour que l'on me remette
26 louis et 2 pour la bordure, qui feront 28. Sinon, Son
Excellence aura la bonté de me renvoyer le tableau de
l'impératrice atin que je puisse terminer la copie que j'ai
commencée; car je n'ai rien de plus à cœur que de rem-
plir mes engagements avec la plus grande sévérité.
J'ai l'honneur d'être de Son Excellence
le très humble et très obéissant serviteur,
Greuze.
I. Cf. L. Réau, Greu:^e et la Russie {VArt et les artistes, 1920).
— 397 —
2.
De Paris, le 29 juillet 1789.
Mon Prince,
Pour faire la tête que vous m'avez demandée, j'ai con-
sulté votre cœur, le caractère de votre âme. J'ai donc
tracé une femme sensible qui vous rappellera, lorsque
vous ne ferez plus d'usage des armes que l'amour vous a
confié, que le vrai bonheur de la vie n'est que dans les
bras de ce que l'on aime. J'ai donc peint le bonheur dans
la tête que j'ai l'honneur de vous envoyer; elle vous dira
quand vous la regarderez : je suis heureuse. D'accord avec
moi, j'ose me flatter que vous direz : il n'y a que ce sen-
timent de réel, le reste de notre existence n'est souvent
qu'un mauvais rêve.
Le titre est Marie Alacocque, quiétiste; elle aimait la
divinité comme on aime les mortels. Indiquez moi à qui
je dois la remettre, pour qu'elle puisse vous parvenir le
plutôt possible.
J'ai l'honneur d'être, avec respect. Mon Prince, votre
très humble et très obéissant serviteur,
Greuze.
3.
Le 2 novembre 1789.
Mon Prince,
Je suis bien désespéré de ne plus avoir la tête que
j'avais faite pour vous; ce n'est pas ma faute. Quand j'ai
eu l'honneur de vous écrire, j'ai demandé combien il fal-
lait de temps pour avoir votre réponse : l'on m'a dit qu'il
fallait six semaines. J'ai été deux mois et demi et plus à
attendre vainement, ce n'est qu'alors que j'ai cédé à
l'empressement d'une personne qui me pria de lui céder.
J'en ai une autre qui est ébauchée, qui exprime la
Volupté. La composition en est beaucoup plus riche. Per-
suadez vous que j'y mettrai le même soin et la même
amitié pour la terminer. Votre commission a été faite
avec une telle indifférence qu'il a fallu vous être attaché
comme je vous le suis pour m'en être occupé, et même je
suis le seul. Fragonard m'a dit que personne ne lui en
— 398 —
avait parlé; M. Vincent est à peu près dans le même cas;
Mme Lebrun ne l'a pas commencée; son mari m'a dit
qu'elle le ferait à Rome, où elle est actuellement.
Je n'ai point touché votre lettre de change et je ne le
ferai que lorsque j'aurai terminé votre tête et que je l'au-
rai remise à Mme la comtesse de Ségur. Si vous changez
d'avis, je vous prie de me le faire savoir le plus tôt que
vous pourrez. Parla même occasion, si vous avez quelques
commissions à faire, n'en chargez que moi et je me flatte
que vous n'aurez jamais été servi avec plus de zèle et plus
d'exactitude.
J'ai l'honneur d'être, avec respect, Mon Prince, votre
très humble et très obéissant serviteur,
Greuze.
M. Fragonard va commencer votre tableau ainsi que
M. Vincent.
4-
A Paris, le 20 avril 1790.
Monsieur,
Je viens de finir votre tableau. Il a pour titre : la
Colombe retrouvée ou la Volupté. Cette colombe, qu'elle
presse contre son cœur si amoureusement, avec ses deux
mains, n'est que l'image de son amant caché sous cet
emblème; son âme est agitée d'un sentiment si doux et
si pur que la femme la plus délicate la pourra regarder
avec complaisance sans en être blessée. J'ai ajouté sur sa
tête une couronne d'étoiles pour indiquer que le senti-
ment nous égale aux dieux pour un instant. C'est un grand
tableau dans une petite toile.
Je vous prie de dire à tous ceux qui le verront qu'il
vous coûte cent louis; d'ailleurs, vous en jugerez vous
même; cela me change rien aux conditions que j'ai eu
l'honneur de faire avec vous. C'est un moment d'enthou-
siasme que j'ai voulu satisfaire. La passion que j'ai pour
la peinture, l'amitié que j'ai pour vous y ont présidé. Elle
vaudrait mille louis que ce serait toujours cinquante. Si
elle peut me rappeler quelquefois à votre mémoire, je me
trouverai trop heureux.
Mme la comtesse de Ségur l'a vue ; elle la fera partir à
la première occasion. J'ai reçu votre lettre de change de
— ^99 —
1,200 livres. Mme Lebrun est toujours en Italie; son
mari m'a assuré qu'elle travaille à votre tableau. M. Fra-
gonard n'est plus à Paris; il est en province; je ne sais
où en est son ouvrage. Dès qu'il sera fini, on vous en
donnera avis, de même que de celui de M. Vincent.
J'ai l'honneur d'être, avec autant d'attachement que de
respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant
serviteur.
Greuze.
5.
Le 20 septembre 1790.
Mon Prince,
J'ai l'honneur de vous prévenir que votre tableau est
parti le i5 septembre par le chariot de poste. Vous l'au-
riez reçu plus tôt sans un malentendu. Je vous prie de
me faire le plaisir de m'en accuser la réception le plus
tôt possible. Je souhaite que vous ayez autant de satis-
faction à le voir que j'ai pris de soins pour le terminer.
Je n'ai point de nouvelles des tableaux que vous
m'avez chargé de vous faire faire par Mme Lebrun, Fra-
gonard et Vincent. Je suis persuadé qu'il ne manqueront
pas de vous instruire lorsqu'ils seront terminés.
Greui^e à M. Sancet, rue Sainte Hiacinte,
près la Place Saint Michel y à Paris.
Le 2 vendémiaire, an 1er de l'Empire français.
Monsieur,
L'incertitude du prince à vous répondre positivement
est cause que je me suis occupé du portrait de l'empereur
qui m'a été demandé par le gouvernement et qui est près
d'être terminé. Alors ce sera le tableau du prince qui
m'occupera uniquement. J'aurai le plus grand plaisir à le
finir à la caresse [sic] comme le plus aimable que j'aie
tracé. Il faut trois ou quatre mois pour le porter à sa per-
fection.
— 400 —
LETTRE DE KLÉBER
AU MINIATURISTE JEAN GUÉRIN
(l8 MAI 1798)
M. Ulric Richard-Desaix, d'Issoudun, nous com-
munique la lettre suivante écrite par le général Kléber
au miniaturiste Jean Guérin.
Le dessin dont il s'agit dans cette lettre doit-il être
identifié au fameux portrait en miniature de Kléber
qui fut exposé au Salon de 1798 et que le Musée du
Louvre acquit en 1849 d'un M. Delattre (voir Reiset,
Dessins^ cartons, pastels, miniatures... exposées,
etc...., 2^ partie, p. 41, n» 781)? On sait qu'en 1789
Guérin entreprit une suite de portraits d'après les
députés de l'Assemblée nationale, suite qui fut gra-
vée en manière noire par Fiesinger, et l'on suppose
qu'en 1798- 1799 Guérin eut l'intention de publier une
nouvelle suite des généraux de la République, car
Fiesinger grava, d'après ses dessins, les portraits de
Gouvion-Saint-Cyr, de Sainte-Suzanne, de Berna-
dotte, de Desaix, de Bonaparte et de Kléber. Il est
donc problable qu'il existe pour cette dernière gra-
vure un dessin différent de la miniature du Musée du
Louvre.
L. D.
[Lettre autographe écrite par le général Kléber sur deux
feuillets petit in-40, sans date, avec timbre postal
imprimé, « y8, Toulon », et grand cachet de cire
rouge très bien conservé, mais cassé en deux par suite
de l'ouverture de la lettre : « Kléber, général de Divi-
sion ».]
« Au Citoyen Jean Guérin, artiste, quai de Voltaire,
no i3, Paris. » (Timbre de Toulon.)
« A Dieu, mon cher Guérin, je pars dès ce pas pour
— 401 —
monter à bord de mon vaisseaux {sic) le Francklin, achevés
le dessin et remettez le à la citoyenne Ghateaugiron qui le
gardera jusqu'à mon retour; donnez lui tous vos soins. Je
vous écrirai quelques fois. Aimez moi toujours, je le
mérite pour l'attachement que je vous porte. Amitié à
Fiesinger. Les Damas vous embrassent et moi aussi.
« Kléber. »
La citoyenne Châteaiigiron de cette lettre était la
marquise de Ghateaugiron, amie de Kléber. Fiesin-
ger était le graveur habituel du miniaturiste Jean Gué-
rin. Damas^ le général Damas, fut, en Egypte, le chef
d'état-major général de Kléber.
Cette lettre non datée est exactement du 29 Floréal
an VI, vendredi 18 Mai 1798, jour même de l'embar-
quement de Kléber.
Elle fut écrite à la diable^ le général s'étant trouvé
pressé de se rendre « dès ce pas » sur son « vaisseau »
le Francklin.
Elle a échappé à la connaissance d'Etienne Ghara-
vay ; autrement cet érudit n'eût pas manqué de l'utili-
ser ou même de la reproduire en facsimile dans son
excellente étude sur les Guérin de Strasbourg^ 1880,
in-40, avec figures de Richard-Desaix.
922 26
— 4c>2 —
OUVRAGES
RÉCEMMENT PUBLIÉS PAR LES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
DE l'histoire de l'aRT FRANÇAIS
ET OUVRAGES OFFERTS A LA BIBLIOTHEQUE DE LA SOCIÉTÉ^.
Babelon (Jean), Jacopo da Trei^o et la construction de
l'Escurial. (Champion.)
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pion.)
Blum (André), Les eaux-fortes de Claude Gellée^ dit le
Lorrain. (A. Morancé.)
BoiNET (Amédée), Le vieux Met:^. Histoire et descrip-
tions de ses monuments (extrait du Congrès archéologique
de France, 83e session, 1920). (A. Picard.)
* — , Le livre français des origines à la fin du Second
Empire. Catalogue de l'exposition au pavillon de Marsan
(4 au 3o avril 1928). (A. Morancé.)
Glouzot (H.), Les meubles du XVUI^ siècle. (A. Mo-
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igoo. (Delagrave.)
— , Histoire illustrée de la gravure en France. I : Des
origines à 1600. (Le Carrée.)
Delteil (Loys), Le peintre-graveur illustré. T. XIV
et XV : Francisco Goya. — T. XVI : François Raffaelli.
— T. XVII : Pissarro, Sisley et Renoir. (L. Delteil.)
I. Les ouvrages dont le titre est précédé d'un astérisque ont
été offerts à la Société et sont déposés à la bibliothèque de
l'Union centrale des Arts décoratifs, où ils forment une sec-
tion spéciale.
Demonts (Louis), Musée du Louvre. Catalogue de id
donation Doistau : mmiaiures des XVII I^ et XIX^ siècles
(avec le concours de M. Charles Terrasse). (Impr. gén.
Lahure.)
—, Les dessins de Claude Gellée, dit le Lorrain. (A. Mo-
rancé.)
— , Musée du Louvre. Les dessins de Léonard de Vinci.
(A. Morancé.)
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(J. Schemit.)
Martin (Henri), La miniature française du XIII^ au
XFe siècle. (Van Œst et Gie.)
Martine (Charles), Dessins de maîtres français. II :
Claude Gellée, dit Claude Lorrain. (Helleu et Sergent.)
Michel (André), Histoire de l'art. T. VI : l'Art en
Europe au XVII^ siècle, 2e partie. (Armand Colin.)
MiGEON (Gaston), L'estampe japonaise. (A. Morancé.)
Moreau-Nélaton (Etienne), Les trésors d'art de la
France meurtrie. Du Laonnois à la Brie. [Gar^ette des
Beaux-Arts.)
NicoLLE (Marcel), Critique d'art ancien et moderne.
Musées de provijice. (Perrin et C^e.)
*Ratouis de Limay (Paul) et Rouchès (Gabriel), Compte-
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— , Pierre Roche ( i885-ig22). {Galette des Beaux-
Arts.)
WiLDENSTEiN (Gcorges), Un peintre de paysage au
XVIII^ siècle, Louis Moreau. {Les Beaux-Arts.)
ANNUAIRE
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS
STATUTS
VOTÉS PAR L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DU 9 NOVEMBRE I906.
Art. 1er.
La Société de l'Histoire de l'Art français, dans le but
de donner un nouvel essor à ses études, modifie ses sta-
tuts comme suit :
Art. 2.
Une Société est fondée à Paris pour encourager l'étude
de l'histoire de Tart et des artistes en France.
Art. 3.
Elle se propose :
10 De tenir des réunions périodiques où seront discu-
tées les questions relatives à l'art français;
20 De publier chaque année un ou plusieurs volumes
de documents inédits ou rares, imprimés ou graphiques;
3» D'accorder son patronage, avec ou sans subvention,
à des monographies ou travaux spéciaux édités par les
auteurs à leurs frais.
Art. 4.
Elle se compose de personnes admises sur leur demande,
— 4<^D —
et sur la présentation de deux membres de la Société, par
le Comité directeur, à la majorité des votants.
Art. 5.
Une Assemblée générale annuelle nomme le Comité
directeur, composé de 20 membres.
Art. 6.
L'Assemblée générale pourra, sur la proposition du
Comité directeur, nommer membres honoraires des per-
sonnes ayant rendu des services exceptionnels à l'histoire
de l'Art français. Le nombre des membres honoraires ne
pourra dépasser cinq.
Art. 7.
Le Comité directeur élit tous les ans, à la majorité des
suffrages, un président, un vice-président, un secrétaire,
deux secrétaires-adjoints et un trésorier. Il nomme égale-
ment chaque année un Comité des publications et un Co-
mité des fonds composé de trois membres. Les membres
du bureau sont rééligibles immédiatement, sauf le prési-
dent et le vice-président. Celui-ci devient président de
droit.
Art. 8.
Le Comité est renouvelé par quart tous les ans : les
membres sortants ne sont rééligibles qu'après un an.
Art. 9.
La cotisation annuelle est fixée à 20 francs <. Elle doit être
acquittée dans le premier semestre de l'année. Cette coti-
sation peut être rachetée par le payement d'une somme de
5oo francs qui sera placée à intérêts.
I. Un supplément de dix francs est deman4é aux membres
de la Société désirant recevoir les publications imprimées
sur papier d'Arches.
— 4o6 —
Art. 10.
Les ressources de la Société se composent :
lo Des cotisations annuelles;
2° De la vente des ouvrages publiés par la Société;
3° Des revenus des capitaux du rachat des cotisations;
40 Des dons et subventions de l'État, des villeSj des
Académies et des particuliers;
5° De toute autre ressource éventuelle.
Art. II.
La dissolution de la Société ne pourra être votée que
par les trois quarts des membres d'une Assemblée géné-
rale convoquée à cet effet, sur la proposition signée de
20 membres.
REGLEMENT INTERIEUR
ADOPTÉ PAR LE COMITÉ DIRECTEUR
DANS SA SÉANCE DU 7 DÉCEMBRE I906.
Art. ler.
Les séances de la Société sont fixées au premier ven-
dredi de chaque mois, de novembre à juillet. Tous les
membres de la Société y sont convoqués.
Art. 2.
Le Comité directeur se réunit tous les mois avant la
séance.
Art. 3.
Le président de la Société, ou à son défaut le vice-pré«
sident, préside de droit le Comité directeur.
Art. 4.
Le Comité directeur nomme le bureau, le Comité des
I
— 407 —
publications et un Comité des fonds de trois membres,
dans la séance qui suit l'Assemblée générale.
Art. 5.
Le Comité des fonds rend compte tous les mois au
Comité directeur de Tétat de la caisse de la Société.
Art. 6.
L'Assemblée générale est fixée au deuxième vendredi du
mois de mai. Elle nomme les membres du Comité direc-
teur à la majorité des votants.
Art. 7.
La Société publie un Bulletin trimestriel.
Art. 8.
Les volumes publiés par la Société peuvent être vendus
au prix que fixe chaque année le Comité directeur.
Art. 9.
Le Comité directeur décide, sur rapport du Comité des
publications, de toutes les publications de la Société.
Art. 10.
Le Comité des publications peut, à l'occasion, désigner
un commissaire chargé de suivre une publication. Celui-ci
rend compte au Comité des publications du travail qu'il
surveille et y appose sa signature.
COMITE DIRECTEUR
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS
Mai 1922-MAI 1923.
Président : M. Paul Vitry, conservateur au Musée du
Louvre.
Vice-président : M. Jean Guiffrey, conservateur au Musée
du Louvre.
Secrétaire : M. Paul Ratouis de Limay.
Secrétaires-adjoints : MM. Gabriel Rouchès, bibliothé-
caire à l'École nationale des Beaux-Arts; Jean Cordey,
bibliothécaire à la Bibliothèque nationale.
Trésorier : M. André Ramet.
Membres : MM. P. Alfassa, conservateur -adjoint au
Musée des Arts décoratifs ; René Charlier ; Gaston
Brière, conservateur-adjoint du Musée de Versailles,
ancien président de la Société ; E. Dacier, bibliothé-
caire à la Bibliothèque nationale; L. Deshairs, biblio-
thécaire de l'Union centrale des Arts décoratifs; André
Fontaine, inspecteur général de l'Instruction publique ;
le comte Louis d'Harcourt; R. Kœchlin, président du
Conseil des Musées nationaux et de la Société des
Amis du Louvre, vice-président de l'Union centrale
des Arts décoratifs; P. -A. Lemoisne, bibliothécaire au
Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale;
Henry Lemonnier, membre de l'Institut, professeur
honoraire à la Faculté des lettres de l'Université de
Paris et à l'École nationale des Beaux-Arts, ancien pré-
- 409 —
sident de la Société; Pierre Marcel, professeur à
l'École nationale des Beaux- Arts; J. J. Marquet de
Vasselot, conservateur-adjoint au Musée du Louvre,
ancien président de la Société; André Michel, membre
de l'Institut, conservateur honoraire des Musées natio-
naux, professeur au Collège de France, ancien prési-
dent de la Société; Pierre de Nolhac, membre de l'Aca-
démie française, conservateur honoraire des Musées
nationaux, directeur du Musée Jacquemart -André;
Charles Saunier; Henri Stein, conservateur aux Ar-
chives nationales, ancien président de la Société.
COMITÉ DES PUBLICATIONS
MM.
J. J. Marquet de Vasselot.
Henry Martin, administrateur de la Bibliothèque de
l'Arsenal, ancien président de la Société.
Henri Stein.
COMITÉ DES FONDS
MM.
Jean Laran, bibliothécaire au Cabinet des Estampes de
la Bibliothèque nationale.
P. -A. Lemoisne.
Louis RÉAu, docteur es lettres, ancien directeur de l'Ins-
titut français de Pétrograd.
LISTE DES MEMBRES
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS
AU l5 JUILLET 1923.
S. M. la Reine Amélie de Portugal.
AccARY (Etienne), 5o, rue de Laborde, Paris (viiie).
Alaret, château de Louan, Menestreau-en-Villette (Loi-
ret).
Alazard (Jean), maître de conférences à la Faculté des
lettres de l'Université d'Alger (Algérie).
Alfassa (Paul), conservateur-adjoint au Musée des Arts
décoratifs, 142, boulevard Malesherbes, Paris (xvije).
Allard du Chollet (comte), 20, rue de Lûbeck, Paris
(xvie).
Appuhn (Charles), professeur au lycée Saint-Louis, chef
de section aux Bibliothèque et Musée de la Guerre,
6 biSf rue des Écoles, Paris (v«).
Argoutinsky Dolgoroukoff (prince W.), 7, rue Fran-
çois 1er, Paris (viiie).
Arjuzon (vicomte d'), i i, rue Dupont-des-Loges, Paris (vue).
Arvengas (Albert), l'Isle-sur-Tarn (Tarn).
Aubert (Marcel), docteur es lettres, conservateur-adjoint
au Musée du Louvre, directeur de la Revue de l'Art
chrétien, 8, cité Vaneau, Paris (vii«).
AuBRY-ViTET, 69, rue de Varenne, Paris (vii^).
Babelon (Jean), bibliothécaire au Cabinet des Médailles
de la Bibliothèque nationale, 2, rue Rotrou, Paris (vie).
Bagués (Victor), 107, rue La Boétie, Paris (viije).
Ballot (M^e), attachée au Musée du Louvre, i3, rue de
l'Abbaye, Paris (vie).
— 411 —
Banchereau (Jules), trésorier de la Société française d'ar-
chéologie, 6, quai Barentin, Orléans (Loiret).
Barante (baron de), 22, rue du Général-Foy, Paris (viiie).
Barbey (Frédéric), ministre plénipotentiaire de Suisse en
Belgique, 8, avenue de Gortenberg, Bruxelles.
Bardac (Joseph), i, avenue Marceau, Paris (viiie).
Barry, imprimeur d'art, 14, rue du Temple, Paris (iv*).
Bauchoud (Maurice), avocat, place du Neuf-Bourg, Valen-
ciennes (Nord).
Baudoin (Henri), 10, rue Grange-Batelière, Paris (ix^).
Bautier (Pierre), conservateur-adjoint du Musée royal
des Beaux -Arts de Bruxelles, 549, avenue Louise,
Bruxelles.
Belleudy (Jules), 35, avenue du Maréchal-Foch, Nice
(Alpes-Maritimes).
Benoît (François), professeur à la Faculté des lettres de
l'Université de Lille, i, rue Nationale, Argenteuil
(Seine-et-Oise).
Bernard (Georges), i, rue d'Anjou, Paris (viiie).
Bertaux (Mme Jeanne), 7, avenue des Peupliers, Paris
(xvie).
Bertini-Galosso (Dott. Achille), ispettore délia Ra Gal-
leria Borgheze, villa Umberto I, Roma (5i) (Italie).
BézAGU (Louis), 61, cours d'Aquitaine, Bordeaux (Gironde)
(membre perpétuel).
Bibliothèque de la Ville d'Amiens (Somme) [M. Henri
Michel, bibliothécaire].
Universiteits-Bibliotheek d'Amsterdam (Hollande) [Dr F.
G. Wieder, bibliothécaire-adjointj.
'S Rijks Prentenkabinet, Rijks-Museum d'Amsterdam
(Hollande).
Bibliothèque de la Ville d'Angers (Maine-et-Loire)
(librairie Glech).
Bibliothèque de l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers
(Belgique).
Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles [M. Paris, con-
servateur] (M. Ghampion, correspondant).
Bibliothèque des Musées royaux du Ginquantenaire,
Bruxelles.
— 412 —
University of California library, Berkeley, Cal. (États-
Unis) [M. Joseph Cummings Rowell, bibliothécaire].
Musée de Châteauroux (Indre) [M. H. Ratouis de Limay,
conservateur].
Bibliothèque de la ville de Clermont-Ferrand (Puy-de-
Dôme).
Bibliothèque de la ville de Compiègne (Oise).
Bibliothèque royale de Copenhague (Danemark).
Technische Hoogeschool Bibliotheek de Delft (Hollande)
[Dr H. H. R. Roelofs Heyrmans, bibliothécaire].
Bibliothèque de la Galerie des Offices de Florence (Italie).
Biblioteca Nazionale centrale de Florence (Italie) [M. Mor-
purgo, bibliothécaire en chef].
Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg
(Suisse).
Bibliothèque de l'Université de (?jni(Belgique)[M.Roersch,
inspecteur].
Bibliothèque publique et universitaire de la Ville de
Genève (Suisse).
Bibliothèque de la Ville de Grenoble (Isère) [M. Royer,
bibliothécaire].
The State University of lowa, lowa City (États-Unis)
[M. Malcolm G. Wyer, bibliothécaire].
Bibliothèque de la Ville de La Rochelle (Charente-Infé-
rieure) [M. Musset, bibliothécaire] (Bouchut, libraire).
Bibliothèque de l'Université de Liège (Belgique) [M. Bras-
sinne, bibliothécaire en chef].
Bibliothèque de la Ville de Lille (Nord) [M. Mahieu, sous-
bibliothécaire].
Bibliothèque de la Ville de Limoges (Haute-Vienne)
[M. Caillet, bibliothécaire] (librairie Duverger).
British Muséum, à Londres (M. Dulau, libraire) [M. Le
Soudier, commissionnaire].
London Library, SUames' square, London S. W. (Angle-
terre).
Bibliothèque du Collège philosophique et théologique de
Louvain, ii, rue des Récollets, Louvain (Belgique)
[M. de Ghellinck, bibliothécaire].
Bibliothèque de VUniversité de Louvain (Belgique) [M. De
Lannoy, bibliothécaire].
-4i3 -
Bibliothèque de la Ville de Lyon et du palais des Arts,
avenue de la Bibliothèque, Lyon (Rhône) [M. Richard
Cantinelli, bibliothécaire].
Bibliothèque municipale de Marseille, place de la Biblio-
thèque, Marseille (Bouches -du -Rhône) [M. Billion,
bibliothécaire en chef].
University of Michigan, General library, Ann Arbor.
(États-Unis) [M. W. Koch, librarian] (M. Terquem, i, rue
Scribe, Paris, commissionnaire).
Bibliothèque communale de Monaco [M. Louis de Cas-
tro, bibliothécaire].
Bibliothèque universitaire de Montpellier (Hérault)
[M. Henri Bel, bibliothécaire].
Bibliothèque de la Ville de Nantes (Loire-Inférieure)
[M. Giraud-Mangin, conservateur].
Institut d'histoire de l'art et d'archéologie de la Faculté
des lettres de l'Université de Nancy, 4, place Carnot,
Nancy (Meurthe-et-Moselle) (M. Bulard, professeur)
[M. Berger-Levrault, 18, rue des Glacis, Nancy, libraire].
Bibliothèque de l'Institut français de Naples, 12, piazza
S. Domenico Maggiore, Naples (Italie). [M. Paul-Marie
Masson, directeur.]
Bibliothèque d'art et d'archéologie de l'Université de
Paris, 16, rue Spontini, Paris (xvie) [M. Joubin, direc-
teur].
Bibliothèque de la Ville de Paris, 29, rue de Sévigné,
Paris (ive) [M. Marcel Poëte, directeur].
Bibliothèque de V École nationale des Beaux- Arts, 14, rue
Bonaparte, Paris (vie).
Bibliothèque de V École des chartes, 19, rue de la Sorbonne,
Paris (ve).
Bibliothèque Forney, 12, rue Titon, Paris (xiie).
Bibliothèque de VInstitut d'histoire de l'Art moderne, à
la Sorbonne, Paris (ve).
Bibliothèque de VInstitut de France, quai Conti, Paris (vie).
Bibliothèque Sainte - Geneviève , place du Panthéon,
Paris (ve) [M. Mortet, administrateur].
Bibliothèque du Cercle àeVUnion artistique, rue Boissy-
d'Anglas, Paris (viiie).
Bibliothèque de la Ville de Pau (Basses-Pyrénées).
— 4H —
Bibliothèque de la Ville de Poitiers (Vienne) [M. Ginot,
conservateur].
Bibliothèque de l'Éccle française de Rome, palais Far-
nèse, Rome [Mgr Duchesne, membre de l'Institut,
directeur].
Biblioteca Àpostolica Vaticana, Rome.
Reale Istituto di Archeologia e storia dell' Arte, piazza
Venezia, 3, Rome [M. Gorrado Ricci, président].
Bibliothèque et archives du Protectorat, Rabat (Maroc).
Bibliothèque de la Ville de Rouen (Seine-Inférieure)
[M. Henri Labrosse, bibliothécaire] (librairie Lestrin-
gant).
Bibliothèque municipale de Sélestat (Bas-Rhin) [M.Wal-
ter, bibliothécaire].
Bibliothèque royale de Stockholm (Suède) [M. Dahlgren,
conservateur en chef] (M. Ghampion, correspondant).
Institut Zorn de l'Université de Stockholm (Suède)
[M. Roosval, professeur].
Bibliothèque de l'Institut d'art moderne de l'Université
de Strasbourg, 28, rue Herder, Strasbourg (Bas- Rhin).
Bibliothèque universitaire et régionale de Strasbourg,
place de la République, Strasbourg (Bas-Rhin).
Bibliothèque de la Ville de Strasbourg (Bas-Rhin) [M. De-
lahache, bibliothécaire].
Bibliothèque publique de Toulouse, i, rue Lakanal, Tou-
louse (Haute-Garonne) [M. Galabert, bibliothécaire].
Bibliothèque de la Ville de^Troyes (Aube) [M. Morel-
Payen, conservateur].
Bibliothèque publique de Tunis, 20, Souk El Attarine,
Tunis (Tunisie).
Bibliothèque de l'Université royale d'Upsal (Suède)
[Dr Lars Aksel Andersson, bibliothécaire].
Bibliothèque de la Ville de Versailles (Seine-et-Oise)
[M. Hirschauer, conservateur].
Direction du Musée national suisse de Zurich.
BivER (comte Paul), rue des Bordeaux, 4, Jouy-en-Josas
(Seine-et-Oise).
Bloch (Gamille), libraire, 366, rue Saint-Honoré, Paris (ler).
Blum (André), 22, rue Fourcroy, Paris (xviie).
Blum (René), 36, rue de Tocqueville, Paris (xviie).
-4i5-
Blumenthal (George), banquier, i5, boulevard Montmo-
rency, Paris (xvie) (membre perpétuel).
BoiNET (Amédée), archiviste-paléographe, bibliothécaire
à la Bibliothèque Sainte -Geneviève, 286, boulevard
Raspail, Paris (xive).
BoisGELiN (comtesse Bruno de), 19, avenue Georges V,
Paris (viiie).
BoissiEu (général de), 60, rue de Rome, Paris (viiie).
BoiTET (Mlle), rédactrice aux Bibliothèque et Musée de la
Guerre, 144, rue de la Roquette, Paris (xie).
BoscHER (Jacques), 45, rue de Courcelles, Paris (viiie).
Boucher (François), attaché au Musée Carnavalet, i, bou-
levard Henri IV, Paris (iv«).
Bouchot (Mlle Jacqueline), 3, rue d'Alençon, Paris (xve).
Bourguignon (Jean), conservateur du Palais national de
Malmaison, Rueil (Seine-et-Oise).
Bourin (Henri), 6, rue de Longchamp, Paris (xvie).
Bourrelier (Henri), éditeur, 26, rue Guynemer, Pa-
ris (vie).
Bouvy (Eugène), bibliothécaire en chef de la Faculté de
droit, 5, rue Cujas, Paris (v^).
Brame (Hector), 68, boulevard Malesherbes, Paris (viiie).
Brame (Henri), 68, boulevard Malesherbes, Paris (viiie).
Brame (Paul), 68, boulevard Malesherbes, Paris (viiie).
Breton (François), 14, rue Charles-Nodier, Paris (xviiie).
Brichet (Paul), 23, rue des Arènes, Angers (Maine-et-
Loire).
Brière (G.), conservateur-adjoint du Musée de Versailles,
ii3, boulevard Beaumarchais, Paris (me).
Brincard (baronne G.), 89, faubourg Saint-Honoré, Pa-
ris (viiie).
Brouwet, 86, boulevard Flandrin, Paris (xvie).
Brunner (C), II, rue Royale, Paris (viiie).
Brunschvicg (Léon), membre de l'Institut, 53, rue Schef-
fer, Paris (xvie).
Brussel (Robert), chef du service d'Études, direction des
Beaux-Arts, 3, rue de Valois, Paris (ler).
Buffenoir (Hippolyte), membre de la Société des gens
de lettres, i5, rue des Apennins, Paris (xviie).
— 4^6 —
BuRNAND (Robert), archiviste-paléographe, 3, me Gay-
Lussac, Paris (ve).
BuTTiN (capitaine Pierre), conservateur-adjoint au Musée
de l'Armée, 87, avenue Gambetta, Paris (xxe).
Gailleux (Paul), expert, 39, rue Laffitte, Paris (ixe).
Gain (Julien), agrégé d'histoire et de géographie, 53, rue
Gondorcet, Paris (ixe).
Gamondo (comte Moïse de), 63, rue de Monceau, Paris (viiief.
Garlier (Adrien), industriel, 77, boulevard Watteau,
Valenciennes (Nord).
Garsow (Michel), deuxième secrétaire de l'ambassade de
Russie, 6, rue Edouard- Détaille, Paris (xviie).
Ghampion (Edouard), libraire, 5, quai Malaquais, Paris (vie).
Gharageat (Mlle Madeleine), 77, boulevard Voltaire, Pa-
ris (xie).
Gharageat (MUe Marguerite), 77, boulevard Voltaire,
Paris (xie).
Gharlier (René), 3, avenue Matignon, Paris (viiie).
Ghâtelperron (de), 7, rue François I^r, Paris (viiie).
Ghauveau (Mlle Blanche), secrétaire générale adjointe de
l'Office des pupilles de la Nation, établissements de
Saint-Rémy, par Faverney (Haute-Saône).
Ghenesseau (chanoine Georges), chanoine honoraire d'Or-
léans, docteur es lettres, 19, rue du Golombier, Orléans
(Loiret).
Ghévrier (Pierre), 65, avenue Kléber, Paris (xvie).
Ghristensen (Ghr.), 24, place Vendôme, Paris (ler).
Glouet des Pesruches (capitaine Jean), i, avenue Sil-
vestre-de-Sacy, Paris (vue).
Glouzot (Henri), conservateur du Musée Galliéra, 10,
avenue Pierre 1er de Serbie, Paris (xvie).
Godet (capitaine Paul), conservateur-adjoint au Musée de
l'Armée, Hôtel des Invalides, Paris (vue).
Godman (Ogden), 60, rue de Varenne, Paris (vue).
GoLiN (Paul), 4, rue Saint-Florentin, Paris (ler).
Gordey (Jean), bibliothécaire à la Bibliothèque nationale,
i36, rue d'Assas, Paris (vie).
Gouderc (G.), conservateur-adjoint du département des
— 417 --
manuscrits de la Bibliothèque nationale, 20, rue de
Harlay, Paris (ler).
CouRBOiN (F.), conservateur du Cabinet des Estampes à
la Bibliothèque nationale, 17, route du Grand-Pont, Le
Vésinet (Seine-et-Oise).
GouRTEAULT (Paul), professcur à la Faculté des lettres de
l'Université de Bordeaux, 23, rue de Strasbourg, Bor-
deaux (Gironde).
CzERNicHowsKi (André de), 7, rue Cassini, Paris (xive).
Dacier (E.), bibliothécaire à la Bibliothèque nationale,
5, rue Cavendish, Paris (xixe).
Da Costa, professeur agrégé au lycée d'Alger (Algérie).
Dansaert (Jules), avocat à la cour de Bruxelles, 122, rue
du Prévôt, Ixelles-Bruxelles (Belgique).
Dardonville (Mme)^ j^ avcnuc Bugeaud, Paris (xvie).
Daupeley (Paul), imprimeur, Nogent-le-Rotrou (Eure-et-
Loir).
Debidour, secrétaire de la Commission du Vieux-Paris,
Préfecture de la Seine, Paris (ive).
Dehesdin (Georges), 3o, rue Ballu, Paris (xviiie).
Delacre (Maurice), professeur à TUniversité de Gand,
16, boulevard du Fort-Gand, Gand (Belgique).
Delagarde (E.), 10, rue de Courcelles, Paris (viiie).
Deleury (Jules), ingénieur, 11 rue de la Tour-des-Dames,
Paris (ixe).
Deligand (Georges), avocat à la Cour, 6, square du Roule,
Paris (viiie).
Delteil (Loys), 2, rue des Beaux-Arts, Paris (vi^).
Demonts (Louis), conservateur -adjoint au Musée du
Louvre, Paris (i^r).
Demotte, 27, rue de Berry, Paris (viiie) (membre perpé-
tuel).
Denoinville (Georges), i, rue Cassini, Paris (xive).
Deshairs (L.), bibliothécaire de l'Union centrale des Arts
décoratifs, 161, rue Saint-Jacques, Paris (v^).
Dezarrois (André), directeur de la Revue de l'Art ancien et
moderne^ 28, rue du Mont-Thabor, Paris (ler).
D1LLEN-V0TQUENNE (Mme E.)j 2, avenue du Vert-Chas-
seur, Uccle-Bruxelles (Belgique).
1922 27
— 4i« —
DiMiER (Louis), 17, rue des Filles-du-Calvaire, Paris (me).
DoRiA (comte Arnauld), 23, avenue d'Iéna, Paris (xvi*).
Dreyfus (Carie), conservateur -adjoint au Musée du
Louvre, 10 1, boulevard Malesherbes, Paris (viiie).
DuBOis-CoRNEAU (Robcrt), 16, rue du Réveillon, Brunoy
(Seine-et-Oise).
Du Bos (Charles), i, rue Budé, Paris (ive).
DuMOLiN, 16, avenue Pierre 1er de Serbie, Paris (xvie).
DuPORTAL (Mlle), doctcur es lettres, 29, quai Saint-Michel,
Paris (ve).
DuRRiEU (comte Paul), conservateur honoraire des Musées
nationaux, membre de l'Institut, 74, avenue Malakofï,
Paris (xvie).
Ephrussi (Mme)j 48, rue La Pérouse, Paris (viiie).
EscHOMER (Raymond), conservateur du Musée Victor-
Hugo, 32, quai d'Orléans, Paris (ive).
EsPEZEL (d'), bibliothécaire au Cabinet des Médailles de
la Bibliothèque nationale, 77, avenue de Saint-Mandé,
Paris (xiie).
EsTOURNELLES DE GoNSTANT (Jean d'), directeur des Musées
nationaux, 3, rue Albert-de-Lapparent, Paris (vue),
EvANS (Miss Joan), S^-Hugh's Collège, Oxford (Angle-
terre).
Page (Henry), 10, rue de l'École-de-Mars, Neuilly-sur-
Seine (Seine).
Fauchier-Magnan (Adrien), attaché au Palais des Beaux-
Arts de la Ville de Paris, 45, boulevard Haussmann,
Paris (ixe).
Fels (comtesse André de), 37, avenue Charles-Floquet,
Paris (vue).
Fenaille (Maurice), membre de l'Institut, 14, rue de l'Ely-
sée, Paris (viiie).
FÉRAL, 7, rue Saint-Georges, Paris (ixe).
FiAUx (Mme)j 14, aveuue du Président-Wilson, Paris (xvie).
Fleury (baron André de), i, rue de Pomereu, Paris (xvie).
FociLLON (Henri), professeur à la Faculté des lettres de
l'Université de Lyon, directeur des Musées de Lyon,
6, rue Pravaz, à Lyon (Rhône).
Fontaine (André), inspecteur général de rinstructioil
publique, 83, rue Denfert-Rochereau, Paris (xiv«).
FoY (comte), 8, rue du Cirque, Paris (viiie).
Franck-Duconseil, 278, boulevard Raspail, Paris (xive).
«
Gallois (H. -G.), 48, rue Gros, Paris (xvje).
Gaston (abbé Jean), curé de Saint-Hippolyte, 27, avenue
de Choisy, Paris (xiiie).
Gautier (Paul), docteur es lettres, professeur à l'École
nationale des Beaux- Arts, 38, avenue de l'Observatoire,
Paris (xive).
Gaveau (Mnie)j 55^ boulevard Beauséjour, Paris (xvi^).
Gélis (Edouard), i6, rue Milton, Paris (ixe).
GÉRARDiN (A.), administrateur de la Compagnie de l'Est,
3i, rue Contant, Gagny (Seine-et-Oise).
Gilles de la Tourette, 78, avenue Mozart, Paris (xvie).
GiLLET (Louis), conservateur du château de Châalis,
32, boulevard Henri IV, Paris (ive).
GiMPEL (René), 19, rue Spontini, Paris (xvi^).
GiROD DE l'Ain (Edouard), 24 bis, avenue du Président-
Wilson, Paris (xvie).
Godillot (Alexis), 2, rue Blanche, Paris (ixe).
GoLDscHMiDT (Emcst), historien d'art, 34, rue Marbeuf,
Paris (viiie). ,
GoNSE (Mme Louis), 2o5, boulevard Saint-Germain, Pa-
ris (vue).
GoNSE (Henri), 20, rue Alfred-de-Vigny, Paris (xvie).
GouiN (Ernest), 4, avenue Velasquez, Paris (viiie).
Graillot (Henri), ancien membre de l'École française de
Rome, professeur à la Faculté des lettres de l'Univer-
sité de Toulouse, 17, rue de la Dalbade, Toulouse
(Haute-Garonne).
Grandmaison (Louis de), i3, rue de l'Archevêché, Tours
(Indre-et-Loire).
Gravereaux (Henri), 4, avenue de Villars, Paris (vue).
Gray (Morris), président Muséum of Fine Arts, Boston,
Mass. (U. S. A.).
Grenier (Mme Edmond), 64, rue Spontini, Paris (xvi^).
Gronkow^ski (Camille), conservateur-adjoint du Palais des
— 420
Beaux-Arts de la Ville de Paris, 24, rue Jean-Goujon,
Paris (viiie).
GuÉRiN (Jacques), conservateur -adjoint au Musée des
Arts décoratifs, 18, rue Matignon, Paris (viiie).
GuERLiN (Mme Henri), 67, rue de Grenelle., Paris (vue).
GuERQuiN (Pierre), 17, avenue de Messine, Paris (viiie).
GuiBERT (Joseph), conservateur-adjoint au Cabinet des
Estampes de la Bibliothèque nationale, 45, rue Ampère,
Paris (xviie).
GuiFFREY (Jean), conservateur au Musée du Louvre,
34, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris (xe).
Guillemot (Etienne), archiviste aux Archives nationales,
60, rue des Francs-Bourgeois, Paris (nie).
Hachette (André-Jean), 2, square de Luynes, Paris (vue).
Hallays (André), 33, boulevard Raspail, Paris (vne).
Harcourt (comte Louis d'), 9, avenue Bosquet, Paris (vii^).
Harcourt (marquis d'), i i, rue de Constantine, Paris (vne).
Harcourt (marquise d'), ii, rue de Constantine, Pa-
ris (vue).
Hatt (Jacques), 16, rue de Chazelles, Paris (xviie).
Hautecœur (L.), professeur -adjoint à la Faculté des
lettres de l'Université de Caen, professeur-suppléant à
l'École du Louvre, 193, rue de l'Université, Paris (vue).
Hautefort (comtesse Ulric Stoffels d'), 6, avenue Ca-
moëns, Paris (xvie).
Haviland (Frank-Burty), 7, rue Belloni, Paris (xve).
Haviland (Paul), 40, cours Albert 1er, Paris (vine).
Hawkes (Mac Dougall), président de l'Institut français,
Union Club, New- York City (États-Unis), et chez
M. Morgan-Harjes, 14, place Vendôme, Paris (ler)
(membre perpétuel).
Henraux (Albert-S.), 19, rue de Lille, Paris (vue).
Hermel (Paul), 22, rue Alphonse-de-Neuville, Paris (xviie)
(membre perpétuel).
Heywood (Miss Florence), 44, rue de Fleurus, Paris (vie),
HoMBERG (Joseph), 38, rue Scheffer, Paris (xvie). -
Hustin, secrétaire général honoraire de la questure du
Sénat, 10, allée du Réservoir, au Raincy (Seine-et-Oise).
Hyde (James H.), 67, boulevard Lannes, Paris (xvie)
(membre perpétuel).
— 421 —
Imperiali (Miie)^ professeur au lycée de jeunes filles,
23, boulevard Thiers, Dijon.
Jaccaci (A.), 77, rue d'Amsterdam, Paris (viii«).
Jacquemin (Victor), imprimeur d'art, 33, passage des Fa-
vorites, Paris (xve).
Jamot (Paul), conservateur-adjoint au Musée du Louvre,
II bis, avenue de Ségur, Paris (vue).
Janzé (vicomtesse de), ii bis, rue Jean-Goujon, Paris (viiie).
Jayle (Dr Félix), 2, rue Guynemer, Paris (vie).
Jean (René), conservateur au Musée de la Guerre, 44, rue
des Perchamps, Paris (xvie).
Jeanbernat (Emmanuel), avocat, docteur en droit, villa
Doria, boulevard Chave, Marseille (Bouches-du-Rhône)
[tyiembrc perpétuel, en son nom et en mémoire de Jules et Louis
Jeanbernat-BarthÉlemv de Ferrari-Doria, ses fils, morts pour la
France).
Jeannerat (Carlo), villa des Arts, i5, rue Hégésippe-
Moreau, Paris (xviiie).
Join-Lambert (Octave), i, avenue Alphonse XIII, Paris
(xvie).
Jolis (Paul), conservateur-adjoint de la Bibliothèque et
du Musée de l'École nationale des Beaux-Arts, 12, rue
de Langeac, Paris (xve).
JouBY (Lucien), 49, avenue du Roule, Neuilly-sur-Seine.
Kahn (André), 10, rue Anatole-de-la-Forge, Paris (xviie).
Kann (Edouard), 49, avenue d'Iéna, Paris (xvie).
Kœchlin (R.), président du Conseil des Musées nationaux
et de la Société des Amis du Louvre, vice-président de
l'Union centrale des Arts décoratifs, 14, boulevard
Saint- Germain, Paris (ve).
Labbé (Jean), avocat au Conseil d'État, 21, avenue
Georges V, Paris (viiie).
Laborde (comte Alexandre de), membre de l'Institut, 81,
boulevard de Gourcelles, Paris (xviie).
Labouret, juge à Paris, 19, avenue d'Orléans, Paris (xive).
Lacrocq (Louis), avocat, Guéret (Creuse).
Laes (Arthur), secrétaire du Musée royal des Beaux-Arts
de Belgique, Bruxelles (Belgique).
— 4^2 —
Laffillée, architecte, 43, rue de Beaune, Paris (vue).
Lair-Dubreuil (Fernand), 10, avenue Percier, Paris (viiic).
Lami (Stanislas), 5i, rue Scheffer, Paris (xvie).
Lamy (Mlle), 41 j avenue du Maine, Paris (xive).
La Nézière (de), ancien directeur des Arts indigènes
du Protectorat du Maroc, 4, rue de l'Abreuvoir,
Paris (xviiie).
Laplagne (Mlle Louise), 5, rue Bosio, Paris (xvie).
Laran (Jean), bibliothécaire au Cabinet des Estampes de
la Bibliothèque nationale, 82, rue Claude-Bernard, Pa-
ris (ve).
Largentaye (Mlle de), 29, faubourg Saint-Honoré, Paris
(viiie).
Lariboisière (comte de), député, 5o, avenue Montaigne,
Paris (viiie).
La Rochefoucauld (comtesse André de), i35, faubourg
Saint-Honoré, Paris (vnie).
La Roche-Guyon (duc de), 18, boulevard des Invalides,
Paris (vue).
La Tour d'Auvergne-Lauraguais (princesse de), 16, bou-
levard des Invalides, Paris (vue).
Lavallée (P.), conservateur de la Bibliothèque et du
Musée de l'École nationale des Beaux-Arts, 49, rue de
Naples, Paris (viiie).
Lazaro (José), ancien directeur du Musée du Prado, 114,
Serrano, Madrid (Espagne).
Lebel (Gustave), 81, avenue de Villiers, Paris (xviie).
Leblond (Dr V.), président de la Société académique de
l'Oise, Beauvais (Oise).
Lecaplain (P. -Edmond), 5, boulevard de la Madeleine,
Paris (ler).
Lechevallier-Chevignard (G.), administrateur de la
Manufacture nationale de Sèvres, à Sèvres (Seine-et-
Oise).
Leclerc (Max), directeur de la librairie Armand Colin,
25o bis, boulevard Saint-Germain, Paris (vue).
Lefuel (Hector), 64, boulevard de Courcelles, Paris (xviie).
Lemoine (J. -Gabriel), 12, rue Blanche, Paris (ixe).
Lemoisne (P. -A.), bibliothécaire au Cabinet des Estampes
— 4^3 —
de la Bibliothèque nationale, 91, rue de l'Université,
Paris (vue).
Lemonnier (Henry), membre de l'Institut, professeur hono-
raire à la Sorbonne et à l'École nationale des Beaux-
Arts, 2 bis, square du Croisic, Paris (xve).
LÉON (Paul), directeur des Beaux-Arts, membre de l'Ins-
titut, i5, rue de la Pompe, Paris (xvie).
Leroux (Henri), 11, place de la Nation, Paris.
Lesourd (Paul), archiviste -paléographe, 26, rue Des-
nouettes, Paris (xve).
Lespinasse (P.), procureur de la République, rue André-
Delieux, à Toulouse.
Lettermann (Miss), 5, rue Edmond-Valentin, Paris (vue).
Levallet (Mlle G.), 23, avenue de Marigny, Paris (viiie).
LÉvY (Albert), éditeur, 2, rue de l'Échelle, Paris (i").
LiNDBLOM (Andréas), professeur-adjoint à l'Université,
conservateur-adjoint au Musée national, Stockholm
(Suède).
LiNDON (Alfred), 45, avenue Hoche, Paris (viiie) (membre
perpétuel).
Lisbonne (R.), éditeur, 108, boulevard Saint-Germain,
Paris (vie).
LiscH (Georges), architecte, 5, boulevard Raspail,^ Pa-
ris (vue).
LissiM (Simon), 6, rue Edmond-About, Paris (xvie).
LocQuiN (Jean), député, docteur es lettres, 5, rue du Géné-
ral-Lambert, Paris (vue).
LoNGNON (Henri), 33, rue Franklin, Paris (xvie).
Lotte (Maurice), architecte diplômé du Gouvernement,
10, rue de Constantinople, Paris (viiie).
LouKOMSKi (Georges), ancien conservateur du Musée de
Kiew, 22, rue de la Paix, Paris (ne).
LuppÉ (comte de), 19, avenue d'Eylau, Paris (xvie).
LuQUET (Georges-André), 22 bis, rue Eugène-Flachat,
Paris (vue).
Macon (Gustave), conservateur du Musée Condé, à Chan-
tilly (Oise).
— 424 —
Magerman (Mlle L.), 100, rue de la Consolation, Bruxelles
(Belgique).
Maillard (M^e Élise), attachée au Musée de Gluny,
12, rue Jacob, Paris (vie).
Malfait (François), architecte de la Ville de Bruxelles,
99, rue du Marais, Bruxelles (Belgique).
Mandach (Conrad de), conservateur du Musée des Beaux-
Arts de Berne, Habstetten, par Bolligen, près Berne
(Suisse).
Marbeau (François), ii, avenue de la Grande-Armée,
Paris (xvie).
Marcel (Henry), directeur honoraire des Musées natio-
naux, 6, rue Meissonier, Paris (xviie).
Marcel (Pierre), docteur es lettres, professeur à l'École
nationale des Beaux-Arts, 5i, rue Scheffer (i8, villa
Scheffer), Paris (xvie).
Marcheix (A.), 47, rue de Vaugirard, Paris (vie).
Marcou (Frantz), inspecteur général des monuments his-
toriques, 29, rue Bonaparte, Paris (vie).
Mareuse (Edgar), 81, boulevard Haussmann, Paris (viiie).
Marguery (Henry), attaché aux Bibliothèque et Musée
de la Guerre, diplômé de l'École du Louvre, 5o, rue de
Sévigné, Paris (me).
Marmottan (Paul), 20, avenue Raphaël, Paris (xvi®).
Marquet de Vasselot (J. J.), conservateur-adjoint au
Musée du Louvre, 19, rue de Marignan, Paris (vme)
(membre perpétuel).
Marquézy (Dr Robert), 14, rue de Moncey, Paris (ixe).
Martin (commandant E.), 161, avenue Malakoff, Paris
(xvie).
Martin (Henry), administrateur de la Bibliothèque de
l'Arsenal, i, rue de Sully, Paris (ive).
Martin-Sabon, 5 bis, rue Mansart, Paris (ixe).
Martine (Charles), bibliothécaire à l'École nationale des
Beaux-Arts, i38, boulevard Saint-Germain, Paris (vie).
Massa (duchesse de), m, rue La Boétie, Paris (viii^).
Masson (Jean), 38, rue Saint-Sulpice, Paris (vie).
Maumené (colonel), i5, boulevard Delessert, Paris (xvie).
Maumené (Mme)^ i5^ boulevard Delessert, Paris (xvie).
— 4^5 —
Mauricheau-Beaupré (Charles), attaché au Musée de Ver-
sailles, 12, rue Baillet-Reviron, Versailles (Seine-et-Oise).
May (Ernest), 29, faubourg Saint- Honoré, Paris (viiie)
(membre perpétuel).
Mayer-Bléneau (Georges), 104, faubourg Saint-Honoré,
Paris (viiie).
Mazerolle (Fernand), conservateur du Musée de la Mon-
naie, quai Gonti, Paris (vie).
Membre (Edmond-Jules), membre de la Commission his-
torique du Nord et de la Société de l'histoire de la
pharmacie, 26, rue de la Viéwarde, Valenciennes (Nord).
Mercier (F.), conservateur du Musée de Dijon, 45, bou-
levard Thiers, Dijon (Côte-d'Or).
Merlant (Francis), 3j, avenue Camus, Nantes (Loire-
Inférieure).
Metman (Bernard), attaché au Musée des Arts décoratifs,
128, avenue de Neuilly, Neuilly-sur-Seine.
Metman (Louis), conservateur du Musée des Arts déco-
ratifs, SÉ^rue de Lubeck, Paris (xvi^).
Meuret (Maurice), 33, rue de Berri, Paris (viiie).
Meurgey (Jacques), ii3, rue de Courcelles, Paris (xvii«).
Meyer-Heine (commandant H.), 4, rue Brunel, Paris
(xviie).
Michel (André), membre de l'Institut, conservateur hono-
raire des Musées nationaux, professeur au Collège de
France, Sg, rue Claude-Bernard, Paris (ve).
Michel (Edouard), 22, rue de Tocqueville, Paris (xviie).
MiGEON (Gaston), directeur honoraire des Musées natio-
naux, 88, rue de l'Université, Paris.
MiROT (Léon), archiviste aux Archives nationales, yS, rue
Royale, Versailles (Seine-et-Oise).
MiSME (Mlle), attachée à la Bibliothèque d'art et d'archéo-
logie, 16, rue Spontini, Paris (xvie).
MoNTÉGUDET (Rogcr de), château de la Noue, par Ester-
nay (Marne).
Montesquiou-Fezensac (comte Biaise de), 9, rue de Chail-
lot, Paris (xvie).
MoNTGON (Mlle de), 6, ruc Léonard-de-Vinci, Paris (xvie).
MoNTREMY (de), conscrvateur-adjoint du Musée de Cluny,
38, avenue Marceau, Paris (viiie).
— 4^6 —
MoRANCÉ (Albert), éditeur, 4, avenue du Docteur- Brouar-
del, Paris (vue).
Morand-Verel (Mme)j atiachée au Musée du Louvre, 48,
rue Jacob, Paris (vie).
Moreau-Nélaton (Etienne), 73 bis, faubourg Saint-Ho-
noré, Paris (viiie).
MoRNAND (Pierre), bibliothécaire à la Bibliothèque natio-
nale, 12, rue Paul-Baudry, Paris (viiie).
MoRRY de Bodard (G.), Les Bordes, Pont-Levoy (Loir-
et-Cher).
MoRTREuiL (Th.), secrétaire général de la Bibliothèque
nationale, 58, rue de Richelieu, Paris (ne).
MosELius (Cari-David), docteur es lettres, Ynglingaga-
tan i5, Stockholm (Suède).
Neveux (Pol), inspecteur général des Bibliothèques, 88,
boulevard de la Tour-Maubourg, Paris (vue).
Nicole (Georges), ancien membre de l'École française
d'Athènes, 72, boulevard Flandrin, Paris {^§$^).
NicoLLE (Marcel), attaché honoraire au Musée du Louvre,
6, villa Spontini, Paris (xvie).
NoDET (Dr), 21, place Bernard, Bourg (Ain).
NoiRMONT (baron de), 7, avenue Constant-Coquelin, Paris
(vue).
NoLHAC (Pierre de), de l'Académie française, conservateur
honoraire des Musées nationaux, directeur du Musée
Jacquemart- André, i58, boulevard Haussmann, Paris
(vme).
Olivier (J.), 5, rue Quatrefages, Paris (ve).
Olmer (Pierre), architecte diplômé par le Gouvernement,
iSbis, rue Dulac, Paris (xve).
Parquez (Henry), 4, rue Meyerbeer, Paris (ixe).
Paris (Mr William Francklyn), Century Club, 7, West
43 th. Street, New-York (U. S. A.) (membre perpétuel).
Paraf (Louis), 62, rue de la Boëtie, Paris (viiie).
Pelletier (Eugène), secrétaire d'ambassade, i, avenue
d'Eylau, Paris (xvie).
Pératé (André), conservateur du Musée de Versailles, au
château de Versailles (Seine-et-Oise).
— 427 —
Perdreau (Georges), 95, rue Saint- Lazare, Paris (ixe).
PÉREiRE (Alfred), 35, faubourg Saint-Honoré, Paris (viiie).
PÉREiRE (Jacques), 3i, avenue Hoche, Paris (viiie).
Perrault-Dabot, inspecteur général honoraire des Mo-
numents historiques, 87, boulevard Saint-Michel, Pa-
ris (ve).
PÉTiN (Hector), 4 bis, rue de Franqueville, Paris (xvi*)
(membre perpétuel).
Picard (Auguste), 78, rue de Maubeuge, Paris (xe).
PiCHON (baron Lionel), 5o, rue Gandon, Paris (xiiie).
PiOT (Stéphane), 83, boulevard Haussmann, Paris (viiie).
PoTREL (Mme)^ i5^ rue Vivicune, Paris (ne).
Prisset, conseiller référendaire à la Cour des Comptes,
Il bis, rue de Cluny, Paris (ve).
Prunières (Henry), directeur de la Revue musicale, 87,
boulevard Saint-Michel, Paris (v*).
PuiFORCAT (Victor), 125, boulevard Malesherbes, Pa-
ris (xVIie).
Puvis DE Chavannes, 36, avenue de l'Observatoire, Pa-
ris (v).
PuYMAiGRE (comte de), conseiller municipal, 7, rue de
Constantine, Paris (vue).
Ramet (André), 209, avenue Jean-Jaurès, Paris (xixe).
Ratouis de LiMAY(Paul), 80, rue de Grenelle, Paris (vue).
Raugel (Félix), maître de chapelle de l'église Saint-Eus-
tache, 16, rue Perceval, Paris (xive).
RÉAu (Louis), ancien directeur de l'Institut français de
Pétrograd, 54, rue de la Faisanderie, Paris (xvie).
RÉGAMEY (Raymond), 61, boulevard Suchet, Paris (xvie).
RÉGNIER (Louis), 17, rue du Meilet, Évreux (Eure).
Reinach (Théodore), membre de l'Institut, directeur de
la Galette des Beaux -Arts, 2, place des États-Unis,
Paris (xvie).
Reussner (André), professeur à l'École navale, 17, rue
Malakoff, Brest (Finistère).
Reussner (Louis), ingénieur, 27, boulevard Bineau, Le-
vallois-Perret (Seine).
Révil, 199, boulevard Malesherbes, Paris (xviie).
RiBES (comte de), 5o, rue de la Bienfaisance, Paris (viiie).
— 428 —
Ricci (Seymour de), i8, rue Boissière, Paris (xvie).
RicHEBÉ (Gaston), 124, boulevard Malesherbes , Paris
(xVIie).
RiCHEBÉ (Raymond), 124, boulevard Malesherbes, Paris
(xviie).
RicHER (Jean), 45, rue Michel-Ange, Paris (xvie).
RivAUD (Albert), professeur à l'École des sciences poli-
tiques et à la Faculté des lettres de l'Université de
Poitiers, 23, rue Arsène-Orillard, Poitiers (Vienne).
RoBiQUET (Jacques), 42, boulevard des Invalides, Paris (vue).
RocHE (Denis), 99, boulevard Raspail, Paris (vie).
RocHEBLAVE (S.), professeur à la Faculté des lettres de
l'Université de Strasbourg, 28, rue Herder, Strasbourg
(Alsace).
RoDRiGUES (E.), avocat, 40, rue de Liège, Paris (viiie).
RoGER-MiLÈs (L.), 6, rue Glauzel, Paris (ix^).
RosENTHAL (Léon), professeur au lycée Louis-le-Grand,
9, rue du Val-de-Grâce, Paris (ve).
Rostand (André), vice-secrétaire de la Société des Anti-
quaires de Normandie, au château de Flamanville
(Manche).
Rothschild (Edmond de), membre de l'Institut, 41, fau-
bourg Saint-Honoré, Paris (viiie) (membre perpétuel).
RouART (Ernest), 40, rue de Villejust, Paris (xvje).
RouART (Louis), 5, boulevard du Montparnasse, Paris (vie).
RoucHÈs (Gabriel), docteur es lettres, bibliothécaire à
l'École des Beaux-Arts, 3, rue du Dragon, Paris (vie).
RouvEAU (Mme A.), artiste -peintre, établissements de
Saint-Rémy, Faverney (Haute-Saône).
Roux (A.), professeur au collège de Saint-Germain-en-
Laye, 32, rue de la République, Saint-Germain-en-
Laye (Seine-et-Oise).
Roux (Marcel), bibliothécaire au Cabinet des Estampes
de la Bibliothèque nationale, i3, rue Villeneuve, Gli-
chy (Seine).
Roy (Maurice), 20, avenue Rapp, Paris (vue).
RuBiNSTEiN (MUe Stella), docteur de l'Université de Paris,
chez M. Morgen-Harjes, 14, place Vendôme, Paris (ixe).
Sachs (Paul-J.), Harward Univ., Cambridge (Mass.), E, U,
— 429 —
Sadoul (Mme Marccl) , licencié d'histoire, domaine de
Goubertin, par Viels-Maisons (Aisne).
Sagonne-Mansart (de), 70, rue Boissière, Paris (xvie).
Saintenoy, architecte, 128, rue de l'Arbre-Bénit, Bruxelles
(Belgique).
Salles (Edouard), docteur es sciences, 17, boulevard des
Batignolles, Paris (viiie).
Salles (Georges), i, rue Rabelais, Paris (viiie).
Sandoz (Gustave-Roger), secrétaire général du Comité
français des expositions de la Société d'encouragement
à l'art et à l'industrie, 10, rue Royale, Paris (viiie).
Sarradin (Edouard), conservateur du palais de Gom-
piègne, i, rue de Beaune, Paris (vue).
Saunier (Gharles), 2, rue Georges-Saché, Paris (xive).
Sayve (comtesse de), i3, avenue Bosquet, Paris (vue).
Sayve (marquis de), 46, avenue d'Iéna, Paris (xvie).
Schneider (R.), professeur -adjoint à la Faculté des
lettres de l'Université de Paris, 2, rue Guichard, Paris
(xVie).
Schommer (Pierre), 145, boulevard Bineau, Neuilly-sur-
Seine (Seine).
Seillière (baronne Ernest), 16, rue Hamelin, Paris (xvi^).
Seillière (baronne Léon), 41, avenue George V, Paris
(viiie).
Seligmann (J.), 57, rue Saint-Dominique, Paris (vue).
Sens (Georges), 8, rue de l'Arsenal, Arras (Pas-de-Calais).
Serbat (Louis), 8, rue Chateaubriand, Paris (viiie).
Serlay (baron de), 5, rue du Boccador, Paris (viiie).
Sloog (Maurice), the xvjiith. Century shop, 718, Madison
square, New-York (U. S. A.).
Smouse (Mlle Florence-IngersoU), 2, square du Croisic,
Paris (xve).
Société archéologique d'Eure-et-Loir, Chartres.
Sommier (Edme), 57, quai d'Orsay, Paris (vue).
Sonnier (Ernest), 7, rue Lalo, Paris (xvie).
Soulange-Bodin (Henry), 18, rue d'Aguesseau, Paris (viiie).
Stein (Henri), conservateur aux Archives nationales, 38,
rue Gay-Lussac, Paris (ve).
Stein (Jacques), i3, rue de Douai, Paris (ixe).
Strauss (Jules), 60, avenue du Bois de Boulogne, Pa-
ris (xVie).
— /\.3o —
Tabourier (Jean), 53, avenue Montaigne, Paris (viiie).
Tenaillon (Albert), à Roye (Somme).
Terrasse (Charles), archiviste-paléographe, 47, rue La
Fontaine, Paris (xvi^).
Tessier (André), 84, rue de l'Yvette, Paris (xvie).
Thayer (Mme)j 6i, avcnuc Victor-Hugo, Paris (xvie).
Thibon de GouRTRY(Dr), I, square Delambre, Paris (xive).
TouPEY (Alexandre), graveur, 16, villa Saint-Jacques, Paris
(Xive).
TouRNiER (Henry), i5, rue de l'Hôtel-de-Ville, Castres
(Tarn).
TouTAiN (Edmond), ministre plénipotentiaire, 73, rue de
Courcelles, Paris (viiie).
Trévise (duc de), I, avenue Victor- Emmanuel HI,
Paris (viiie).
Tromp, docteur en droit, 10, rue Tholozé, Paris (xvnie).
Troubnikoff (Alexandre), ancien conservateur au Musée
de l'Ermitage de Pétrograd, 22, rue de la Paix,
Paris (ii«).
TuRNER (P. M.), Alanhurst, Marsham v^^ay, Gerrard cross,
Bucks (Angleterre).
Urseau (chanoine Ch.), président de la Société nationale
d'agriculture, sciences et arts d'Angers, 21, montée
Saint-Maurice, Angers (Maine-et-Loire).
Vallery-Radot (Jean), bibliothécaire au Cabinet des
Estampes de la Bibliothèque nationale, i, rue Georges-
Bizet, Paris (xvie).
Van Notten, directeur du Nederlandsch Muséum voor
Geschiedenis en Kunst (Rijks- Muséum), Amsterdam
(Hollande).
Van Oest (G.), éditeur, 63, boulevard Haussmann,
Paris (vme).
Varenne (Gaston), professeur au lycée Condorcet, 3i, rue
de Turin, Paris (viiie).
Vaudoyer (J.-L.), attaché au Musée des Arts décoratifs,
20, rue de Montpensier, Paris (i^r).
Vaulogé (vicomtesse de), ii, rue de Constantine, Paris
(vue).
-43i -
Vauthier (Gabriel), professeur honoraire au lycée Janson
de Sailly, iSq, rue de la Pompe, Paris (xvie).
Verne (Henri), chef du secrétariat des Musées nationaux,
i55, boulevard Malesherbes, Paris (xviie).
Verrier (Jean), archiviste-paléographe, 29, rue Bona-
parte, Paris (vie).
Vigoureux (M^ie Mariette), ancienne élève de l'École du
Louvre, 10, S^ Stephen's Grescent, Bayswater, Londres,
W2.
ViNCK (baron de), 12, rue de Presbourg, Paris (xvie).
Vitry (Paul), conservateur au Musée du Louvre, 16 bis,
avenue des Sycomores, Paris (xvie).
VoGT (Léon), château de Biéville-sur-Orne, par Beuville
(Galvados).
Weber (Marcel), attaché au Musée des Arts décoratifs,
17, rue Mirabeau, Paris (xvie).
Wereschaguine (B.), chez M. Gharlier, 3, avenue Mati-
gnon, Paris (viiie).
Vuaflart (Albert), 16, rue Spontini, Paris (xvie).
Watel-Dehaynin (Mme)^ 2, rue de la Faisanderie, Paris
(xvie).
Weil (André), i, rue d'Argenson, Paris (viiie).
Weill (David), 14, rue de Ghézy, Neuilly-sur-Seine
(membre perpétuel).
Wendel (Humbert de), 10, rue de Glichy, Paris (ixe).
White (Frederick-Anthony), 170, Queen's gâte, Londres,
S. W. 7 (Angleterre).
WiLDENSTEiN (Georges), 57, rue de la Boëtie, Paris (viiie).
TABLES DU BULLETIN
DE IQ22.
TABLE PAR NOMS D'AUTEURS.
Pages
AuBERT (Marcel). Une pièce de l'« Histoire de Henry Troi-
sième » (1632-1637) 55
Brière (Gaston). Discours à l'Assemblée générale ... 83
— Sur le tableau d'Eustache Le Sueur : Saint Pierre res-
suscitant Tabithe 355
— Un tableau allégorique de Pierre Mosnier à l'hôpital
de la Salpêtrière 359
— Deux œuvres de Guillaume Goustou : le buste du
P. Darerès de La Tour et le monument funéraire du
maréchal d'Estrées 362
BuTTiN (capitaine). L'épée de Napoléon 108
CoRDEY (Jean). La manufacture de tapisseries de Maincy. 38
Dacier (Emile). Une deuxième et une troisième peinture
de l'hôtel de la Ferté retrouvées 11 1
Demonts (Louis) et Ulric Richard-Desaix. Lettre de Klé-
ber au miniaturiste Jean Guérin (18 mai 1798) . . . 400
D1MIER (Louis). Un portrait par Pierre Brisset (1843) . . 56
— Supplément au mémoire sur Godard d'Alençon . . 58
Gaston-Dreyfus (Philippe) et Miss Ingersoll-Smouse.
Catalogue raisonné de l'œuvre de Nicolas-Bernard
Lépicié 134
GuERLiN (Henri). Les portraits de la famille Grimod de
la Reynière 7
Ingersoll-Smouse (Miss Florence) et Ph. Gaston-Drey-
fus. Catalogue raisonné de l'œuvre de Nicolas-Bernard
Lépicié i34
Jamot (Paul). Sur la famille des peintres Gilbert et Pierre
de Sève (d'après les notes communiquées par M. le
comte de Rilly) 290
— Sur la date d'un tableau d'Ingres et sur le titre d'un
tableau de Delacroix 292
- 433 -
Pages
Jeannerat (Carlo). Les petits portraits dans le goût pom-
péien de Jean-Urbain Guérin 53
Lemonnier (Henry). Quelques notes sur Germain Bof-
frand (1667-1754), architecte, ingénieur, homme de
lettres, inventeur, etc 106
LÉON (Paul). Discours au Cinquantenaire de la Société . 347
Marmottan (Paul). Augustin, peintre en émail .... 3i8
— Documents sur Robert Lefèvre : le portrait de Fon-
tanes et le portrait de Mons; cinq portraits peu con-
nus 326
— Percier à son collègue Paris (1804) 327
Marquet de Vasselot (J. J.). Le salon des Audiences de
Louis XIV au Louvre 29
Prunières (Henry). Un portrait de Hobrecht et de Ver-
delet par Sebastiano del Piombo 74 et 285
Ramet (André). Rapport sur l'état des finances de la
Société pour l'exercice 192 1 104
Ratouis de Limay (Paul). Rapport sur l'état des travaux
de la Société 100
— Une statue de Polyphème attribuable à Puget . . . 337
Raugel (Félix). Le grand orgue de l'église Saint-Louis
des Invalides . . 3oo
RÉAU (Louis). Les bustes de l'avocat Gerbier par Lemoyne
et Houdon 17
— Le premier salon de Houdon 3i6
— Documents sur Houdon : la statue de Tourville, la Fri-
leuse, le projet d'un monument au Parc de Bruxelles. 367
— Lettres de Greuze au prince Nicolas Borisovitch lou-
soupov 395
Richard-Desaix (Ulric) et Louis Demonts. Lettre de Klé-
ber au miniaturiste Jean Guérin (18 mai 1798) . . . 400
RoucHÈs (Gabriel). Les rapports de Canova avec la
France et l'art français 63
— Les portraits d'enfants dans l'œuvre de Largillière . 332
Stein (Henri). L'architecte Dominique Bachelier à Sara-
gosse 352
Vallery-Radot (Jean). L'identification d'un tableau attri-
bué à Svv^ebach-Desfontaines : le camp de Saint-Omer
en 1788 126
— Identification d'un tableau conservé au Musée de Ver-
sailles : revue de garnison passée à Strasbourg, entre
1779 et 1781, par le marquis de La Salle, commandant
en second en Alsace 336
1922 28
— 4^4 —
Pages
ViTRY (Paul). Un buste du maréchal de Saxe par Laurent
Delvaux à l'exposition des Maréchaux 3i2
— Discours au Cinquantenaire de la Société 339
TABLE
PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DE SUJETS TRAITÉS.
Annuaire de la Société au i5 juillet ig23 404
Assemblée générale 83
Augustin, peintre en émail, M. Paul Marmottan . . . 3i8
Bachelier (L'architecte Dominique) à Saragosse, M. Hen-
ri Stein 352
Baudry (Une lettre de Paul) relative à un projet pour le
Panthéon d'une Histoire de Jeanne d'Arc 284
BoFFRAND (Quelques notes sur Germain), architecte, ingé-
nieur, homme de lettres, inventeur, etc. (1667-1754),
M. Henry Lemonnier 106
Brisset (Un portrait par Pierre), 1843, M. Louis Dimier. 56
Canova (Les rapports de) avec la France et l'art français,
M. Gabriel Rouchès 63
Cinquantenaire de la Société, 6 décembre 1922 . . . 339
CousTou (Deux œuvres de Guillaume) : le buste du
P. Darerès de La Tour et le monument funéraire du
maréchal d'Estrées, M. Gaston Brière 362
Darerès de La Tour (Un buste du P.) par Guillaume
Coustou, M. Gaston Brière 362
Delacroix (Sur le titre d'un tableau d'Eugène), M. Paul
Jamot 192
Delvaux (Un buste du maréchal de Saxe par Laurent)
à l'exposition des Maréchaux, M. Paul Vitry. . . . 3i2
Estrées (Le monument funéraire du maréchal d') par
Guillaume Coustou, M. Gaston Brière 362
Fontanes (Le portrait de) par Robert Lefèvre, M. Paul
Marmottan 326
Gerbier (Les bustes de l'avocat) par Lemoyne et Hou-
don, M. Louis Réau 17
Godard d'Alençon (Supplément au mémoire sur), M. Louis
Dimier 58
Grimod de La Reynière (Les portraits de la famille),
M. Henri Guerlin 7
GuÉRiN (Une lettre de Kléber au miniaturiste) (18 mai
1798), MM. Ulric Richard-Desaix et Louis Demonts . 400
- 435 -
Pages
GuÉRiN (Les petits portraits dans le goût pompéien de
Jean-Urbain), M. Carlo Jeanneiat 53
HouDON (Les bustes de l'avocat Gerbier par Lemoyne et),
M. Louis Réau 17
— (Le premier salon de), M. Louis Réau 3 16
— (Documents sur). La statue de Tourville, la Frileuse,
le projet d'un monument au Parc de Bruxelles, M. Louis
Réau 367
Ingres (Sur la date d'un tableau d'), M. Paul Jamot . . 292
Invalides (Le grand orgue de l'église Saint-Louis des),
M. Félix Raugel . 3oo
Kléber (Lettre de) au miniaturiste Jean Guérin (18 mai
1798), MM. Ulric Richard-Desaix et Louis Demonts . 400
La Ferté (Une deuxième et une troisième peinture de
l'hôtel de) retrouvées, M. Emile Dacier m
Largillière (Les portraits d'enfants dans l'œuvre de),
M. Gabriel Rouchès 332
Lefèvre (Documents sur Robert) : les portraits de Fon-
tanes et le portrait de Mons; cinq portraits peu con-
nus, M. Paul Marmottan 326
Lemoyne (Les bustes de l'avocat Gerbier par) et Houdon,
M. Louis Réau 17
LÉPiciÉ (Catalogue raisonné de l'œuvre de Nicolas-Ber-
nard), M. Philippe Gaston-Dreyfus et Miss Florence
Ingersoll-Smouse i34
Maincy (La manufacture de tapisseries de), M. Jean Cor-
dey 38
Mosnier (Un tableau allégorique de Pierre) à l'hôpital
de la Salpétrière, M. Gaston Brière 359
Napoléon (L'épée de), le capitaine Buttin 108
Percier à son collègue Paris (1804), M. Paul Marmottan, 327
PiOMBo (Un portrait de Hobrecht et de Verdelot par
Sebastiano del), M. Henry Prunières 74 et 285
PuGET (Une statue de Polyphème attribuable à), M. Paul
Ratouis de Limay 337
Saxe (Un buste du maréchal de) par Laurent Delvaux
à l'exposition des Maréchaux, M. Paul Vitry. . . . 3i2
Séance du 7 janvier 1922 5
— du 3 février 27
— du 3 mars 53
— du 7 avril 62
— du 12 mai 82
— du 2 juin 107
- 436 —
Pages
SÉANCE du 7 juillet 289
— du 3 novembre 314
— du I" décembre. 33o
Sève (Sur la famille des peintres Gilbert et Pierre de),
d'après les notes communiquées par M. le comte de
Rilly, 3/. Paul Jamot 290
Swebach-Desfontaines (L'identification d'un tableau at-
tribué à) : le camp de Saint-Omer en 1788, M. Jeayi
Vallery-Radot 126
TouRviLLE (La statue de) par Houdon, M. Louis Réau . 367
Versailles (Musée de). Identification d'un tableau : revue
de garnison passée à Strasbourg entre 1779 et 1781 par
le marquis de La Salle, commandant en second en
Alsace, M. Jean Vallery-Radot 336
TABLE DES ILLUSTRATIONS.
Portrait de Laurent Grimod de La Reynière par L.-M. Van
Loo. — Portrait présumé de Malesherbes par Roslin
(Musée Jacquemart- André) 8
Bustes de l'avocat Gerbier par J.-B. Lemoyne et par Hou-
don 24
Louis XIV reçoit au Louvre les ambassadeurs suisses
(i663) par Van dkr Meulen (Musée de Versailles) . . 32
L'épée de Napoléon par Biennais (Cella du Tombeau) . 108
Le camp de Saint-Omer en 1788 (attribué à Swebach-
Dksfontaines) 128
Nicolas-Bernard Lépicié. Narcisse changé en fleur (Cabi-
net fleuriste du Petit-Trianon) 162
Son portrait par lui-même (Musée d'Abbeville). . 182
Jeune femme lisant (Musée d'Amiens) ig8
La bonne mère (ancienne collection Burat) ... 20
L'atelier du menuisier, d'après la gravure de Le
Bas (Collection de M. Ernest MayJ 204
Vue de l'intérieur d'une grande halle (Collection
du marquis de La Ferronays) 208
Portrait du cabaretier Ramponeau (Collection de
M. Grunebaum-Ballin) 232
Tête de jeune homme (Musée de Grenoble) . . . 240
Dessin pour la Halle (Musée d'Orléans) .... 25o
Dessin pour la Halle (Ancienne collection Bureau). 25o
Buste du P. Darerès de La Tour par Guillaume Coustou. 362
Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur.
ri
1
N Société de l'histoire de
684.1 l'art français, Paris
A92 Bulletin
1922
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